Le ruisseau de la Tanche, qui traverse les communes de Morteau et des Fins avant de rejoindre le Doubs, est de nouveau touché par une pollution importante. Depuis plusieurs jours, les services de secours, les collectivités et les associations environnementales sont mobilisés pour tenter d'en limiter les conséquences. Présidente du Collectif citoyen pour la sauvegarde et la réhabilitation du marais de la Tanche, Nathalie Francesconi ne cache pas son inquiétude face à cet épisode qu'elle qualifie de particulièrement préoccupant. « Ce n'est malheureusement pas la première fois que ce ruisseau est victime de pollutions ou d'atteintes liées aux activités humaines », rappelle-t-elle.
L'interview de la rédaction : Nathalie Francesconi, présidente du Collectif citoyen pour la sauvegarde et la réhabilitation du marais de la Tanche
Un cours d'eau riche mais fragilisé
Pour les membres du collectif, la Tanche constitue bien davantage qu'un simple cours d'eau. Ce ruisseau abrite une biodiversité remarquable, avec notamment des espèces protégées comme le triton alpestre ainsi qu'une flore spécifique aux zones humides. Autrefois très vivant, l'écosystème du marais s'est progressivement dégradé au fil des décennies sous l'effet des aménagements urbains et des différentes pollutions. Selon Nathalie Francesconi, la pollution a été constatée en début de semaine. Si la nature exacte du produit n'est pas encore connue, les premiers éléments laissent penser à la présence d'hydrocarbures. L'origine de la pollution n'a pas encore été identifiée. Les analyses réalisées par l'Office français de la biodiversité doivent permettre de déterminer précisément le produit en cause et, éventuellement, son origine. "Plusieurs pistes restent donc possibles », explique la présidente du collectif.
Des conséquences durables sur l'environnement
Pour limiter la propagation de la pollution jusqu'au Doubs, les sapeurs-pompiers ont rapidement installé des barrages flottants. Mais ces dispositifs ne permettent pas d'éliminer totalement les risques. Une partie des hydrocarbures s'est déposée sur les végétaux et les berges. Avec la baisse du niveau de l'eau liée aux fortes chaleurs, ces résidus restent présents dans l'environnement. « Dès que le niveau remontera ou lors d'épisodes orageux, une partie de cette pollution pourrait être remise en circulation », alerte Nathalie Francesconi. Les impacts concernent directement la faune aquatique et l'ensemble de l'écosystème du marais. Le ruisseau, classé en première catégorie piscicole, abrite notamment des poissons et de nombreuses espèces sensibles à ce type de pollution.
Colère mais reconnaissance du travail engagé
Face à cette situation, le collectif exprime à la fois sa colère et son exaspération, tout en saluant la mobilisation des différents acteurs. « Tout le monde a été à pied d'œuvre : les pompiers, les services de l'État, la communauté de communes et de nombreux bénévoles », souligne Nathalie Francesconi. L'association a assuré une surveillance quotidienne du site afin de suivre l'évolution de la situation et de répondre aux inquiétudes des habitants.
L'espoir d'identifier le responsable
Au-delà de la gestion de l'urgence, le collectif attend désormais que les investigations permettent d'identifier l'origine de la pollution. Pour ses membres, l'enjeu est double : obtenir des réparations adaptées aux dommages causés et éviter qu'un nouvel incident ne se reproduise. « Nous espérons que la source sera identifiée afin que des mesures puissent être prises. Ce ruisseau est un patrimoine naturel auquel les habitants sont profondément attachés », conclut Nathalie Francesconi.
L'interview de la rédaction : Nathalie Francesconi, présidente du Collectif citoyen pour la sauvegarde et la réhabilitation du marais de la Tanche
Les sapeurs-pompiers du Doubs interviennent actuellement aux Fins, rue Victor-Hugo, après la découverte d’une pollution aux hydrocarbures dans un ruisseau. Les circonstances de l’incident restent pour l’heure inconnues. Plus d'information à venir.
Jeudi matin, vers 8h30, les sapeurs-pompiers du Doubs sont intervenus chemin du Lavoir à Cusance, dans une entreprise de pisciculture, pour une pollution affectant un bassin d’élevage de truites. Environ 4000 poissons ont été retrouvés morts sur les 48 000 que compte l’installation. Des prélèvements ont été réalisés et, par mesure préventive, Veolia a procédé à la fermeture d’un point de captage situé dans le cours d’eau alimentant le bassin.
