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De Villers-le-Lac à Morteau, l’histoire horlogère prépare son avenir

Publié le 11 Aoû. 2026 à 15:08
Tags: culture | patrimoine | histoire locale | horlogerie |
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De Villers-le-Lac à Morteau, l’histoire horlogère prépare son avenir

Le musée de la Montre de Villers-le-Lac, rebaptisé « L’Ébauche », accueille temporairement une partie des collections autrefois présentées à Morteau. Cette réunion préfigure la création de la future Cité des Horlogers au château Pertusier, avec une ouverture envisagée en 2028.

Le reportage de la rédaction, Grégory Maugain

Un voyage à travers plusieurs siècles

Installé dans une ancienne entreprise horlogère, le musée de Villers-le-Lac retrace l’évolution de la mesure du temps et des savoir-faire associés. Ses trois salles réunissent des montres anciennes, des horloges astronomiques, des comtoises, des cartels, des carillons et de nombreux outils. « L’histoire de la montre commence au XVIe siècle et se poursuit jusqu’en 1980 », explique Grégory Maugain, régisseur des collections et des Å“uvres exposées. Les visiteurs peuvent notamment observer une horloge  comtoise datant de 1730, un cartel de l’époque de Louis XIV ou encore une rare montre républicaine dont le cadran est divisé en dix heures. Le parcours présente aussi l’évolution des mécanismes, des matériaux et des techniques. Si les moyens de production ont profondément changé, certains savoir-faire traditionnels restent utilisés, notamment dans les métiers d’art et l’horlogerie haut de gamme.

Le reportage de la rédaction, Grégory Maugain

Une activité profondément enracinée dans le territoire

Dans le Val de Morteau, l’histoire horlogère remonte aux environs de 1770. Durant l’hiver, les paysans se consacraient au travail du métal afin de compléter leurs revenus. Cette activité s’est progressivement développée jusqu’à occuper une place majeure dans l’économie locale. La période comprise entre les années 1950 et 1980 correspond à l’âge d’or de cette production. Les montres mécaniques françaises étaient alors vendues dans le monde entier. De nombreux habitants travaillaient dans les usines, les ateliers ou directement à leur domicile.

Cette organisation, appelée « établissage », reposait sur une division précise des tâches. Chaque ouvrier réalisait une étape avant que le maître horloger ne termine le montage et commercialise la montre. Le travail à domicile s’est maintenu jusqu’au début des années 1980. Les ouvrières récupéraient leurs pièces en début de semaine avant de rapporter leur production quelques jours plus tard.

 

Le lycée Edgar-Faure forme la nouvelle génération

La transmission des savoir-faire horlogers se poursuit également au lycée Edgar-Faure de Morteau. L’établissement forme les futurs horlogers et bijoutiers, appelés à travailler dans les entreprises françaises ou suisses de la filière. Il contribue ainsi au maintien de compétences techniques étroitement liées à l’identité et à l’histoire économique du Val de Morteau.

Si de nombreux jeunes diplômés rejoignent les manufactures suisses, des entreprises françaises continuent également de faire vivre cette activité, à l’image de Pequignet à Morteau et de Michel Herbelin à Charquemont. Entre préservation des gestes traditionnels et apprentissage des nouvelles technologies, le lycée Edgar-Faure occupe une place essentielle dans l’avenir de l’horlogerie régionale.

Des outils anciens toujours utiles

Une  partie du musée est consacrée à l’outillage horloger, notamment celui fabriqué aux Gras, commune autrefois réputée pour cette production. Machines à arrondir, tours à pivoter, pinces et outils destinés au réglage ou aux engrenages témoignent de la minutie exigée par le métier. Certains de ces instruments sont encore utilisés pour restaurer les mécanismes anciens. « Quelqu’un qui répare une comtoise vieille de 200 ans travaille encore aujourd’hui de la même manière », souligne Grégory Maugain. Le musée reconstitue également un atelier permettant de comprendre les conditions dans lesquelles travaillaient autrefois les horlogers.

Des collections régulièrement enrichies

Le fonds continue de grandir grâce aux dons de particuliers. Un carillon, une horloge de clocher bisontine ainsi qu’une collection de plusieurs centaines de sabliers ont récemment rejoint les collections. Grégory Maugain se déplace également pour expertiser et récupérer des pièces présentant un intérêt patrimonial. Un tableau-horloge retrouvé à Paris sera ainsi exposé dans le futur musée. Ces acquisitions permettent de sauvegarder des objets qui pourraient disparaître à l’occasion d’une succession ou être jetés faute d’avoir été identifiés. Cette transmission passe aussi par les écoles. Des objets peuvent être présentés directement dans les classes afin de sensibiliser les plus jeunes à l’histoire horlogère du territoire.

Deux musées réunis dans un même projet

La présence de deux musées consacrés à l’horlogerie, séparés de seulement six kilomètres, a conduit les collectivités à envisager leur regroupement. Les collections de Morteau ont donc été transférées à Villers-le-Lac pendant la préparation du nouveau projet intercommunal. La future Cité des Horlogers prendra place au château Pertusier, à Morteau. Construit au XVIe siècle, le bâtiment doit faire l’objet d’une restauration importante afin d’être préservé et adapté à l’accueil du public. Le chantier prévoit également une extension, un ascenseur, des réserves, une boutique-billetterie et un salon de thé. L’objectif est de rendre l’ensemble accessible à tous et de proposer un véritable lieu de vie autour de l’horlogerie.

 

Une ouverture envisagée en 2028

La future exposition permanente occupera un étage complet. Elle comprendra une salle consacrée à l’histoire du château, ainsi que des espaces dédiés aux montres, aux horloges, aux comtoises et à l’outillage. Une salle immersive et des espaces d’expositions temporaires sont également annoncés. Le site doit aussi accueillir des événements en lien avec les entreprises et les acteurs de la filière. Le lancement d’une nouvelle montre par une manufacture locale pourrait, par exemple, y être présenté.

L’ouverture de la Cité des Horlogers est envisagée pour la saison 2028, sous réserve de l’avancement des travaux. En attendant, le musée « L’Ébauche » de Villers-le-Lac permet au public de découvrir la richesse des collections réunies et de mesurer la place centrale occupée par l’horlogerie dans l’histoire du Val de Morteau.

Le reportage de la rédaction, Grégory Maugain

Dernière modification le mardi, 11 août 2026 16:11