La mobilisation lycéenne se poursuit ce vendredi 2 octobre dans le secteur de Besançon, malgré un essoufflement constaté. Nathalie Faivre, du syndicat SNES-FSU, défend la légitimité des revendications des jeunes et envisage une possible convergence avec les personnels de l’Éducation nationale, appelés à faire grève le 6 octobre.
L'interview de la rédaction : Nathalie Faivre
Des revendications sur les conditions d’études
Pour Nathalie Faivre, réduire la mobilisation à une volonté de manquer les cours reviendrait à ignorer les préoccupations exprimées par les lycéens. « Il y a de réelles motivations », insiste-t-elle, en évoquant les classes surchargées, les locaux scolaires inadaptés ou encore les difficultés liées à la restauration scolaire. Parcoursup figure également parmi les sujets de contestation. La représentante du SNES-FSU rapporte une demande de modification de son algorithme, dont elle critique l’opacité et la logique de sélection. Autant de préoccupations qui rejoignent, selon elle, les revendications portées depuis plusieurs années par les enseignants. Elle récuse ainsi l’idée d’élèves manipulés : « Ce serait leur enlever leur libre arbitre et leur capacité de réflexion".
L'interview de la rédaction : Nathalie Faivre
Une jeunesse préoccupée par son avenir
Nathalie Faivre voit dans ce mouvement l’expression d’une conscience des difficultés actuelles. Selon elle, les lycéens mesurent les incertitudes économiques, sociales, politiques et écologiques auxquelles ils sont confrontés. Elle estime que la jeunesse est particulièrement exposée aux décisions d’économies budgétaires et comprend les inquiétudes exprimées pour l’avenir. Leur mobilisation traduit aussi, à ses yeux, un refus de la dégradation des conditions d’enseignement. La syndicaliste considère par ailleurs que l’entrée des jeunes dans la contestation peut susciter davantage d’attention que les seules mobilisations enseignantes. « Quand les jeunes descendent dans la rue, ça fait un petit peu peur à tout le monde », observe-t-elle. Mais cette écoute éventuelle doit, selon elle, déboucher sur des réponses : « Les jeunes attendent des mesures concrètes".
L'interview de la rédaction : Nathalie Faivre
Un mouvement qui a surpris les syndicats
Si elle soutient les revendications exprimées, Nathalie Faivre reconnaît que l’émergence du mouvement a pris les organisations syndicales de court. « Pour être honnête, non, on n’a pas du tout vu ça venir », confie-t-elle. Elle décrit une mobilisation apparue de manière inattendue et spontanée. Les tensions observées dans certains territoires ne permettaient pas, explique-t-elle, de prévoir leur extension à d’autres secteurs. Cette incertitude demeure quant à la suite du mouvement. Malgré la détermination d’une partie des lycéens, la représentante syndicale se garde de prédire sa durée ou son ampleur : « Bien malin serait celui qui peut prévoir l’avenir du mouvement".
L'interview de la rédaction : Nathalie Faivre
Le 6 octobre, une possible convergence
À Besançon et dans ses environs, la mobilisation faiblit mais se poursuit, constate Nathalie Faivre ce vendredi. Elle envisage une reprise la semaine prochaine, à l’occasion de la journée de grève du 6 octobre. Selon la représentante du SNES-FSU, plusieurs organisations syndicales de l’Éducation nationale appellent les personnels à cesser le travail pour réclamer davantage de moyens pour l’école. Les lycéens pourraient se joindre à cette mobilisation. Une rencontre entre les revendications des jeunes et celles des personnels que le syndicat souhaite favoriser. « C’est ce que nous espérons faire le 6 octobre », conclut Nathalie Faivre.
L'interview de la rédaction : Nathalie Faivre
Ce lundi soir, de nombreuses communes de France ont rendu hommage à Dominique Bernard, le professeur de lettres, frappé de plusieurs coups de couteau à la gorge par un individu d’une vingtaine d’années fiché « S ». A Besançon, de nombreux élus, de tous bords, étaient présents sur l’esplanade des droits de l’Homme. Tous sont venus dire leur attachement aux valeurs de la République, où l’école a toute sa place, et rendre hommage à cet enseignant qui a perdu la vie pour avoir protégé ses élèves et ses collègues.
