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Comme chaque été, le musée Courbet d'Ornans propose une grande exposition temporaire. Cette année, l'établissement met à l'honneur « Réalisme animal », une exposition visible jusqu'à la mi-novembre, qui réunit près de 80 œuvres – peintures, sculptures, dessins et photographies – prêtées par de prestigieuses institutions françaises et internationales. Pour Benjamin Foudral, directeur-conservateur du musée Courbet, cette exposition s'inscrit dans la tradition des grands rendez-vous estivaux de l'établissement. « Chaque été, nous présentons une exposition événement, tant par sa thématique que par l'importance des prêts obtenus auprès des plus grands musées nationaux et internationaux », explique-t-il.

Des chefs-d'œuvre exceptionnellement réunis

L'un des temps forts de cette exposition est la présentation du Labourage nivernais de Rosa Bonheur, prêt exceptionnel du musée d'Orsay. Habituellement visible à Paris, cette œuvre majeure est exceptionnellement exposée à Ornans pendant plusieurs mois. Au total, près de 80 prêts permettent au public de découvrir des œuvres rarement présentées ensemble, ainsi que des artistes aujourd'hui parfois méconnus, aux côtés de Gustave Courbet.

Quand l'animal devient un sujet artistique

L'exposition montre comment, au XIXe siècle, les artistes vont profondément renouveler leur manière de représenter le monde animal. Jusqu'alors souvent relégué au second plan, l'animal devient progressivement un sujet à part entière. Le parcours fait dialoguer les œuvres de Gustave Courbet avec celles de grands peintres animaliers de son époque. Il révèle comment ces artistes participent à un changement de regard sur le vivant et témoignent des évolutions de la société. Pour Benjamin Foudral, cette transformation artistique accompagne une prise de conscience plus large : l'animal est désormais considéré comme un être sensible, capable d'émotions, d'intelligence et de souffrance.

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L'art, témoin des évolutions de la société

Cette évolution se déroule dans un contexte marqué par une nouvelle sensibilité à la condition animale, illustrée notamment par la création de la Société protectrice des animaux (SPA) en 1845. À travers leurs œuvres, les artistes rendent compte de cette mutation des mentalités. Ils montrent un rapport nouveau entre l'homme et l'animal et, plus largement, une réflexion sur la place du vivant dans la société. Selon Benjamin Foudral, l'exposition ne se limite pas à raconter le XIXe siècle. Elle entre aussi en résonance avec les préoccupations contemporaines. Les questions soulevées par ces œuvres – notre relation à l'animal, au vivant et à la nature – restent d'une grande actualité.

Une exposition qui parle aussi de notre époque

En réunissant des chefs-d'œuvre, des artistes célèbres et d'autres aujourd'hui moins connus, « Réalisme animal » invite les visiteurs à porter un regard nouveau sur une évolution majeure de l'histoire de l'art. Au-delà de l'intérêt patrimonial, l'exposition montre que les œuvres du XIXe siècle interrogent encore notre rapport au monde vivant et trouvent un écho dans les débats actuels sur la place de l'animal dans nos sociétés.*

 

L’exposition «  Réalisme animal » est à découvrir tout au long de cet été, et jusqu’au 8 novembre prochain, au Musée Gustave Courbet d’Ornans.

À Ornans, le musée départemental Gustave Courbet propose l'une des grandes expositions culturelles de l'année. Jusqu'au 8 novembre 2026, « Réalisme animal » retrace l'essor spectaculaire de l'art animalier au XIXe siècle à travers plus de 120 œuvres exceptionnelles. Un parcours qui éclaire autant l'histoire de l'art que l'évolution du regard porté sur les animaux. Fruit de prêts prestigieux accordés par de nombreuses institutions, avec le soutien exceptionnel du musée d'Orsay, l'exposition réunit quelques-unes des figures majeures du mouvement : Gustave Courbet, Rosa Bonheur, Emmanuel Frémiet ou encore François Pompon. Tous témoignent, chacun à leur manière, de l'émancipation progressive du sujet animal dans la peinture et la sculpture, longtemps considéré comme secondaire face aux grandes scènes historiques ou religieuses.

De simple décor à sujet d'art

Le parcours montre comment le réalisme animalier trouve ses racines dans la redécouverte des maîtres hollandais du XVIIe siècle. L'arrivée à Paris, en 1795, du célèbre Jeune Taureau de Paul Potter bouleverse durablement les artistes français. L'observation fidèle de la nature devient alors une véritable source d'inspiration, ouvrant la voie au réalisme défendu quelques décennies plus tard par Gustave Courbet. À partir des années 1840, l'animal cesse progressivement d'être un simple élément de paysage pour devenir un sujet à part entière, reflet d'une société en pleine mutation.

