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L'Éducation Nationale a annoncé dans un communiqué le repport immédiat de tous les concours et examens qui devaient se tenir au printemps 2020. 

Pour les futurs bacheliers, les examens d'entrée aux formations sélectives se feront uniquement sur dossier académique.

Concernant les concours d'entrée aux grandes écoles, ils seront réorganisés à partir de la fin du mois de mai, sous le pilotage d'un comité opérationnel présidé par Caroline Pascal.

Chaque candidat sera bien évidemment informé personnellement des nouvelles modalités de réorganisation, afin de préparer au mieux ces concours malgré la situation actuelle.

Le diocèse de Besançon invite ceux qui le souhaitent à allumer une bougie à leur fenêtre, le 25 mars, jour de l'Annonciation, à 19h30. Un geste de communion et de recueil pour les malades et défunts du coronavirus, mais également de soutien envers le personnel médical.

Le diocèse a, par ailleurs, pris plusieurs mesures durant ce confinement. Une messe sera diffusé chaque jour en direct sur YouTube. Un formulaire a été mis en place pour mettre en relations religieux et personnes isolées. Et enfin, des propositions spirituelles seront mises en ligne pour vivre le temps du Carême.

Vous êtes montée au créneau ces derniers jours face à la situation alarmante dans les EHPAD. Pouvez-vous nous en parler en détails ?

Si on continue comme ça, ç’est l’hécatombe. Les soignants n’ont pas de protection personnelle.  Dans certains établissements c’est pire, on a des masques mais les soignants n’y ont pas le droit car ils ne présentent pas de symptômes. Pourtant on sait pertinemment que tout le monde peut être porteur asymptomatique du virus. Dans certains EHPAD, les visites ont été arrêtées seulement le 16 mars, alors que le plan bleu était en vigueur depuis 10 jours. C’est à mon sens un risque inconsidéré qui a été pris pour les résidents, leurs familles, et pour les soignants.

Malgré la crise sanitaire inédite de Covid-19, la situation alarmante dans les EHPAD n’est malheureusement pas nouvelle. Comment expliquez-vous que rien n’ait changé, alors que cela fait plusieurs années que les soignants tirent la sonnette d’alarme ?

Parce que les profits ont primé sur l’humain. On a cassé les hôpitaux et EHPAD publics pour gagner en rentabilité. L’erreur majeure du gouvernement a été de ne pas écouter les soignants. Aujourd’hui ce sont eux qui sont au front en risquant la contamination. Certaines personnes âgées, qui ne vont même pas être comptabilisées dans les décès dû au Coronavirus, ne devraient même pas se retrouver à l’hôpital.

Vous avez créé une adresse mail (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) où les soignants pourront témoigner. Pouvez-vous nous dire pourquoi avoir créé cette adresse et quel en est le but ?

J’ai créé cette adresse mail pour avoir une réelle vision de ce qui va se passer et pour donner la parole aux aides à domicile, aux auxiliaires de vie. Ce sont souvent des femmes mais ce sont surtout des combattantes sans armes. Passons d’abord cette crise, mais ensuite certains vont devoir rendre des comptes. Et les témoignages, qui pourront rester anonymes, nous permettront d’aller voir les gens qui nous gouvernent et leur demander des réponses, sur le nombre de morts, que ce soit parmi les personnes âgées ou parmi les soignants, mais aussi sur pourquoi et comment la situation a réussi à devenir encore plus calamiteuse qu’auparavant.

Le service de livraison de repas, disponible dans la région de Belfort, Besançon, et Dole, avait pour projet de s'étendre aux villes de taille plus modeste : Vesoul, Lons-le-Saunier, et Pontarlier, étaient évoqués.

L'entreprise, qui fait face à la fermeture de ses restaurants partenaires, a annoncé le report de ses projets de devleoppement à une date ultérieure.

Le Docteur Gilles Blasco, médecin coordonnateur des risques associés aux soins au CHU de Besançon, a accepté de prendre quelques minutes de son emploi du temps fort chargé pour répondre à nos questions.

Quelle est la situation à l’hôpital de Besançon pour l’accueil des personnes touchées par l’épidémie ? Doit-on s’inquiéter ?

Je crois que le sentiment d’inquiétude tout le monde là. La situation est inquiétante, mais nous mettons tous les moyens en jeu pour essayer de prendre au mieux en charge les patients qui nous arrivent. Au CHU, vis-à-vis de cette épidémie, on s’est organisé depuis quelques temps. On s’est mis en préalerte et en ordre de marche. L’organisation monte crescendo et au fur et à mesure de l’évolution de cette épidémie. Ainsi, plusieurs zones ont été créées à l’intérieur de l’hôpital, avec le souci d’accueillir les patients atteints par le virus et les autres malades. La vie continue et l’hôpital doit absolument continuer à assurer ses missions. Cela c fonctionne plutôt bien.

