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À Pontarlier, plusieurs panneaux d’affichage électoraux ont été vandalisés. Sur des affiches de la liste « La Gauche Pontissalienne », des inscriptions à la peinture rouge ont été apposées, notamment le message « LFI assassin », visant le mouvement politique La France insoumise.

Les tags recouvrent en partie les affiches de campagne et font référence à la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque, un événement dont l’enquête est toujours en cours.

Dans une réaction, le candidat Cédric Laithier dénonce une instrumentalisation de ce drame. « Les affiches de La Gauche Pontissalienne sur plusieurs panneaux officiels ont été vandalisées, en instrumentalisant la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque. Les tags dénoncent injustement une responsabilité de La France insoumise dans cet événement alors que l’enquête est loin d’être terminée et que les informations vérifiées publiquement disponibles ne pointent clairement pas dans cette direction », affirme-t-il.

Il rappelle également que « La France insoumise puis La Gauche Pontissalienne ont manifesté à diverses occasions depuis bientôt un an, au moins une fois par mois, sans qu’aucune dégradation ni aucun débordement ne soit jamais constaté ». La liste indique condamner cet acte illégal et précise qu’une plainte a été déposée.

À l’approche des élections municipales, un nouveau collectif citoyen s’organise à Pontarlier et dans la communauté de communes. Baptisé Pont Commun, il rassemble associations, entrepreneurs et habitants engagés autour des questions de transition écologique, de mobilité ou encore de participation citoyenne. Son objectif : créer un espace de dialogue entre citoyens et futurs élus et contribuer aux politiques publiques locales.

Un collectif né de dynamiques locales

Créé officiellement le 18 décembre, le collectif Pont Commun réunit des acteurs déjà impliqués dans la vie associative et citoyenne du territoire. « L’idée est de réunir des personnes qui agissent déjà localement sur différents sujets liés à nos modes de vie », explique Stéphanie Martin Vavasseur, membre du collectif et engagée dans plusieurs associations. À ses côtés figurent notamment Fabien Bouley, membre de l’association Durable et Doubs, et Frédéric Zahnd, engagée sur les questions de mobilité. Le collectif rassemble aujourd’hui des associations, des entreprises et des citoyens. À terme, il espère également travailler avec les élus locaux afin de mutualiser les compétences et favoriser les synergies. « Nous avons sur ce territoire beaucoup de personnes compétentes et engagées. L’objectif est de mettre ces compétences en réseau pour aller plus loin », souligne Mme Martin Vavasseur.

L'interview de la rédaction : Stéphanie Martin Vavasseur 

Faire le lien entre citoyens et élus

Contrairement à une liste électorale, Pont Commun ne cherche pas à s’engager directement dans la compétition politique. Ses membres revendiquent plutôt un rôle d’interface entre la société civile et les responsables publics. « Nous ne voulons pas prendre des responsabilités politiques. Notre rôle est plutôt de donner une voix aux citoyens et aux associations et d’apporter des analyses ou de l’expertise », explique le collectif.  Selon eux, ce lien manque parfois dans la gouvernance locale. Ils souhaitent donc contribuer à plus de transparence et de compréhension des décisions publiques, tout en soutenant les initiatives déjà présentes sur le territoire. Pour Frédérique Zahnd, cette démarche s’inscrit dans un mouvement plus large :
« On sent aujourd’hui un besoin de participation citoyenne. Beaucoup de citoyens ont le sentiment que la démocratie leur échappe. Notre démarche consiste à faire des propositions et à coopérer avec les élus, pas à entrer dans un rapport de force. »

L'interview de la rédaction : Stéphanie Martin Vavasseur 

L'interview de la rédaction :  Frédérique Zahnd

 

Un questionnaire adressé aux candidats

Dans cette perspective, le collectif a adressé un questionnaire aux listes candidates aux municipales, autour de dix grandes thématiques : mobilité, transition écologique, gouvernance, modes de vie ou encore développement local. Quatre listes de Pontarlier ainsi qu’une liste de Chaffois et Doubs ont répondu à cette consultation. Les réponses, parfois succinctes, témoignent selon le collectif d’une volonté majoritaire de poursuivre les politiques déjà engagées, même si certaines listes avancent également de nouvelles propositions.