L'art au service de la modernisation agricole

L'exposition rappelle également le rôle joué par l'art dans les grandes transformations agricoles du XIXe siècle. L'État encourage alors l'amélioration des races d'élevage et fait appel aux artistes pour valoriser cette modernisation. Figure incontournable de cette période, Rosa Bonheur participe à cette promotion avec des œuvres devenues emblématiques. Point d'orgue de l'exposition, Le Labourage nivernais, exceptionnellement prêté par le musée d'Orsay, illustre cette volonté de célébrer le travail agricole et l'excellence de l'élevage français.

Les premiers combats pour la cause animale

Mais le réalisme animal ne se limite pas à une célébration du monde rural. Au milieu du XIXe siècle, la création de la Société protectrice des animaux (SPA) en 1845 puis la loi Grammont de 1850 marquent les débuts de la protection animale en France. Les artistes s'emparent alors de ces nouveaux débats de société. Alfred Stevens peint la détresse des chiens abandonnés, tandis qu'Emmanuel Frémiet représente la souffrance des chevaux. Le regard change : il ne s'agit plus seulement d'admirer la puissance ou la beauté de l'animal, mais aussi de susciter l'empathie et de dénoncer les mauvais traitements.

Une exposition qui fait écho aux enjeux contemporains

Si l'exposition plonge le visiteur dans le XIXe siècle, elle entre en résonance avec les préoccupations actuelles. Sensibilité animale, industrialisation de l'élevage, protection des espèces ou rapport de l'homme au vivant trouvent aujourd'hui un nouvel écho face aux défis écologiques contemporains. En filigrane, « Réalisme animal » rappelle que les œuvres d'art ne racontent pas seulement leur époque : elles interrogent aussi notre présent.

Une programmation pour tous les publics

Le musée prolonge l'expérience avec une riche programmation culturelle : visites guidées, ateliers pour les enfants et les familles, conférences sur l'art et la cause animale, ateliers de danse inspirés des animaux, rencontres avec des spécialistes, animations lors des Journées européennes du patrimoine ou encore concerts. Le parcours se poursuit également hors les murs, à l'Atelier Courbet, où un mandrill naturalisé accueille les visiteurs dans un jeu de piste destiné aux familles, ainsi qu'à la ferme familiale de Flagey avec « Versatiles Résurgences », une installation monumentale du plasticien Paolo Boosten inspirée du bestiaire de Courbet.

Pratique

L'exposition « Réalisme animal » est présentée au musée départemental Gustave Courbet à Ornans jusqu'au 8 novembre 2026. Elle est ouverte depuis le 27 juin. Une programmation d'animations et de visites accompagne l'événement tout au long de l'été et de l'automne.

À Ornans, au Musée Courbet, la Nuit européenne des musées prendra une dimension artistique et musicale ce samedi 23 mai. De 14 heures à 21 heures, l’entrée sera gratuite avec au programme des médiations inédites, des visites autour des couleurs des œuvres de Gustave Courbet et plusieurs concerts intimistes. Des élèves du Doubs présenteront également leurs créations dans le cadre des dispositifs « La classe, l’œuvre » et « Classes Culture » menés avec le Musée d'Orsay. La soirée sera ponctuée par les performances du duo Marc Togona au violon et David Demange à la guitare.

À Ornans, le Musée Courbet, propriété du Conseil départemental du Doubs, célèbre un demi-siècle d’existence. Plus précisément, l’établissement marque les 50 ans de la donation fondatrice réalisée en 1976 par  les Amis de Courbet. Pour l’occasion, un week-end festif, gratuit et accessible à tous est organisé, fidèle aux valeurs d’ouverture portées par le musée.

Une origine fondatrice en 1976

C’est en 1976 que l’associations les Amis de Courbet, alors engagée dans la valorisation de l’œuvre du peintre, cède le musée au Département du Doubs. Cette donation constitue l’acte fondateur de l’établissement tel qu’il existe aujourd’hui. « Cet anniversaire célèbre surtout 50 ans d’engagement collectif », souligne son directeur et conservateur Benjamin Foudral. A l’origine doté de 140 œuvres, le musée conserve désormais plus de 800 pièces, dont 63 œuvres de Gustave Courbet, soit la plus importante collection publique consacrée à l’artiste. Il accueille aujourd’hui plus de 50 000 visiteurs par an, un chiffre remarquable pour le territoire. Depuis sa rénovation et son agrandissement en 2011, le musée a renforcé son attractivité tout en restant profondément ancré dans la vallée de la Loue.

