Choix du secteur :
Se connecter :

CHU de Besançon : une activité en hausse et un déficit ramené à 8 millions d’euros

Publié le 26 Aoû. 2026 à 16:08
Tags: Santé | chu besancon franchecomte | professeur samuel lima | thierry gamondrius |
Lecture: min
CHU de Besançon : une activité en hausse et un déficit ramené à 8 millions d’euros Le Professeur Samuel Lima. Thierry Gamond-Rius ( directeur de l'établissement)

Le CHU Besançon Franche-Comté retrouve une dynamique soutenue après les difficultés provoquées par la crise sanitaire. Réunis ce mercredi matin, Thierry Gamond-Rius, directeur général de l’établissement, et le professeur Samuel Limat, président de la commission médicale d’établissement (CME), ont présenté la situation financière, les recrutements et les principaux projets du centre hospitalier universitaire.

L'interview de la rédaction : Professeur Samuel Lima, président de la commission médicale d’établissement (CME)

Un déficit progressivement réduit

Le redressement financier du CHU se poursuit. Son déficit, qui atteignait 25 millions d’euros en 2023, a été ramené à un peu plus de 10 millions en 2025. La direction prévoit un résultat négatif d’environ 8 millions d’euros en 2026. Cette amélioration s’explique notamment par la reprise de l’activité, en hausse de près de 6 % en 2025, et par un travail plus rigoureux sur son codage, déterminant dans le calcul des recettes hospitalières. Les dépenses ont également été mieux maîtrisées. Thierry Gamond-Rius défend toutefois un retour progressif à l’équilibre. Des économies trop rapides risqueraient, selon lui, de freiner l’activité et de compromettre la politique d’attractivité du CHU. Le rétablissement des comptes doit permettre à l’établissement de préserver sa capacité à financer ses futurs projets.

Quatre cents emplois créés en trois ans

Le CHU affirme avoir créé 400 emplois en trois ans et procédé à 600 titularisations. Environ 70 nouveaux postes ont encore vu le jour depuis le début de l’année 2026. Ils accompagnent principalement le développement d’activités supplémentaires. Un service de médecine polyvalente de douze lits a notamment ouvert en aval des urgences. Douze places supplémentaires doivent être proposées d’ici la fin de l’année. Des moyens ont également été engagés dans le domaine de la santé des femmes et pour remettre à niveau les équipes affaiblies par les difficultés de recrutement qui avaient suivi la crise sanitaire. Sur le plan médical, l’établissement ne fait appel à aucun médecin intérimaire. Pour Samuel Limat, cette stabilité témoigne de l’attractivité conservée par le CHU dans la plupart des disciplines.

L'interview de la rédaction : Thierry Gamond-Rius, directeur général de l'établissement 

Une activité tournée vers les territoires

La direction médicale affirme ne pas vouloir développer le CHU au détriment des autres établissements franc-comtois. Les coopérations concernent notamment la cancérologie, la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux, la chirurgie, les maternités et la cardiologie. Près de 200 praticiens exercent aujourd’hui à la fois au CHU de Besançon et dans d’autres établissements du territoire. Des collaborations sont notamment engagées avec les hôpitaux de Dole et de Pontarlier. L’objectif est de maintenir localement les soins de proximité, tout en concentrant au CHU les activités de recours, d’excellence, de recherche et d’enseignement. « La dynamique hospitalo-universitaire du CHU est également vitale pour les hôpitaux périphériques », souligne Samuel Limat. Il cite notamment l’Institut régional fédératif du cancer comme un exemple de coopération ayant permis de préserver des activités d’oncologie médicale dans plusieurs établissements.

L'interview de la rédaction : Professeur Samuel Lima, président de la commission médicale d’établissement (CME)

La chirurgie ambulatoire bientôt renforcée

Le CHU s’apprête à doubler ses capacités en chirurgie ambulatoire avec l’ouverture d’une quarantaine de places. Cette organisation permet aux patients d’être opérés et de regagner leur domicile le même jour. Des travaux sont menés dans le hall de l’hôpital afin d’améliorer les conditions d’accueil et la qualité de l’hébergement. Par ailleurs, Samuel Limat précise que « 96 % des 150 à 200 actions inscrites dans le projet médical qui s’achève ont été réalisées ou sont en voie de finalisation Â». Elles concernent notamment la médecine nucléaire, l’anatomopathologie et la chirurgie ambulatoire.

La fin programmée des activités à Saint-Jacques

Le futur bâtiment consacré à la psychiatrie doit ouvrir sur le site Jean-Minjoz avant l’été 2027. Il accueillera les activités encore installées à Saint-Jacques, parmi lesquelles la psychiatrie, le laboratoire du sommeil et plusieurs équipes de recherche. Ce transfert marquera la fin de la présence hospitalière sur le site historique de Saint-Jacques. Le CHU envisage d’organiser avec la Ville de Besançon une manifestation pour accompagner cette étape importante de son histoire. Un autre bâtiment, consacré aux soins critiques, destiné à regrouper la réanimation, le caisson hyperbare, le centre 15 et le service d’accès aux soins, est également en préparation. L’ouverture est envisagée entre 2030 et 2032. Le projet architectural a été retenu et les procédures préalables au lancement des travaux sont engagées.

L'interview de la rédaction : Thierry Gamond-Rius, directeur général de l'établissement 

Recherche, maladies chroniques et vieillissement

Le prochain projet d’établissement accordera une place importante à la recherche scientifique et universitaire sur le site Temis Santé. Le CHU souhaite renforcer ses collaborations avec l’Université Marie et Louis Pasteur, l’UFR Santé et l’Établissement français du sang. La cancérologie, les transplantations et les biomédicaments feront partie des domaines prioritaires.

L'interview de la rédaction : Professeur Samuel Lima, président de la commission médicale d’établissement (CME)

Encadrer l’intelligence artificielle sans la freiner

L’intelligence artificielle constitue enfin l’un des grands enjeux identifiés par la direction. Le CHU souhaite définir des règles afin de sécuriser son utilisation et de protéger les données personnelles des patients, sans empêcher le développement de nouveaux usages.

Ces outils pourraient notamment faciliter l’exploitation des données et renforcer la recherche médicale. Thierry Gamond-Rius et Samuel Limat rappellent toutefois que les décisions et la responsabilité de la prise en charge doivent rester entre les mains des médecins et des équipes soignantes. Le CHU devra également adapter la formation des futurs professionnels de santé à l’arrivée de ces nouvelles technologies.

L'interview de la rédaction : Thierry Gamond-Rius, directeur général de l'établissement