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Immersion au cœur du mandat de maire : un doctorant de Sciences Po enquête dans le Haut-Doubs

Publié le 02 Fév. 2026 à 16:02
Tags: Politique | etudes superieures | sebastien populaire |
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Immersion au cœur du mandat de maire : un doctorant de Sciences Po enquête dans le Haut-Doubs Sébastien Populaire. Lucas Lam

« ÃŠtre maire d’une petite commune, c’est bien plus qu’un engagement politique : c’est une fonction exigeante, quotidienne, profondément ancrée dans la vie locale Â». C’est ce que met en lumière Lucas Lam, doctorant en sociologie à Sciences Po Paris, qui, le week-end dernier, était en immersion dans le Haut-Doubs pour les besoins de sa thèse. Une approche et un travail qu’il a menés aux côtés de Sébastien Populaire, maire de la commune de Touillon-et-Loutelet.

L'interview de la rédaction : Lucas Lam 

Un chercheur au plus près du terrain

Lucas Lam prépare une thèse consacrée au quotidien des maires de petites communes, et plus précisément aux conséquences du mandat sur leur vie familiale et professionnelle. Un sujet d’actualité, alors que les démissions de maires se multiplient et que la fatigue des élus locaux est régulièrement évoquée dans le débat public. Sa venue dans le Haut-Doubs n’est pas le fruit du hasard. Il y a deux ans, lors du congrès de l’Association des maires de France, il a rencontré  Sébastien Populaire, maire de Touillon-et-Loutelet. Un échange approfondi, sous forme d’entretien sociologique, a débouché sur une invitation : venir observer la réalité du mandat sur le terrain. « Le but était de venir sans présupposés, pour constater le mandat tel qu’il est réellement », explique le doctorant.

L'interview de la rédaction : Lucas Lam 

Un mandat exigeant et omniprésent

Pendant plusieurs jours, Lucas Lam a suivi le maire dans son quotidien. Une immersion révélatrice. Être maire d’une commune de 260 habitants, comme Toulon-et-Bouclay, signifie souvent tout faire soi-même ou presque. « La mairie n’a pas d’employé à temps plein. Le maire est en contact direct avec les habitants, ce qui entraîne de nombreuses sollicitations », observe-t-il. Contrairement aux grandes villes, où l’élu s’appuie sur un large staff, le maire rural est un élu exécutif, au plus près du terrain. Déneigement des routes, gestion des imprévus, écoute des habitants : le maire est sollicité à toute heure. « On est maire 24 heures sur 24 », résume le chercheur. Une réalité qui rend le mandat particulièrement exigeant sur le plan personnel et opérationnel.

L'interview de la rédaction : Lucas Lam 

Un travail qui dépasse le cas local

Si l’étude s’appuie sur un cas concret, elle s’inscrit dans une recherche nationale. Lucas Lam ira à la rencontre  d’autres maires de l’hexagone et travaille également  Ã  partir de données statistiques. L’objectif : comparer les situations selon les territoires, les contextes géographiques et les tailles de communes, afin de mieux comprendre les mécanismes à l’œuvre dans l’engagement municipal. Ce travail de longue haleine donnera lieu à une thèse de doctorat, mais aussi à des publications scientifiques, des contributions à des ouvrages et des présentations lors de colloques et journées d’études.

L'interview de la rédaction : Lucas Lam 

Un territoire qui a marqué le chercheur

Au-delà de la recherche, Lucas Lam garde un souvenir très positif de son séjour dans le Haut-Doubs. « C’est une région qui m’a beaucoup surpris par la richesse de son terroir et la beauté de ses paysages », confie-t-il, évoquant notamment la découverte des produits locaux et des traditions hivernales. Une immersion réussie, tant sur le plan scientifique qu’humain, qui éclaire d’un jour nouveau le rôle essentiel – et souvent méconnu – des maires de petites communes.