Le département du Doubs, placé en crise sécheresse depuis le 17 juillet, voit sa situation encore se dégrader. Le mois de septembre a été exceptionnellement sec et chaud, entraînant des débits de cours d’eau inférieurs aux sécheresses historiques et des tensions sur l’eau potable, particulièrement dans le Haut‑Doubs. Face à cette urgence, le préfet Rémi Bastille a réuni mardi les services de l’État et les acteurs locaux du secteur de Pontarlier.
Parmi les mesures décidées : la fermeture partielle de la vanne du barrage de Saint‑Point pour préserver le volume du lac, indispensable à l’alimentation en eau potable. Une pêche de sauvegarde est programmée les 7 et 8 octobre pour protéger la faune piscicole. Le préfet appelle à renforcer la sobriété de tous les usagers et à anticiper les usages prioritaires afin d’éviter toute rupture d’alimentation dans les prochaines semaines.
Douze communes confrontées à des ruptures d’alimentation en eau potable, des forêts fragilisées et de grands chantiers routiers à venir : le préfet du Doubs, Rémi Bastille, a dressé un large panorama des enjeux du département. Il s’est également exprimé sur la sécurité, les polémiques bisontines et la situation économique locale.
Eau : douze communes en difficulté
La sécheresse reste une préoccupation majeure pour les services de l’État. Selon Rémi Bastille, douze communes du Doubs connaissent des ruptures d’alimentation en eau potable au moment de ce point avec la presse. Le secteur de Quingey fait notamment l’objet d’une attention particulière, en raison de la présence d’un hôpital. Cette situation impose de poursuivre les investissements dans les réseaux et les interconnexions. Comme dans le secteur du Haut-Doubs, où des travaux sont actuellement menés sur le barrage du lac Saint Point pour relever le niveau du lac. Au-delà des équipements, une réflexion régionale est engagée sur la lisibilité des arrêtés sécheresse. Rémi Bastille souligne la difficulté de faire comprendre des restrictions lorsque les périodes de crise se prolongent plusieurs mois et que se superposent les alertes sécheresse, canicule et feux de forêt. L’État souhaite mieux expliquer les objectifs poursuivis, qu’il s’agisse de préserver les cours d’eau ou de protéger l’alimentation en eau potable.
L'interview de la rédaction : Rémi Bastille
Restaurer les zones humides et soutenir les réserves agricoles
Pour le préfet, l’adaptation passe aussi par la restauration des milieux naturels capables de retenir l’eau. Il insiste particulièrement sur le rôle des zones humides, qui contribuent à maintenir l’alimentation des cours d’eau lors des périodes sèches. Sur le plan agricole, il estime que le débat national sur les « méga-bassines » correspond mal aux besoins du Doubs, où l’élevage bovin occupe une place centrale. Il privilégie notamment les citernes permettant de récupérer l’eau de pluie sur les toitures des bâtiments agricoles pour abreuver les animaux. Des réserves destinées aux cultures peuvent également être étudiées localement, à condition, selon lui, de les dimensionner aux besoins et de les associer à des pratiques économes en eau.
Des forêts fragilisées, des conséquences pour les communes
La situation forestière constitue un autre sujet d’inquiétude. Rémi Bastille fait état de dépérissements importants dans plusieurs secteurs. Les chênes, habituellement considérés comme plus résistants à la sécheresse, sont eux aussi touchés. Le préfet signale également une reprise des attaques de scolytes. Ces dégradations obligent à revoir les programmes de coupe pour traiter prioritairement les bois atteints. Elles perturbent l’activité des scieries et les recettes des communes forestières. Les jeunes plantations souffrent également, avec de nouveaux investissements à prévoir pour les propriétaires et les collectivités. À plus long terme, le préfet évoque un risque pour l’approvisionnement de la filière bois : les pertes concentrées sur quelques années pourraient avoir des répercussions pendant plusieurs décennies.
L'interview de la rédaction : Rémi Bastille
Sécurité : 22 fermetures administratives depuis le début de l’année
À Besançon, le préfet relie plusieurs épisodes de violence survenus durant l’été aux rivalités entre groupes impliqués dans le trafic de stupéfiants. Il souligne l’engagement des policiers et annonce de nouveaux renforts dans le domaine judiciaire. La lutte contre les fraudes dans les commerces de proximité s’intensifie également. Rémi Bastille fait état de 22 fermetures administratives depuis le début de l’année, contre quelques-unes par an auparavant. Les infractions constatées concernent notamment le travail dissimulé, la vente de produits interdits ou de cigarettes de contrebande.
Le projet de nouveau commissariat à Besançon reste, quant à lui, en attente de financement. Il n’est pas abandonné, assure le représentant de l’État. Dans l’immédiat, des services administratifs doivent être installés dans des locaux de la préfecture, rue Charles Nodier, pour libérer de l’espace dans le commissariat actuel. De nouveaux policiers, notamment au service judiciaire, sont encore attendus.