Le collectif reconnaît que la consultation s’est déroulée dans un délai assez court et que certaines listes n’étaient pas encore constituées au moment de l’envoi. « Nous sommes déjà satisfaits d’avoir obtenu plusieurs réponses. Ce questionnaire constitue surtout un premier retour. Le travail commence maintenant », précise Fabien Boulay.

L'interview de la rédaction : Fabien Boulay 


 

Une analyse rendue publique

Dans les prochains jours, Pont Commun prévoit d’analyser ces réponses et de les publier intégralement sur ses réseaux sociaux (Facebook, Instagram et LinkedIn). Des formats courts et pédagogiques seront également proposés afin de rendre ces informations accessibles au plus grand nombre. Le collectif envisage ensuite de rencontrer les listes candidates, éventuellement entre les deux tours, afin d’échanger sur les propositions et sur la place que pourraient prendre les acteurs associatifs dans les politiques locales. « Nous apprenons en marchant. Tout est en train de se construire », résume Stéphanie Martin Vavasseur.

L'interview de la rédaction : Stéphanie Martin Vavasseur 

À quelques jours du premier tour des élections municipales, Patrick Comte défend son projet pour Pontarlier. Le candidat centriste se dit satisfait de la campagne menée avec son équipe et assume un discours critique sur la gestion actuelle de la ville. Il mise sur un programme élaboré collectivement et affirme croire en ses chances de victoire. Entretien.

Quel regard portez-vous sur cette campagne locale que l’on présente comme difficile, voire parfois hargneuse ?
Pas du tout. Je suis très satisfait de la façon dont se déroule cette campagne. Se lever chaque matin en cherchant des solutions pour améliorer la vie des gens, c’est très réjouissant.
De plus, cela m’a permis de rencontrer des personnes passionnantes, parce que passionnées, venues de tous horizons. J’ai aussi eu l’occasion de travailler avec toute une équipe de personnes compétentes et sympathiques. Nous avons bien travaillé ensemble et élaboré un programme qui répond aux attentes.

L'interview de la rédaction : Patrick Comte

Justement, votre liste est présentée comme un collectif composé de fortes personnalités. N’est-ce pas trop difficile à gérer ?
Non, pour moi c’est un avantage. Ce sont des femmes et des hommes de caractère, qui ont des convictions, qui n’ont pas peur de dire ce qu’ils pensent et qui ne sont pas là pour faire de la figuration.
Si les habitants nous font confiance, la tâche sera lourde et j’aurai besoin de ces forces pour mener à bien notre projet. Je n’ai pas l’intention d’avoir une gouvernance verticale. Chacun aura son domaine et ses projets à gérer. Moi, je serai le capitaine. Nous serons tous sur le pont pour atteindre notre objectif : redonner à Pontarlier sa place de capitale du Haut-Doubs et le rayonnement qu’elle a perdu.

L'interview de la rédaction : Patrick Comte

Dans les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, comme celle tournée devant le musée municipal, on vous voit très critique sur la gestion de la municipalité actuelle. Est-ce une posture ?
J’ai vu Pontarlier s’endormir. Sans cela, je ne me serais jamais présenté. La politique culturelle, par exemple, n’est pas à la hauteur de Pontarlier, alors que la ville a de nombreux atouts. Elle n’a plus la renommée touristique qu’elle avait autrefois. Beaucoup de choses se sont endormies. Je suis là pour les réveiller.
Si je suis critique, c’est parce qu’il y a des choses à critiquer. Ma candidature aura au moins eu le mérite de réveiller les deux candidats sortants. J’ai l’impression qu’ils commencent à bouger seulement maintenant.

L'interview de la rédaction : Patrick Comte

Que répondez-vous à ceux qui disent que vous leur avez repris certaines idées ?
C’est n’importe quoi. Nous avons été les premiers à présenter notre programme et à le distribuer. Nous avons mené une consultation citoyenne à laquelle les habitants ont largement répondu. Ensuite, nous avons travaillé en commissions avec les personnes susceptibles de devenir adjoint. Nous avons travaillé pendant des semaines. Les résultats de ces commissions ont été présentés à l’ensemble de la liste, les meilleures idées ont été retenues et intégrées au programme. Je le redis : nous avons été les premiers. Nous n’avons jamais copié. Que certaines idées se ressemblent, c’est possible. Mais ce que je leur reproche, c’est de ne pas l’avoir fait plus tôt.

