À 18 ans, le jeune artiste haut-doubiste Etheer souhaite ouvrir un nouveau chapitre de son parcours musical. Sorti ce dimanche, son single « Dramatique » marque la transition entre un premier album nourri de son histoire personnelle et un deuxième projet davantage tourné vers les autres et les sujets de société.
L'interview de la rédaction : Etheer
Un morceau pour raconter le chemin parcouru
Avec « Dramatique », Etheer revient sur les émotions qui traversaient son premier album, L’Odeur des larmes, sorti le 18 juillet 2025. Écrit après une rupture sentimentale, ce projet de dix titres lui avait permis de se présenter au public à travers une écriture intime. Aujourd’hui, le jeune rappeur veut montrer que sa vie a changé, et ses textes avec elle. Ce nouveau single raconte cette évolution : les difficultés traversées, le chemin parcouru et la volonté d’avancer. « C’est simplement pour montrer à l’auditeur que ce que je racontais avant, ça a évolué », explique-t-il. Une transformation dans laquelle il espère que ceux qui le suivent pourront, eux aussi, se reconnaître. « Dramatique » devrait être son dernier single avant le prochain album. La priorité va désormais à la construction de ce deuxième projet, qui ne possède encore ni titre ni date de sortie.
L'interview de la rédaction : Etheer
Du récit personnel aux histoires des autres
Si sa première création était centrée sur ses propres sentiments, Etheer souhaite désormais élargir son propos. Son ambition : raconter d’autres parcours, aborder des sujets sensibles et contribuer à faire évoluer les représentations du rap. Un premier morceau, intitulé « L’Aube », pose les bases de cette démarche. Inspiré de certains éléments du vécu d’une auditrice, il évoque notamment les violences et les épreuves traversées par une femme. Il ne s’agit pas de reproduire fidèlement son histoire, mais de construire un récit à partir de ce qui a touché l’artiste. Cette orientation traduit une volonté d’assumer une parole plus engagée. Pour Ether, la musique peut aussi permettre de rendre visibles des réalités difficiles à évoquer. « Le silence ne changera rien », estime-t-il.
L'interview de la rédaction : Etheer
Un album pensé comme un ensemble
Le rappeur prépare ce projet avec Weez, qui intervient sur la composition instrumentale et le mixage. Etheer insiste sur la dimension collective de cette création, nourrie d’échanges et d’une complicité construite au fil du temps. Tous deux souhaitent développer des sonorités plus organiques, avec des guitares et des percussions, tout en conservant une démarche rap. Cette approche pourrait également permettre, à terme, de proposer des concerts avec des musiciens. L’image devrait occuper une place importante. Ether imagine des clips proches du court métrage et un album dont les morceaux se répondraient. Il entend prendre le temps nécessaire pour donner de la cohérence à l’ensemble.
Écouter les retours pour progresser
Dans cette recherche, le regard des autres compte. Etheer fait écouter ses morceaux à des personnes qui ne travaillent pas dans la musique, afin de comprendre comment ils sont reçus au-delà du studio. L’exercice oblige parfois à revoir ses certitudes. Un titre dont l’artiste est particulièrement fier ne provoque pas toujours l’enthousiasme espéré. « Il y a beaucoup de remises en question », reconnaît-il. Sans considérer chaque avis comme un verdict, il estime ces échanges nécessaires pour prendre du recul.
La sensibilité comme point de rencontre
Etheer bénéficie aussi du soutien de ses parents, bien qu’ils ne soient ni musiciens ni amateurs de rap à l’origine. Il voit dans leur adhésion la preuve que la sensibilité de ses textes peut créer des passerelles entre des univers différents. Vivre de sa musique reste son objectif. Mais le jeune artiste accepte que ce parcours demande du temps. Pour l’heure, il veut construire une œuvre dans laquelle il se reconnaisse et poursuivre ce dialogue avec ceux qui l’écoutent.
A découvrir sur toutes les plateformes de musique.
