Le recensement de la population débute ce jeudi 15 janvier en France métropolitaine. Comme chaque année, l’opération pilotée par l’Insee mobilise des milliers d’agents sur le terrain. En Bourgogne–Franche-Comté, la campagne concerne 756 communes, où près de 1 500 agents recenseurs vont enquêter 284 000 logements, soit plus de 470 000 habitants attendus pour répondre.
Deux calendriers selon la taille des communes
Le recensement s’étend sur plusieurs semaines, avec des dates différentes selon la population :
Dans les petites communes, un cinquième d’entre elles est recensé chaque année de manière exhaustive. Dans les communes plus grandes, 8 % des logements sont enquêtés chaque année, selon un échantillonnage représentatif.
Une opération essentielle pour les communes
Le recensement n’est pas une simple photographie démographique. Les données collectées servent directement à déterminer la répartition des dotations de l’État, fixer le nombre d’élus municipaux, autoriser ou non l’ouverture de nouvelles officines, planifier l’implantation d’équipements sportifs, adapter les moyens de transport, estimer les besoins en logements. Autant d’éléments qui conditionnent l’organisation et le développement des territoires.
Une mobilisation régionale importante
En Bourgogne–Franche-Comté, les communes ont recruté et formé près de 1 500 agents recenseurs. Leur mission : distribuer les documents, accompagner les habitants dans la démarche — désormais largement réalisable en ligne — et garantir la fiabilité des données transmises à l’Insee.
Une démarche obligatoire, confidentielle et utile
Répondre au recensement est obligatoire, mais les informations fournies restent strictement confidentielles. Elles ne servent qu’à des fins statistiques. La campagne se poursuivra jusqu’à la mi‑février ou la fin février selon les communes. Les résultats consolidés seront publiés par l’Insee dans les mois suivants.
Selon une dernière enquête de l’Insee, malgré les incertitudes politiques, la France présente actuellement une croissance modérée. Néanmoins, en Bourgogne-Franche-Comté, la timide amélioration de l’activité économique au printemps ne se confirme pas au troisième trimestre 2025. Quel que soit le secteur d’activité, l’emploi salarié est stable ou en baisse. L’intérim et la construction perdent à nouveau des effectifs. L’emploi dans l’industrie continue de s’éroder. Le taux de chômage augmente sur un an. Toutefois le recours des entreprises à l’activité partielle est moins fréquent et les impayés de cotisations Urssaf sont à un niveau bas.
La Ville de Pontarlier participera à la campagne de recensement menée par l’Insee du 15 janvier au 21 février 2026. Comme chaque année, un échantillon de logements sera sélectionné. Les habitants concernés recevront une lettre officielle, puis la visite d’un agent recenseur chargé de remettre la notice d’information.
Les questionnaires pourront être remplis en ligne, grâce au code d’accès et au mot de passe fournis, ou sur papier, avec l’aide de l’agent recenseur si nécessaire.
Les données recueillies permettent notamment de déterminer la participation de l’État au budget communal, d’ajuster le nombre d’élus et d’identifier les besoins en équipements publics.
Selon les derniers chiffres de l’INSEE, au 1er janvier 2023, la Bourgogne-Franche-Comté compte 2 802 670 habitants, soit 4,1 % de la population française. Entre 2017 et 2023, la région a perdu près de 8 800 habitants, confirmant une tendance déjà observée sur la période précédente, bien que plus marquée qu’entre 2012 et 2017. Dans le même temps, la population française continue de progresser.
Un solde naturel déficitaire, partiellement compensé par les migrations
La baisse démographique régionale s’explique avant tout par un solde naturel durablement négatif. Depuis une dizaine d’années, le nombre de décès dépasse celui des naissances en Bourgogne-Franche-Comté, un phénomène accentué par le vieillissement de la population. Toutefois, entre 2017 et 2023, le solde migratoire apparent redevient positif, limitant l’ampleur du recul démographique. Sans ces arrivées nettes de population, la diminution aurait été nettement plus prononcée. Ce regain migratoire ne suffit cependant pas à compenser totalement le déficit naturel.
Des dynamiques contrastées selon les départements
Les évolutions démographiques restent très hétérogènes selon les territoires. Le Doubs et la Côte-d’Or sont les seuls départements à enregistrer une hausse de population sur la période récente. Le Doubs gagne plus de 8 000 habitants, avec une croissance régulière portée à la fois par un solde naturel légèrement positif et par les migrations. La Côte-d’Or affiche également une progression modérée, essentiellement soutenue par les flux migratoires. Le Jura a perdu près de 750 locaux. À l’échelle régionale, la Bourgogne-Franche-Comté enregistre ainsi une baisse moyenne annuelle de –0,1 %, alors que la France métropolitaine progresse de +0,4 % par an sur la même période.
Les principales villes : des trajectoires différenciées
Parmi les grandes communes retenues, les évolutions sont également contrastées entre 2017 et 2023.
Besançon confirme son rôle de pôle attractif régional avec +2 555 habitants. Sa croissance annuelle moyenne atteint +0,4 %, soutenue par son dynamisme universitaire et économique.
Pontarlier se distingue par une progression rapide (+870 habitants, soit +0,8 % par an), portée notamment par l’attractivité du secteur frontalier.
Dole enregistre une légère hausse de population (+132 habitants), traduisant une situation globalement stable.
