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À Pontarlier, le chantier du futur centre aquatique communautaire « Aqua Ô Doubs » entre dans une phase concrète. Après plusieurs mois de discrétion liés à la période électorale, la Communauté de communes du Grand Pontarlier (CCGP) a présenté officiellement l’avancement de ce vaste équipement pensé comme un lieu à la fois sportif, familial, ludique et tourné vers le bien-être.   Implanté à proximité immédiate des équipements sportifs de Pontarlier et de la future extension du chemin du train, le complexe s’étendra sur plus de 6 000 m² de surface bâtie, complétés par de vastes espaces extérieurs végétalisés. L’objectif affiché : proposer une véritable expérience de détente et de déconnexion. « On ne vient pas seulement ici pour pratiquer la natation, mais aussi pour lâcher prise », a expliqué l’architecte, en charge du projet.

L'interview de la rédaction : Nicolas Barbe, président de la Communauté de Communes du Grand Pontarlier 

Un équipement conçu pour tous les usages

Le futur centre aquatique comportera plusieurs espaces complémentaires. Une halle sportive accueillera un bassin de 25 mètres avec 200 places de gradins pour les compétitions départementales et les activités scolaires. Une seconde halle, dédiée aux loisirs et aux familles, comprendra jeux d’eau, buses massantes, cols de cygne et pataugeoire sécurisée.  Le projet intégrera également un bassin nordique extérieur accessible directement depuis l’intérieur grâce à un sas chauffé permettant de nager même en hiver. Des plages végétalisées et minérales, un pentagliss à trois pistes, des jeux aquatiques extérieurs ainsi qu’un espace bien-être avec sauna, jacuzzi et grotte de sel viendront compléter l’offre.  Pensé comme un lieu fédérateur, « Aqua Doubs » doit accueillir aussi bien les familles que les scolaires, les clubs sportifs, les plongeurs, les triathlètes ou encore les pratiquants de remise en forme.

L'interview de la rédaction :Pierre-Yves Siramy, directeur du Pôle Immobilier Forêt Energie à la Ville et à la Communauté de Communes du Grand Pontarlier 

1 300 m³ de bois scolyté issus des forêts locales

L’un des marqueurs forts du projet réside dans le recours massif au bois local. La structure du bâtiment utilisera environ 1 300 m³ de bois brut issus des forêts du Haut-Doubs, principalement des épicéas scolytés, ces arbres touchés par les insectes ravageurs qui fragilisent actuellement les massifs forestiers jurassiens. « Beaucoup de gens pensent que les scolytes mangent le bois, mais mécaniquement il conserve toutes ses qualités », a rappelé l’agent technique en charge de la forêt communale de Pontarlier lors de la présentation. L’objectif est double : valoriser une ressource aujourd’hui abondante et démontrer que ce bois peut parfaitement être utilisé dans des projets d’envergure. Les bois proviennent principalement des forêts communales de Pontarlier et de La Cluse-et-Mijoux, labellisées AOC Bois du Jura. Les arbres exploités, âgés de 110 à 120 ans et situés jusqu’à 1 200 mètres d’altitude près de la frontière suisse, présentent des cernes très serrés particulièrement recherchés pour leurs qualités mécaniques. Les opérations d’abattage ont été réalisées de manière sélective afin de préserver les sols forestiers et de limiter l’impact environnemental. « On ne coupe jamais une parcelle entière sans discernement », ont insisté les intervenants, soulignant la volonté de maintenir une gestion durable des forêts locales. Le chantier fait ainsi figure de démonstrateur grandeur nature pour la filière bois régionale. Le bois scolyté sera volontairement visible dans les charpentes, les habillages acoustiques et différents éléments architecturaux du futur équipement.

L'interview de la rédaction : Guilhem Maury, technicien forestier, en charge de la forêt communal de Pontarlier 

L'interview de la rédaction : Johan Laresche, de la menuiserie éponyme de Sainte-Colombe 

Un projet ambitieux sur le plan environnemental

Le centre aquatique vise la certification Haute Qualité Environnementale au niveau « exceptionnel », un niveau rarement atteint pour ce type d’équipement particulièrement énergivore.  Le bâtiment sera alimenté par le réseau de chaleur urbain raccordé à Préval, fonctionnant à 90 % grâce aux énergies renouvelables. Environ 800 m² de panneaux photovoltaïques permettront également de couvrir près de 30 % des besoins électriques du site.  Le projet intègre aussi des systèmes de récupération des eaux de baignade destinées notamment au nettoyage des voiries et à l’arrosage des espaces verts.

Une ouverture envisagée en 2028

Le coût global prévisionnel de l’opération atteint 29 millions d’euros, dont 17,6 millions consacrés aux seuls marchés de travaux répartis en 24 lots. Plusieurs entreprises locales interviennent déjà sur le chantier, notamment pour les terrassements, le gros Å“uvre et la charpente bois.  Les travaux ont débuté à l’automne dernier. La livraison du chantier est désormais envisagée début 2028, pour une mise en service dans le courant de cette même année.