À l'occasion de la rentrée 2026-2027, le Département du Jura consacre un budget de deux millions d'euros à la modernisation du parc numérique de ses établissements. Déployées depuis cet été, 4 000 nouvelles tablettes numériques équipent désormais les élèves et les enseignants afin de garantir des outils récents et d'assurer un accès égalitaire aux ressources pédagogiques sur l'ensemble du territoire jurassien.
Le Conseil départemental du Jura rappelle l'existence de ses bourses départementales pour soutenir le budget des familles à la rentrée scolaire. Ce dispositif sous conditions de ressources s'adresse aux élèves jurassiens de la 6ᵉ à la 3ᵉ, demi-pensionnaires ou internes, en complément de la bourse nationale. Directement versée à l'établissement pour déduire les frais d'hébergement ou de restauration, l'aide nécessite la constitution d'un dossier par le représentant légal auprès du collège. La date limite de dépôt est fixée au cours du mois de novembre.
Info Jeunes Jura propose des rencontres avec des professionnels à Lons-le-Saunier, Dole et Morez. Les jeunes pourront découvrir leur quotidien, échanger sur leur parcours et se renseigner sur les formations nécessaires. Des présentations et démonstrations sont également prévues selon les métiers. Inscription préalable auprès des antennes d’Info Jeunes Jura.
La MJC Centre social, Rés’ado et le CCAS de Morteau lancent le programme « Ados en question ?! Parents, restons connectés ! ». Une soirée jeux vidéo ouvrira l’initiative vendredi 25 septembre, dès 18 h 30, à la salle des fêtes de Morteau. Six ateliers mensuels, animés par Addictions France, seront ensuite organisés chaque deuxième jeudi du mois, de 18 h 30 à 20 h 30, à la MJC. Ils porteront notamment sur les addictions, les émotions, le stress, la communication et les pressions sociales. Renseignements et inscriptions auprès du CCAS : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou 03 81 68 56 86.
Le Territoire d’industrie Alliances Luxe & Précision Doubs organise, le 30 septembre lors du salon Micronora à Besançon, une nouvelle édition de l’opération « Gagne ton stage de 3e ». Les collégiens suivront un parcours pour découvrir les métiers, les technologies et les entreprises industrielles locales. Des stages d’observation seront proposés par les sociétés participantes.
Cette initiative vise à renforcer l’attractivité de l’industrie et à répondre aux difficultés de recrutement. En 2024, 18 entreprises s’étaient mobilisées et plus de 30 stages avaient été organisés.
Pour cette nouvelle édition, l’objectif est d’élargir le réseau des industriels engagés et d’accueillir davantage de jeunes. Les offres qui resteront disponibles après l’événement seront proposées à d’autres collégiens, en privilégiant une entreprise située près de leur domicile.
Ce mercredi matin, les premiers volontaires du service national, accueillis par le 19e régiment du génie, ont officiellement signé leur contrat. Venus notamment de Marseille et de l’ouest de la France, ces 26 jeunes découvriront pendant dix mois la formation militaire, les métiers du génie et la vie d’une unité opérationnelle.
Quelques secondes avant de devenir officiellement des « sapeurs d’Afrique », les 26 jeunes volontaires étaient invités à mesurer la portée de leur décision. Réunis au 19e régiment du génie, à Besançon, ils ont signé leur contrat d’engagement pour une durée de dix mois. Les nouvelles recrues ne sont pas uniquement originaires de la région. Le groupe rassemble notamment des jeunes venus de Marseille et de l’ouest de la France. Des parcours et des horizons différents qui devront désormais se rejoindre autour d’une même formation et d’un engagement commun.
« C’est un moment symbolique et j’aimerais que vous en profitiez », leur a lancé le colonel Guillaume Levasseur, chef de corps du 19e régiment du génie. Celui-ci ne cache pas son « immense fierté » de voir une partie de la jeunesse choisir de servir sous l’uniforme. Cette signature marque le début d’un parcours au cours duquel les volontaires vont progressivement découvrir les exigences de la vie militaire, les compétences du combattant et les différentes spécialités du génie.