L'interview de la rédaction : Benjamin Foudral 

Un week-end festif et participatif

Pour célébrer cet anniversaire, le musée propose un programme riche et varié, pensé comme « un forum ouvert ». Pendant deux jours, le public pourra profiter gratuitement d’animations multiples : ateliers créatifs avec artistes, fresque participative retraçant l’histoire du musée, visites guidées par les équipes. La programmation musicale viendra compléter ces temps forts, avec un duo violon-percussions le samedi et du swing manouche le dimanche. Les ateliers se tiendront de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h, tandis que les concerts auront lieu le samedi à 14 h et 17 h, et le dimanche en matinée et dans l’après-midi. Point d’orgue des festivités : un goûter d’anniversaire sera offert au public le dimanche à 14 h.

L'interview de la rédaction : Benjamin Foudral 

Un musée ouvert et accessible

Au-delà de la célébration, cet anniversaire rappelle la vocation du musée : être un lieu accessible à tous. « Un visiteur a parlé d’un “écrin d’humanité” dans notre livre d’or, c’est exactement ce que nous voulons être », confie Benjamin Foudral. Grâce à des partenariats avec de grandes institutions comme le musée d’Orsay ou le Petit Palais, le Musée Courbet conjugue aujourd’hui ancrage local et rayonnement international, tout en restant fidèle à l’esprit libre et engagé de l’artiste.

Cet hiver, le Musée Courbet se réinvente. Avec « Rencontre intime », sa nouvelle exposition, l’établissement culturel ornanais fait le pari d’une expérience muséale sensible, immersive et profondément humaine. Loin des parcours classiques, le visiteur est ici invité à devenir acteur de sa visite, à prendre le temps, à ressentir et à partager.

Une expérience muséale à hauteur d’émotions

« Dans un monde qui va trop vite, où beaucoup de choses nous bousculent, nous avions envie de proposer un lieu où l’on se pose », explique Benjamin Foudral, le directeur de l’établissement. « Rencontre intime » s’inscrit dans cette volonté de ralentissement, de contemplation et de proximité avec les œuvres. La sélection est volontairement resserrée : une quinzaine d’œuvres seulement, choisies pour leur capacité à susciter l’émotion et l’attention. Le musée devient ainsi un espace familier, presque domestique, où chacun peut se sentir « chez soi », laisser libre cours à ses émotions et partager un moment avec ses proches.

Un parcours sensoriel et participatif

Le parcours de visite se déploie dans plusieurs espaces, mêlant salles temporaires et espaces permanents du musée. Les deux premières salles abordent le genre du portrait : sa composition, les liens entre l’artiste et son modèle, les différentes manières de se représenter. Dans une première salle, quatre œuvres seulement invitent à s’interroger sur ce qu’est un portrait. Des dispositifs de médiation ludiques et manipulables permettent à chacun de créer son propre portrait de famille et de devenir pleinement acteur de la visite.

La seconde salle élargit la réflexion autour des portraits de proches : parents, enfants, membres de la famille. Un choix fort, notamment pour le XIXᵉ siècle, période marquée par une nouvelle considération de l’enfance. Ici, le toucher et l’odorat entrent en jeu : tissus à manipuler, odeurs évocatrices – parfois surprenantes – accompagnent les œuvres et réveillent souvenirs et sensations.

Une salle « coup de poing » dédiée à la contemplation

Moment central de l’exposition : une troisième salle, pensée comme une véritable ode à la contemplation. Une seule œuvre y est présentée, le Portrait de Juliette Courbet, sœur de Gustave Courbet. Grâce à des dispositifs auditifs et à un aménagement propice à l’écoute et au silence, le visiteur est invité à s’asseoir, à observer et à comprendre autrement. Ce portrait revêt une importance particulière : offert par Juliette Courbet elle-même au Petit Palais, il revient aujourd’hui à Ornans et annonce déjà l’exposition estivale à venir, Juliette Courbet, à l’ombre de Gustave.

