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De nombreuses villes optent ces derniers jours pour une désinfection totale des rues. Un moyen, selon les acteurs, de lutter contre l'épidémie actuelle. Anne Vignot, élue en charge de l'environnement à la ville de Besançon et candidate aux élections municipales, explique pourquoi cette mesure est, non seulement inutile face au COVID-19, mais également néfaste pour l'environnement.

Faut-il nettoyer, désinfecter les rues ? Est-ce d'actualité à Besançon ?

J'en ai discuté avec Jean-Louis Fousseret, je ne crois pas qu'il ira vers ce type d'acte. Après avoir discuté avec des chercheurs sur l'efficacité d'une telle mesure en matière de santé, ça n'a pas d'effet sur la question du COVID-19. Par contre cela  a d'autres effets sur l'environnement en général.

Cela a déja été fait dans d'autres villes et pays. Est-ce que cela pose des soucis écologiques et environnementaux ?

Oui, ça fait plusieurs années déja que le chlore utilisé dans l'eau de javel a été dénoncé comme toxique et pollueur d'air. Cela serait une abération écologique d'utiliser ce produit à un moment où l'on essaye d'en baisser l'usage dans les collectivités. C'est également néfaste pour les insectes qui commencent à polliniser les plantes. Nous ne sommes pas dans une chambre d'hôpital en train de tout désinfecter, une ville impacte beaucoup plus de choses importantes.

La désinfection n'a donc aucune vertu sanitaire ?

Imaginons qu'on désinfecte la ville. Le lendemain des gens vont passer, toucher à nouveau des portes. Ça implique de désinfecter combien de fois par jour, par semaine ? C'est inutile de nettoyer une ville de cette façon là.

Dans une récente publication sur sa page Facebook, le maire de Salins-les-Bains Gilles Beder a annoncé de nouvelles mesures concernant principalement la désinfection des lieux publics. Ainsi, une décontamination sera menée deux fois par semaine, « essentiellement devant les endroits à forte affluence : commerce, pharmacies, centre de soins, cabinets médicaux, etc… ». Dans un même temps, un nettoyage complet de la ville serait au programme. « Les voitures et les passants étant moins nombreux le travail en sera facilité » explique le maire salinois, affirmant que « les produits utilisés seront compatibles avec l’environnement ».

 

Civisme, avenir et reconnaissance

En parallèle, si Gilles Beder affirme que les Salinois « font preuve […] d’un civisme exemplaire », il leur demande cependant de respecter « encore plus » les mesures de confinements en place. Pour veiller à l’ordre public, la Police municipale devrait se réorganiser « de manière à être en proximité avec les habitants ».

Enfin, l’élu jurassien se projette déjà dans l’avenir post-confinement. Il affirme qu’il faudra « mettre toute notre énergie » lors de la réouverture de l’établissement thermal et la Grade Saline. « Nous sommes également en réflexion sur la meilleure façon d’accompagner nos commerçants lors de cette reprise » ajoute-t-il.

Dans un même temps, le maire a souhaité remercié « celles et ceux qui sont au service de l’intérêt général et qui nous permettent de continuer à vivre dans des conditions décentes ».

Suite aux mesures de confinement, de nombreuses craintes se portent sur les conditions de travail de certains employés, qui passent après le bon fonctionnement de l'économie. Le Secrétaire Départemental de la CGT, José Aviles, revient sur cette situation alarmante :

Comment la CGT gère cette situation avec le monde du travail ?

On essaye de faire des synthèses, d'avoir le plus d'informations possibles sur la situation des travailleurs via les délégués syndicaux notamment. La situation est très alarmante, on a l'impression qu'une partie de la population est protégée, et qu'une autre est sacrifiée. 

Quels sont ces métiers, ces travailleurs sacrifiés ?

Les caissiers, certains ont juste droit à un masque et des gants. On a d'autres exemples, notamment dans le bâtiment, où les employés d'une entreprise qui repeint des cages d'escaliers n'ont ni gants ni masques. Certaines structures d'aide à domicile n'ont qu'un masque pour 10 jours de travail. Et quand certains exercent leur droit de retrait, ces entreprises prennent des intérimaires...

Que doit-on conclure ? Que la vie des gens doit être mise en danger pour assurer l'économie du pays ?

Certains signes laissent paraître ça, oui. L'économie doit fonctionner, mais à quel détriment ? Celui de la vie humaine ? C'est la bourse ou la vie. On ne peut pas envoyer les employés comme cela sans protections sanitaires. 

Craignez-vous un lendemain de confinement difficile avec un nombre de chômeurs qui pourrait augmenter considérablement ?

C'est effectivement ce qu'on peut craindre. Le dérèglement du code de travail par le président Emmanuel Macron va être une catastrophe, et va accentuer la fracture sociale. Qui va de nouveau payer la note ? Ce sont essentiellement les salariés.

La Poste annonce la réorganisation de ses équipes durant cette période de confinement. Dès lundi, un renfort de 3000 personnes supplémentaires viendra aider les équipes courrier.

Cette réorganisation vise à augmenter le nombre de distribution hebdomadaire à 4. Ce renforcement permettra également un meilleur accès aux distributeurs d'argent et aux bureaux de poste dans les Quartiers Prioritaires de la Ville.

Dernière mesure, l'accessibilité au réseau de La Poste en zone rurale, qui sera également renforcée afin que 60% minimum des habitants soient à moins de 5km d'un point de présence postale.

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