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Le vendredi 27 janvier se déroulera au théâtre du Lavoir à Pontarlier, deux séances de théâtre forum organisées par l’EHPAD du Larmont en direction des professionnels de santé et des familles des résidents. L’objectif est d’instaurer un dialogue et de renouer la confiance entre les équipes soignantes et les familles des résidents. Avec la participation de quelques familles, les équipes soignantes ont participé à l’écriture de scénettes sur des sujets quotidiens, inspirés du réel, mettant en avant les difficultés qui peuvent affecter les relations entre les professionnels de santé et les familles.

« Notre idée est partie d’un constat. Celui qu’on a pu observer pendant la crise Covid, où nous avions des incompréhensions les uns à l’égard des autres. On avait le sentiment de ne plus se comprendre, d’avoir des représentations différentes, des visions et des attentes différentes. A partir de ce constat, ma collègue Anne-Charlotte Jandard, psychologue au CHIHC, et moi-même, avons réfléchi sur un outil, quelque chose qui nous permettrait de renouer le dialogue et surtout de mieux se comprendre en se mettant à la place de l’autre » explique Annick Guyot, cadre de santé à l’EHPAD du Larmont. Renouer un dialogue et mieux se comprendre donc, grâce à la théâtralisation de scénettes dévoilant des situations réelles et quotidiennes qui affectent les relations entre les professionnels et les familles. Elles seront jouées par des comédiens amateurs puisqu’il s’agira soit des soignants, soit des familles de résidents. Avec un objectif principal : le dialogue avec le public, là aussi composé des familles, soignants et de tous les professionnels de santé, intéressés par la vie et par ce qu’il se passe à l’EHPAD du Larmont, ainsi que dans les EHPAD en général. « C’est fait pour, c’est la volonté, l’objectif, l’interaction. C’est de renouer le dialogue, c’est notre priorité » souligne Karine Grosjean qui anime ce théâtre forum.

Ce projet s'articule autour du lien de confiance entre les familles et professionnels de santé. Il interroge les représentations qu'ont les uns et les autres sur l'image et le travail des professionnels en EHPAD, ainsi que sur la place des familles. « Le groupe est assez enthousiaste, avec tout le stress que ça peut comporter. Parce que nous ne sommes que des amatrices. Mais en tout cas le sujet nous intéresse, et permet de nous requestionner vis-à-vis de nos pratiques, la relation qu’on peut avoir avec les familles. Le sentiment est le même pour les familles qui travaillent aussi sur leur représentation, sur l’image qu’elles ont du travail des soignants en EHPAD. On a eu cette idée qu’on a trouvé originale et ludique. C’est la première fois qu’on va le faire, et heureusement qu’on est accompagné » indique Annick Guyot. Pour rappel, la première séance se tiendra à 14h le vendredi 27 janvier, et sera à destination des professionnels du CHIHC et des étudiants de l’IFSI. Quelques heures plus tard, à 18h, une nouvelle séance sera proposée aux familles des résidents.

C’est quasiment une première. A Doubs, soixante personnes, majoritairement du personnel soignant de l’EHPAD du Larmont, se sont mobilisées pour dénoncer leurs conditions de travail ce jeudi matin.  Les doléances sont nombreuses. Elles portent sur les salaires, mais ce n’est pas la seule revendication.

Le manque de personnel pour assurer un accompagnement responsable est une véritable préoccupation. Tout comme des recrutements, faute de candidats, d’intervenants sans qualification, qui impactent considérablement la qualité des soins. La dégradation est réelle. Des ASH, des infirmières, des aides-soignantes et des cadres manquent à l’appel. Dans ces conditions, la direction du Centre Hospitalier Intercommunal de Haute-Comté a été contrainte de fermer 20 lits au Larmont. A cela, il faut ajouter 5 lits supplémentaires  au Grandvallier, qui accueille des personnes en souffrance psychologique.

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Les manifestantes en appellent au gouvernement pour prendre conscience de la situation. « Il faut prendre des mesures d’urgence » explique Lydie Lefebvre, responsable CGT du Centre Hospitalier Intercommunal de Haute-Comté. La responsable syndicale est très inquiète. D’autant plus que l’avenir est loin d’être assuré. Les formations dispensées par l’IFSI de Pontarlier ont bien du mal à se remplir.  