L'interview de la rédaction : Patrick Comte

Et vous vous adressez là aux deux candidats sortants, Bénédicte Hérard et Bertrand Guinchard ?
Oui. Et si jamais je m’endors, mes adjoints seront là pour me secouer et me dire : « il faut se remettre au boulot».

Est-ce difficile de porter une étiquette centriste dans le contexte politique national actuel ?
J’ai une étiquette centriste. Je ne suis ni de droite ni de gauche. Je dis parfois que je suis de « l’extrême centre », parce que les gens aiment bien les extrêmes. Mais je préfère parler de bon sens, de pragmatisme et d’efficacité,  plutôt que d’étiquette politique.

L'interview de la rédaction : Patrick Comte

Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ?
Cela veut dire ne pas agir en fonction des consignes des partis politiques ni de dogmes idéologiques. Si une idée venue de La France insoumise est bonne, pourquoi ne serait-elle pas adoptée au conseil municipal ? De même si elle vient de Bertrand Guinchard, qui se situe plutôt de l’autre côté de l’échiquier politique. Je ne vois pas ce que la politique nationale vient faire dans la gestion municipale.

La victoire est-elle possible ?
Bien sûr. Je ne veux pas nous lancer de fleurs, mais je pense que notre liste est la meilleure et que nous avons les meilleures idées. Oui, clairement.

L'interview de la rédaction : Patrick Comte

Dans le contexte politique actuel, très conflictuel, envisagez-vous de fusionner votre liste ?
Non, ce n’est pas envisagé pour l’instant. Nous pensons à la victoire. Je ne sais pas si l’on voit mon sourire…

Avec ces divisions à droite, ne craignez-vous pas d’ouvrir des perspectives à la gauche ?
Non, je ne le pense pas. Il est vrai que je suis plus proche des idées et des projets des candidats sortants — ou plutôt qu’ils sont plus proches des miens — que de ceux de Cédric Laithier et de La France insoumise, que je considère comme très dogmatiques et partisans.

Pour terminer, organiserez-vous encore des réunions publiques d’ici le 15 mars, date du premier tour ?
Oui. Il y en a une ce soir aux Étraches : ce sera la sixième. La dernière, avant le premier tour,  aura lieu mercredi prochain à la salle Morand.

À l’approche des élections municipales de mars prochain à Pontarlier, Cédric Laithier, tête de liste de « La gauche pontissalienne », poursuit sa campagne. Le candidat affirme croire en la possibilité d’une victoire et met en avant un projet axé sur la transparence, la participation citoyenne et le partage du pouvoir au sein du conseil municipal.Rencontre. 

Croyez-vous en la victoire ? Est-il possible de gagner à Pontarlier quand on est de gauche ?

Évidemment que c’est possible de gagner à Pontarlier. Cette année, il y a quatre listes : trois listes de droite et une liste de gauche. Les trois listes de droite n’assument pas forcément d’être de droite, ce qui est assez étonnant. Nous, au contraire, nous assumons pleinement d’être de gauche et de porter un programme de rupture. Mais au-delà du fait que ce soit possible, c’est surtout nécessaire. Cela fait 30 ans que la ville est gérée par une politique de droite qui conduit aujourd’hui à un état catastrophique des finances municipales. On l’a vu lors du dernier conseil municipal : il n’y a quasiment plus aucune marge de manœuvre pour investir dans les prochaines années. Rien ne sera simple, mais il faut stopper rapidement cette hémorragie si l’on ne veut pas que Pontarlier soit placée sous tutelle. Donc oui, c’est possible, et c’est surtout nécessaire.

Sur l’échiquier politique, classez-vous tous vos adversaires à droite ?

On peut difficilement dire autre chose. Bertrand Guinchard a soutenu Éric Zemmour lors de l’élection présidentielle de 2022, même s’il essaie aujourd’hui de le cacher ou de ne pas le dire. Il est donc à droite. Bénédicte Hérard est aux Républicains. Quant à Patrick Comte, il a été investi en 2021 par le parti du Président de la République, Renaissance. Or, la politique menée par Emmanuel Macron depuis son accession au pouvoir est une politique de droite, ultra-libérale. Donc oui, ce sont des listes de droite.