Créer, partager, se souvenir

À la sortie des salles, le parcours se prolonge dans un atelier créatif. Dessin, coloriage, pochoirs : autant de propositions pour restituer ce que l’on a ressenti et se créer un souvenir personnel de la visite. Une fresque participative, renouvelée chaque semaine par une nouvelle question, invite également les visiteurs à s’exprimer autour des souvenirs familiaux, au sens large : famille de cœur, amis, proches choisis. Un espace de lecture et de détente, installé dans la galerie vitrée sur la Loue, complète cette expérience pensée comme un moment de partage et de dialogue.

Un musée pour tous, et surtout pour les familles

Si le Musée Courbet accueille déjà de nombreux scolaires – avec lesquels il mène un travail pédagogique reconnu à l’échelle de l’académie de Besançon – « Rencontre intime » vise plus largement à toucher un public de proximité, notamment les familles, encore trop peu présentes. « L’objectif est que tous les visiteurs, quelle que soit leur trajectoire ou leur profil, franchissent les portes du musée et s’y sentent à l’aise », souligne la direction de l’établissement. Les dispositifs sensoriels et ludiques sont conçus pour que les enfants gardent un souvenir marquant de leur visite : un tissu touché, une odeur perçue, une œuvre associée à une émotion.

Redonner envie de musée

Avec « Rencontre intime », le Musée Courbet affirme une ambition claire : déconstruire l’image d’un musée figé ou ennuyeux, sans renoncer à l’exigence scientifique. Les visiteurs habitués y retrouveront la rigueur des contenus historiques, tandis que de nouveaux publics pourront découvrir l’art autrement, par les sens, l’émotion et le temps long. Une invitation à ralentir, à regarder vraiment, et peut-être, à revenir.

Une exposition à découvrir jusqu'au 19 avril prochain. 

Jusqu’au 16 novembre, le musée Courbet à Ornans propose une immersion inédite avec Bloom, une projection en réalité virtuelle signée Fabienne Giezendanner. Équipé d’un casque, le spectateur devient acteur d’une fable écologiste poétique, plongé dans un Ornans ravagé par les éléments, où la nature reprend ses droits. Sans dialogue, chaque scène devient un espace sensoriel et graphique à explorer. La séance dure 16 minutes et accueille deux personnes à la fois, à partir de 12 ans. L’expérience est incluse dans le billet d’entrée, dans la limite des places disponibles, aux horaires habituels du musée (fermé le mardi et le 1er novembre). Renseignements au 03 81 86 22 88 ou par mail à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

Deux expositions, présentées actuellement au Musée Gustave Courbet et à l’atelier du peintre, invitent à une immersion contemplative dans le paysage, à travers les pas des peintres du XIXe siècle et le regard contemporain d’Eva Jospin. Dans le calme d’Ornans, le musée Courbet propose une exposition aussi riche que sensible : "Paysages de marche. Dans les traces de Rousseau, Courbet, Renoir, Cézanne et les autres", une réflexion sur la marche comme expérience esthétique et philosophique, rythmée par le souffle du XIXe siècle. En écho, l’artiste contemporaine Eva Jospin investit l’atelier du peintre, dans une carte blanche nourrie d’échos boisés, de forêts sculptées et de résonances intimes avec l’œuvre du maître de la Loue.

L'interview de la rédaction : Benjamin Foudral 

Marcher, créer, penser : un paysage habité

« Les grandes idées viennent en marchant », écrivait Nietzsche. Cette maxime aurait pu servir d’épigraphe à l’exposition "Paysages de marche", dont le commissariat est assuré par Pierre Watt, historien de l’art, professeur d'hsitoire de l'art à l'université Paris 1 Panthéon - Sorbonne. L’exposition explore la marche non comme simple déplacement, mais comme geste créateur, expérience sensorielle et philosophie incarnée. Divisée en stations thématiques – de l’errance volontaire au "cheminement du familier", de la frontière entre ville et campagne à la marche dans l’inconnu – l’exposition retrace la manière dont les artistes du XIXe siècle ont arpenté le monde pour mieux le représenter. Elle rend hommage à cette expérience physique du paysage, opposée à la frénésie contemporaine du regard. « La peinture n’est pas une image qu’on scrolle du pouce », insiste Pierre Watt. « Elle donne du temps, il faut lui rendre du temps. ». 

 L'interview de la rédaction : Pierre Wat 

 

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Photo : Benjamin Foudral, directeur et conservateur du musée et pôle Courbet et Pierre Wat; historien de l'art à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. 

