Séverine Vézies, la responsable départementale de la France Insoumise du Doubs, a réagi à la prise de parole télévisée d’Emmanuel Macron de ce mercredi midi. Elle présente un Président de la République « hors sol ». Elle juge son intervention méprisante, très éloignée de la crise sociale et des préoccupations des Françaises et des Français.
« Au lieu de jouer son rôle de garant des institutions, c’est-à-dire de jouer l’apaisement, il a continué le refrain habituel du mépris et de l’arrogance » explique Mme Vézies. Et de poursuivre : « il a encore parlé pour ne rien dire. Si ce n’est, ajouter de l’huile sur le feu ». La militante bisontine souligne qu’Emmanuel Macron « ne peut pas gouverner contre le peuple ». « Quand on a 93% des actifs qui sont opposés à une réforme, on se doit d’écouter le peuple, qui est le seul souverain ».
Dans ces condition, Séverine Véziès appelle plus que jamais à poursuivre la mobilisation. Elle invite le plus grand nombre à rejoindre les manifestations organisées dans la rue. Elle sera d’ailleurs présente, demain après-midi, à la manifestation qui se tiendra, à 14h, sur le parking Battant.
L'interview de la rédaction / Séverine Véziès
Emmanuel Macron a pris la parole ce mercredi, à 13h, à la télévision. Le Président de la République a expliqué que la réforme des retraites « va poursuivre son chemin démocratique ». Il souhaite que le texte « rentre en vigueur d’ici la fin de l’année ».
Au cours des échanges, il a regretté « de ne pas avoir réussi à convaincre sur la nécessité de cette réforme ». Il a de nouveau tendu la main aux syndicats, tout en leur reprochant « de ne pas avoir proposé de compromis. Ce qui a fait réagir Laurent Berger, le leader de la CFDT.
Le Président de la République a dit vouloir ouvrir des « chantiers », notamment sur une meilleure répartition des profits des entreprises, la réindustrialisation du pays et que le travail paie plus.
Il était jusqu’à présent discret. Finalement Emmanuel Macron s’exprimera à la télévision ce mercredi en pleine crise politique et sociale. Il le fera à 13h sur TF1 et France 2. Un horaire peu habituel. Il y a quelques jours, le Président de la République annonçait qu’il souhaitait que la réforme « puisse aller au bout de son cheminement démocratique ».
Par ailleurs, selon une étude réalisée du 9 au 16 mars dernier, la popularité du chef de l’état est au plus bas. 29% des Français sont satisfaits de son action politique. Il faut remonter au début de l’année 2019, au sortir de la crise des gilets jaunes pour retrouver une telle situation politique.
Alors qu’une journée sociale et politique importante se déroule en France dans le conflictuel dossier de la réforme des retraites, l’intersyndicale n’a pas dit son dernier mot. Elle se réunira ce soir pour décider de la suite de la contestation. Rappelons qu’Emmanuel Macron a eu recours au 49.3 pour faire adopter sa réforme. Elisabeth Borne en a fait les frais cet après-midi à l’Assemblée nationale. Ce jeudi matin, des manifestants se sont réunis devant la permanence du député Eric Alauzet à Besançon, qui s’est positionné en faveur de cette réforme. Remontée, l'intersyndicale est venue lui rappeler sa responsabilité et « sa trahison », envers les valeurs de gauche qu’il défendait auparavant.
José Avilès, le secrétaire départemental de la CGT du Doubs, se dit “abasourdi” par la décision qui est dénoncée. Il pointe un véritable “déni de démocratie”. On s’attend à une montée de la colère dans les rangs de la population, opposée à la réforme. Un mécontentement qui doit se faire entendre ce soir lors du rassemblement prévu devant la préfecture du Doubs à Besançon.
L'interview de la rédaction / José Avilès
Laurent Croizier, candidat sur la 1ère circonscription du Doubs aux législatives de juin prochain, soutenu par le parti d' Emmanuel Macron, a réagi à la nomination d’Elisabeth Borne à Matignon. Il se félicite que « trente ans après Edith Cresson, le Président de la République ait nommé une femme première ministre, démontrant ainsi notre engagement en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes ». M. Croizier salue également « l’efficacité de son action en faveur de l’emploi en tant que ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion ».
Tels ont été les premiers mots d’Éric Alauzet qui ont suivi, à 20h, la publication des résultats finaux du deuxième tour de l’élection présidentielle. Le marcheur ne dissimulait pas son sourire, et se voyait rassuré de voir Emmanuel Macron s’installer une nouvelle fois à l’Elysée. S’agissant du premier cas de réélection d’un président, hors cohabitation, sous la 5ème République, Éric Alauzet se félicite du résultat obtenu. « Après avoir subi toutes les critiques, qu’elles soient justifiées ou pas, après avoir été vivement critiqué depuis 5 ans, pendant la campagne électorale, dans une société déchirée, où il y a beaucoup de frustration et d’attente, 58% c’est un petit exploit ».
