Choix du secteur :
Se connecter :

Besançon : la Ville durcit sa réponse face aux saluts nazis au Musée de la Résistance

Publié le 19 Jui. 2026 à 15:06
Tags: musee de la resistance | Politique | christine werthe | citadelle de besancon |
Lecture: min
Besançon : la Ville durcit sa réponse face aux saluts nazis au Musée de la Résistance Christine Werthe

Lors du conseil municipal de Besançon, Christine Werthe, adjointe au maire en charge de la Citadelle, du patrimoine Vauban UNESCO, des savoir-faire horlogers et du patrimoine touristique, a exprimé sa préoccupation face à la multiplication des saluts nazis constatés au Musée de la Résistance et de la Déportation. L'élue a défendu une politique de fermeté et appelé à une mobilisation collective pour préserver la vocation mémorielle du site.

Un lieu de mémoire confronté à des actes inacceptables

Installé au sein de la Citadelle de Besançon, le Musée de la Résistance et de la Déportation est l'un des établissements de référence en France sur l'histoire de la Résistance, de la Déportation et de la Seconde Guerre mondiale. Entièrement rénové, il a rouvert ses portes au public le 8 septembre 2023 avec l'ambition de mieux transmettre cet héritage, notamment auprès des jeunes générations. Pour Christine Werthe, les incidents recensés ces derniers mois portent directement atteinte à cette mission. Depuis le début de l'année 2026, dix cas de saluts nazis ont été signalés dans l'enceinte du musée, dont six pour le seul mois de mai.

Une progression préoccupante

L'élue a souligné que ces actes connaissent une augmentation régulière. Quatre incidents avaient été recensés en 2024, puis cinq en 2025. Les dix cas enregistrés depuis janvier 2026 témoignent d'une recrudescence qui suscite l'inquiétude de la municipalité. « Ces gestes ne sont ni des provocations anodines ni des plaisanteries », a rappelé Christine Werthe. Pour la Ville, ils constituent une insulte à la mémoire des résistants et des déportés, mais également une remise en cause des valeurs républicaines que porte le musée.

La politique du "zéro tolérance"

Face à cette situation, la municipalité a choisi de renforcer sa réponse. Désormais, chaque incident avéré donne lieu à un dépôt de plainte, qu'il concerne des personnes majeures ou mineures. Cette politique s'applique également aux groupes scolaires. Christine Werthe a révélé que des plaintes avaient déjà été déposées contre des mineurs, y compris dans le cadre de visites encadrées par des enseignants. Si le dialogue avec l'Éducation nationale demeure privilégié, la Ville estime que certains comportements nécessitent également une réponse judiciaire. Le règlement intérieur de la Citadelle a par ailleurs été modifié afin de mieux protéger les agents, de clarifier les procédures de signalement et de garantir un traitement systématique de ces incidents.

Soutien aux équipes du musée

L'adjointe au maire tient à saluer le travail des personnels du musée, de la Citadelle et de l'accueil, régulièrement confrontés à ces situations. Selon elle, ces équipes assurent au quotidien une mission essentielle de transmission de la mémoire et de sensibilisation des visiteurs aux conséquences des idéologies totalitaires.

Un appel à l'unité des élus et à la responsabilité des jeunes

Au-delà des clivages politiques, Christine Werthe a appelé les 55 élus du conseil municipal à parler d'une seule voix sur ce sujet. « Il ne peut y avoir ni ambiguïté ni relativisation », a-t-elle insisté. Elle a rappelé que le Musée de la Résistance et de la Déportation n'est pas un lieu de provocation mais un espace destiné à comprendre l'histoire, développer son esprit critique et construire un engagement citoyen.

Prévention et éducation renforcées

Si la Ville assume désormais une ligne de fermeté, elle entend également renforcer les actions de médiation, de prévention et d'éducation menées autour du musée. L'objectif affiché est double : sanctionner les comportements contraires à la loi tout en poursuivant le travail pédagogique indispensable pour que les idéologies de haine ne trouvent aucun écho dans la capitale comtoise. Pour Christine Werthe, Besançon doit rester fidèle à l'héritage de celles et ceux qui ont résisté à la barbarie et continuer à faire vivre cette mémoire auprès des nouvelles générations.