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Le gouvernement annonce la suspension prochaine des importations de produits alimentaires en provenance d’Amérique du Sud contenant des résidus de substances interdites dans l’Union européenne. Un arrêté, porté par la ministre de l’agriculture Annie Genevard, doit être publié mardi, a confirmé le ministère, après un message du ministre Sébastien Lecornu sur X. Sont visés notamment le mancozèbe, le glufosinate, le thiophanate-méthyl et le carbendazime.

La France devra toutefois obtenir, sous dix jours, le feu vert de la Commission européenne. Annie Genevard espère l’obtenir mercredi, lors de son déplacement à Bruxelles. Cette annonce intervient alors que les syndicats agricoles, reçus en début de semaine par le premier ministre, prévoient de relancer la mobilisation, notamment contre l’accord de libre‑échange UE–Mercosur, dont la signature est attendue en janvier.

Une proposition venue de l'opposition de gauche 

Lors de la dernière séance du Conseil départemental du Doubs, la question de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur s’est invitée au débat. Magali Duvernois, conseillère départementale d’opposition (canton de Bethoncourt), a pris la parole pour proposer que l’assemblée adopte une motion s’opposant à la signature de cet accord. L’élue a justifié sa demande par les conséquences redoutées sur l’agriculture locale : « Nous savons que le Mercosur mettra en difficulté nos exploitants agricoles, notamment nos filières d’appellation d’origine protégée. Nous devons collectivement dire que nous refusons la signature de cet accord qui favorise une production de moindre qualité et menace notre environnement. »

L'interview de la rédaction : Magali Duvernois 

Une réponse de la présidente Christine Bouquin

En réponse, la présidente du Département, Christine Bouquin, a rappelé que les départements de France s’étaient déjà positionnés collectivement. Réunis en bureau, les présidents départementaux ont en effet adopté à l’unanimité une motion dénonçant la version finalisée de l’accord UE-Mercosur. « Avec des termes très forts, nous avons demandé au président de la République de dénoncer la scission de l’accord, qui prive la France de son droit de veto, de saisir la Cour de justice de l’Union européenne, et de garantir la protection de l’élevage français ainsi que la souveraineté alimentaire. Cette motion a été portée au niveau national, ce qui lui donne un poids collectif », a-t-elle indiqué.

Une préoccupation partagée

Si la proposition de Magali Duvernois n’a pas donné lieu à un vote spécifique dans l’hémicycle départemental, le sujet a montré une convergence des préoccupations entre majorité et opposition. Les élus du Doubs se rejoignent sur la nécessité de défendre les filières agricoles locales et de s’opposer à des accords internationaux jugés dangereux pour l’équilibre des territoires ruraux.