« C’est une phase qui se termine, mais c’est aussi une nouvelle qui s’ouvre. On va être très vite se concentrer sur la suite des choses. Et j’ai surtout à cœur de savoir comment le président va pouvoir atteindre l’objectif qu’il s’est fixé, non seulement d’élargir sa base, mais surtout de réunir les Français, dans cette société qui est déchirée, parfois véhémente, impatiente, en colère. Ça va être un enjeu extrêmement important pour le président » Éric Alauzet, député En Marche de la 2ème circonscription du Doubs
Désormais, tous les regards sont rivés sur les élections législatives de juin prochain, qui éliront les députés qui siégeront à l’Assemblée nationale. Si quelques rumeurs circulaient ces derniers temps sur les potentiels prétendants, Éric Alauzet laisse entendre qu’il pourrait être de la partie. « Si on me le demande, je pourrais éventuellement répondre favorablement » souligne l’élu bisontin. « Mais ce qui nous importe plus que tout, c’est ce qui va se passer demain. Quel(le) premier(e) ministre, quel gouvernement ? J’espère qu’Emmanuel Macron nous réservera une bonne surprise. J’espère un premier ministre avec une sensibilité écologiste » pointe le député de la 2ème circonscription du Doubs.
Emmanuel Macron a été réélu à la tête du pays. Un nouveau quinquennat débute ce lundi. Le président de la République arrive en tête dans le département du Jura avec 53% des voix. Dans ce département, le taux de participation s’élève à 76%/
La campagne bat son plein. Ce jeudi, Pontarlier et Besançon attendent Jean-Baptiste Lemoyne, ministre délégué chargé notamment du tourisme et des petites et moyennes entreprises. Il fait partie des soutiens d’Emmanuel Macron. Il est attendu cet après-midi à Pontarlier où il déambulera dans les rues du centre-ville et ira à la rencontre des commerçants. Ce déplacement se terminera à Besançon par un temps d’échanges avec des acteurs économiques.
Martine Chevillard, retraitée de l’union nationale interprofessionnelle des retraité-es solidaires, qui s’était opposée au programme d’Emmanuel Macron il y a quelques semaines, était déconfite le soir de l’annonce des résultats du premier tour. Pour elle comme pour la rue qui grondait ce week-end, cela revient à choisir « entre la peste ou le choléra », notamment concernant les retraités. Comme l’explique Martine Chevillard, les deux programmes négligent complètement cette population, représentant 17 millions de Français. Mais selon elle, celui de la candidate du Rassemblement National est encore plus alarmant. « Le danger que peut représenter le programme de l’extrême droite pour des retraités est profond. Leur projet, basé sur l’exclusion et la haine, concerne autant les vieux que les étrangers. On sera dans le collimateur de la même façon. Quand on voit la gestion des municipalités aux mains du Rassemblement National, la première chose que toutes les municipalités ont fait, ça a été de supprimer toutes les lignes correspondant à des engagements sociaux. Les étrangers qui arrivent ne viennent pas pour les cotisations sociales, ils viennent pour sauver leur peau. Alors ce sera non, non et non ».
« Nous, les retraités, sommes angoissés. Très angoissés » murmure Martine Chevillard. Car le prochain quinquennat laisse planer une situation menaçante pour les retraités. Ils sont 17 millions en France, dont 5 millions qui connaissent des difficultés financières, et 1 million à vivre sous le seuil de pauvreté. « On a fait le bilan de ce qu’on a subi pendant 5 ans, sous le gouvernement ultra libéral de Macron. Et ce bilan est tellement affligeant qu’on a dû revenir sur toutes les agressions que l’on a subies ». Hausse de 25% de la contribution sociale généralisée, gel de la revalorisation des pensions deux années de suite, augmentation des inégalités sociales en règle générale, la liste est longue. « Combien de retraités ont désormais recours au restaurant du cœur, au secours populaire. C’est affligeant et contradictoire avec ce que Macron disait lors de son élection : Avec moi, le pouvoir d’achat des retraités sera préservé. Encore un mensonge ». Pour Martine comme pour de très nombreux Français, il n’y aura pas d’issue heureuse ce dimanche, mais il faudra pourtant faire un choix. Un choix qui, on l'espère, considérera cette majeure partie de la population, parfois oubliée, négligée et délaissée, et qui aura besoin du soutien et de l’accompagnement d’une nation et d’un gouvernement sur lesquels elle pourra compter.
Au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle, les réactions se multiplient dans la région. Pour Barbara Romagnan, l’ancienne députée du Doubs, « un travail de fond de reconstruction d'une offre politique de gauche crédible, face à la crise écologique, capable de reconquérir les couches populaires » est une nécessité. Elle voit en l’union populaire, qui s’est imposée à gauche, « la légitimité et la responsabilité d’organiser la gauche écologiste pour les semaines qui viennent ».

Karima Rochdi, soutien local d’Emmanuel Macron, souligne « la performance » du président de la république candidat, « qui améliore son score de 4 points par rapport à 2017 ». Elle prévoit une deuxième partie de campagne « dure ». Et de conclure : « certains points du programme, comme les retraites, doivent être expliqués. Nous avons maintenant deux semaines pour rassembler une majorité contre le danger que l’extrême droite fait courir au pays ».
