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La lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse franchit une étape en Bourgogne‑Franche‑Comté. Le ministère de l’Agriculture annonce ce 18 janvier la levée de la zone réglementée mise en place autour des foyers du Jura et du Doubs. La région passe en zone vaccinale, grâce à l’absence de nouveaux cas depuis fin novembre. Les échanges de bovins vers l’Italie pourront reprendre progressivement, tandis que les restrictions restent en vigueur dans les zones encore touchées, notamment en Occitanie.

Coup de tonnerre pour l’édition 2026 du Salon de l’agriculture : il n’y aura aucun bovin dans les halls de la Porte de Versailles. La direction de l’évènement a confirmé, ce mardi 13 janvier, que la dermatose nodulaire contagieuse empêchera toute présence de bétail, y compris symbolique. Conséquence inédite : pas de vache égérie cette année, une première dans l’histoire du Salon. Les autres filières animales et les animations seront maintenues du 21 février au 1er mars.

La Coordination Rurale appelait  à une mobilisation des agriculteurs ce mercredi 17 décembre à la mi-journée, au rond-point de Valentin à Besançon. Le mouvement entend dénoncer plusieurs mesures jugées inadaptées, notamment le protocole sanitaire, l’abattage total lié à la dermatose Nodulaire Contagieuse Bovine, le Mercosur et la baisse des aides de la PAC, et défendre le métier ainsi que la souveraineté alimentaire.

Invitée ce matin sur RTL, Annie Genevard, la ministre franc-comtoise de l’Agriculture a annoncé, au micro de Marc Olivier Fogiel, l’arrivée de 900 000 doses de vaccins contre la dermatose nodulaire contagieuse. La France en possède déjà 500 000, et 400 000 supplémentaires doivent arriver jeudi depuis les Pays-Bas. Objectif : vacciner 750 000 bovins dans les semaines à venir. Mais la mobilisation des agriculteurs se poursuit, avec routes bloquées et revendication d’un arrêt des abattages. Une cellule de dialogue scientifique va être mise en place

À l’appel de la Confédération paysanne, une quarantaine de tracteurs ont convergé devant la permanence de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard. Les éleveurs dénoncent la politique d’abattage systématique des troupeaux atteints par la dermatose nodulaire bovine.

« Aujourd’hui, on est là pour manifester toujours contre la politique de l’État, qui impose les abattages systématiques des troupeaux, avec une stratégie qui ne fonctionne pas. La maladie se développe partout », explique Bourgeois Teddy, éleveur à Flangebouche.

 L'interview de la rédaction : Teddy Bourgeois 

TRACTEUR GENEVARD

Les agriculteurs demandent une alternative vaccinale et espèrent « faire bouger les choses ». Cette mobilisation s’inscrit dans un mouvement national de protestation, marqué par des rassemblements similaires dans plusieurs départements.

 

 La Coordination Rurale appelle les agriculteurs et soutiens du monde rural à se rassembler à 11h, devant la permanence de la députée Annie Genevard, 5 rue du Parc à Pontarlier, également ministre de l’agriculture.

Le syndicat dénonce un « véritable massacre sanitaire » lié aux abattages imposés dans le cadre de la lutte contre la Dermatose Nodulaire Contagieuse Bovine (DNC). Après les actions menées à Besançon et Étalans, cette mobilisation entend défendre « nos animaux, nos fermes et notre dignité ». Les organisateurs précisent que le rassemblement se déroulera sans dégradation, mais avec une détermination totale.

Une nouvelle mobilisation est programmé, en début d’après-midi,  au rond-point de l’Alliance à Étalans, signe que la colère paysanne ne faiblit pas. Elle est à l’initiative de la Confédération Paysanne. Deux jours plus tôt, le mercredi 10 décembre, près de 500 personnes et 50 tracteurs avaient convergé vers la gare Viotte à Besançon pour dénoncer la politique sanitaire contre la Dermatose Nodulaire Contagieuse Bovine.

Ce mercredi matin, plusieurs centaines d’agriculteurs, escortés de leurs tracteurs, ont convergé vers le parvis de la gare Viotte à Besançon. À l’appel de la Coordination Rurale et de la Confédération paysanne, ils sont venus dénoncer la politique sanitaire mise en œuvre par l’État face à la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC ou DNB), jugée « brutale et disproportionnée ». Dans une ambiance tendue mais déterminée, plusieurs institutions ont été copieusement huées par les manifestants, certaines étant même qualifiées de « bourreaux ». En ligne de mire : la Direction générale de l’Alimentation, la Commission européenne, la FNSEA et la ministre de l’Agriculture. Toutes sont accusées de porter la responsabilité d’une réponse sanitaire jugée « aveugle et destructrice pour les élevages ».

L'interview de la rédaction : Nicolas Bonguet, président de la Coordination Rurale  25/90 

« Dire non à l’abattage de troupeaux sains »

Le cœur de la mobilisation repose sur l’opposition à des décisions et des arrêtés sanitaires ordonnant l’abattage de troupeaux pourtant considérés comme « sains » par leurs éleveurs. « On nous impose des décisions qui détruisent des années de travail, sans tenir compte du bon sens paysan ni du respect du vivant », résume un éleveur présent sur place. Les syndicats organisateurs défendent une vision d’une agriculture enracinée dans l’observation, la responsabilité et la connaissance fine des animaux. Selon eux, cette approche est aujourd’hui mise à mal « par des protocoles standardisés imposés d’en haut ».

