Selon des chiffres communiqués par le Rectorat de Besançon, plus de 15% des enseignants sont mobilisés lors de cette journée d’action sociale. Soit 15,7% annoncés dans le 1er degré. Un taux de 14,7% est relayé pour le second degré dans l’académie de Besançon. On notera également que des actions de blocage ont été menés devant les lycées Nicolas Ledoux et Pasteur à Besançon.
Le rectorat de Besançon a réagi ce jour aux déclarations de Karine Laurent, co-secrétaire générale du syndicat FSU dans le Doubs, concernant le manque d’enseignants dans l’académie. Par la voix de Guillaume Rivoire, l’administration précise qu’au 1er septembre, jour de la rentrée scolaire, seuls deux enseignants étaient absents dans le second degré. Toutefois, plus de deux semaines plus tard, ce chiffre est passé à 20, selon les données officielles.
À l’occasion de la rentrée scolaire, le syndicat FSU tire la sonnette d’alarme. Dans l’académie de Besançon, syndicats et personnels de l’Éducation nationale dénoncent un manque criant de moyens, des salaires jugés insuffisants et une pénurie persistante de remplaçants.
Une école publique « à bout de souffle »
« L’éducation est à bout de souffle », affirme Karine Laurent, co-secrétaire départementale de la FSU. Pour le syndicat, l’école publique traverse une crise structurelle : manque d’enseignants, dégradation des conditions de travail et absence de réponses adaptées pour les élèves à besoins particuliers. En cette rentrée 2025, près de la moitié des collèges et lycées de l’académie de Besançon sont touchés par des postes vacants. Selon la FSU, les difficultés de recrutement tiennent avant tout à la faiblesse des rémunérations. « Les salaires des enseignants français restent bien en deçà de ceux pratiqués dans les pays de l’OCDE », rappelle Karine Laurent. Une réalité qui, selon elle, explique en grande partie la perte d’attractivité du métier.
Résultat : l’institution recourt massivement aux contractuels. Lors de l’année scolaire 2024-2025, on comptait environ 800 enseignants contractuels sur un total de 6 300 dans le second degré. Certains enseignants sont parfois affectés dans des disciplines qui ne correspondent pas à leur formation initiale : « On a vu des professeurs d’EPS devenir enseignants de mathématiques », illustre la responsable syndicale.
L'interview de la rédaction : Karine Laurent, co-secrétaire départementale de la FSU.
Des élèves sans accompagnement adapté
Au-delà des effectifs, la question de l’inclusion des élèves en situation de handicap ou ayant des besoins particuliers reste préoccupante. Le manque d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) est dénoncé avec force. « Beaucoup d’élèves notifiés n’ont pas d’AESH à la rentrée, faute de recrutement. Et ceux qui exercent le métier sont dans une situation de précarité et souffrent d’un manque de formation » regrette la responsable syndicale. Les enseignants spécialisés, notamment les personnels des RASED dans le premier degré, manquent eux aussi cruellement, compliquant la prise en charge des élèves en difficulté.
L'interview de la rédaction : Karine Laurent, co-secrétaire départementale de la FSU.
Une urgence pour l’avenir de l’école
Face à cette accumulation de carences, la FSU demande que « le gouvernement prenne au sérieux la question de l’éducation nationale » et apporte des moyens à la hauteur des ambitions affichées. « Accueillir tous les enfants, ce n’est pas qu’un slogan. C’est une responsabilité qui nécessite des moyens humains, financiers et matériels », insiste Karine Laurent. En l’absence de mesures fortes, le syndicat redoute que l’école publique, déjà affaiblie, ne perde encore en qualité et en équité.
Dans le cadre de l’appel national à la grève lancé pour ce mercredi 10 septembre, les assistants d’éducation du lycée Pergaud, soutenus par l’intersyndicale CGT Éducation, Snes-FSU et Sud Éducation, se mobilisent pour dénoncer la casse sociale et la précarité de leur statut.
À cette occasion, un des internats du lycée est fermé ce mardi soir et le sera encore demain soir, en signe de protestation. Les revendications portent notamment sur la titularisation des AED, la revalorisation salariale, la reconnaissance d’un statut de fonctionnaire après trois ans d’exercice, ainsi que l’amélioration des conditions de travail.
Ce 1er septembre marque la rentrée des classes pour les plus de 2.700 écoliers, collégiens et lycéens de l’académie de Besançon. Les cours d’école reprennent vie, les classes se reforment et les enseignants retrouvent leurs élèves dans une atmosphère joyeuse. « C’est vraiment un moment de fête, presque paisible, où l’on voit les enfants heureux de revenir », souligne Nathalie Albert-Moretti, rectrice de la région académique Bourgogne Franche-Comté.