 

Une scénographie pensée comme une déambulation

La scénographie accompagne cette lenteur revendiquée. Volumes, couleurs, clairs-obscurs rythment la pérégrination du visiteur, dans un parcours à la fois sensoriel et intellectuel. Parmi les quelque soixante œuvres exposées, issues des collections du Louvre, du musée d’Orsay ou encore d’institutions régionales, les chefs-d’œuvre de Courbet, Renoir ou Cézanne dialoguent avec des œuvres moins connues, parfois inédites. Des objets insolites – palettes de voyage, chaussures d’alpiniste, piolets – rappellent la dimension humaine et corporelle de la création. L’exposition célèbre aussi la photographie du XIXe siècle, elle-même pratique de la lenteur et de l'observation attentive. Le tout forme un parcours riche mais volontairement épuré, presque méditatif.

 

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Eva Jospin, une résonance contemporaine dans l’atelier de Courbet

À quelques pas du musée, l’atelier de Gustave Courbet, restauré et ouvert au public, devient le théâtre d’une carte blanche donnée à Eva Jospin. L’artiste, connue pour ses forêts sculptées en carton, y propose une exposition intime, conçue en résonance avec les paysages et les thèmes chers à Courbet : la grotte, la forêt, la minéralité. « Cet atelier, ce n’est pas un musée. C’est un lieu habité par un peintre qui y revenait après ses marches pour transformer son expérience en peinture », explique Eva Jospin. Dans ce lieu de mémoire vivante, elle installe des bas-reliefs, sculptures, dessins et broderies, pensés pour le dialogue. « Il s’agit d’un échange permanent entre le passé et le présent, une conversation que les artistes n’interrompent jamais. ». 

 

Un dialogue vivant entre art, nature et territoire

Les deux expositions s’inscrivent dans une programmation thématique autour de "l’art et la nature", déployée sur les différents sites du pôle muséal d’Ornans, dont la ferme familiale de Flagey qui accueille l’artiste Hélène Cambalveis. Ensemble, ces projets tissent un récit cohérent, entre patrimoine et création vivante, entre mémoire du territoire et regard d’aujourd’hui. À travers la marche, l’exposition interroge notre relation au paysage, au temps, à la création. Elle propose un antidote à la vitesse, une invitation à la contemplation. Et rappelle, selon les mots d’Eva Jospin, que « l’art est un mouvement permanent – un dialogue entre aujourd’hui, le passé et ce qui va venir ».

 L'interview de la rédaction : Eva Jospin 

 

COURBET GROTTE

Photo : Oeuvre de l'artiste Eva Jospin 

 

Info pratiques

"Paysages de marche. Dans les traces de Rousseau, Courbet, Renoir, Cézanne et les autres" et "Eva Jospin – Carte blanche à l’atelier Courbet" sont à découvrir  du 28 juin, et jusqu’au 19 octobre au  Musée Courbet et à l’atelier du peibtre.

Le samedi 17 mai 2025, le musée Courbet à Ornans ouvre ses portes gratuitement de 10 h à 21 h pour une Nuit des musées placée sous le signe de la découverte et de la créativité.

Les élèves à l’honneur avec "La classe, l'œuvre"

Fidèle à son engagement en faveur de l’éducation artistique et culturelle, le musée participe une nouvelle fois au programme La classe, l'œuvre. Ce dispositif permet aux élèves de s’approprier les œuvres de Courbet pour créer et partager leurs propres interprétations artistiques.

Dès 10 h, les élèves de l’école La Reverotte à Pierrefontaine-les-Varans présenteront leurs travaux inspirés des paysages du peintre. Peinture, encre, collage et pastels : une diversité de techniques pour exprimer leur vision du monde. En parallèle, ils inviteront leurs familles à découvrir le musée à travers un jeu ludique.
À 15 h, les élèves de l’école intercommunale de Champlive exposeront leurs autoportraits, réalisés après une étude minutieuse de ceux de Courbet. Leur travail inclut également un jeu de memory destiné à enrichir la visite des curieux.

Une immersion musicale unique avec Les Dames de Lune

La soirée prendra une dimension envoûtante avec une série de concerts donnés à 17 h 30, 19 h et 20 h 30 par Les Dames de Lune. Ce duo éclectique, composé de Marie Braun et Julie Garnier, mêle flûtes, saxophones et voix dans une performance vibrante et poétique. Chantant, dansant et susurrant leurs propres langues musicales, elles guideront les visiteurs dans une déambulation sonore à travers les salles du musée.