L'interview de la la rédaction : Colonel Guillaume Levasseur
Un mois de formation initiale
Les jeunes commenceront par un mois de formation initiale du soldat. Ils apprendront les règles essentielles de la vie militaire, les codes de l’institution et les premiers savoir-faire du combattant. Une deuxième période, plus technique, sera ensuite consacrée aux métiers du génie. Les volontaires pourront alors être répartis dans différentes compagnies, selon leurs aptitudes, leurs centres d’intérêt et les besoins du régiment. Ils seront notamment initiés au maniement des armes et aux tactiques élémentaires. Ils devront apprendre à trouver leur place au sein d’un dispositif et à évoluer avec un groupe de combat. Le régiment entend également leur transmettre le goût de l’effort et du dépassement de soi.
La progression sera adaptée au niveau physique de chacun. « On ne naît pas soldat, on le devient », a rappelé le colonel Guillaume Levasseur. L’encadrement, constitué de personnels expérimentés du régiment, doit accompagner chaque volontaire dans son apprentissage. L’instruction est annoncée comme exigeante, mais également progressive et bienveillante. « Le moral pourra connaître des hauts et des bas. Accrochez-vous et serrez-vous les coudes », a conseillé le chef de corps aux jeunes avant la signature des contrats.
L'interview de la la rédaction : Colonel Guillaume Levasseur
Une possible mission de protection
Si la programmation opérationnelle le permet, les volontaires pourraient participer à une mission de protection sur le territoire national. Cette première expérience opérationnelle devrait constituer l’un des moments marquants de leur parcours. Ils pourront ensuite intégrer différentes compagnies et découvrir au plus près le quotidien des militaires du 19e régiment du génie. Avec environ 1.360 personnels et de nombreuses spécialités, l’unité constitue à la fois un outil de combat, une importante organisation et une communauté humaine.
« Un régiment, c’est une équipe soudée qui s’entraide dans l’adversité », insiste le colonel Guillaume Levasseur. La formation ne se limitera donc pas à l’acquisition de techniques. Elle devra aussi permettre aux jeunes de développer l’esprit de corps, la solidarité et la camaraderie. Au fil des exercices et des difficultés rencontrées, des liens particuliers devraient se créer entre des volontaires qui ne se connaissaient pas avant leur arrivée. Ils vont apprendre à se découvrir dans l’épreuve et à développer des liens de fraternité, espère le chef de corps.

Une décision mûrement réfléchie
Parmi les nouveaux engagés figure Romain. Avant de signer, le jeune homme explique avoir longuement pesé le pour et le contre et beaucoup échangé avec ses parents et sa famille. « Ce que je recherche en rejoignant le service national, et plus largement l’armée, c’est un véritable environnement de respect », confie-t-il. Il souhaite trouver une hiérarchie structurée, dans laquelle les ordres donnés ont un sens, mais également acquérir des compétences susceptibles de lui servir à l’avenir. Son arrivée au régiment marque pour lui le début d’une période de découverte. Dès le lendemain de la signature, les jeunes doivent recevoir leur paquetage et entrer plus concrètement dans la vie militaire. Romain envisage déjà de prolonger cette expérience. Son objectif est de poursuivre son engagement au sein du 19e régiment du génie après les dix mois de service national. « Si je suis retenu, ce sera avec grand plaisir que je continuerai mon parcours dans ce régiment », affirme-t-il.
L'interview de la rédaction :
« Donner le meilleur de soi-même »
Pour Yanis, cette signature revêt une dimension familiale particulière. Soutenu et encouragé par ses proches, il s’est ensuite tourné vers le Centre d’information et de recrutement des forces armées, le Cirfa, afin de construire son projet. « C’est familial, donc cette signature représente pour moi un très grand moment », explique-t-il. Son engagement ravive des souvenirs liés à sa famille et prolonge une histoire personnelle avec l’institution militaire. Comme Romain, Yanis se dit déjà prêt à envisager la suite. Interrogé sur son état d’esprit au moment de rejoindre le régiment, il répond sans hésiter : « Je suis content d’être là. Il faut donner le meilleur de soi-même".