Une préparation de longue haleine
Derrière l’apparente fluidité de cette reprise, une organisation minutieuse a été déployée. La rectrice le rappelle : « C’est une grosse machine, du travail de dentelle. Chaque rentrée est un petit miracle qui se prépare jusque dans les moindres détails. » Tout le week-end, les équipes rectorales et départementales ont encore procédé aux derniers ajustements.
Une sécurité au cœur des priorités
Au-delà de l’enseignement, la question de la sécurité reste omniprésente. La rectrice insiste : « Nous veillons chaque jour à la protection des enfants » insiste-t-elle. La journée de la rentrée s’annonce dense pour la rectrice et ses équipes, mobilisées dans les quatre départements francs-comtois. De l’école primaire au lycée, tous les établissements sont concernés par ce suivi attentif. « Nous allons sur le terrain, à tous les niveaux, pour être aux côtés des enseignants et leur redire notre confiance », explique Mme Albert-Moretti.
L'interview de la rédaction :Nathalie Albert-Moretti
Des défis mais aussi de l’enthousiasme
Entre défis logistiques et exigences pédagogiques, la rentrée reste un temps fort de l’année éducative. La rectrice conclut sur une note optimiste : « Les enseignants sont passionnés, contents de retrouver leurs élèves, et les élèves eux-mêmes sont heureux de revenir. C’est une énergie collective qui fait de la rentrée un moment unique. »
Une vive émotion secoue le lycée Cuvier de Montbéliard (25) après la tentative de suicide d’une enseignante, survenue vendredi lors de la pré-rentrée. Âgée d’une trentaine d’années et en poste depuis plusieurs années dans cet établissement général et technologique, elle a été immédiatement prise en charge par ses collègues et les secours. Ses jours ne sont plus en danger, selon l’académie de Besançon. Une cellule d’écoute a été mise en place pour accompagner les personnels et les élèves.
L’académie de Besançon se prépare à accueillir 194 673 élèves à la rentrée 2025, soit une baisse notable de 2 707 élèves par rapport à 2024. Cette diminution s’inscrit dans une tendance démographique marquée, particulièrement dans le premier degré.
Une baisse d’effectifs généralisée
Les écoles publiques du premier degré enregistreront 2 257 élèves en moins, avec des pertes significatives dans le Doubs (-1 096), le Jura (-485), la Haute-Saône (-478) et le Territoire de Belfort (-198).
Le second degré n’est pas épargné : -450 élèves dans les collèges, lycées et établissements régionaux d’enseignement adapté (EREA).
Répartition des élèves en 2025
Ces effectifs se répartissent entre 169 760 élèves dans le public et 24 913 dans le privé.
Des classes en moyenne moins chargées
La baisse démographique permet de maintenir, voire d’améliorer, les conditions d’apprentissage. Les prévisions indiquent une moyenne de :
Priorités éducatives et accompagnement renforcé
Face à ces évolutions, l’académie de Besançon fixe plusieurs priorités :
Des moyens humains ajustés
Au total, 20 624 personnels œuvrent dans l’enseignement scolaire de l’académie. Mais des ajustements sont prévus :
En parallèle, l’accompagnement des élèves sera renforcé :
Une tendance de fond mais un encadrement amélioré
Malgré la baisse démographique et les suppressions de postes, l’académie souligne que le taux d’encadrement continue de progresser, une tendance amorcée depuis 2013. Les moyens redistribués permettront, selon le rectorat, d’assurer la réussite des élèves tout en s’adaptant aux réalités locales.
