À Besançon, l’intervention du collectif Némésis lors du carnaval suscite de vives réactions. Dans un communiqué, l’intersyndicale féministe du Doubs (Solidaires, FSU, CGT Éducation et Spectacle) accuse ce groupe, classé à l’extrême droite, d’instrumentaliser les luttes féministes pour diffuser des messages racistes et xénophobes.
Les organisations s’appuient sur des données nationales relatives aux violences sexuelles pour contester les positions du collectif, estimant qu’elles reposent sur des amalgames entre immigration et violences faites aux femmes.
L’intersyndicale annonce avoir saisi plusieurs députés afin qu’ils prennent position, allant jusqu’à demander la dissolution du collectif pour incitation à la haine raciale. Une demande similaire a également été adressée à Ludovic Fagaut, le Maire de Besançon.
Une fête populaire perturbée
Le carnaval de Besançon, largement salué pour sa réussite et l’implication de nombreux bénévoles, a été marqué par un incident qui a suscité une vive controverse. En plein défilé, des militantes du collectif d’extrême droite Némésis ont déployé une banderole et brandi des pancartes assimilant migrants et violeurs. Un message similaire est également resté affiché sur une façade de la Grande Rue durant une grande partie de l’événement, accentuant le malaise parmi les participants et les observateurs.
Une condamnation politique ferme
Les écologistes Anne Vignot et Anthony Poulin, l’Insoumise Sévérine Véziès et le socialiste Jean-Sébastien Leuba ont réagi avec fermeté. « Ces amalgames haineux sont une honte. Le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit » ont réagi Mme Vignot et M. Poulin. Les élus dénoncent une stigmatisation inacceptable et appellent à une réponse judiciaire claire. Ils demandent notamment au maire de déposer plainte afin de « renforcer les procédures déjà engagées » par Anne Vignot et d’aboutir à « une condamnation définitive des membres du collectif ».
Une gestion de l’incident questionnée
Au-delà du contenu des messages, la durée d’exposition de la banderole interroge. Plusieurs responsables politiques s’étonnent qu’elle ait pu rester visible aussi longtemps sans intervention rapide. Jean-Sébastien Leuba souligne qu’« il est insupportable que son retrait n’ait pas pu être réalisé immédiatement », tout en reconnaissant les contraintes opérationnelles auxquelles peuvent être confrontées les équipes sur le terrain.
Une interpellation au niveau national
Dans ce contexte, Jean-Sébastien Leuba s’associe à la démarche de la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez, qui a récemment interrogé le gouvernement à l’Assemblée nationale sur les agissements du collectif Némésis et les risques de troubles à l’ordre public. Cette initiative nationale est perçue comme un levier complémentaire pour faire évoluer la réponse face à des actions jugées répétées et organisées.
Appel à une réponse coordonnée
Au niveau local, l’élu socialiste bisontin Jean-Sébastien Leuba plaide « pour un travail approfondi afin d’éviter la répétition de tels incidents ». L’idée d’une concertation entre l’ensemble des groupes politiques du conseil municipal est avancée, afin « d’analyser la montée de cette violence et de construire des réponses adaptées ». Il en appelle au Maire Ludovic Fagaut pour engager ce travail.
« Ça suffit » : l’indignation de Séverine Véziès
De son côté, Séverine Véziès a également exprimé sa colère face à ces agissements : « Les autorités doivent agir et sanctionner ces actions qui incitent à la haine. Le maire de Besançon doit déposer plainte. Ça suffit ! »
Refuser la banalisation
Au-delà des réactions immédiates, les élus convergent sur un point essentiel : la nécessité de ne pas laisser s’installer une forme de banalisation de ces discours. « Il est temps de mettre fin à l’ambiguïté entretenue par certains », insistent Anne Vignot et Anthony Poulin.
Un rendez‑vous incontournable qui fête sa 47ᵉ édition
Le Carnaval de Besançon revient les 11 et 12 avril pour sa 47ᵉ édition, un événement devenu emblématique dans la capitale comtoise. « C’est toujours un énorme plaisir de voir le carnaval sur Besançon », confie Stéphane Iemmolo, secrétaire général du Comité des fêtes, qui coordonne l’organisation de ce bel évènement bisontin. Cette année, pas de thème imposé : les participants sont invités à laisser libre cours à leur imagination. « On est un peu libre, on fait ce qu’on a envie, c’est l’essentiel : faire la fête », résume-t-il.
Samedi 11 avril : animations, déambulations et soirée musicale
Le premier jour s’articule autour d’un centre-ville entièrement animé, avec un pôle restauration installé à Granvelle, ouvert toute la journée. Les animation du samedi débuteront par des déambulations de groupes dans les rues Berçot, Pasteur, places de la Révolution et Huit-Septembre. Le Carnaval des enfants, toujours très attendu, avec plusieurs surprises annoncées, et une soirée musicale dès 18 h, avec trois groupes programmés, complèteront le programme. L’objectif : faire vibrer tout le cœur de ville, en continu, jusqu’en soirée.
L'interview de la rédaction : Stéphane Iemmolo
Dimanche 12 avril : garçons de café et grand défilé
Le dimanche s’ouvre avec un rendez-vous devenu culte : la course des garçons de café, au départ de la place du Huit-Septembre, dans une ambiance toujours très festive. Puis place au temps fort du week-end : le grand défilé. Le départ sera donné place Jean-Cornet. Plus d’une quinzaine de chars est annoncée. Guggenmusik, têtes géantes et groupes costumés animeront le cortège. Plusieurs milliers de participants et spectateurs sont attendus. Le Comité des fêtes espère une ville entière en fête : « Ce qu’il faudrait, c’est que tout le monde soit déguisé, le samedi comme le dimanche », insiste Stéphane Iemmolo.
Une mobilisation massive
Le carnaval attire chaque année plus de 20 000 personnes dans le centre-ville pour la grande parade. Un succès qui repose sur un travail de longue haleine : sécurité, réservations, recrutement des groupes, logistique… « Près de neuf mois de travail, surtout administratif », rappelle le secrétaire général.