Suite à l'attaque meurtrière survenue à Trappes et La Verrière — dont les premiers éléments évoquent un mobile raciste et islamophobe —, l'ensemble des élues et élus de la minorité municipale de Besançon a adressé ce jour un courrier à Ludovic Fagaut, Maire de Besançon. La minorité condamne avec force ces actes de haine et demande l'organisation d'un rassemblement ce lundi 26 octobre à 18h, devant la statue de Victor Hugo (place Granvelle).
« Afin de permettre aux habitantes et aux habitants d’exprimer leur solidarité avec les victimes et leurs proches et d’affirmer ensemble notre refus du racisme et des discours de haine » expliquent ses composantes : Les Écologistes, Génération.s et société civile , Socialiste et Citoyens , La France Insoumise et le Parti Communiste Français.
Un rassemblement citoyen et transpartisan est annoncé ce lundi 19 octobre à 18 heures, place du 8 Septembre, devant l’hôtel de ville de Besançon. Organisé à l’appel de France urbaine et de l’Association des maires de France, sous le mot d’ordre « #TouchePasÀMaVille », il fait suite aux violences urbaines qui ont touché plusieurs villes, dont Besançon. Les participants sont invités à venir sans banderole pour exprimer leur refus de la violence et leur attachement aux valeurs républicaines.
Les écologistes bisontins réagissent aux insultes et aux attaques visant le maire Ludovic Fagaut et sa famille. S’ils condamnent fermement ces agissements, ils reprochent au maire de ne pas avoir manifesté la même fermeté lorsque d’autres élus ont été pris pour cible. Ils citent notamment les menaces de viol visant Séverine Véziès et les insultes racistes subies par Hasni Alem. Ils rappellent également que Ludovic Fagaut avait lui-même employé l’expression « idéologie Khmer vert » pour qualifier la politique d’Anne Vignot en 2020. Les écologistes réclament une condamnation systématique des insultes et des menaces, indépendamment des appartenances politiques.
À Besançon, le chemin de la Malate sera fermé à la circulation du lundi 19 octobre, à 8 heures, au vendredi 30 octobre, à 17 heures, y compris les nuits et le week-end. Cette interruption s’inscrit dans le chantier de reconstruction de la passerelle Jean Abisse, aux Prés-de-Vaux. Elle permettra le déplacement des réseaux électriques situés sous la chaussée. Les premiers éléments de charpente arriveront fin octobre. Le remplacement de l’ancienne passerelle est prévu au premier semestre 2027.
Le changement de nom de l’exposition consacrée aux liens entre l’art et l’anarchie, attendue en février 2027 au musée des Beaux-Arts de Besançon, provoque une controverse politique. L’exposition, initialement intitulée « Ni Dieu ni maître », sera présentée sous le nom « L’Art en liberté ». Une décision vivement contestée par Aline Chassagne, conseillère municipale communiste d’opposition et ancienne adjointe à la culture, qui dénonce une intervention politique dans un projet construit depuis plusieurs années par des professionnels des musées.
Un changement de titre qui interroge l'ancienne élue à la culture
La décision de la nouvelle majorité municipale bisontine de rebaptiser l’exposition consacrée à l’anarchie dans les arts suscite une vive réaction d’Aline Chassagne. La municipalité dirigée par Ludovic Fagaut estime que le titre initial, « Ni Dieu ni maître », présente une dimension trop politique. Elle lui préfère « L’Art en liberté », au nom d’une conception du musée comme lieu de culture et de divertissement, à distance des polémiques. Pour l’ancienne adjointe à la culture, cette justification ne tient pas compte du travail scientifique engagé autour de l’événement. « C’est un travail qui est mené depuis quasiment deux ans avec la ville de Roubaix, avec tout un ensemble de scientifiques. Ce changement de titre d’exposition est particulièrement surprenant, voire inquiétant », réagit-elle.
L’élue communiste va plus loin et s’interroge sur la portée politique de cette intervention. Elle accuse le maire LR de pratiquer une forme de « cancel culture », consistant, selon elle, à effacer certains éléments historiques ou culturels au profit de ses propres orientations idéologiques. Aline Chassagne dénonce notamment ce qu’elle considère comme une contradiction entre la défense de la liberté revendiquée par une partie de la droite et la volonté de modifier le titre d’une exposition élaborée par des spécialistes.
