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A Besançon, Florence et Ahmed se sont mariés en janvier 2020. Ils vivent ensemble depuis bientôt 5 ans, et un CDI attend Ahmed depuis 2 ans dans une entreprise du BTP à Pontarlier. Mais en juin dernier, cet homme entré irrégulièrement en France, a reçu une OQTF, une obligation de quitter le territoire français. Depuis, le couple cherche en vain à obtenir un rendez-vous avec la préfecture ou la mairie de Besançon. Pour l’heure, aucune réponse ne leur est donnée. Le 20 septembre, ils ont entamé ensemble une grève de la faim.

 

« Je ne demande pas grand-chose. Tout ce que je veux, c’est travailler » déplore Ahmed

 

Ahmed et Florence sont ensemble depuis 5 ans, et mariés en France depuis 2 ans. Depuis son arrivée en France, la situation de Ahmed est irrégulière, et il doit quitter le territoire. Et malgré de nombreux recours qu’il mène, accompagné de sa femme, il est toujours menacé d'expulsion. En janvier dernier, la demande de régularisation d'Ahmed a été refusée à la préfecture. Ensuite, un appel au tribunal administratif s’est soldé de la même manière. « On a interpellé certains élus, qui nous ont soutenus et que je remercie. Mais ça n’a pas fait bouger suffisamment les choses, pour interpeller les vraies personnes décisionnaires dans cette affaire » regrette Florence, métrologue dans une société automobile à Boussières. Ahmed a même obtenu une promesse d'embauche dans l’entreprise de BTP De Giorgio Constructions, à Pontarlier, mais il ne peut pas signer son contrat sans l'obtention de ce titre de séjour. 

 

Une grève de la faim en ultime recours

 

"Je ne demande pas grand-chose, tout ce que je veux c'est travailler pour pouvoir payer le loyer avec ma femme. C'est elle qui paye tout, je ne peux rien faire. Ce n'est pas une vie", déplore Ahmed. Avec son épouse, Florence, ils ont décidé d’effectuer une grève de la faim depuis le 20 septembre. Dans un ultime espoir de voir les choses évoluer. « On voudrait juste s’entretenir avec le préfet, pour pouvoir exposer nos points de vue, nos projets. Avoir ce rendez-vous, pour parler de la situation d’Ahmed, afin qu’il puisse travailler, c’est tout ce qu’on demande. Qu’il puisse travailler, et vivre comme tout le monde » souligne Florence. « Sa vie est ici, en France, avec moi. C'est difficile à vivre pour lui comme pour moi. Il craint le contrôle de police à tout moment. Moi aussi, j'ai peur qu'un jour les forces de l'ordre débarquent chez moi et qu'ils viennent le chercher » poursuit son épouse. « C’est très dur, très compliqué, mais on n’a pas le choix » reprend son époux. « Si ma femme fait une grève de la faim, alors je fais aussi la grève de la faim. On vit ensemble et on meurt ensemble » confie Ahmed. 

 

Florence et Ahmed : 

 

 

Dimanche matin vers 5h30, un individu a percuté avec son véhicule, deux voitures avenue Jean Jaurès, à Pontarlier. Après avoir été intercepté par une patrouille de police, l’individu était tellement saoul qu’il lui était impossible de souffler dans l’éthylotest.

Après une enquête, les forces de l’ordre ont pu déterminer que le trentenaire était en soirée, et avait consommé avec son groupe de 5 amis, quatre bouteilles de Pontarlier. Il présentait un permis volé en 2019 en Bretagne et se trouvait en situation irrégulière. Assujetti à une obligation de quitter le territoire français, et placé en assignation à résidence, il sera convoqué devant le tribunal de Besançon en décembre prochain.