Lons-le-Saunier connaît en revanche une baisse marquée (–673 habitants, soit –0,7 % par an), illustrant les difficultés démographiques des villes moyennes éloignées des grands pôles.
Montbéliard poursuit son recul (–723 habitants, –0,5 % par an), dans un contexte de mutation industrielle.
Belfort est la commune la plus touchée parmi celles observées, avec une perte de 1 744 habitants et une baisse annuelle moyenne de –0,6 %.
Selon des chiffres de l'INSEE, entre avril et septembre 2025, la fréquentation touristique en Bourgogne-Franche-Comté a renoué avec les sommets atteints en 2023. La région enregistre une nette progression du nombre de nuitées, portée à 75 % par la clientèle non résidente.
Une dynamique tirée par les visiteurs étrangers
Au total, 8,5 millions de nuitées ont été comptabilisées sur la saison estivale, dont 5,3 millions par des touristes français et 3,2 millions par des visiteurs étrangers. Ces derniers représentent désormais 37 % de la fréquentation, avec une forte présence des Néerlandais, Allemands et Belges. Les plus fortes hausses sont observées chez les clientèles chinoise (+31 %), américaine (+14 %) et suisse (+14 %).
Campings au sommet, hôtels en demi-teinte
Les campings enregistrent leur meilleure saison depuis six ans, dopés par l’afflux de touristes français en tente, van ou caravane. À l’inverse, les hôtels bénéficient du dynamisme international, mais voient leur fréquentation globale freinée par le recul de la clientèle résidente.
Des disparités départementales
La Côte-d’Or (+9 %) et la Nièvre (+5 %) affichent les plus fortes progressions. Le Jura recule légèrement (-1 %), tandis que la Haute-Saône (-2 %) et le Territoire de Belfort (-10 %) ferment la marche.
Selon une dernière étude de l’Insee, en Bourgogne-Franche-Comté, le vieillissement de la population pourrait entraîner une hausse de 20 % des besoins en services à domicile d’ici 2050. Les ménages âgés de 80 ans ou plus seraient les principaux demandeurs, représentant la moitié des usagers contre 37 % en 2019.
En 2019, 165 000 ménages ont eu recours à au moins un service à la personne à domicile (nettoyage, jardinage, garde d’enfants, aide aux personnes âgées…). Le recours augmente avec l’âge, le niveau de vie, et l’absence de proches aidants.
Selon une récente étude de l’Insee, l’espérance de vie en Bourgogne-Franche-Comté reste inférieure d’environ un an à la moyenne nationale : 85 ans pour les femmes, 79,1 ans pour les hommes. L’état de santé général y est moins favorable, avec 1 habitant sur 5 souffrant d’une maladie chronique.
La région compte 345 300 patients hypertendus (+1,4 %) et 139 000 diabétiques (+3,9 %). La mortalité prématurée, avant 75 ans, y est 4 % plus élevée, en lien avec les maladies cardiovasculaires, le tabac, l’alcool et d’autres causes externes. Il est bon de rappeler que la mortalité prématurée recule depuis 15 ans grâce aux efforts de dépistage et de prévention.
La natalité atteint un niveau historiquement bas en Bourgogne-Franche-Comté. En 2024, seulement 22 500 bébés y sont nés, faisant de la région l’une des plus touchées par la baisse des naissances en France métropolitaine. Ce phénomène s’explique par le recul du nombre de femmes en âge de procréer depuis vingt ans et par un ralentissement accru de la fécondité depuis 2010, qui concerne désormais toutes les classes d’âge. Cependant, certains territoires, comme la bande frontalière, affichent une fécondité plus élevée. Dans le Jura, entre 2000 et 2024, la baisse est de 38%. Dans le département du Doubs, elle est de 25%.
Selon une dernière étude de l’INSEE , avec 258.400 habitants en 2022, le Jura se caractérise par son territoire rural et un faible maillage urbain, rendant l’accès aux services parfois difficile. Le vieillissement de la population accentue les besoins en santé et proximité, tandis que le recul industriel contraste avec un chômage relativement bas, porté par l’attractivité des emplois suisses.
Ce contexte fait que le département doit relever les défis du changement climatique, de la dépendance à la voiture et de la transition énergétique. Si le nord bénéficie de sa proximité avec Dijon et Besançon, le sud reste économiquement fragile, malgré une dynamique démographique dans certaines zones frontalières.
L’Insee Bourgogne Franche-Comté vient de publier une nouvelle étude sur les familles recomposées dans la région. Il en ressort que 12 % des enfants mineurs vivent dans une famille recomposée. La majorité d’entre eux fait partie d’une famille d’au moins trois enfants. Avec des parents plus souvent peu diplômés et plus exposés au chômage, leurs conditions de vie sont plus fragiles qu’au sein des familles « traditionnelles ». « Ils résident plus souvent en maison et dans les zones rurales » selon cette même enquête. Selon cette étude, le territoire du Grand Besançon recense plus de 4.000 enfants vivant en familles recomposées. Ils sont 487 sur le territoire pontissalien, 548 dans le Val de Morteau, 88 sur le secteur de la communauté de communes des Rousses Haut-Jura, 386 sur le territoire Haut-Jura Saint-Claude et 582 sur le secteur Champagnole / Nozeroy.