Plusieurs possibilités après les dix mois
À l’issue de cette période, plusieurs orientations seront possibles. Les jeunes pourront rejoindre l’armée comme engagés volontaires, intégrer la réserve opérationnelle ou retourner à la vie civile en devenant des relais de l’esprit de défense. Le temps passé au titre du service national pourra être pris en compte pour ceux qui choisiront de poursuivre leur carrière militaire. Le 19e régiment du génie, qui dispose de nombreuses offres d’emploi, espère naturellement convaincre certains volontaires de rester dans ses rangs. Aucun objectif chiffré de recrutement n’a cependant été fixé. « Je n’ai pas de contrat de conversion de ces jeunes en engagés volontaires », précise le colonel Guillaume Levasseur. Le régiment veut avant tout leur proposer une expérience susceptible de servir de tremplin.
Pendant dix mois, ces volontaires venus de différentes régions devront apprendre à vivre collectivement, à assumer de nouvelles responsabilités et à se dépasser. Pour Romain, Yanis et leurs camarades, la signature du contrat constitue désormais le premier acte concret de cette nouvelle vie sous l’uniforme.
L'interview de la la rédaction : Colonel Guillaume Levasseur
Le premier tour de la Coupe Gambardella, la Coupe de France réservée aux catégories U18 et U19, se disputera le 13 septembre prochain. 78 rencontres sont au programme en Bourgogne-Franche-Comté. Les clubs de la région qui disputent le championnat national U19 ne participent pas à la phase régionale. Le CA Pontarlier et le FC Sochaux-Montbéliard sont concernés. Ils entreront dans la compétition lors du premier tour fédéral, programmé en décembre prochain.
Parmi les rencontres à suivre :
Jura Lacs Football - Grandvaux Foot.
Étalans Vernierfontaine - Lons-le-Saunier.
Bresse Jura Foot - US Crotenay Combe d’Ain.
FC Massif Haut-Doubs - CCS Val d’Amour.
FC Macornay Val de Sorne - FC Champagnole.
FC Aiglepierre - AS Moissey.
Levier - Jura Sud Foot.
Arche FC - FC Cantonal La Joux Nozeroy.
Groupement de jeunes du Saugeais - FC Mouchard Arc-et-Senans.
Groupement de jeunes Porte du Jura - ABC Foot.
Groupement de jeunes Cœur du Jura - Jura Dolois Football.
FC Morteau-Montlebon - Étoile Marnaysienne.
Pays Maîchois - ASC Velotte Besançon.
FC Grand Besançon - SC Planoise.
AS Baume-les-Dames - Espérance des Monts de Villers.
US Les Fins - FC Châtillon-Devecey.
Belleherbe-Sancey Foot - AS Perrousienne.
FC Montfaucon-Morre-Gennes - Entente Roche-Novillars.
FC Valdahon-Vercel - Racing Besançon.
Besançon Football - US Saint-Vit.
Union FC - US Les Quatre Monts.
Un avant-goût d'un projet ambitieux
Présenté en avant-première ce lundi matin, au Kursaal, à Besançon, le film « Juste à temps » de Rachid Bekhaled est encore en cours de finalisation. Le réalisateur précise que seule une version provisoire a été projetée, le long travail de post-production étant toujours en cours. « Nous sommes à 20 % des capacités du projet. La version définitive sera prête fin juillet », explique-t-il. Son ambition est de présenter le film au Festival international du film francophone d'Angoulême, avant de viser, à plus long terme, une sélection au Festival de Cannes, dans la catégorie Premier Regard.
Un récit construit autour des choix de vie
Le cœur du film repose sur une question simple : une seule décision peut-elle changer une existence ? À travers trois jeunes personnages, « Juste à temps » aborde la consommation de protoxyde d'azote, un sujet de santé publique particulièrement actuel. Le récit montre « l'avant, le pendant et l'après », afin de dépasser le simple message de prévention. « On ne peut pas faire de la pédagogie en trois minutes. Il fallait raconter une histoire », souligne Rachid Bekhaled. Le chef opérateur José Rosier insiste sur cette volonté de montrer « ce qui se passe réellement aujourd'hui » en confrontant les personnages aux conséquences de leurs choix.