Une solidarité nationale entre éleveurs

Au-delà du cas franc-comtois, le rassemblement se voulait aussi un message de solidarité envers d’autres territoires touchés. Dans les Pyrénées, 42 vaches devaient être abattues le jour même à 9 heures. Des situations similaires sont signalées dans le Jura, en Savoie ou encore en Ariège. « Ce qui se passe ici peut se reproduire partout en France », alertent les manifestants, déterminés à mener un combat qu’ils qualifient de collectif, pour éviter que ces abattages ne deviennent la norme face à toute crise sanitaire.

L'interview de la rédaction :  Hugo Besrour, co-porte-parole de la Confédération paysanne du Jura et éleveur aux Monlunes, dans le Haut-Jura 

Des pertes vécues comme un traumatisme

Certains éleveurs ont témoigné de situations personnelles particulièrement douloureuses.  A Pouilley-Français, le troupeau concerné compte 83 vaches, génisses et veaux, tous connus individuellement. « Ce ne sont pas des numéros ni des statistiques. Ce sont des animaux qui font partie de notre quotidien, de notre métier, parfois même de notre famille », confie l’éleveuse, la voix serrée.

Des responsables clairement désignés

Dans les prises de parole, plusieurs acteurs institutionnels ont été clairement mis en cause. la Direction générale de l’Alimentation est accusée de s’appuyer sur un discours jugé « pseudo-scientifique » pour justifier des politiques dictées, selon les manifestants, par les enjeux de l’exportation. La Commission européenne est critiquée pour avoir classé la dermatose nodulaire bovine en catégorie A, impliquant une éradication immédiate, sans envisager de réévaluation ou de déclassement. La FNSEA, syndicat majoritaire, est également pointée du doigt. Les manifestants dénoncent un décalage entre la position nationale du syndicat et celle de nombreuses FDSEA départementales, qui souhaiteraient protéger les troupeaux plutôt que soutenir l’abattage systématique. Enfin, la ministre de l’Agriculture est accusée « d’inaction et de méconnaissance du terrain », les éleveurs regrettant une gestion jugée trop éloignée des réalités vécues dans les fermes.

Vaccination et connaissances scientifiques au cœur des revendications

Parmi les principales revendications figure l’élargissement de la vaccination et l’abandon de l’abattage systématique. Des motions en ce sens ont été déposées dans plusieurs chambres d’agriculture. L’une d’elles, portée par la Confédération paysanne avec le soutien de la Coordination rurale, a été refusée quelques jours seulement avant la détection d’un cas à Pouilley-Français, alimentant l’amertume des manifestants.

L'interview de la rédaction : Stéphane Galais, porte parole nationale de la Confédération Paysanne 

Les éleveurs rappellent également plusieurs faits concernant la maladie : la DNC n’est pas transmissible à l’homme, n’est pas présente dans la viande, le lait ou les fromages, et ne représente donc aucun danger pour les consommateurs. Ils dénoncent enfin une politique sanitaire qui, en éradiquant systématiquement les troupeaux, empêche selon eux toute recherche scientifique approfondie sur la maladie.

Une colère qui ne retombe pas

À Besançon, la colère reste vive. Les syndicats présents préviennent que d’autres actions pourraient suivre si aucune inflexion n’est apportée à la stratégie sanitaire actuelle. Pour les éleveurs, l’enjeu dépasse largement la dermatose nodulaire bovine : il s’agit, disent-ils, « de la reconnaissance de leur métier, de leur expertise et de leur droit à vivre de leur travail ».

À l’appel de la Confédération paysanne Bourgogne Franche-Comté et de la Coordination rurale du Doubs, une journée de mobilisation se tient aujourd’hui pour dénoncer la politique sanitaire liée à la Dermatose Nodulaire Contagieuse Bovine et soutenir les éleveurs. Plus de 30 départements participent déjà à ce mouvement.

À Besançon, un rassemblement est prévu à 12h devant la gare Viotte. La Préfecture du Doubs annonce des perturbations de circulation entre 11h et 16h sur les axes d’entrée de la ville et dans le quartier Viotte. Le préfet invite les automobilistes à la prudence et recommande d’anticiper leurs déplacements.

Réuni ce mardi 9 décembre par Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, le Parlement du sanitaire a fait le point sur la lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) bovine. Depuis le 29 juin, 108 foyers ont été recensés dans sept départements. Face à cette situation, la ministre a réaffirmé l’objectif d’éradication de la maladie.

Trois piliers sanitaires maintenus

La stratégie de lutte repose sur trois axes majeurs : le dépeuplement de l’ensemble des bovins dans les foyers afin de stopper la circulation du virus, la limitation stricte des mouvements d’animaux et la vaccination rapide et obligatoire autour des zones infectées.

Levée de zones et reprise encadrée des échanges

Selon l’État, cette stratégie a déjà permis la levée de trois zones réglementées, désormais regroupées en une « zone vaccinale », à partir de laquelle les mouvements de bovins vers le reste du territoire national ont pu reprendre sous conditions assouplies.
Par ailleurs, un accord sanitaire conclu avec l’Italie autorise, depuis le 8 décembre, la reprise des échanges de bovins vaccinés, sous conditions sanitaires strictes.

Vigilance renforcée face aux mouvements illicites

L’apparition récente de nouveaux foyers, « probablement liée à des mouvements illicites d’animaux », a conduit la ministre à appeler à une stricte application des règles. Un renforcement des contrôles et des sanctions a été annoncé.

Indemnisations et perspective vaccinale 2026

La réunion a également permis de faire un point sur les indemnisations : près de 6 millions d’euros ont déjà été versés aux éleveurs touchés. Enfin, les échanges sur la stratégie vaccinale pour 2026 ont été ouverts avec les parties prenantes, une décision étant attendue d’ici fin janvier.