La rentrée 2025 se fait dans un contexte de baisse démographique pour l’académie de Besançon. « Nous enregistrons une diminution de 1,4 % du nombre d’élèves, un phénomène régulier et attendu », souligne Nathalie Albert-Moretti, rectrice de la région académique Bourgogne–Franche-Comté. Cette évolution entraîne toutefois une baisse mécanique du nombre de postes, mais elle reste inférieure à ce qu’elle pourrait être. « Le ministère ne raisonne pas de manière arithmétique. Notre académie est très rurale : on ne peut pas gérer les moyens comme dans une grande métropole où l’école est à deux rues. Ici, il faut tenir compte de l’isolement de certains secteurs, notamment dans le Haut-Doubs », explique-t-elle. Concrètement, avec des baisses de 2.257 élèves dans le 1er degré et 450 dans le second degré, l’académie de Besançon perd respectivement 30 et 9 postes d’enseignants. En parallèle, il est annoncé 14 postes d’AESH, un poste de CPE et 9 d’assistants d’éducation supplémentaires dans l’académie. Selon Mme Albert-Moretti, « malgré ces retraits liés à la baisse démographique, le taux d’encadrement continuera à s’améliorer comme c’est le cas depuis 2013 ». Malgré quelques tensions sur certaines disciplines — lettres et spécialités de lycées professionnels en particulier — la rectrice se veut rassurante : « Il y aura bien un enseignant devant chaque classe, sauf imprévu de dernière minute. »
L'interview de la rédaction : Nathalie Albert Moretti, rectrice de la région académique Bourgogne–Franche-Comté
Consolidation des savoirs fondamentaux
La priorité affichée reste la maîtrise des fondamentaux. « Tout part de la capacité à lire, écrire, compter, raisonner et s’exprimer. Nous sommes mobilisés conformément aux attentes de la ministre », insiste Nathalie Albert-Moretti. L’académie lance ainsi un défi original : 15 minutes de lecture à voix haute par jour, du CM1 à la 3ᵉ, dans toutes les disciplines. « Nous avions repéré un léger déficit dans ce domaine malgré de bons résultats aux évaluations nationales. Il nous a semblé essentiel de réagir rapidement et de motiver les élèves par des pratiques régulières et des récompenses collectives. ». Parallèlement, un travail de recherche est mené sur le geste d’écriture pour améliorer la qualité de l’enseignement de cette compétence.
Bien-être et santé mentale des élèves
Autre chantier majeur : le bien-être scolaire. « On apprend mieux quand on se sent bien à l’école et qu’on a envie d’y aller », rappelle la rectrice. L’académie a mis en place une feuille de route structurée pour développer les compétences psychosociales (CPS) : gestion des émotions, connaissance de soi, apprentissage du vivre-ensemble. Des personnels sont formés afin de devenir des relais dans leurs établissements. La santé mentale fait également l’objet d’une attention particulière, à la suite des assises nationales de la santé scolaire. Des personnels repères ont été désignés et formés, et un guide pratique a été distribué aux assistants d’éducation (AED) dans les internats, souvent en première ligne pour repérer des signes de mal-être.
L'interview de la rédaction : Nathalie Albert Moretti, rectrice de la région académique Bourgogne–Franche-Comté
Laïcité : un temps fort autour des 120 ans de la loi de 1905
Cette rentrée est aussi marquée par un anniversaire symbolique : les 120 ans de la loi de séparation des Églises et de l’État. « La laïcité est un principe structurant de l’école publique, totalement en cohérence avec la devise républicaine liberté, égalité, fraternité. Nous en faisons un temps fort », annonce Nathalie Albert-Moretti. Un kit pédagogique intitulé « Un jour, une heure sur la laïcité » sera proposé à toutes les écoles et établissements. Objectif : susciter débats et échanges autour des valeurs, des atouts mais aussi des questionnements liés à ce principe fondamental.
Le 3 juillet, un hommage a été rendu à Mélanie Grapinet, assistante d’éducation assassinée dans l’exercice de ses fonctions à Nogent (Haute-Marne), par les Assistants d’éducation du lycée Louis Pergaud de Besançon, qui occupent les mêmes responsabilités qu’elle. Réunis dans la cour de l’établissement, les personnels ont observé une minute de silence après la lecture collective d’un texte rédigé par les AED, en mémoire de leur collègue disparue. Ce moment de recueillement faisait suite à un premier hommage institutionnel rendu le 12 juin.
L’ensemble du personnel de l’école élémentaire Saint-Exupéry de Valdahon sera en grève ce mardi 24 juin. En cause, des difficultés persistantes dénoncées depuis plusieurs mois auprès de l’Inspection Académique, notamment 18 signalements inscrits au registre santé et sécurité au travail, 4 accidents déclarés et plusieurs arrêts maladie.
Une rencontre avec l’inspecteur d’académie du Doubs « n’a pas permis d’aboutir à des solutions jugées satisfaisantes ». L’équipe éducative exprime son profond attachement « à un climat scolaire de qualité, essentiel au bien-être des élèves et des personnels ». Selon le syndicat SNUipp/FSU à ce jour, les réponses apportées ne répondent pas aux enjeux soulevés, motivant ainsi ce mouvement de grève.