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Besançon : les salariés de la santé et du social réclament des moyens devant l’ARS

Publié le 15 Sep. 2026 à 11:09
Tags: Social |
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Besançon : les salariés de la santé et du social réclament des moyens devant l’ARS

À l’appel de la CGT, de Sud et de FO, un rassemblement s’est tenu ce mardi matin devant les bureaux de l’Agence régionale de santé, au pôle Viotte à Besançon. Les manifestants dénoncent le manque de personnel, les bas salaires et des restrictions budgétaires qui fragilisent, selon eux, l’accompagnement des personnes vulnérables.

« On nous demande toujours de faire plus avec moins »

De la protection de l’enfance au handicap, en passant par les hôpitaux et les établissements pour personnes âgées, les professionnels mobilisés décrivent des difficultés communes : une charge de travail croissante et des moyens insuffisants pour assurer leurs missions. « On nous demande toujours de faire plus avec moins », déplore Pascal Descamps, moniteur-éducateur et élu CGT à l’ADDSEA. Pour ce professionnel de la protection de l’enfance, les contraintes budgétaires affectent directement les possibilités d’accompagnement des jeunes. Il évoque notamment une réduction de la durée de prise en charge des jeunes majeurs, ainsi que les coupes ayant touché la prévention spécialisée dans le département. Il s’inquiète également de baisses de financement concernant les équipes mobiles intervenant auprès des jeunes des quartiers populaires.

Des salaires jugés trop faibles pour attirer des candidats

La mobilisation porte aussi sur les rémunérations. Pour les syndicats, les difficultés de recrutement sont étroitement liées aux salaires proposés et à la dégradation des conditions de travail. Pascal Decamps cite l’exemple de la convention collective, qui couvre notamment des établissements et services du secteur social et médico-social. Selon lui, certains professionnels diplômés commencent leur carrière avec un salaire conventionnel inférieur au SMIC, nécessitant un complément pour atteindre le minimum légal. Les manifestants réclament des revalorisations salariales pour attirer des candidats et fidéliser les équipes. Ils demandent également des effectifs permettant d’assurer un accompagnement adapté aux besoins des usagers.

Dans le handicap, des professionnels confrontés aux suppressions de postes

Salariée d’APF France handicap, Laetitia Sachot témoigne, elle aussi, d’un quotidien marqué par le manque de moyens. L’assistante sociale décrit une importante rotation du personnel et le recours à des salariés faisant fonction sur des postes pour lesquels ils ne disposent pas toujours des qualifications correspondantes. Dans son service, elle dénonce notamment la suppression de postes d’ergothérapeutes, avec lesquels elle est censée travailler en binôme. Une situation qui complique, explique-t-elle, l’accompagnement à domicile.

« Les gens veulent vivre à leur domicile, mais on ne nous donne pas les moyens », regrette-t-elle. Derrière les difficultés des équipes, elle alerte sur les conséquences pour les personnes accompagnées et sur la capacité des services à répondre à leurs besoins.

Des inquiétudes autour du budget de la Sécurité sociale

Les prises de parole ont également porté sur les orientations budgétaires évoquées pour la Sécurité sociale. Les représentants syndicaux s’inquiètent de possibles restrictions concernant les arrêts maladie et l’indemnisation des accidents du travail. Plus largement, ils dénoncent des choix politiques qui, selon eux, accordent une place insuffisante au financement de la santé, du social et du médico-social. Ils demandent que les besoins des populations et les conditions de travail des personnels soient davantage pris en compte dans les arbitrages publics.

Une délégation et un nouvel appel à la grève

Une délégation devait être reçue par l’ARS à l’occasion de ce rassemblement. Pour les organisateurs, les réponses attendues dépassent toutefois l’échelon local et nécessitent des décisions nationales sur le financement de ces secteurs. Un nouvel appel à la grève a été relayé pour le 29 septembre, avec la volonté de mobiliser également les salariés de l’action sociale privée et associative.