Fresque de la Malcombe : le préfet annonce son intention de porter plainte
Rémi Bastille est également revenu sur la polémique autour de la fresque de la Malcombe et de l’inscription « La police tue ». Il indique avoir soutenu son effacement rapide et annonce son intention de déposer plainte. Le préfet considère cette formule comme une mise en cause injuste des policiers. Interrogé sur la liberté d’expression et la satire, il défend une distinction entre une expression dans la presse ou lors d’une manifestation et une inscription durable sur un mur appartenant à la municipalité.
RN57 : une première phase à 70 millions d’euros à Besançon
Les aménagements de la RN57 figurent parmi les grands dossiers d’infrastructure. À Besançon, après les premiers travaux concernant l’accès à Micropolis, le chantier sur la route nationale doit commencer en 2027, selon le calendrier présenté par le préfet. La première phase représente 70 millions d’euros et concerne notamment l’échangeur de Micropolis et ses abords. L’ensemble de l’opération doit s’étaler sur une dizaine d’années. Le déplacement des réseaux souterrains et le maintien d’une voie de circulation dans chaque sens rendent le chantier particulièrement complexe.
L'interview de la rédaction : Rémi Bastille
D’autres interventions sont prévues pour protéger le marais de Saône contre les conséquences d’une pollution accidentelle sur la route. L’enjeu est de sécuriser cette ressource qui contribue à l’alimentation en eau potable de Besançon. Dans le Haut-Doubs, le Département doit piloter les travaux concernant le contournement sud de Pontarlier. À Jougne, une étude doit prochainement proposer un réaménagement du poste douanier. L’objectif est de mieux séparer les flux de poids lourds et de véhicules légers, afin de réduire les ralentissements subis notamment par les travailleurs frontaliers et d’améliorer les conditions de travail des douaniers.
L'interview de la rédaction : Rémi Bastille
Suite aux nombreux faits de violences qui ont été commis à la sortie de l’établissement de nuit, le QG, situé chemin de Mazagran à Besançon, ainsi qu’aux multiples plaintes de riverains pour nuisances, Rémi Bastille, Préfet du Doubs, a décidé de fermer administrativement cette discothèque pour une durée de 30 jours. Il est expliqué que « des troubles à l’ordre public aux abords de cet établissement ont été constatés de façon récurrente par les forces de l’ordre ces derniers mois ».
Ce mercredi matin, en compagnie d’Anne Vignot, Maire de Besançon, Rémi Bastille, préfet du Doubs, a visité le quartier Battant. Rappelons que ce secteur bisontin a rejoint le dispositif Quartier Prioritaire de la Ville. Au cours de ce déplacement, le représentant de l’état a pu découvrir le secteur et rencontrer ses habitants et échanger sur la situation et le devenir de ce secteur géographique, qui bénéficiera du soutien de l’état. Au menu : les Bains Douches, la salle Battant, la boutique Jeanne d’Antide, … .
A Besançon. Suite à la mise à l’abri, pour des raisons humanitaires des migrants du parking d’Arènes dans un centre d’accueil à Planoise, Anne Vignot, la Maire de Besançon, a interpellé le Préfet du Doubs et la Présidente du Département. Dans un courrier, l’édile dénonce la situation de 80 personnes, vivant actuellement à Besançon, et qui subissent « un vide juridique ». Parce que reconnues « comme ni mineures, ni majeures ».
Elle rappelle à Jean-François Colombet et Christine Bouquin « que la mise à l’abri de ces personnes relève de leur responsabilité ». Mme Vignot leur demande d’appliquer la loi et de prendre les décisions qui s’imposent « immédiatement ».
Ce mercredi 30 novembre, Jean-François Colombet, le préfet du Doubs, a signé l’arrêté déclarant d’utilité publique les travaux d’aménagement de la RN57 afin d’achever le contournement de Besançon entre les boulevards bisontins et la commune de Beurre. Pour rappel, cela passerait par la mise à 2x2 voies de la RN57 avec une vitesse limitée à 70km/h. Le projet prévoit aussi des compléments de voiries urbaines permettant le désenclavement de certains quartiers, une réorganisation des accès au site de Micropolis et un nouvel accès poids-lourds à la station d’épuration par Port Douvot.
Il prévoit également l’aménagement de voies et d’ouvrages dédiés aux transports en commun, permettant une amélioration de la desserte du Nord de Planoise et de Micropolis.
Pour les modes actifs, des voies continues en site propre et connectées aux aménagements existants sont prévues, ainsi que de nouveaux ouvrages de franchissement des voiries routières et du Doubs.