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Le Conseil national du PS a validé vendredi les candidatures de deux candidats à l'investiture du parti pour l'élection présidentielle de 2022, celle de la maire de Paris Anne Hidalgo et celle du maire du Mans Stéphane Le Foll. Anne Hidalgo a obtenu 208 parrainages de membres titulaires du Conseil national, Stéphane Le Foll 34. Le vote des adhérents prévu jeudi devrait être une formalité pour la maire de Paris, avant la convention d'investiture le 23 octobre à Lille. Myriam El-Yassa, ancienne conseillère municipale de Besançon et première secrétaire fédérale du PS fait le point sur l’état du Parti Socialiste, tout en apportant son soutien immuable à Anne Hidalgo.

 

Bonjour Madame El-Yassa. Tout d’abord, quelle est la situation au sein du Parti Socialiste aujourd’hui ?

 

Le PS renaît peu à peu de ses cendres. S’il y a eu un cycle infernal en 2017, on peut constater depuis quelques victoires électorales. Je pense notamment à l’échelle nationale aux élections municipales, ou dans le cadre plus local quelques victoires comme à Besançon avec une union de la gauche. Et puis des conquêtes, ou des maintiens au niveau régional. Le PS est toujours armé de dizaines de milliers de militants, il est toujours structuré avec un maillage territorial fort. Il y a eu, si on revient sur 2014, des conquêtes comme la mairie Nancy, de Marseille, de Montpellier, et toujours Paris. Donc même s’il faut faire preuve d’humilité, et toujours combattre, nous sommes redevenus une force centrale de la gauche.

 

Comment vont s’organiser les primaires socialistes ?

 

Alors c’est une primaire interne qui aura lieu jeudi soir, de 17h à 22h. Tous les militants du PS sont invités à choisir entre 2 candidats, Stéphane Le Foll et Anne Hidalgo, afin de désigner le candidat qui sera sur les starting-blocks dès le 15 octobre pour défendre les couleurs du poing et de la rose sur le territoire français.

 

Si Anne Hidalgo apparaît en pôle position pour remporter ces primaires, vous comprenez qu’elle ne fasse pas l’unanimité, au sein même du PS ?

 

Oui, je l’entends, et c’est la force de notre parti. Nous sommes un parti démocratique. Quand il y avait encore le cycle d’Epinay, il y avait plusieurs courants de pensées, et c’est plutôt un avantage qu’on puisse avoir des opinions différentes qui s’expriment. Concrètement, l’équipe d’Anne Hidalgo s’étoffe, je fais partie des signataires du conseil national pour parrainer sa candidature. Vous avez Johanna Rolland maire de Nantes qui est sa directrice de campagne, le maire de Nancy, Mathieu Klein, qui est en charge du projet avec Boris Vallaud. Vous avez aussi plusieurs maires de communes rurales, qui sont des chevilles ouvrières. Mais il y a surtout quelque chose que je voudrais souligner à propos de la personnalité d’Anne Hidalgo, c’est son parcours. C’est son attachement à la République. Et aujourd’hui, cette République est en danger. Avec la dynamique autour d’Éric Zemmour, avec les discours racistes et populistes de plus en plus décomplexés. Une des forces de la candidature d’Anne Hidalgo, c’est son parcours professionnel. Elle incarne cet idéal républicain, cet idéal qui a été promu par la philosophie des lumières, par la 3ème République. C’est un pur produit de l’école laïque. Et surtout, elle a une attache particulière et un intérêt pour la valeur travail. Et puis, quand on la critique sur le fait qu’elle ne connaît pas la ruralité, il faut savoir qu’Anne Hidalgo a déjà habité dans des zones rurales. Et ce n’est pas parce qu’on est maire de Paris qu’on est forcément déconnecté de la réalité des territoires. Paris c’est 3 millions d’habitants, ce n’est pas la France entière, et toute l’équipe d’Anne Hidalgo en est bien consciente.

 

Justement, cette image de « parisienne » ne risque-t-elle pas de la desservir ?

 

Evidemment, c’est une réalité. Il y a toujours dans l’imaginaire collectif une opposition entre les territoires. Et ces clivages, j’ai l’impression qu’ils ont été un peu exacerbés avec la politique menée par Emmanuel Macron, qui dans des éléments de langage, opposait les uns aux autres. Le PS soutiendra le ou la candidate investie. Il y a de fortes chances qu’Anne Hidalgo remporte le scrutin, et donc il y aura un maillage territorial très fort. Nous sommes pour un travail d’équipe, de collectif, Anne Hidalgo n’est pas candidate toute seule. Il y a derrière elle une équipe de parlementaires, que ce soit à l’Assemblée nationale et au Sénat, une équipe d’élus territoriaux, et une armée de militants et militantes, que seront dès le week-end prochain à Besançon, pour prouver que le projet social démocrate est le plus juste, autant sur la question sociale que sur la question écologique. Et puis il faut se rendre compte qu’Anne Hidalgo est une personne reconnue internationalement. Elle fait partie des leaders de ce monde. A chaque fois qu’un chef d’Etat vient faire une rencontre protocolaire à l’Elysée, il passe par la mairie de Paris. Elle a aussi le réseau social démocrate européen, elle est allée récemment en Allemagne. D’ici quelques jours, elle va partir voir Pedro Sanchez. Ce n’est pas une candidature isolée, on a pris la meilleure des candidates possibles pour défendre l’intérêt général.

 

Comment entendez-vous remporter la présidentielle ? Est-ce qu’une victoire est possible ?

 

Je pars toujours du postulat qu’on ne s’engage pas dans une compétition sans espérer la victoire. Je constate aussi qu’à plus de 6 mois d’une élection présidentielle, les sondages se sont systématiquement trompés. Je constate également que pour les derniers scrutins, que ce soit aux municipales, ou aux régionales, tous les sondages nous créditaient d’un score moins important. Donc il faut faire face à ces prophéties hyper négatives, rien n’est joué, la campagne n’est même pas encore commencée. A partir de là, Anne Hidalgo y va pour rester jusqu’au bout, elle va se battre jusqu’au bout. Sur ce scrutin, il y a en plus la question de la République en toile de fond. Il y a des candidats qui flirtent avec le fascisme, et tout comme Olivier Faure, tout comme Anne Hidalgo, et tout comme les responsables socialistes, je le dis et je le répète, Éric Zemmour est un fasciste. On va combattre ça, les anti-républicains, les racistes. Mais aussi l’ultra-libéralisme. Nous, on croit en la valeur travail, on croit au fait que chacun peut choisir sa vie, vivre dignement. On ne veut pas opposer les différentes classes sociales, ni opposer les territoires, on travaille sur un projet, un programme présidentiel, renforcé sous la coordination de Mathieu Klein. Et on s’inscrit en fond contre l’idéologie raciste, xénophobe, fascisante, mais aussi les idéologies libérales qui accentuent les inégalités sociales. Quand on voit l’injustice fiscale, notamment avec ce qui se passe avec les Pandora Papers et comment les classes moyennes et les classes inférieures sont taxées, on trouve ça anormal. Tout comme on trouve anormal que les factures énergétiques augmentent. Que demain des classes moyennes seront obligées de s’endetter, non pas pour investir, mais pour vivre leur quotidien. Ce n’est pas normal. Nous on est dans cette idée de gouvernement de gauche, responsable, qui aligne la question sociale et écologique, et qui met toujours en avant un principe inaliénable : la vie d’un être humain n’a pas de prix. Notre priorité, c’est l’humain.