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Vendanges précoces dans le Jura : une récolte prometteuse, mais des rendements en baisse

Publié le 17 Aoû. 2026 à 14:08
Tags: vendanges | Jura |
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Vendanges précoces dans le Jura : une récolte prometteuse, mais des rendements en baisse

À Montigny-les-Arsures, près d’Arbois, les vendanges ont débuté avec près de quinze jours d’avance. Si la qualité du raisin s’annonce excellente, la sécheresse pourrait fortement peser sur les rendements.

La sécheresse qui touche le Jura depuis plusieurs mois commence peut-être à s’atténuer. Un orage survenu dans la matinée apporte un peu d’espoir aux viticulteurs, après près de trois mois de conditions particulièrement sèches. Mais les conséquences sur les vignes sont déjà bien visibles. « Il est temps que ça s’arrête », estime Valérie Tissot, du domaine Jean-Louis Tissot à Montigny-les-Arsures, près d’Arbois. Selon elle, la sécheresse a affecté « la nature en général », aussi bien le végétal que l’animal.

Des vendanges avec quinze jours d’avance

Dans le domaine familial, les premiers coups de sécateurs ont été donnés ce matin. Plusieurs vignerons jurassiens avaient toutefois commencé leur récolte une dizaine de jours plus tôt, notamment pour les crémants. Cette précocité est particulièrement marquée cette année. « On a 15 jours d’avance », explique Valérie Tissot. En comparaison avec 2003, année déjà marquée par de fortes chaleurs, les vendanges jurassiennes accusent encore près d’une semaine d’avance. Une situation qui illustre l'évolution du calendrier viticole. Dans les années 1970, les vendanges avaient généralement lieu autour du 5, du 10 ou du 15 octobre. Désormais, les récoltes de septembre sont devenues courantes et les vendanges dès le mois d’août se répètent de plus en plus régulièrement.

L'interview de la rédaction : Valérie Tissot 

Une qualité prometteuse, malgré de faibles rendements

Si la précocité inquiète, la qualité du raisin, elle, suscite plutôt l’optimisme. « Je pense que la qualité sera très bonne, sera excellente même », assure la vigneronne. Le principal problème se situe du côté des volumes. Le manque d’eau a limité la croissance des raisins et provoqué une forte hétérogénéité entre les grappes. Certaines baies restent particulièrement petites. Habituellement, il faut environ 1,5 kg de raisins pour produire un litre de vin. Cette année, Valérie Tissot estime qu’il faudra plutôt compter entre 1,8 et 2 kg. Les rendements devraient donc être faibles sur certaines parcelles.

L'interview de la rédaction : Valérie Tissot 

Des degrés d’alcool très variables

Autre particularité de cette campagne : les niveaux de maturité sont très différents selon les parcelles et l’âge des vignes. Certaines vignes présentent actuellement des raisins autour de 10,5 à 11 degrés d’alcool potentiel, tandis que de vieilles vignes, avec des charges de raisins plus faibles, atteignent déjà 14, voire 15 degrés naturels. Pour les viticulteurs, il faut donc « jongler avec ces extrêmes » et adapter la date de récolte à chaque parcelle. La maturité est suivie grâce à des prélèvements réguliers. Les vignerons récoltent des grains, les pressent puis analysent notamment la teneur en sucre du jus afin de déterminer l’état d’avancement du raisin.

Une récolte qui devrait s’étaler jusqu’en septembre

Tous les cépages ne seront pas récoltés dans les prochains jours. Si les crémants ont ouvert le bal, les savagnins ne devraient pas être concernés avant le début du mois de septembre. La météo des prochaines semaines sera donc déterminante. Les viticulteurs espèrent notamment que les épisodes pluvieux permettront à certains raisins encore très petits de grossir légèrement. La récolte devrait ainsi être particulièrement étalée cette année, avec des dates de vendange différentes selon les parcelles et leur niveau de maturité.

L'interview de la rédaction : Valérie Tissot 

Le recrutement des vendangeurs, une difficulté persistante

Dernier enjeu pour les domaines : trouver suffisamment de main-d’œuvre saisonnière. Au domaine Jean-Louis Tissot, la situation reste maîtrisée grâce à des partenaires habituels. Mais le calendrier particulier de cette année complique parfois les recrutements. « Beaucoup de monde est encore en vacances », souligne Valérie Tissot, qui reconnaît que les embauches pour les travaux saisonniers sont, de manière générale, devenues plus difficiles.

Dans le Jura viticole, la récolte 2026 commence donc sous un double signe : une maturité exceptionnelle et une qualité qui s’annonce remarquable, mais des raisins fragilisés par la sécheresse et des rendements qui pourraient être nettement inférieurs aux habitudes.

Dernière modification le lundi, 17 août 2026 14:55