Jean-Luc Mélenchon n’est-il pas en train de vous tirer une balle dans le pied ? Ne préféreriez-vous pas qu’il reste un peu en retrait en ce moment ?

Non. Jean-Luc Mélenchon s’exprime quand il en a envie. Ensuite, chacun interprète ses propos comme il l’entend. On ne peut pas interpréter les choses à la place des autres. Les valeurs que nous défendons à la France insoumise sont claires : nous nous battons contre l’antisémitisme, contre le racisme et contre toutes les discriminations. Nous avons un programme qui ne varie pas en fonction des événements. Je ne pense donc pas que Jean-Luc Mélenchon soit un problème, ici ou ailleurs. Certaines personnes ne l’aiment pas, ce n’est pas nouveau. Rappelons que 7 millions de personnes ont voté pour lui lors de la dernière élection présidentielle et qu’à Pontarlier, il est arrivé en deuxième position. C’est une force et une fierté d’appartenir à la France insoumise.

À gauche, n’avez-vous pas parfois tendance à vous couper l’herbe sous le pied. On a constaté qu’il y avait eu des scissions au sein de votre équipe à un moment donné. Était-il difficile de se rencontrer et de travailler collégialement à gauche ?

Non, ce n’est pas difficile. À la Gauche pontissalienne, nous avons toujours gardé le même cap : la transparence, le respect de la démocratie et celui des engagements que nous prenons. Si certaines personnes ne souhaitent pas tenir leurs engagements, cela les regarde. Nous, nous construisons un programme qui représente les Pontissaliens. Il a été élaboré par eux et pour eux. Dans notre manière de fonctionner, nous avons toujours été clairs et transparents : quand il y a des décisions à prendre, nous votons et nous respectons simplement le résultat du vote.

Si vous faites allusion à la scission qu’il y a eu avec un autre collectif, je le redis — nous l’avons déjà expliqué à plusieurs reprises — : un vote a eu lieu pour savoir s’il fallait ou non afficher les partis politiques nationaux. La décision démocratique a été de les afficher. Pour nous, c’était simple et clair : nous les affichions.

Si d’autres personnes ne souhaitaient pas le faire, c’est visiblement le choix qu’elles ont fait. Mais ce n’est pas ce qui avait été décidé collectivement, et manifestement elles n’y sont pas parvenues.

En tout cas, nous sommes présents. La gauche est présente à Pontarlier, et c’est bien cela le plus important. Les électrices et les électeurs de gauche de Pontarlier sont représentés à travers un programme et une équipe, et ils peuvent ainsi contribuer à faire changer les choses dans la ville.

Que répondez-vous à vos opposants qui estiment que votre programme est calqué sur le national et manque de propositions locales ?

Nous ne calquons pas le programme de la France insoumise. Il y a évidemment des éléments qui s’en inspirent, comme il y a aussi des éléments issus du programme des écologistes ou du Parti communiste français. Ce sont des idées de gauche. Et lorsqu’il s’agit d’idées de gauche, on défend nécessairement la justice sociale, la justice écologique et la démocratie. Ce sont des valeurs profondément ancrées dans notre projet.

L"interview de la rédaction : Cédric Laithier 

Qu’avez-vous envie de dire aux Pontissaliens qui nous écoutent pour qu’ils votent pour vous ?

Ce programme, nous l’avons construit avec eux et pour eux. Et il y aura énormément d’espace pour qu’ils puissent s’exprimer. Nous sommes les seuls à proposer le référendum d’initiative citoyenne afin que les habitants puissent changer des choses dans leur quartier ou dans leur ville. Nous proposons également un référendum d’initiative municipale : les habitants seront consultés sur tous les grands projets structurants, comme celui de la maison Chevalier, par exemple. Sur ce sujet, les autres candidats ont déjà des propositions, mais ils n’ont absolument pas consulté la population. Nous disons aux habitants : exprimez-vous, et nous ferons ce que vous voulez.