Le reportage de la rédaction : Lydie Lefebvre, responsable CGT du Centre Hospitalier Intercommunal de Haute-Comté. 

Dans les EHPAD et hôpital de Morez, le contexte sanitaire bouscule et freine les habitudes et les moments d’échange. Passer de chambre en chambre pour accorder du temps à chacun n’est plus possible. Il a fallu trouver une autre manière de témoigner d’une attention particulière aux résidents. C’est pour cette raison que cette année, trente enfants des centres de loisirs du Centre et du Puits de Morez, encadrés par les équipes d’animateurs, ont fabriqué des décorations pour chacun. Ce sont des petits pots de fleurs en papier et des poèmes qui viendront colorer les chambres cette année. Ils devraient aussi permettre de faire germer une petite graine, avec l’idée que les enfants de la ville puissent rendre visite à leurs aînés et partager un moment, un sourire, ou quelques mots dans les prochaines années. La remise de ces pots a eu lieu ce mardi 19 juillet dans l’entrée de l’hôpital.

À l’occasion de la journée mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes âgées, Anne-Sophie Pelletier, députée européenne et ancienne gréviste de l’EHPAD de Foucherans, est revenue à notre micro sur l’importance de sensibiliser sur cette cause, ainsi que sur les mesures à prendre pour améliorer la situation dans ces établissements.

Les années passent, la colère gronde, et pourtant, la situation semble rester la même. Dans certains EHPAD, les conditions de vie des résidents se détériorent, tout comme les conditions de travail des aides soignants. Cette situation, la députée Anne-Sophie Pelletier la connait bien. Elle-même aide médico-psychologique, l’élue européenne a fait de cette cause son grand combat politique. En 2019, elle publie un livre nommé « EHPAD : Une honte française ». Deux ans plus tard, les problématiques demeurent les mêmes. Pire, la crise sanitaire a mis en lumière d’autres problèmes dont l’opinion public peinait à s’intéresser : « La maltraitance est institutionnalisée aujourd’hui. Dans certains EHPAD, les soignants ont une cadence infernale, sont épuisés, Les choses ne changeront pas tant que ces soignants seront en sous-effectif. Il faut voir les EHPAD comme des lieux de vie, et non pas des lieux de fin de vie », nous confie l’euro-députée.

Pas assez « start-up nation »

Malgré la mise en lumière de la problématique avec l’arrivée de la crise sanitaire, les avancées se font rares, voir inexistantes. Malgré de nombreux épisodes de manifestations et de grèves, l’État ne semble pas enclin à augmenter les budgets réclamés par les professionnels du métier. Pour Anne-Sophie Pelletier, l’inflexibilité du gouvernement est révélatrice de la politique publique mise en place : « Est-ce qu’on veut une politique de vivre ensemble, ou une politique d’invisibilisation de ceux qui ne rapportent pas ? Actuellement, c’est plutôt la deuxième option, les personnes âgées ne doivent pas être assez start-up nation pour l’État ». Avec une centaine d’euro-députés, Anne-Sophie Pelletier a demandé une commission d’enquête pour savoir ce qui s’est passé dans les EHPAD, dans les centres médico-spécialisées, et pour les personnes en situation de handicap.

Des mesures nécessaires

L’euro-députée ne se contente pas de critiquer l’État, elle propose également des solutions. Face à la situation urgente, Anne-Sophie Pelletier veut d’abord réstaurer le dialogue entre familles et directeurs d’établissements : « La possibilité ou non de rendre visite à ses proches était à l’appréciation du directeur. Dans la région, de nombreuses familles se plaignent encore de ne pas pouvoir voir leur proche ». Deuxième proposition urgente à mettre en place, la remise en place de réels projets de vie individualisés : « À partir de ces projets, il faut mettre un nombre de personnel adéquat. Il faut respecter les droits fondamentaux des personnes âgées, c’est-à-dire de vivre dans la dignité ». Enfin, la députée européenne souhaite qu’on laisse les soignants aider dignement les résidents, et que ces derniers soient traités comme des êtres vivants et non comme du bétail : « Quand vos responsables vous disent de ne pas vous attacher, que ce n’est qu’un travail, non ce n’est pas possible. On ne peut pas déshumaniser comme cela ces personnes âgées. Avec tout le respect que j’ai pour les postiers, on ne vas pas jeter un colis dans une boite au lettre »