Les sapeurs-pompiers du Jura sont intervenus ce dimanche matin, vers 11h15, pour une pollution aquatique au niveau du port de la Mercantine, à Maisod, au lac de Vouglans. Des équipes spécialisées sont intervenues pour gérer la présence d’une nappe de carburant, provenant du réservoir d’un bateau stationné sur le port. Les secours ont procédé à la récupération du produit et des relevés explosimétriques. Aucune mortalité piscicole n’a été constatée.
Que s’est-il passé à Salins-les-Bains. Des dizaines de poissons morts ont été constatées dans la rivière. La police de l’environnement s’est rendue sur place. Pour l’heure, plusieurs causes sont avancées. Seules les investigations en cours permettront de faire toute la lumière sur cette affaire. Des associations, telles que « Loue et rivière comtoise » ont d’ores et déjà annoncé qu’elles déposeraient plainte.
Sur notre territoire, les meutes de loups doivent désormais partager leur territoire avec un espace où les bovins sont omniprésents. Le loup se nourrit à 90% de proies qu’il chasse en forêt, particulièrement des ongulés, et participe au maintien de la biodiversité en prédatant en priorité les animaux faibles ou malades. Si ses proies de prédilection sont les cerfs et les sangliers, le loup se tourne parfois sur les bovins. A la fin de l’été 2022, de nombreuses prédations ont été constatées sur le massif jurassien, conduisant le préfet à mettre en place des arrêtés autorisant les tirs sur le loup. « Avant même d’essayer de protéger les troupeaux. Avant même de réfléchir à d’autre actions. Avant même de tenter des tirs d’effarouchement » déplorent les associations. « La femelle qui a été abattue l'année dernière était mère de trois louveteaux. Ça ne sert strictement à rien, sauf à déstabiliser les meutes et les éclater. Le résultat ? Les loups se dispersent, se retrouvent seuls. Et un loup seul ne va pas se comporter de la même manière qu’une meute. Les dégâts se feront là . Un loup seul, sans la force de sa meute, va se rabattre sur des proies plus faciles, comme le bétail » indique Alain Prêtre, de l’association Defend the Wolf.
En premier lieu, les associations pointent du doigt la responsabilité et l’incompétence de l’Etat. Notamment à travers sa campagne de recrutement de lieutenants de louveterie pour le département du Jura. « Cela prouve une fois de plus que la cohabitation n’intéresse ni les éleveurs, ni le préfet. La seule solution proposée est simplement l’éradication du loup » explique Alain Prêtre. Selon les associations, le loup est révélateur de ce qu’il se passe plus globalement dans la région, plus particulièrement concernant la filière comté, celle-ci générant une importante manne financière. Avec un problème majeur mis en lumière récemment : la pollution et l’effondrement des écosystèmes. « On détruit le paysage pour augmenter les surfaces de pâture, avec des troupeaux qui s’agrandissent d’années en années. Seulement, les nappes phréatiques sont polluées et les rivières aussi. On en a l’exemple flagrant avec la Loue. Notre région devient un endroit de plus en plus pollué, et le loup arrive au milieu. Forcément, il est révélateur de ce qui dérange. Je me suis retrouvé face à des éleveurs qui m’ont dit que le loup gênait il y a 200 ans, qu'on l’a donc exterminé et qu’on recommencera s’il le faut » indique Michèle Budna, présidente du Pôle Grands Prédateurs. « Je suis né au bord du Dessoubre. Il y a 40 ans c’était un aquarium. C’est devenu un désert piscicole. C’est la même chose pour le Doubs, la Loue, et toutes les rivières de Franche-Comté et de Suisse » ajoute Alain Prêtre.
« Il faut arrêter de créer ce fossé entre pro et anti-loup. On a l’impression que deux groupuscules s’opposent et que la population n’est pas concernée. Alors que tout le monde l’est. Nous défendons l’intérêt général, alors que ceux qui s’opposent au loup défendent un intérêt particulier. Les pollutions concernent l’eau potable. Comme c’était l’omerta depuis des décennies avec la puissance de la filière comté, personne n’en parlait. Le loup est révélateur de ce dysfonctionnement. Nous ne sommes pas un groupe de fanatiques défenseurs du loup. On a conscience de ce qu’il se passe, et nous voulons préserver l’intérêt général. Le loup en fait partie. Le loup permet d’en parler. Le gros problème qui arrive, loup ou pas loup, c’est l’eau. Comment fera-t-on dans quelques années ? L’eau se fait de plus en plus rare, et de plus en plus polluée » Patrice Raydelet, du Pôle Grands Prédateurs.