Enfin, nous proposons aussi le référendum révocatoire. Cela signifie que si des élus de la majorité se comportent mal ou adoptent une attitude indigne de leur mandat, ils pourront être révoqués. Ce sera également valable pour les engagements que nous prendrons. Les citoyens ont besoin de retrouver confiance dans la politique. C’est en leur redonnant la parole et le pouvoir que nous pourrons regagner cette confiance. Les promesses qui ne sont jamais tenues alimentent le désamour pour la politique.

L'interview de la rédaction : Cédric Laithier 

 

Pouvez-vous nous rappeler l’organisation que vous souhaitez mettre en place si vous arrivez aux responsabilités ? Êtes-vous le chef de file de cette liste ?

Je suis la tête de liste, puisqu’en France il faut une tête de liste pour conduire une liste aux élections municipales. Ce que j’ai expliqué, c’est que je ne serai pas un maire comme les autres. Je serai bien sûr le maire de Pontarlier, avec toutes les obligations que cela implique. Il n’y a aucune ambiguïté là-dessus. La grande différence avec les autres candidats et avec ce qui se faisait auparavant, c’est que je ne serai pas un maire avec les pleins pouvoirs. Le pouvoir sera réellement partagé entre l’ensemble des élus du conseil municipal.

Dès la première séance du conseil municipal, il y aura un vote pour décider si l’on donne ou non les pleins pouvoirs au maire. Pour ma part, je demanderai à ne pas les avoir, car en démocratie, c’est l’ensemble des représentants élus qui doit pouvoir exercer ce pouvoir.

L'interview de la rédaction : Cédric Laithier 

Quelques mots pour conclure sur le meeting qui va se tenir prochainement à Pontarlier ?

Ce meeting se tiendra en présence d’un député de la France insoumise, Thomas Portes. Il y aura également un représentant des écologistes, François Mandil, ainsi qu’une personne représentant le Parti communiste français et les citoyens engagés. C’est un moment important de cette campagne. Nous voulons dire aux habitants : venez nous rencontrer, venez comprendre pourquoi il faut voter pour nous et pourquoi nous pouvons changer votre quotidien. Le meeting aura lieu mardi 10 mars à 20 h, à la salle Morand.

L'interview de la rédaction : Cédric Laithier 

Dans moins de quinze jours, Pontarlier et tout l’hexagone national sont appelés aux urnes pour élire leur maire et leurs conseillers. A quelques jours de ce scrutin, Plein Air a choisi d’interroger les candidats pontissaliens sur des faits et des questionnements qui animent le débat public local. Précisons qu'à la demande certains candidats en lice, les angles et questions ont été soumis aux interviewés quelques jours avant l’enregistrement de l’interview. La règle est ainsi la même pour tous. Rappelons que Bénédicte Hérard, Bertrand Guinchard, Patrick Comte et Cédric Laithier sont respectivement les chefs de file des listes qu'ils présentent. À l’approche des élections municipales, Bertrand Guinchard défend un programme qu’il affirme « prêt à être mis en œuvre dès le premier jour ». Rencontre.

Vous avez présenté de nombreuses propositions pour Pontarlier. Êtes-vous certain de pouvoir les réaliser en un seul mandat ?
Bien sûr. Certains engagements relèvent du fonctionnement courant et peuvent être lancés rapidement. Quant aux grands projets, ils seront engagés dès le début du mandat. Je pense notamment à la requalification de la place d’Arçon et au projet autour de la Maison Chevalier. Les études financières et techniques seront lancées immédiatement, avec un appel à projets à la clé. Cela prendra du temps, mais six ans – peut-être sept si le mandat est prolongé – permettent de mener à bien des projets structurants.

Votre équipe travaille-t-elle sur cette feuille de route depuis longtemps ?
Oui.  L’équipe que j’ai présentée en septembre est restée inchangée et elle est aujourd’hui déposée en préfecture. Nous avons élaboré ce programme collectivement. Les colistiers, par leurs métiers et leurs parcours, sont représentatifs de la population. Ils ont contribué à identifier les attentes des Pontissaliens et à construire un projet ambitieux pour une ville dynamique.

