Kelly Proponnet, responsable du cabinet 'Aux Doubs réflexes"
Praticienne en intégration des réflexes archaïques, Kelly Proponnet accompagne des personnes de tous âges à travers des mouvements et des activités ludiques. Elle utilise également les célèbres briques LegoR pour développer les compétences des enfants. Dès septembre 2026, elle ouvrira à Amancey « Les Bâtisseurs en herbe », un club organisé deux fois par mois.
Comprendre les réflexes archaïques
Les réflexes archaïques correspondent aux premiers mouvements involontaires du bébé. Ils apparaissent pendant la grossesse et au cours des premières années de la vie, en réponse à des stimulations visuelles, auditives, tactiles ou encore olfactives. Ils participent progressivement à la construction des capacités motrices, cognitives et émotionnelles de l’enfant. Parmi les plus connus figure le réflexe d’agrippement : lorsqu’un objet est placé dans la main d’un nourrisson, celui-ci referme automatiquement ses doigts. À force d’être exercés, ces mouvements réflexes doivent progressivement s’effacer pour laisser place à la motricité volontaire. Selon Kelly Proponnet, lorsque certains réflexes demeurent actifs au-delà de la petite enfance, ils peuvent perturber le quotidien.
Le reportage de la rédaction : Kelly Proponnet
Un premier bilan avant l’accompagnement
La première séance prend la forme d’un bilan individuel. À travers différents tests et mouvements, la praticienne observe si certains réflexes sont toujours présents. Elle propose ensuite des exercices adaptés, réalisés avec des balles, des coussins, du papier ou du matériel très simple. « Ce sont des choses que l’on peut facilement refaire à la maison », précise-t-elle. Le travail sur un réflexe peut également contribuer, selon elle, à en faire évoluer d’autres. Cette pratique est notamment proposée face à des difficultés d’apprentissage, d’attention, de lecture, d’écriture, de sommeil ou de motricité fine. Elle peut aussi être sollicitée en présence d’énurésie ou de mal des transports. Kelly Proponnet précise toutefois que son accompagnement ne soigne pas les troubles « dys », mais cherche à en atténuer certaines conséquences dans la vie quotidienne. Cette approche complémentaire ne remplace ni un diagnostic ni une prise en charge médicale, orthophonique ou paramédicale.
Un travail possible à tous les âges
Les derniers réflexes archaïques s’intègrent généralement autour de 3 ou 4 ans. Avant cet âge, Kelly privilégie donc la prévention et donne aux parents des conseils pour accompagner le développement naturel de leur enfant. La réintégration peut ensuite être travaillée tout au long de la vie. L’accompagnement est généralement plus long chez les adultes, qui ont développé durant plusieurs années différentes stratégies de compensation. Pour les personnes âgées, les exercices peuvent être utilisés dans une recherche de confort et de maintien de la motricité. La praticienne reçoit cependant principalement des enfants. Parmi les difficultés rencontrées, elle cite notamment les troubles de l’attention, la dyslexie, certaines maladresses motrices ou encore les problèmes de coordination.
Une reconversion inspirée par son fils
Ancienne comptable, Kelly Proponnet a découvert les réflexes archaïques en cherchant des solutions pour accompagner son fils, porteur de trisomie 21. Prématuré et né par césarienne, celui-ci avait conservé un important besoin de porter les objets à sa bouche, notamment lors de son entrée à l’école. Après avoir découvert cette approche grâce à un groupe de parents d’enfants ayant des besoins particuliers, elle a commencé à se documenter. Faute de praticiens installés à proximité, elle a décidé de suivre une formation pendant la crise sanitaire. Encouragée par une ostéopathe qui utilisait déjà cette méthode, elle a ouvert son cabinet en 2022. « Les enfants qui ont des besoins particuliers nous ouvrent parfois des chemins que nous n’aurions jamais empruntés », confie-t-elle.
Les LegoR comme outil de développement
En complément de ses séances individuelles, Mme Proponnet s’est formée à la légothérapie. Cette méthode utilise les briques LegoR comme supports pour travailler la communication, le langage, la mémoire, l’attention, la coopération, la persévérance et la motricité fine. Les ateliers sont organisés en groupes de six enfants, ensuite répartis en équipes de trois ou quatre. Chaque participant reçoit une responsabilité précise : ingénieur, fournisseur, constructeur ou inspecteur. L’ingénieur est le seul à consulter la notice. Il doit décrire les pièces nécessaires et expliquer comment les assembler. Le fournisseur recherche les briques correspondant aux indications, tandis que le constructeur réalise le montage. L’inspecteur vérifie enfin que les consignes ont été respectées. Pour réussir, les enfants doivent s’écouter et employer un vocabulaire précis. Ils apprennent notamment à indiquer la couleur, la forme et le nombre de picots d’une pièce. « Ils savent qu’ils n’ont pas le droit de demander simplement un “truc” », sourit la praticienne.
Le reportage de la rédaction : Kelly Proponnet
Apprendre à planifier et à maîtriser son impulsivité
Les exercices permettent aussi de solliciter les fonctions exécutives, c’est-à-dire les capacités nécessaires pour organiser une action et l’adapter à une situation. La planification, l’attention, la flexibilité, l’activation et l’inhibition sont notamment travaillées. L’activation désigne, par exemple, la capacité d’un enfant à se mettre au travail. L’inhibition lui permet de mieux contrôler son impulsivité, de ne pas répondre avant la fin d’une question ou de laisser les autres s’exprimer. La méthode LegoR a notamment été développée par un neuropsychologue pédiatrique danois à partir de ses observations auprès d’enfants autistes. Il avait remarqué que des enfants communiquant habituellement très peu entre eux commençaient à échanger spontanément lorsqu’ils partageaient leur intérêt pour les LegoR.
« Les Bâtisseurs en herbe » dès septembre
Pour prolonger les ateliers ponctuels organisés au cours de l’année, Kelly Proponnet lancera en septembre, à Amancey, le club LegoR « Les Bâtisseurs en herbe ». Il accueillera des enfants à partir de 5 ans, à raison de deux séances par mois jusqu’en avril 2027. Chaque atelier durera une heure et demie. Les premiers créneaux envisagés sont le mercredi à 14 heures et le samedi à 10 heures. D’autres horaires pourront être proposés en fonction des demandes. Cette organisation sur plusieurs mois doit permettre aux participants d’aller au bout de leurs constructions, mais aussi d’observer l’évolution de leurs compétences. « Avec les ateliers ponctuels, les enfants étaient parfois frustrés de devoir s’arrêter avant d’avoir terminé. Le club permettra de mener des projets sur le long terme », explique la praticienne.
Le reportage de la rédaction : Kelly Proponnet
Les inscriptions sont d’ores et déjà ouvertes. Pour la joindre : 06.70.02.99.75 ou Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.