Un hommage à "La Truite" de Courbet

À 18 h et 19 h 30, une visite thématique autour de La Truite peinte par Courbet permettra aux participants d’explorer cette œuvre emblématique sous un angle original. Animée par Yves Faillenet, guide de pêche, et une médiatrice du Pôle Courbet, cette visite s’inscrit dans l’opération nationale "100 œuvres qui racontent le climat", organisée par le musée d’Orsay. La découverte sera suivie d’une dégustation de spécialités locales à base de truite, pour prolonger l’expérience artistique à travers les saveurs.

Avec cette programmation riche et variée, la Nuit des musées au musée Courbet promet une immersion complète dans l’univers du maître réaliste, portée par la créativité des jeunes artistes et l’intensité des performances musicales. Un rendez-vous à ne pas manquer pour les amateurs d’art et de culture.

Hier, le Musée Courbet d’Ornans installait « La Truite », une des œuvres majeures de l’artiste franc-comtois, dans ses murs. Une Huile sur toile, prêtée par le musée d’Orsay, dans le cadre d’un partenariat avec le Conseil Départemental du Doubs. Ces actions culturelles  permettent de mettre à disposition, chaque année, 100 œuvres du musée parisien, dans les musées des collectivités territoriales. La présence de l’œuvre de Gustave Courbet s’inscrit dans le cadre de l’opération « 100 œuvres qui racontent le climat », déclinée en 2025.

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L'interview de la rédaction : Christine Bouquin, présidente du Conseil Départemental du Doubs

Comme le soulignent  Sylvain Amic,  directeur de musées d’Orsay et de l’Orangerie – Valéry Giscard d’Estaing,  et Christine Bouquin, présidente du Conseil Départemental du Doubs, l'œuvre, en plus de tout l’intérêt qu’elle porte artistiquement, permettra d’aborder des sujets contemporains, liés au climat, à la biodiversité et à la nature. Dans ce cadre-là, des rencontres, prévues dans et hors les murs du musée, sont prévues avec diverses populations, que sont les collégiens, les lycéens, les agriculteurs, les associations et les collectivités. Comme le rappelle Sylvain Amic : « le musée d’Orsay est une matrice du monde contemporain, où les préoccupations actuelles se retrouvent dans les collections ». Dans un contexte où les opinions se mêlent aux informations, où les faits deviennent des opinions comme les autres, la parole scientifique est d’une importance capitale. « Le musée est un lieu de référence et de confiance pour le public, offrant des informations vérifiées et produites par des experts académiques » explique le directeur.

L'interview  de la rédaction : Sylvain Amic, directeur de musées d’Orsay et de l’Orangerie – Valéry Giscard d’Estaing

L'interview  de la rédaction : Sylvain Amic, directeur de musées d’Orsay et de l’Orangerie – Valéry Giscard d’Estaing

Rendre accessible la culture

la truite officiel

                                                                                                                Benjamin Foudral, Christine Bouquin et Sylvain Amic

Une nouvelle fois encore, le musée Courbet d’Ornans joue un rôle essentiel dans la diffusion de la culture en milieu rural. Grâce à ses équipes et à la volonté des élus départementaux, il rend accessible la culture et donne accès à sa richesse au plus grand nombre. L’arrivée  de ce prêt exceptionnel se conjugue également à d’autres évènements et expositions. Deux temps forts viendront compléter cette offre culturelle durant toute la période estivale, du 28 juin au 19 octobre, avec Eva Jospin à l’atelier Courbet à Ornans et l’exposition « Paysages de marche, dans les traces de Rousseau, Courbet, Renoir, Cézanne et les autres ».

L'interview de la rédaction; Benjamin Foudral, conservateur du Musée Courbet d'Ornans

L'interview de la rédaction; Benjamin Foudral, conservateur du Musée Courbet d'Ornans

 

« La Truite » de Gustave Courbet est visible à Ornans, jusqu’au mois d’octobre, dans le parcours permanent du musée.

Dans le cadre de l’opération nationale « 100 œuvres qui racontent le climat », le Musée Courbet d’Ornans accueillera,  en mars prochain, « la Truite », réalisée par le peintre de la Vallée de la Loue, et exposée au musée d’Orsay. Cette œuvre, peinte à son retour en Franche-Comté après son emprisonnement en 1871 des suites de sa participation à la Commune , sera exposée du 22 mars au 19 septembre prochain.