L’économie semble être au cœur de votre discours. Pourquoi cette priorité ?
Parce que c’est fondamental. Le dynamisme économique permet de traverser les crises, de financer les projets et d’assurer le développement du territoire. Il existe de vraies différences entre ceux qui placent l’économie au centre de leur réflexion et ceux qui l’oublient. Comprendre les chefs d’entreprise, connaître leurs besoins et leur parler d’égal à égal est indispensable. Confier cette responsabilité à un élu issu du monde économique est un signal fort adressé aux entrepreneurs et aux commerçants. Cela montre que l’attractivité et la préservation du tissu économique local seront une priorité.

Vous souhaitez également présider la Communauté de communes du Grand Pontarlier. Pourquoi est-ce si important ?
Parce que les compétences intercommunales sont centrales dans le quotidien des habitants : gestion des déchets, eau, assainissement, mobilités douces, développement touristique. Se priver de cette présidence, pour le maire de Pontarlier, ce serait se couper d’enjeux majeurs, notamment économiques. Pour moi, un maire n’est pas là pour couper des rubans, mais pour travailler en profondeur et prendre des décisions structurantes. La cohérence entre la Ville et l’intercommunalité est essentielle pour mener une politique efficace.

En résumé ?
Être maire, c’est agir et décider. Mon ambition est claire : placer l’économie et la cohérence territoriale au cœur du prochain mandat.

Dans moins de quinze jours, Pontarlier et tout l’hexagone national sont appelés aux urnes pour élire leur maire et leurs conseillers. A quelques jours de ce scrutin, Plein Air a choisi d’interroger les candidats pontissaliens sur des faits et des questionnements qui animent le débat public local. La première à s’être prêtée à cette forme d’interview est Bénédicte Hérard, qui termine un deuxième mandat au sein de la capitale du Haut-Doubs. L’élue officie également dans l’opposition au Conseil Régional de Bourgogne Franche-Comté. Précisons qu'à la demande certains candidats en lice, les angles et questions ont été soumis aux interviewés quelques jours avant l’enregistrement de l’interview. La règle est ainsi la même pour tous. Rappelons que Bénédicte Hérard, Bertrand Guinchard, Patrick Comte et Cédric Laithier sont respectivement les chefs de file des listes qu'ils présentent. 

Bonjour Madame Hérard. Comment s’est déroulé votre mandat au Conseil régional  de Bourgogne Franche-Comté et surtout, qu’a-t-il apporté concrètement au territoire. Rappelons que vous êtes, depuis 2021 dans l’opposition au sein de cette collectivité locale ?

Mon mandat est toujours en cours, puisque j’ai été élue en 2021, et  jusqu’en 2028. Il est important de rappeler que l’action continue. Parmi les dossiers marquants, j’ai beaucoup travaillé sur la signature du Contrat de Plan État-Région pour garantir des financements essentiels à notre territoire. Je me suis également mobilisée pour soutenir nos agriculteurs en difficulté, notamment sur le versement des fonds européens. Certains exploitants, y compris très localement, rencontraient de vraies difficultés ; il était indispensable qu’ils obtiennent les aides auxquelles ils avaient droit.

Nous avons aussi obtenu une subvention régionale inédite pour le Super Comice prévu en 2026. D’autres projets ont été accompagnés : le financement d’une aire de jeux à Sainte-Colombe, la rénovation du centre-bourg à Dommartin avec l’intégration d’une maison de santé, ou encore la réhabilitation du bâti pour le quartier des Longs Traits. Je pense également à la venue du vice-président en charge de la politique de la ville, qui a permis de débloquer 100.000 euros pour la réfection et l’ombrage du parc Berlioz. Plus globalement, je siège dans des commissions où je défends activement les dossiers du Haut-Doubs : logement touristique, économie sociale et solidaire, agriculture, forêt. Ce sont des sujets qui me tiennent particulièrement à cœur.

Vous avez choisi de ne pas présider la communauté de communes du Grand Pontarlier. Comment avez-vous désigné vos adjoints et proposer un candidat à la présidence de l’instance intercommunale ?

