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Ce mardi matin, le parquet de Besançon a signé une convention de partenariat avec le Service Départemental d'Incendie et de Secours du Doubs. Cette signature vient officialiser la mise en œuvre de stages de sensibilisation à la sécurité routière, visant à privilégier une action pédagogique pour les auteurs d’infractions n’ayant pas déjà bénéficié de ce type de mesure.

 

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Cette convention, une première en France, a été signée avec le SDIS25. Ces stages sont à l’initiative du parquet dans le cadre des alternatives aux poursuites et des mesures de composition pénale, ou en exécution de condamnations. Ils s’articulent selon 5 thématiques : délits affectant la capacité à conduire, conduites addictives, incivilités routières, blessures involontaires non graves et grand excès de vitesse de plus de 50km/h. L’objectif est de faire évoluer les représentations et les comportements habituels liés à la conduite afin d’éviter la réitération de comportements dangereux par les conducteurs.

Pourquoi un partenariat avec le Service Départemental d'Incendie et de Secours du Doubs ? « Parce que ce sont les pompiers, qui au quotidien, assurent la sécurité aux personnes et c'est eux mieux que quiconque qui sont en capacité d'expliquer ce qu'ils constatent, et d'expliquer combien la vitesse, l'alcool et la drogue peuvent entraîner de drames humains au quotidien. En étant confronté à ces véhicules qui ont subi un accident et qui sont complètement désarticulés, et quand on entend ces pompiers qui expliquent ce qu'ils ont vu, ce qu'ils ont constaté, les décès des enfants, des femmes et des hommes, ce sont des choses qui peuvent vraiment toucher. A chaque stage, il y a des gens qui pleurent, qui sont émus » Etienne Manteaux, procureur de la République de Besançon.

 

Comment se déroulent ces stages ?

Les stages rassemblent des groupes d’une vingtaine de personnes durant 12h réparties sur 2 jours. Cette formation comprend notamment un module de gestes de premiers secours, une mise en situation pratique en extérieur simulant un accident grave, ainsi qu’une présentation en salle des causes, circonstances et conséquences réelles d’un accident de la route, appuyées de statistiques, de retours d’expériences et de photos. Le coût à la charge des participants est de 230€, assurant la rémunération des formateurs et la mise à disposition de moyens matériels et pédagogiques adaptés.

 

« L'objectif est de changer complètement de logique, de sortir d'un discours moralisateur et d’être sur une véritable formation. Première journée : le brevet de secourisme de niveau 1. Ensuite, des exercices pratiques tirés d'exemples du quotidien professionnel des pompiers, de leurs interventions des semaines précédentes, pour travailler sur l'altruisme. Le but est vraiment d'attirer l'attention de ces personnes qui ont commis un délit, ou conduit sous l’emprise alcoolique ou de stupéfiants, ou ont refusé d’obtempérer à une sommation de s'arrêter. Ils doivent se rendre compte qu'ils ne sont pas seuls au monde. Et qu’en ayant adopté ce comportement-là, ils ont mis en danger la vie des autres usagers de la route. » Etienne Manteaux, procureur de la République de Besançon.

 

Une peine complémentaire

Ce stage est une peine qui vient en complément d'une suspension ou d'une annulation de permis de conduire, et parfois même en complément de peine de prison avec sursis ou de prison ferme dans des cas plus rares. « Ce moyen est mis en place pour essayer de de ne pas être dans le pur répressif parce qu’on l'est beaucoup, et c'est évidemment nécessaire. Dès lors qu'il y a un relâchement de la répression, les gens se mettent de nouveau à conduire très vite et adopter des comportements dangereux. Simplement, la répression seule n'est pas suffisante. Et l'ambition, c'est d’ajouter à cette répression nécessaire, ce stage qui fait appel à l'intelligence, à l'émotion, et à l’altruisme » souligne Etienne Manteaux.  

Depuis hier, 8 jeunes du lycée Granvelle de Dannemarie-sur-Crête participent au Service National Universel (SNU) au Service Départemental d’Incendie et de Secours du Doubs. Décliné en trois phases, le SNU est un programme mis en place par Édouard Philippe à partir de 2019 pour succéder indirectement au service militaire en France. Il devrait être obligatoire dès 2025 pour les jeunes de 16 ans et concernerait environ 800.000 français.

 

Un programme en 3 phases

 

La première phase du SNU est une phase d’immersion, où les jeunes se retrouvent éloignés de leur foyer familial pendant une douzaine de jours. Ils sont pris en charge par des éducateurs, des formateurs, et les sapeurs-pompiers du Doubs, qui participent de manière active, en leur prodiguant la formation des gestes qui sauvent. Aussi au programme dans cette première phase, un forum des métiers, avec une présentation des différentes activités, de police, de gendarmerie, et de tout le ministère de la défense. Ensuite, arrive la deuxième phase qui est la mission d’intérêt général. Développée sous l’égide du lieutenant-colonel Colard, chef du groupement territorial Ouest, cette mission d’intérêt général est intitulée : « Je découvre l’engagement chez les sapeurs-pompiers ».

 

« J’ai sélectionné 8 jeunes qui se sont positionnés sur le site du SNU pour venir faire leur mission d’intérêt général qui regroupe 84h de présence. Et donc, cette semaine du 25 au 29 octobre représentera 35h des 84h qu’ils ont à faire. Et dans cette semaine, je leur fais découvrir avec des formateurs et des sapeurs-pompiers, ce qu’est l’engagement d’un sapeur-pompier. Par exemple, ils ont participé hier de manière active au port de l’appareil respiratoire isolant, ils ont découvert les contraintes de se déplacer lors des interventions, et notamment dans les incendies, avec ces appareils respiratoires » William Guyot, responsable de la formation des RH et du développement du volontariat au groupement territoriale ouest au SDIS du Doubs

Pompier SNU 1

 

Un engagement possible 

 

Ce mardi, ces jeunes effectuaient leur premier secours civique de niveau 1 au sein du service départemental d’incendie et de secours du Doubs. Le reste de la semaine sera tout aussi complet et formateur, car ils découvriront notamment le centre de traitement de l’alerte, ils iront visiter le vaccinodrôme, puis la plateforme logistique du SDIS. « Ils verront de cette façon que les sapeurs-pompiers vont bien au-delà de leurs missions aujourd’hui, et qu’ils participent de manière active à des opérations de gestion de crise dans la société » souligne William Guyot. « Je leur apprendrai aussi un petit peu à marcher au pas, parce que je ne vous cache pas que je souhaiterais que pour la fin de leur deuxième phase, ils puissent être avec nous le 14 juillet 2022 » poursuit le sapeur-pompier. Cette mission se terminera au mois de juillet 2022, mais les jeunes devront avoir réalisé leurs 84h afin d’obtenir leur diplôme de SNU. Et s’ensuivra alors peut-être pour ceux qui le souhaitent, une troisième phase, qui est la phase de l’engagement. S’ils ont été satisfaits et s’ils ont bien appréhendé la structure qui les a accueillis pour cette deuxième phase de mission d’intérêt général, ils pourront s’ils le souhaitent, contracter un engagement de sapeur-pompier volontaire au sein du SDIS du Doubs.