Un film mêlant plusieurs registres
Loin d'être un simple documentaire de prévention, le réalisateur revendique un véritable film de cinéma. Le scénario mêle violence, science-fiction, suspense, histoire d'amour et surtout espoir. Le personnage principal, surnommé « Tic-Tac », incarne cette possibilité de rédemption malgré un parcours marqué par l'hyperviolence. « On a besoin d'espoir avec ce qu'on entend et ce qu'on voit aujourd'hui », résume le réalisateur.
De jeunes débutants devant la caméra
Le casting repose sur un équilibre entre acteurs expérimentés et jeunes issus des quartiers populaires. Rachid Bekhaled, déjà réalisateur de nombreux courts et moyens métrages consacrés aux problématiques de société, a repris plusieurs comédiens rencontrés lors de son précédent film consacré à la radicalisation, tout en recrutant de nouveaux talents grâce au bouche-à-oreille. Pendant six mois, les participants ont travaillé dans les studios de l'association RP Entertainment, à Besançon. « Certains étaient totalement débutants. Nous avons façonné le projet pendant six mois », explique-t-il. Le réalisateur cite notamment l'exemple d'un jeune acteur très réservé qui, grâce au travail de préparation, a progressivement pris confiance devant la caméra.
L'interview de la rédaction : Rachid Bekhaled, le réalisateur du film

Planoise, entre réalité sociale et résilience
Le film accorde une place importante au quartier de Planoise, où vivent le réalisateur et plusieurs jeunes comédiens. Interrogé sur le risque de donner une image négative du quartier, Rachid Bekhaled assume ce choix tout en rappelant que son objectif est de montrer autant les difficultés que les réussites. « En général, on retient le mal. Moi, je fais aussi apparaître le bien. »
Plusieurs spectateurs ont salué cette vision équilibrée, rappelant que Planoise est aussi un quartier familial où de nombreux jeunes construisent des parcours positifs malgré les difficultés. L'un d'eux a évoqué « une véritable histoire de résilience » qui dépasse largement les clichés habituellement associés au quartier.
Une coopération franco-suisse
Le projet s'inscrit également dans une démarche transfrontalière. Le scénario alterne entre les décors urbains de Planoise et les paysages de Suisse, notamment autour d'Yverdon ou Neuchâtel. Selon le réalisateur, cette alternance permet de faire coexister la dureté du quotidien et des espaces plus apaisés, tout en illustrant le vivre-ensemble entre les deux territoires.
Le protoxyde d'azote au cœur du message
Le choix de traiter le protoxyde d'azote est directement lié à une expérience personnelle du réalisateur. Il explique avoir perdu un voisin, décédé après avoir consommé ce gaz euphorisant. « C'est une drogue qui ne détruit pas immédiatement mais qui peut provoquer plus tard des paralysies ou des atteintes neurologiques graves ». Le film entend ainsi sensibiliser le public à un danger encore sous-estimé.
Une déception sur le financement français
Au cours des échanges, Rachid Bekhaled a également regretté l'absence de soutien financier des dispositifs bisontins de politique de la ville. Selon lui, le projet a obtenu des financements côté suisse dans le cadre de la coopération transfrontalière, mais n'a bénéficié d'aucune aide des dispositifs sollicités dans la cité comtoise, malgré plusieurs demandes. Il espère désormais que la future équipe municipale et les partenaires institutionnels accompagneront davantage ce type de projet de prévention.
L'interview de la rédaction : Rachid Bekhaled, le réalisateur du film
Une tournée de débats envisagée
Au-delà des festivals, le réalisateur souhaite faire vivre le film dans les établissements scolaires, les associations et les structures jeunesse. L'objectif est d'organiser des projections suivies de débats avec les jeunes afin d'échanger autour des conduites à risque, de la prévention et des choix de vie. « Si des associations veulent accueillir le film à la rentrée, nous répondrons présents », conclut-il.