En France, la peur du loup est ancrée depuis des millénaires dans l’esprit des populations rurales. Contes, légendes, mythes, le loup a toujours été présenté comme un redoutable prédateur qui pouvait attaquer l’homme. Cet hiver, du côté de Mouthe dans le Haut-Doubs, des sorties touristiques nocturnes ont même été annulées par précaution. La préfecture a aussi publié un fascicule détaillant le comportement à adopter en cas de rencontre inopinée avec le canidé. Pour rappel, en France, la dernière situation d'attaque d'un loup sur l'homme date de 1918 et il s'agissait d'un loup enragé. Pourquoi cet animal suscite-t-il tant de peur, alors même que les scientifiques s'accordent à dire que le loup est un animal discret et qu'il ne s'en prend pas à l'humain ? « C’est scandaleux d'avoir entendu des choses pareilles. Le préfet jette de l’huile sur le feu et maintient cette peur. Les éleveurs ne cessaient de répéter que les skieurs allaient se faire croquer sur les pistes de ski de fond cet hiver. On attend toujours le décompte final » souligne Alain Prêtre.
« Des pays européens vivent avec trois fois plus de loups que nous pour un territoire égal. La France et la Suisse sont l’exemple des pays fondamentalement anti-loup. J’ai passé du temps en Bosnie, dans un pays avec des ours et des loups. J’ai rencontré des éleveurs en montagne, avec des chiens de protection, mais qui se faisaient quand même parfois prédater quelques bêtes. Je leur avais demandé s’ils souhaitaient l’éradication de ces prédateurs. Ça m’a marqué, ils m’ont répondu : Non, ce sont les âmes de nos forêts » Alain Prêtre.
« On avait proposé une démarche il y a plus de 10 ans. Quand il n'y avait encore pas d'attaque, en souhaitant accompagner cinq éleveurs avec des chiens de protection, et en leur apprenant à travailler avec. Petit à petit, les gens auraient pu avoir des retours d'expérience. Et puis, le jour où les prédateurs sont arrivés, ils auraient été prêts. Mais rien n'a été fait. Quand on a mis en place tous les chiens pour le lynx, ça a très bien marché.
Mais un loup ne vient pas chasser seul, il faut plus de chiens. Si les éleveurs avaient déjà cette expérience, ils auraient pu reprendre d'autres chiens. Mais là , on part de zéro à chaque fois. Autant de chiens ça ne se gère pas comme ça. Ils ont aussi une vie de meute, il faut gérer les personnalités de chacun. Si ça avait été fait y a une vingtaine d'années, comme on l'avait demandé, les gens auraient de l'expérience. Ceux avec qui on a collaboré, ça se passe très bien, on ne les entend pas, et ils ne subissent pas la pression des éleveurs. Aujourd’hui, ceux qui veulent prendre des chiens subissent une grosse pression.
En 2011, il y a eu un épisode loup qui a fait beaucoup de bruit dans le Doubs. On a été appelé tous les jours par la DDT, par certains éleveurs qui voulaient des chiens. Celui qui avait été le plus touché m'a appelé le lendemain. Et finalement, il a refusé parce que les syndicats lui avaient mis le grappin dessus. En lui interdisant de se protéger. Des gens chez qui on avait mis des chiens, une personne d'un certain âge en train de retransmettre sa ferme à son fils, a subi des menaces de mort et des lettres anonymes. Parce qu'il avait pris un chien de protection. Cette pression existe, on la connaît aussi dans le Jura. Les éleveurs qui s'opposent aux syndicats et qui ne suivent pas le mouvement sont mis de côté. Dans les Pyrénées, c'était la même chose. Un éleveur me racontait qu’on l’avait menacé d’incendier son exploitation et de massacrer ses bêtes. C'est une réalité que peu de gens connaissent. Il faut une personnalité à l'éleveur pour une situation comme celle-là , ce n’est pas évident. Rares sont ceux qui ont le courage de s'opposer au mouvement du monde agricole »
« Depuis 2010, la situation des rivières comtoises est catastrophique. Ça a démarré avec la Loue, ensuite avec le Dessoubre, puis des épisodes de très forte mortalité de poisson sur le Doubs franco-suisse. La situation est très préoccupante depuis maintenant 12 à 13 ans » indique Gérard Mamet, membre du collectif, et vice-président de la commission locale de l’eau Haut-Doubs/Haute-Loue au titre des usagers de l’eau. Depuis plusieurs jours, des observateurs ont constaté la présence de nombreux poissons, particulièrement des salmonidés, malades ou morts. Depuis plus de 13 ans, le collectif SOS Loue Rivières Comtoises lutte pour préserver la santé des cours d’eau de notre territoire, surtout après le drame qui s’est abattu sur la Loue en 2009, conduisant à une impressionnante mortalité de poissons due à la saprolégniose. « Ce champignon, présent dans l’eau depuis toujours, ne se développe sur les animaux que s’ils sont affaiblis, si leurs défenses immunitaires sont considérablement affaiblies par un milieu naturel qui est très dégradé. Le saprolégnia ne s'attaque pas à des poissons en bonne santé dans un milieu naturel de bonne qualité » explique Gérard Mamet.