L'interview de la rédaction : Aline Chassagne
Une exposition ancrée dans l'histoire ouvrière et libertaire de Besançon
Au-delà de la controverse politique, l’ancienne élue insiste sur les fondements historiques du projet. L’exposition, conçue en partenariat avec Roubaix et désormais Martigues, doit explorer les relations entre les mouvements libertaires et la création artistique. Elle mobilise plusieurs disciplines, des arts plastiques à l’architecture, en passant par le cinéma, la mode et le design. Pour Aline Chassagne, cette approche trouve une résonance particulière à Besançon, dont l’histoire industrielle et horlogère est marquée par la circulation des idées sociales et libertaires au XIXe siècle. Elle rappelle notamment les échanges entre les ouvriers horlogers bisontins et ceux de La Chaux-de-Fonds, en Suisse, ainsi que l’importance des réflexions autour de la coopération, de l’autogestion et de la remise en cause des rapports de domination. L’élue cite également trois figures historiques associées à Besançon : Pierre-Joseph Proudhon, Gustave Courbet et Victor Hugo. Des personnalités qui, chacune à leur manière, ont interrogé l’ordre social et politique de leur époque. Selon elle, le titre initial permettait précisément de rendre compte de cet héritage et de replacer les œuvres présentées dans leur contexte historique.
L'interview de la rédaction : Aline Chassagne
La liberté artistique au cœur du désaccord
Aline Chassagne souligne également que le projet ne se limite pas à une approche historique. Il doit mettre en relation des œuvres du XIXe et du début du XXe siècle avec des créations contemporaines, notamment issues du graffiti et des pratiques artistiques actuelles. Elle évoque la présence, dans les collections bisontines, d’œuvres de Paul Signac, ainsi que les donations du couple Besson. Elle précise que la Fondation Signac soutient le projet. L’ancienne adjointe espère néanmoins que le changement de titre n'entraînera aucune modification du contenu scientifique ou de la sélection des œuvres.
« L’exposition ne va pas fondamentalement être changée et les œuvres qui étaient prévues d’être exposées, en tout cas je le souhaite, vont l’être », explique-t-elle. Cette polémique lui rappelle également celle entourant une fresque de l’artiste Nacle consacrée aux violences policières et qui avait été recouverte. Pour Aline Chassagne, ces situations posent une question fondamentale : jusqu’où les responsables politiques peuvent-ils intervenir dans les choix artistiques ? « La liberté de l’artiste, elle est fondamentale. [...] Le politique doit intervenir le moins possible sur cette liberté de l’artiste », affirme-t-elle.
L'interview de la rédaction : Aline Chassagne
« La culture, c'est profondément politique »
Interrogée sur sa propre expérience à la tête de la politique culturelle bisontine, Aline Chassagne reconnaît que la culture ne peut être totalement dissociée des choix politiques. « Je pense que la culture, c’est profondément politique », admet-elle. Elle distingue toutefois les orientations générales d’une politique culturelle de l’intervention directe des élus dans les propositions scientifiques ou artistiques des établissements. Selon elle, les artistes participent au débat démocratique en questionnant les normes sociales, les rapports de pouvoir et les évolutions de la société. Cette dimension politique de la création ne devrait pas, à ses yeux, justifier une intervention des élus sur le contenu des œuvres ou sur les mots employés pour les présenter.
Pour illustrer son propos, elle revient sur l’exposition « Le Beau Siècle », consacrée au XVIIIe siècle à Besançon, dont la programmation avait été engagée avant son arrivée aux responsabilités. Elle assure ne jamais avoir envisagé d'en modifier l'orientation en fonction de ses propres convictions. « Est-ce que, de par mon orientation politique, je me serais permise de remettre en question la restauration d’un tableau représentant un roi ? Non », souligne-t-elle, rappelant son attachement aux recommandations scientifiques des équipes muséales.