C’est un choix assumé. J’ai souhaité une organisation nouvelle avec une répartition claire des responsabilités. Mon premier adjoint sera Xavier Garcia, un élu compétent et pleinement disponible. Son profil correspond à l’orientation que nous voulons donner au mandat, notamment sur la réhabilitation du patrimoine bâti et la gestion des ressources. Concernant la communauté de communes, je proposerais la candidature de Didier Chauvin. Il y a siégé durant six ans, piloté le PLUIH et maîtrise parfaitement les dossiers structurants. Il sera entièrement dédié à cette mission, tandis que je resterai concentrée sur la ville. Nous travaillerons en complémentarité.

Votre liste est-elle toujours sans étiquettes ou assume-t-elle une orientation politique particulière ?

Elle reste sans étiquettes. Sur 35 candidats, seules deux personnes sont encartées aux Républicains. La liste rassemble des sensibilités diverses, du centre à une droite gaulliste. Je suis d’ailleurs la seule candidate à avoir présenté une liste complète de 35 noms. Je demeure fidèle à ma ligne : un rassemblement local avant tout, au service du territoire.

Votre liste a-t-elle évolué ces dernières semaines ?

Une liste vit. Elle est composée d’hommes et de femmes qui peuvent rencontrer des contraintes personnelles ou professionnelles. Tant qu’elle n’est pas déposée et validée par la préfecture, elle peut évoluer. Nous avons eu un seul désistement. L’essentiel est de constituer une équipe pleinement engagée et disponible pour gérer efficacement la commune.

Samedi, à Pontarlier, Bénédicte Hérard, candidate aux élections municipales de mars prochain, a présenté sa méthode de campagne dans un contexte politique tendu. Interrogée sur son engagement au sein de la Région, la composition de son équipe, nous y reviendrons,  et ses choix politiques, la conseillère régionale a présenté ses premières intentions. Elle a annoncé la désignation de Xavier Garcia comme premier adjoint et confirmé que Didier Chauvin sera le président de la Communauté de Communes, si elle est élue, affirmant son choix de ne pas cumuler les fonctions en cas de victoire.

À quelques semaines de la campagne des municipales 2026, un nouveau collectif citoyen voit le jour au sein de la Communauté de communes du Grand Pontarlier (CCGP). Baptisé « Le Pont Commun », il rassemble des citoyen·nes, des associations et des acteurs économiques locaux avec un objectif : éclairer les positions des listes candidates sur les grands enjeux qui structurent les modes de vie du territoire.

Une démarche d’information et de dialogue

Le collectif entend poser un cadre simple : s’appuyer sur des documents publics – comme le PLUiH 2024 ou des publications de presse – pour dresser un état des lieux, puis adresser aux candidats des questions précises et concrètes.

Trois axes guident la démarche :

  • ce qui a déjà été engagé,
  • ce qu’il reste à faire,
  • et les priorités assorties d’engagements chiffrés pour le mandat 2026-2032, avec un point d’étape en 2030, en référence aux objectifs de l’Agenda 2030.

Dix thèmes au cœur du questionnaire

Le questionnaire, transmis aux listes identifiées, s’articule autour de dix thématiques du quotidien : climat et énergie, eau et sécheresses, mobilités, logement et urbanisme, biodiversité, alimentation et agriculture, déchets et économie circulaire, inégalités sociales et santé, numérique et sobriété, ainsi que gouvernance et participation citoyenne.

Le territoire concerné englobe Pontarlier et les communes membres de la CCGP : Doubs, Houtaud, Chaffois, Dommartin, Granges-Narboz, La Cluse-et-Mijoux, Sainte-Colombe, Verrières-de-Joux et Vuillecin. Le collectif précise qu’il ira à la rencontre des communes où les listes ne sont pas encore connues ou joignables.

Publication sans « palmarès »

Les réponses seront publiées dans leur intégralité, question par question, afin de permettre aux habitants de comparer les propositions. Une synthèse transversale mettra en lumière convergences et différences, sans établir de classement. « L’objectif est de comprendre les positions, pas de noter les listes », soulignent les initiateurs.

Le calendrier est fixé : envoi des questionnaires à partir du 13 février, réponses attendues jusqu’au 1er mars à minuit, puis publication des résultats la semaine du 8 mars sur les réseaux sociaux.

