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Ce mardi soir, les hôpitaux de Bourgogne-Franche-Comté prennent en charge 1 212 personnes atteintes par le coronavirus COVID-19, dont 295 en réanimation. Le nombre de retours à domicile dépasse désormais le millier (1 077). Il n’empêche que les décès attribuables à l’épidémie continuent d’augmenter.

On déplore désormais 396 patients décédés en milieu hospitalier. Soit 29 décès supplémentaires par rapport à lundi. 240 personnes ont par ailleurs perdu la vie dans les établissements médico-sociaux de la région.

C’est sur sa page Facebook que la Gendarmerie a relaté ces différentes infractions. En effet, ce mardi 7 avril a été propice aux excès de vitesse et pas des moindres. Le premier a eu lieu ce matin, sur la RD 471 entre Mirebel et Pont-du-Navoy. Un individu roulait à 137km/h au lieu des 80 autorisés. Son permis de conduire lui a été retiré.

Et il n’a pas fallu attendre bien longtemps pour de nouvelles infractions. Vers midi, trois automobilistes ont profité du peu de circulation sur la RD 436 entre Chassal et Molinges pour appuyer sur la pédale. Les deux premiers ont été contrôlés respectivement à 127 et 142 km/h mais la palme revient au troisième conducteur. Il s’agissait d’un jeune Oyonnaxien qui sortait tout juste de sa période probatoire. Ce dernier roulait à 177 km/h. Rappelons que cette cette route est limitée à 80km/h. À l’instar du conducteur sanctionné dans la matinée, leurs permis ont également été retirés.

Si la crise sanitaire actuelle a tendance à générer angoisses et déprimes, certaines personnes ont débuté le confinement avec une santé mentale déjà fragile. Un suivi médical est parfois indispensable garder le cap. Alors que les cabinets des médecins et thérapeutes spécialisés se sont vus dans l’obligation de fermer, où en sont les suivis médicaux ? Rencontre (téléphonique) avec Marie Pélisson, psychopraticienne à Doubs et Jean-Michel Abt, psychiatre à Pontarlier.

 

Une psychopraticienne toujours connectée

Marie a fait le choix de la téléconsultation. Si le suivi téléphonique est possible, elle préconise les échanges via Skype ou Watsapp. Spécialisée dans la gestion de deuil et de traumatismes, l’abandon de ces patients était hors de question pour elle. « Je ne peux pas laisser des suivis en cours du jour au lendemain, affirme-t-elle. C’était important pour moi de proposer ça ». Cette option, tout le monde ne l’accepte pas et pour cause. « C’est compliqué au niveau de l’aisance pour parler de tout sujet quand on est confiné avec d’autres personnes ». Une formule qui n’a en effet pas convaincu tout le monde au premier abord. Marie témoigne d’un grand nombre de désistements au départ, notamment à cause des nouvelles organisations à établir. Malgré tout, la tendance commence à s’inverser avec le rallongement du confinement. « J’ai des personnes qui reviennent et quelques nouveaux clients ».

Et même avec les aléas du réseau internet et la difficulté pour certains patients de s’isoler complètement, il s’agit d’un système « satisfaisant » pour la psychopraticienne. « C’est une belle alternative. Le rapport et le lien restent intacts ». Elle peut en effet proposer toutes les options de suivi normalement réalisés… Même l’hypnose ! « Ce n’est pas un pouvoir qu’on exerce sur les personnes, ironise-t-elle. Ce sont des techniques de langages et de communication, qu’il suffit de réactiver si les personnes déjà réceptives ».

Et l’impact psychologique de la crise dans tout ça ? « Je vois surtout des couples pour qui lesquels les problèmes reviennent en avant et c’est très compliqué ». Paradoxalement, Marie voit le confinement d’un bon œil. « Il nous pousse à nous retrouver avec nous-même et donc, nos vieux démons. C’est un bon moment pour pouvoir les travailler car on a tendance à les mettre de côté en temps normal ».

 

Un psychiatre au service des personnels soignants

Jean-Michel Abt, a quant à lui laissé de côté la vidéo. Les suivis en cours ne se font plus que par téléphone. Une nouvelle organisation qui se traduit également par de nouveaux patients : les personnels soignants. « Ce n’était pas prévu, explique-t-il. Je réserve une disponibilité pour eux ». Et de prévenir : « L’urgence, c’est le confinement et la lutte contre le virus. Mais les problèmes psychologiques vont suivre ». La durée de ses consultations reste très variable d’un suivi à l’autre.

Pour ce qui est de l’impact ressenti auprès de ses patients, Jean-Michel Abt est plus nuancé que Marie. « Je vois autant d’aspects négatifs que positifs. Il y a de la souffrance mais également une sorte de recentrement sur l’essentiel ». Pour lui, ce confinement amène à se poser « les bonnes questions ».

 

 Leurs conseils pour mieux vivre le confinement : 

Marie Pélisson : « La clé, c’est l’équilibre. On a tendance à le perdre pendant le confinement. On compte cinq principales facettes chez l’être humain : le professionnel, le familial, le couple, l’individuel et le social. Pendant la semaine, il faut trouver des moyens pour satisfaire chacune d’entre elles. Trouver des moments seuls, en couple. Passer du temps qualitatif avec ses enfants, pas pour faire les devoirs par exemple. À la fin de la semaine, il faut avoir l’impression d’avoir été acteur de sa vie.

Jean-Michel Abt : « Il faut transformer le confinement en intériorité, c’est-à-dire prendre conscience de l’importance des relations grâce aux différents moyens de communication. Une chose qu’on ne fait pas d’habitude ».

L’OFSP a fait le point ce mardi sur l’évolution de la pandémie en Suisse. La Suisse recense à ce jour 22'242 cas testés positifs et déplore désormais 641 morts. Les autorités se déclarent toujours confiantes sur les premières mesures prises en matière de semi-confinement.

Au niveau des entreprises, le groupe média public SSR, éditant notamment la Radio Télévision Suisse RTS, annonce ce matin avoir engagé le recours au chômage partiel pour une partie de son personnel. Près de 600 personnes sont concernées.

Depuis le début de la pandémie, l’Insee publie toutes les semaines les chiffres de la mortalité en région et dans les départements. Ces statistiques s’établissent à partir des actes de décès rédigés journalièrement dans les communes. Ainsi, en cette période de crise sanitaire, les statistiques mensuelles, semestrielles ou annuelles ont laissé place à des études plus régulières. L’objectif étant de comparer la situation d’aujourd’hui à celle de 2019 et 2018.

Pour l’heure, au niveau national, selon les résultats obtenus, le taux de mortalité en 2020 est plus important qu’en 2019, mais  il reste  encore à ce jour  légèrement inférieur à mars 2018, où la grippe saisonnière avait été particulièrement meurtrière. Au niveau départemental, des disparités existent vraiment. Dans le Doubs, à fin mars, par rapport à 2019, on assiste à une augmentation de 9% du nombre de décès. En revanche, dans le Jura, le nombre de décès, sur cette même période, est encore en deçà. En référence à l’année 2018, les statistiques de 2020, à fin mars, restent encore inférieures. Néanmoins, elles devraient s’inverser dans les prochaines semaines.

Difficile de savoir si le seul coronavirus est responsable de ces décès, mais la situation peut le laisser fortement présager. D’ailleurs, dès cette fin de semaine, l’insee devrait sortir des données encore plus précises, tenant compte du sexe, de l’âge et du lieu de décès des victimes. Ce qui permettra sans doute de confirmer certaines réalités.

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