Anne Vignot, la maire de Besançon, a demandé « de faire corps » avec les enseignants. Aux côtés de la rectrice, des Sénateurs Jacques Grosperrin et Jean-François Longeot, du député Laurent Croizier et de nombreux élus locaux, La Maire bisontine a apporté son soutien aux enseignants. La Marseillaise a été entonnée et des roses et des bougies ont été déposées au pied de la statue de Victor Hugo. A l’image du député Laurent Croizier, de très nombreuses personnes savent que ces actions symboliques sont importantes, mais qu’elles sont insuffisantes. « La loi peut être changée » explique le parlementaire, qui précise qu’il faut s’attaquer « au terreau qui produit le terrorisme islamiste ». Et de poursuivre : « il faut agir très fortement. Les valeurs de la République ne sont pas négociables ».
Le reportage de la rédaction : Laurent Croizier (député du Doubs). Anne Vignot (Maire de Besançon)
Tristesse et colère
Au cours de cet hommage, la parole a été laissée aux syndicats enseignants. Nathalie Faivre du syndicat SNES-FSU ne cache pas que ce drame a marqué les esprits. La tristesse et la peur se côtoient également à la colère. Mme Faivre explique que « beaucoup de personnalités politique sont présentes pour exprimer leur soutien à l’école », mais elle regrette que « le reste du temps », ces derniers soient plus discrets. La responsable syndicale demande davantage de soutien de la part de sa hiérarchie et des moyens supplémentaires pour permettre aux enseignants de pouvoir effectuer leur travail et leur mission dans de biens meilleures conditions.
L'interview de la rédaction : Nathalie Faivre
Difficile de dresser déjà un bilan précis sur la rentrée scolaire dans la région. Néanmoins, les syndicats s’attendent à une année difficile. Une véritable dichotomie entre les propos rassurants émanant du rectorat et du ministère de l’éducation nationale et le ressenti du terrain. Rencontre avec Nathalie Faire, secrétaire du syndicat SNES/ FSU dans le département du Doubs
Un enseignant devant chaque élève
Les syndicats annoncent d’emblée que la promesse d’Emmanuel Macron d’assurer la présence d’un enseignant devant chaque élève ne pourra pas être tenue. Les raisons sont multiples, mais les conditions de travail et les salaires sont au cœur de cette problématique. Pour cette rentrée scolaire, faute de postulants, le rectorat de Besançon a dû recruter 230 enseignants contractuels, âgés de 20 à 68 ans, pour assurer les cours. Et ce, dans tous les niveaux, qu’il s’agisse du collège ou des lycées généraux, technologiques et professionnels.
L’abaya et l’uniforme
Pour les syndicats, l’abaya et l’uniforme sont « les arbres qui cachent la forêt ». « C’est pour éviter de parler des choses qui fâchent tout le monde. A savoir, la pénurie de profs » explique Mme Faivre. Et de poursuivre : « au niveau du point d’indice, le recrutement d’un prof se fait à 1,08 smic. Clairement, c’est insuffisant quand on a BAC+5 pour attirer les jeunes vers les métiers de l’enseignement. Surtout quand on considère les conditions de travail qui se sont dégradées depuis des années. C’est très préoccupant que de constater que dans tous les lycées les classes sont à 35. Dans de plus en plus de collège, les classes sont à 28. Ce ne sont pas des bonnes conditions pour nos élèves ».
Des enseignants encore motivés ?
Lenseignants perdent, pour un certain nombre d’entre eux, la foi. Même les professeurs les plus passionnés ne cachent pas leur exaspération. « On constate un certain désabusement des collègues. Cela fait maintenant une bonne vingtaine d’années que chaque réforme visa à faire des économies » ajoute Nathalie Faivre.
L’organisation des épreuves de spécialité du baccalauréat
Les syndicats apprécient que le ministre ait entendu leur demande concernant l’organisation des épreuves de spécialité du baccalauréat et leur report en juin. « Nous nous félicitons qu’il soit revenu sur la fatale idée de placer les épreuves de baccalauréat en mars. Il a enfin retrouvé la raison sur ce point. Nous espérons que le ministère va faire preuve du même pragmatisme pour les mêmes autres problèmes de notre institution » complète la responsable syndicale.
Quid du pacte enseignant ?
Les enseignants déplorent les déclarations non-tenues du candidat à la présidentielle Emmanuel Macron. « Il avait promis une augmentation de salaires de 10% pour tout le monde. Actuellement, nous sommes à peine à 5%, en moyenne, pour tout le monde » commente Nathalie Faivre. « Le travailler plus pour gagner plus » ne passe pas. D’autant plus que, selon une étude en la matière, le temps de travail des enseignants est, en moyenne, d’une quarantaine d’heures hebdomadaires.
L'interview de la rédaction : Nathalie Faivre