Un débat sur la place du politique dans les musées
Cette controverse dépasse désormais la seule question du titre d’une exposition. Elle révèle deux approches différentes du rôle des responsables municipaux dans la programmation culturelle. La nouvelle majorité assume sa volonté de privilégier un intitulé qu’elle juge moins politique et davantage tourné vers la découverte culturelle. À l’inverse, Aline Chassagne considère que cette décision risque de remettre en cause l’autonomie des professionnels des musées et la liberté de présenter des courants artistiques dans toute leur dimension historique et idéologique. L’élue communiste demande ainsi que le travail engagé par les conservateurs, les historiens et les partenaires scientifiques soit respecté.
L'interview de la rédaction : Aline Chassagne
À quelques mois de l’ouverture annoncée en février 2027, la question reste donc posée : où se situe la frontière entre la responsabilité politique d’une municipalité dans la gestion de ses établissements culturels et l’indépendance scientifique et artistique des équipes qui conçoivent les expositions ?
La Ville de Besançon renforce son dispositif d’alerte à la population en cas de risque majeur. Baptisé « Besançon Alerte », ce système permet de prévenir rapidement les habitants par SMS en cas d’inondation, de tempête, d’accident industriel ou de crise sanitaire. Les personnes figurant dans l’annuaire universel sont automatiquement intégrées au dispositif. La municipalité invite toutefois les habitants qui n’y apparaissent pas à s’inscrire en ligne afin de recevoir les consignes de sécurité en cas d’urgence : https://www.viappel.eu/inscriptionEnLigne/inscriptionEnLigne.action?compte=XDuNY2 . Ce service respecte la réglementation sur la protection des données personnelles.
La première des trois rames supplémentaires commandées par Grand Besançon Métropole sera livrée jeudi 15 octobre, entre 15 h et 15 h 30, au centre de maintenance du tramway. Fabriquée par Alstom à La Rochelle, elle sera acheminée en deux parties par convoi exceptionnel, puis réassemblée sur place.
Après plusieurs semaines de tests, sa mise en service est annoncée pour la première quinzaine de novembre. Les deux autres rames arriveront les 22 et 29 octobre. Cette commande représente un investissement de 9 millions d’euros, portant à 28 millions le coût des huit nouvelles rames. Leur circulation complète et l’ouverture d’un quatrième terminus sont prévues fin novembre pour améliorer le confort et la fréquence sur les deux lignes du réseau Ginko.
Une seconde sortie a été aménagée au parking Chamars, qui compte environ 320 places. Elle permet aux automobilistes se dirigeant vers le quartier Grette-Butte d’éviter le feu tricolore du boulevard Charles-de-Gaulle. Équipé d’une barrière et d’un dispositif de contrôle, ce nouvel accès doit réduire les embouteillages aux heures de pointe. Cet aménagement anticipe également l’augmentation de la fréquence des tramways et la fréquentation future de l’îlot Saint-Jacques.
La section Besançon-Franche-Comté de la LICRA condamne les attaques personnelles visant le maire de Besançon, Ludovic Fagaut, et sa famille sur les réseaux sociaux. L’association dénonce notamment des photomontages et des propos assimilant l’élu au nazisme. Elle alerte sur la banalisation de ce terme dans le débat public et rappelle la nécessité de préserver la mémoire des crimes nazis et de la Shoah. Tout en défendant la liberté d’expression et le droit à la critique politique, la LICRA souligne que certains propos peuvent constituer des infractions pénales. Elle n’exclut pas d’engager des démarches judiciaires et de se constituer partie civile.
Le collectif Écoles vivantes Besançon organise une action de sensibilisation ce jeudi 15 octobre, à 16h45, devant l’Hôtel de Ville, en amont du conseil municipal. « Sans réponse », à sa lettre ouverte du 15 septembre, le collectif entend rappeler ses revendications concernant la rénovation énergétique des établissements scolaires et la végétalisation des cours. Après les épisodes de canicule de cet été, ses membres souhaitent que l’adaptation des écoles au changement climatique figure parmi les priorités du budget municipal 2027. Un ordre du jour symboliquement remanié sera remis aux élus.