Un collectif ouvert

Derrière « Le Pont Commun », déjà soutenu par plusieurs structures locales – dont Durable et Doubs, La Marmite Solidaire, l’AMAP, Haut-Doubs Citoyen, Écologique et Solidaire, Chouette éthique, LG Performance ou encore Selle vous plaît – l’ambition est de « faire le pont » entre élus, habitants, associations et entreprises.

Le collectif, pour l’instant structuré autour d’une liste de diffusion, se veut ouvert à toutes les bonnes volontés. Les personnes intéressées peuvent écrire à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. pour rejoindre la démarche et contribuer aux échanges.

À l’approche du dépôt officiel des listes dans les 563 communes du Doubs, les services de l’État s’emploient à expliquer un mécanisme électoral profondément remanié. Un système qui, selon le préfet du Doubs, Rémi Bastille,  repose sur un équilibre délicat entre contrôle administratif national et autonomie politique locale, et dont la réussite dépendra autant de la mobilisation des candidats que de la compréhension des électeurs.

Un dispositif à deux vitesses : nuance nationale et liberté locale

Le préfet rappelle que la préfecture attribue à chaque liste une nuance politique nationale, une classification administrative destinée à permettre une lecture homogène des résultats à l’échelle du pays. Cette nuance n’empêche toutefois pas les candidats de revendiquer publiquement l’étiquette de leur choix dans leur communication locale. « Ce double niveau peut surprendre, mais il répond à deux logiques différentes : l’analyse nationale d’un côté, la liberté d’expression politique de l’autre », explique le préfet. Cette coexistence peut néanmoins créer une forme de décalage entre l’identité affichée par les candidats et la catégorie dans laquelle ils seront comptabilisés le soir du scrutin.

L'interview de la rédaction : Rémi bastille, préfet du Doubs 

Une incertitude persistante sur le nombre de listes

À ce stade, les services de l’État estiment qu’environ 800 listes pourraient être déposées dans le département. Une projection qui dépasse largement le nombre de communes, signe d’une compétition accrue dans certaines zones urbaines ou périurbaines. Mais le préfet tempère : « Ce chiffre reste une estimation. Dans de nombreuses petites communes, il n’y aura qu’une seule liste. Le décompte final ne sera connu qu’à la clôture officielle des dépôts ». 

 

Pontarlier, un exemple de fragmentation locale

À Pontarlier, la capitale du Haut‑Doubs, la campagne illustre de manière particulièrement nette la complexité du paysage politique local. Le maire sortant, Patrick Genre, a choisi de ne soutenir officiellement aucune liste, une position qui traduit les divisions apparues au sein de son conseil municipal au cours du mandat. Plusieurs responsables politiques locaux n’ont pas non plus pris position publiquement, malgré des proximités politiques connues de longue date. Cette absence d’alignement national contribue à brouiller la lecture du scrutin pour les électeurs et renforce l’impression d’un paysage politique éclaté. Deux listes classées « sans étiquettes » sont entrées en campagne : l’une menée par Bertrand Guinchard, l’autre par Bénédicte Hérard. Le premier a régulièrement revendiqué des positions situées à droite de l’échiquier politique, tandis que la seconde a longtemps été engagée aux côtés de Gilles Platret, figure de la droite et du centre. Le centriste Patrick Comte est également en lice, même si son positionnement politique, traditionnellement identifié, apparaît aujourd’hui moins mis en avant dans la campagne. Cette configuration, marquée par une pluralité de candidatures et l’absence de soutien explicite de figures locales ou nationales, contribue à une campagne particulièrement ouverte et souligne les recompositions politiques à l’œuvre dans la ville. Cette situation interroge également  sur la capacité de la ville à peser dans les équilibres nationaux.

Dans sa chronique humoristique sur France 5, dans le programme "C à Vous", Bertrand Chameroy s’est amusé des prestations des quatre candidats pontissaliens invités dans l’émission « Dimanche en politique » sur France 3 Franche‑Comté. Présentation hésitante pour Bénédicte Hérard, fiches feuilletées en direct pour Patrick Comte, regard caméra insistant pour Cédric Laithier et positionnement « bien à droite » pour Bertrand Guinchard : l’animateur a revisité leurs passages avec son ton habituel, moqueur mais équitable.