Le milieu naturel est dégradé de différentes manières. Premièrement, il y a le problème de l’assainissement qui n’est pas satisfaisant aujourd’hui, selon le collectif. De nombreuses stations d’épuration ne répondraient pas correctement aux normes qui leur sont imposées. Par ailleurs, les pollutions d'origine industrielle, les pollutions liées au traitement du bois, et les pollutions d'origine agricole, notamment des résidus de médicaments utilisés pour traiter les animaux, dégradent très fortement les cours d’eau, tout comme l’excès de lisier qui se retrouve rapidement dans les réseaux souterrains et dans les rivières. « L’intensification de l'agriculture amène une situation où la production agricole n’est plus en équilibre avec les milieux naturels. Si on veut revenir à une situation plus normale pour les poissons, il faut diminuer en partie la production agricole, il faut désintensifier pour retrouver une agriculture en équilibre avec son milieu » souligne Gérard Mamet.
« Comment est-ce qu'on peut tolérer ça, aujourd'hui, dans un pays riche ? De ne pas s'occuper de la qualité de l'eau ? C'est tout à fait à notre portée, on a les moyens, on connaît les actions, maintenant il faut y aller » Manon Silvant du collectif SOS Loue Rivières Comtoises.
Un certain nombre de mesures ont déjà été prises, mais ces dernières ne sont pas à la hauteur, selon le collectif. « Cet hiver, les mortalités n’ont jamais été aussi importantes, aussi bien sur le Doubs franco-suisse qu’aujourd’hui sur la Loue. On a eu deux vagues de mortalités importantes en décembre sur le Doubs franco-suisse du côté de Goumois, et puis plus récemment sur la haute vallée de la Loue, au-dessus d’Ornans » indique Manon Silvant du collectif SOS Loue et Rivières Comtoises. Ce collectif qui a d’ailleurs soumis une liste de propositions, issues d'un travail de longue haleine durant plusieurs années, avec des scientifiques, des acteurs de terrain, des pêcheurs, et toutes les équipes techniques. Une liste qui n’a pas été prise en considération. « Nous avions un document de 73 propositions qu’on a on a réduit en 3 domaines pour ce début d'année 2023. L'assainissement, la sylviculture et l'agriculture. Dans ces 3 domaines, on a regardé tous les points où on pouvait réduire ce qui cause une pollution des rivières. Comme les engrais du côté de l'agriculture, mais aussi le lisier. Et concernant l'assainissement, tous les rejets des eaux usées. Il y a vraiment des marges de progrès absolument énormes à faire. C'est fou qu'on ne s'y attelle pas avec plus de ferveur et de passion au niveau de tous les politiques, de toutes les administrations de Franche-Comté » souligne Manon Silvant. Après avoir rédigé ces 73 propositions pour sauver les rivières comtoises, le collectif vient d’envoyer un nouveau recueil de suggestions d’urgence à 60 destinataires.
Gérard Mamet, membre du collectif, et vice-président de la commission locale de l’eau Haut-Doubs/Haute-Loue au titre des usagers de l’eau :
En début d’après-midi, les sapeurs-pompiers sont intervenus au port de Deluz à la suite d’un déversement d’hydrocarbure lors d’une maintenance sur un bateau suisse. Ce qui a nécessité la pose d’un barrage par une équipe spécialisée en risque chimique des sapeurs-pompiers. La pollution s’est répandue sur une surface d’environ 60 m2.
La préfecture du Territoire-de-Belfort rappelle que depuis le 15 juillet la baignade et les activités nautiques sont interdites dans le lac de Malsaucy, en raison d’un taux excessif de toxines produites par des cyanobactéries. Le site demeure néanmoins ouvert pour les usages non aquatiques.
Ce lundi après-midi, vers 13h, les sapeurs-pompiers sont intervenus à Morteau, pour une pollution aquatique, par métaux lourd, sur la rivière la Tanche. La pollution, qui s’étendait sur une centaine de mètres, a été stoppée grâce à la pose de deux barrages et de produits absorbants. Selon les secouristes, leur intervention rapide a évité que la pollution ne se déverse dans le Doubs.