L'interview de la rédaction : Rachid Bekhaled, le réalisateur du film
À travers une adolescente curieuse et des illustrations ludiques, chercheurs, auteurs et éditeurs lancent une collection destinée à faire découvrir aux jeunes lecteurs le rôle essentiel des microbes dans notre quotidien. Le premier tome du Journal de Chloé vient de paraître aux Presses Universitaires de Franche-Comté.
Un projet de recherche au service des grands défis de demain
Les microbes souffrent souvent d'une mauvaise image. Associés aux maladies et aux infections, ils sont pourtant omniprésents et indispensables au fonctionnement de notre planète. C'est ce message que souhaitent faire passer les chercheurs du projet HARMI (HARnessing MIcrobiomes for Sustainable Development) à travers un nouvel ouvrage jeunesse présenté à Besançon : Le journal de Chloé – Les microbes, mes nouveaux BFF (ou presque) – Enquête n°1. Publié aux Presses universitaires de Franche-Comté, ce premier volume s'inscrit dans une collection de livres graphiques et pédagogiques consacrée aux microbiomes et destinée au jeune public.
À l'origine de cette initiative se trouve HARMI, un programme de recherche d'excellence financé dans le cadre de France 2030 avec le soutien de l'Agence nationale de la recherche (ANR) et de l'Union européenne. Coordonné par Fabrice Martin, chercheur, responsable scientifique et technique du projet HARMI, ce projet réunit des chercheurs de plusieurs disciplines autour d'une ambition commune : mieux comprendre les microbes, leurs interactions avec le vivant et leur potentiel pour répondre aux grands défis contemporains. « L'idée est d'utiliser le levier microbien pour répondre aux enjeux de demain », résume Fabrice Martin. Les recherches menées dans le cadre de HARMI concernent aussi bien la santé humaine et animale que l'agriculture durable, l'alimentation, la préservation de l'environnement ou encore l'adaptation au changement climatique.
L'interview de la rédaction : Fabrice Martin, chercheur, responsable scientifique et technique du projet HARMI
Faire dialoguer science et société
Le livre s'inscrit dans le quatrième pilier du projet HARMI, consacré au lien entre science et société. Pour les chercheurs, il était important de trouver une nouvelle manière de transmettre leurs travaux au grand public et plus particulièrement aux jeunes générations. « Nous savons que les enfants et les adolescents influencent souvent les comportements au sein de leur famille. Ils participent aux changements de demain », souligne M. Martin. L'objectif est donc double : transmettre des connaissances scientifiques tout en développant l'esprit critique des futurs citoyens. Le projet est né de la volonté des scientifiques impliqués dans HARMI de créer un outil de médiation original. Grâce au partenariat avec le Centre de Culture Scientifique Louis Pasteur, ils ont rencontré l'autrice Claire Morel et l'illustratrice Charlotte Cornudet. Très rapidement, l'idée d'un récit illustré s'est imposée.
Chloé, une collégienne à la découverte du monde microbien
Le livre suit les aventures de Chloé, une adolescente qui doit réaliser un devoir de sciences de la vie et de la Terre. À travers ses recherches, ses échanges avec sa mère et ses professeurs, elle découvre progressivement l'univers des microbes. Où vivent-ils ? À quoi servent-ils ? Pourquoi sont-ils si importants ? Autant de questions qui rythment l'enquête menée par la jeune héroïne. « Nous avons voulu montrer que ce sujet concerne tout le monde », explique Claire Morel. « Les microbes touchent à la santé, à l'environnement, à l'alimentation. Nous sommes partis de questions très concrètes du quotidien pour rendre ces notions accessibles aux plus jeunes ». Le récit mêle ainsi aventure, humour, vie quotidienne et découvertes scientifiques.
