Justine Gruet
La députée du Jura Justine Gruet (LR) continue de s'opposer au texte sur l’aide à mourir, malgré son adoption en troisième lecture par l'Assemblée nationale. Elle estime que les garanties destinées à protéger les personnes les plus vulnérables ont été progressivement écartées au cours des débats. L'Assemblée nationale a adopté, en troisième lecture, la proposition de loi créant un droit à l'aide à mourir par 295 voix contre 232. Le texte, qui sera soumis à un vote définitif le 15 juillet, prévoit d'autoriser, sous conditions strictes, une aide à mourir pour des patients majeurs atteints d'une affection grave et incurable, dont le pronostic vital est engagé, souffrant de douleurs réfractaires et capables d'exprimer une volonté libre et éclairée.
Des garde-fous jugés insuffisants
La parlementaire jurassienne s'est attachée tout au long de l'examen parlementaire à renforcer les garanties entourant le dispositif. Elle a notamment défendu plusieurs amendements visant à mieux encadrer le recours à l'aide à mourir : développement effectif des soins palliatifs, protection renforcée des personnes vulnérables, critères plus exigeants pour évaluer le discernement des patients et allongement des délais de réflexion. Selon elle, ces garde-fous étaient indispensables pour éviter toute dérive. Or, l'ensemble des amendements qu'elle soutenait a finalement été rejeté lors de cette troisième lecture.
Une opposition constante
Justine Gruet a voté contre le texte et demeure l'une de ses principales opposantes. Elle considère que cette réforme rompt avec la philosophie des soins palliatifs et estime que l'accompagnement de la fin de vie doit prioritairement reposer sur le développement des soins et le soulagement de la douleur. Ses prises de parole ont parfois suscité la polémique, notamment lorsqu'elle avait comparé le projet de loi à un « programme d'extermination nazi ». Des propos qu'elle avait ensuite affirmé avoir été sortis de leur contexte.
Un débat qui reste très clivant
Le vote s'est déroulé sans consigne de vote des groupes politiques, laissant chaque député libre de se prononcer selon ses convictions. Les partisans de la réforme estiment qu'elle offre une réponse à des situations de souffrance insupportable et constitue une avancée pour la liberté de choix des patients. Les opposants, dont Justine Gruet, dénoncent au contraire un changement profond de la conception française de la fin de vie et regrettent que les notions d'« euthanasie » ou de « suicide assisté » ne figurent pas explicitement dans le texte.
Parallèlement, un second projet de loi consacré au développement des soins palliatifs doit accompagner cette réforme, tandis que le vote définitif de l'Assemblée nationale est attendu le 15 juillet.