Face au nombre croissant de patients, le CHU sera-t-il contraint de faire « un tri » entre les malades ?

Non. Chaque dossier sera étudié. Les réanimateurs évalueront chaque situation, comme ils le font d’habitude. Nous aussi, au CHU, nous nous sommes réunis en commission d’éthique. Les principes ont été répétés. Tout le monde est dans le respect de la volonté du patient et de la nécessité de le prendre en charge. Néanmoins, la réanimation implique des soins extrêmement lourds et complexes. Comme toute technique, il y a des indications et des contre-indications, même dans le quotidien, hors covid. Concernant les lits en réanimation, on est toujours à la limite entre le principe de prendre en charge un malade et lui donner toutes ses chances et un autre principe déontologique, de ne pas s’acharner et de ne pas faire, comme le dit la loi Léonetti, "d’obstination déraisonnable". Ces décisions sont prises de façon collégiale. Mes collègues réanimateurs sont toujours dans le même objectif, c’est-à-dire d’étudier un dossier, prendre en charge le patient, faire au mieux pour lui et respecter sa volonté ou celle de la personne de confiance et  respecter cette idée de ne pas s’acharner non plus.

Faut-il s’attendre encore à de nombreux cas à Besançon ?

Heureusement, le covid fait entre 80 et 85% de guérison. Sur les autres 15% des cas, pour lesquels cela va s’aggraver, où une hospitalisation sera nécessaire, entre 2% et 3% malheureusement décèderont. Alors, pour répondre à votre question, tout dépendra du nombre de personnes contaminées. Actuellement, alors que nous sommes en phase 3, le virus circule librement. « Combien de gens ont un covid actuellement sur Besançon ? ». Je ne peux vous répondre. En prenant en compte cette incertitude, il est effectivement possible que la mortalité évolue encore. Par ailleurs, on sait que les effets du confinement ne vont s’observer qu’après 18 jours en moyenne.

Quand est prévu le pic épidémique ?

Normalement, sur les simulations pour la Bourgogne Franche-Comté, le pic serait prévu sur la première semaine d’avril.

Y-a-t-il vraiment un médicament qui peut sauver des vies ?

On aimerait tant. Mr Raoult est extrêmement compétent, brillant. Personne ne le nie. Son idée est peut-être excellente. Il faut quand même le démontrer. Soyons patients. Il y a des essais en cours. Nous aurons la réponse probablement plutôt qu’on ne le pense. Il y a des patients qui sont placés en essai thérapeutique sous ce traitement par chloroquine, plus ou moins associé à un antibiotique. Attendons les résultats Je vous assure que nous les aurons d’ici quinze jours, voire trois semaines. Peut-être même avant. Néanmoins, de là à généraliser la chloroquine a 80% des gens qui vont bien, il y a une autre marche. Ce médicament a une certaine toxicité, notamment cardiaque.

Est-ce que la réduction du nombre de lits dans les hôpitaux et des moyens humains ne compliquent pas la situation ?

Non. Nous vivons vraiment une situation sanitaire exceptionnelle. Les organisations qui sont actuellement mises en place sont déclinées dans des plans qui sont connus et réactualisés. Personne ne pouvait prévoir quelque chose de cette envergure. Il est difficile de mettre en avant cette question liée au personnel qui manque ou autre. C’est un peu facile. Franchement, tous les soignants sont formidables sur le CHU. Certains reviennent sur leurs congés. D’autres, à la retraite, viennent aussi. J’admire tous ces soignants qui s’occupent des malades au CHU. Peut-être que cela servira d’expérience. Peut-être que nos autorités diront qu’elles ont eu tort ou autre. On verra. Je ne voudrais pas rentrer dans cette polémique. Je préfère que l’on marche tous dans la même direction. Il faut soigner les malades. Il faut que l’on s’en occupe. Oublions nos polémiques. Fonçons. Faisons ce qu’il y a à faire. Bien sûr, il y a la problématique des masques par exemple, mais nous verrons cela après. Actuellement, il faut donner l’exemple de tous dans le même sens. Nous sommes là pour les gens. Il n’y a aucun doute là-dessus. Le temps des questions viendra après. Il va falloir tenir. Ca va être long. La charge en soin est énorme. C’est un effort de guerre.

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