L'interview de la rédaction : Claire Morel, autrice
Une immersion au cœur des laboratoires
Pour construire l'ouvrage, Claire Morel et Charlotte Cornudet ont passé plusieurs mois à rencontrer les chercheurs du projet HARMI. Les deux créatrices ont visité des laboratoires, observé les équipements scientifiques et découvert des domaines de recherche qu'elles connaissaient peu. « Nous ne connaissions pratiquement rien aux microbes au départ », reconnaît Claire Morel. « Les chercheurs ont pris énormément de temps pour nous expliquer leurs travaux et se sont véritablement prêtés à l'exercice pédagogique ». Les scientifiques ont également participé à de nombreuses relectures afin de garantir la rigueur du contenu. « Cela nous a permis de prendre des libertés dans la narration tout en sachant que les informations seraient validées », poursuit l'autrice.
L'interview de la rédaction : Charlotte Cornudet, illustratrice et graphiste
Cinq chercheurs au cœur de l'enquête
Le premier tome s'appuie sur les travaux de cinq scientifiques impliqués dans HARMI :
Ces rencontres ont permis aux autrices de découvrir à quel point les microbes interviennent dans des domaines très différents. « Ce qui nous a frappées, c'est que les microbes peuvent parfois aider à réparer certaines des dégradations causées par l'activité humaine », souligne Charlotte Cornudet.
Le dessin comme outil de vulgarisation
Illustratrice et graphiste, Charlotte Cornudet a participé à l'ensemble des visites de laboratoires afin de nourrir son travail graphique. « J'avais besoin de voir les lieux, les machines, les panneaux de sécurité et toute cette ambiance particulière pour pouvoir ensuite la retranscrire dans les dessins », explique-t-elle. Le livre prend la forme d'un carnet de bord tenu par Chloé. Schémas, annotations manuscrites, dessins humoristiques et scènes de la vie quotidienne accompagnent les explications scientifiques. « Il faut trouver un équilibre entre une histoire suffisamment ludique pour accrocher les lecteurs et un contenu scientifique suffisamment riche pour transmettre des connaissances », précise l'illustratrice.
Déconstruire les idées reçues
L'un des objectifs majeurs de l'ouvrage est de changer le regard porté sur les microbes. Car si certains sont responsables de maladies, la très grande majorité joue un rôle essentiel dans le fonctionnement du vivant. Les microbes participent à la fertilité des sols, à la croissance des plantes, à la fabrication de nombreux aliments, à la santé humaine ou encore à la dépollution de certains milieux. « Le projet HARMI vise à mieux comprendre tous les services rendus par ces microbes », rappelle Fabrice Martin. Cette approche permet d'aborder des enjeux contemporains majeurs comme la transition agroécologique, la sécurité alimentaire, la santé publique ou la protection de l'environnement.
Un outil de culture scientifique
Au-delà de la vulgarisation, les partenaires du projet voient dans cet ouvrage un moyen de renforcer le dialogue entre la recherche et la société. Dans un contexte marqué par la circulation de fausses informations et la remise en cause de certaines connaissances scientifiques, plusieurs intervenants ont souligné la nécessité de rendre la science plus accessible. « Nous devons faire l'effort de communiquer et montrer en quoi la démarche scientifique est utile à la société. Il faut aussi combattre les contre-vérités et apporter la connaissance au plus grand nombre », estime Fabrice Martin.
Quatre tomes déjà programmés
Ce premier volume n'est qu'un début. Selon Renald Cuzacq, responsable éditorial aux Presses universitaires de Franche-Comté, la collection comptera quatre enquêtes mettant en scène Chloé, qui grandira au fil des ouvrages. Le deuxième tome est déjà en préparation et sera consacré à la fermentation. Disponible dès à présent en librairie, ce premier opus marque le lancement d'une collection qui entend démontrer qu'il est possible de parler de science autrement, en racontant des histoires capables de susciter la curiosité tout en donnant aux jeunes lecteurs les clés pour mieux comprendre le monde qui les entoure.
L'interview de la rédaction : Renald Cuzacq, responsable éditorial aux Presses universitaires de Franche-Comté