La LICRA Besançon Franche-Comté, fidèle à sa mission de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, a adressé le 28 novembre un courrier à l’élu régional du Rassemblement National Jacques Ricciardetti, candidat également aux municipales de Besançon, après l’usage du terme « collabo » lors d’un débat public au Conseil régional.
L’association rappelle que « l’emploi de ce mot n’est pas anodin, en particulier de la part d’un élu, et lui proposait de reconnaître qu’il avait pu être mal choisi ». Sans réponse, la LICRA rend publique son interpellation et invite « chacun à s’interroger sur la posture d’un candidat au poste de maire de Besançon ».
Ces jeudi 11 et vendredi 12 décembre, le président de la Région Bourgogne Franche-Comté Jérôme Durain a réuni les élus régionaux en session plénière à l’occasion d’un rendez-vous crucial : le vote du budget primitif 2026. S’élevant à 1,967 milliard d’euros, ce budget consacre 1,535 milliard d’euros au financement des politiques publiques, soit près de 80 % du total.
Un budget “rigoureux, pas de rigueur”
Présenté dans un climat national particulièrement instable, marqué par les débats autour du projet de loi de finances (PLF) et par une nouvelle ponction de 55 M€ imposée aux collectivités, le budget 2026 se veut à la fois « prudent et ambitieux ». L’exécutif régional insiste : il s’agit d’un budget « rigoureux, pas de rigueur », conçu pour préserver les priorités régionales sans renoncer à l’investissement.
Fonctionnement : une trajectoire maîtrisée
Malgré la pression budgétaire, la Région parvient à réduire ses dépenses de fonctionnement de près de 10 millions d’euros par rapport aux prévisions initiales. Cette économie repose sur plusieurs orientations : recentrage strict sur les compétences régionales, efforts demandés aux organismes satellites et vigilance accrue sur les dépenses courantes. Pour l’exécutif, cette maîtrise financière doit permettre de « limiter la pression fiscale tout en conservant la capacité d’agir ».
Investissement : un soutien massif à l’économie
La Région confirme pour 2026 un niveau d’investissement élevé, avec 586 millions injectés dans l’économie régionale. Ces crédits permettront de financer : de grands projets d’infrastructures, des actions en faveur de la transition écologique, la rénovation du patrimoine et des soutiens directs aux territoires. Cet effort s’inscrit « dans la continuité d’une politique d’investissement essentielle pour soutenir l’activité économique et l’emploi ».
Mobilités : l’offre TER préservée malgré la hausse des coûts
Alors que les péages ferroviaires facturés par SNCF Réseau continuent d’augmenter, la Bourgogne-Franche-Comté fait le choix de maintenir l’offre TER.
Un effort qualifié d’indispensable pour préserver la qualité du service public de transport et encourager les mobilités durables sur l’ensemble du territoire.
Éducation : les lycées et les formations sanitaires et sociales prioritaires
Le budget 2026 consacre 120 millions d’euros aux lycées, notamment pour la sécurisation des établissements, les travaux de modernisation et de rénovation énergétique et l’adaptation aux nouveaux besoins pédagogiques. Plus de 9 500 étudiants en formations sanitaires et sociales continueront par ailleurs de bénéficier du soutien régional.
Formation professionnelle : une perte sèche de 10 M€
Le principal point de tension du budget concerne la formation professionnelle.
Le retrait de l’État entraîne un manque de 10 millions d’euros, mettant en difficulté des dispositifs essentiels pour les demandeurs d’emploi, les reconversions professionnelles, et l’accompagnement des filières en tension. L’exécutif régional dénonce « un coup dur » et prévient que des arbitrages devront être effectués pour préserver autant que possible les parcours de formation.
Une Région déterminée malgré les contraintes
Dans un environnement instable, la Bourgogne-Franche-Comté revendique un budget « réaliste, maîtrisé et déterminé ». Entre la nécessité de contenir les dépenses, de compenser les désengagements de l’État et de maintenir un niveau d’investissement élevé, l’équilibre reste délicat. Mais la ligne politique est affirmée : « Préserver les services publics régionaux et accompagner les transitions en cours, sans basculer dans une politique de rigueur. »
Les Jeunes Agriculteurs Bourgogne-Franche-Comté ont publié une lettre ouverte à destination du Président et des élus régionaux. Ils dénoncent des retards persistants dans le versement des aides et l’instruction des dossiers, qualifiant la situation d’« intenable » pour les exploitations et les porteurs de projets.
Le syndicat exige des décisions claires et immédiates, notamment sur les paiements d’investissements, la sécurisation des dossiers en souffrance. Une réponse écrite est attendue avant le 5 décembre prochain. À défaut, une mobilisation régionale est annoncée lors de la Session plénière du 11 décembre. Les JA affirment : « Le temps des excuses est terminé. Le temps des actes commence maintenant. »
Réunis en commission permanente vendredi 21 novembre à Besançon, les élus régionaux ont adopté 61,2 millions d’euros de financements pour soutenir l’économie, la transition écologique, la formation et l’attractivité des territoires.
Soutien aux TPE et à l’emploi local
Dans le cadre du Schéma Régional de Développement Économique, d’Innovation et d’Internationalisation (SRDEII), la Région poursuit une politique ambitieuse en faveur des très petites entreprises. 22 projets bénéficient d’avances remboursables pour un montant global de 531.744 €, permettant la création et le maintien d’emplois dans l’artisanat, le commerce et les services. Parmi eux, un garage mécanique agricole à Fuans (45 000 €), une boulangerie‑pâtisserie aux Rousses (35 500 €), une société de vente alimentaire à Chalezeule (45 000 €) ou encore une entreprise de taille de pierre à Montbenoît (35 000 €).
La Prime à la création‑reprise dans les territoires fragilisés (PCRTF) mobilise 36 000 € pour douze activités, dont un hôtel‑restaurant au Pays de Montbenoît et une boulangerie‑pâtisserie à Frasne.
Tourisme et attractivité
La Région investit dans la modernisation de l’hôtellerie familiale et des campings ruraux, avec 205.585 € pour plusieurs projets, dont la rénovation des chambres de l’hôtel Robichon à Loray (80.000 €) et la montée en gamme du camping Les Tilleuls à Clairvaux‑les‑Lacs (80.000 €). Un soutien majeur de 500.000 € est accordé à la Cité des Horlogers à Morteau, équipement muséal valorisant un savoir‑faire inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO.
La stratégie de valorisation des voies navigables mobilise 1,38 M€ pour quatre projets écotouristiques, dont la sécurisation de tronçons de l’Échappée jurassienne à Champagnole Nozeroy Jura (10.314 €).
Formation et apprentissage
Plus de 1,69 M€ sont votés pour l’investissement et l’équipement des Centres de Formation d’Apprentis (CFA), dont 400.000 € pour un nouveau bâtiment au CFA agricole de Montmorot, afin d’accompagner une hausse de 41 % des effectifs.
Transition écologique et cohésion sociale
Le dispositif Quartiers en transition finance 128.000 € d’initiatives locales, comme la réhabilitation de la place Zarautz à Pontarlier (30.000 €). Avec ENVI (Espaces Nouveaux Villages Innovants), la Région accompagne les communes de moins de 2.000 habitants : 459.500 € sont votés, dont 40.000 € pour sécuriser la traversée de Fournet‑Blancheroche et 7.570 € pour une « forêt comestible » participative à La Pesse.
Territoires en action et mobilités douces
Les contrats Territoires en action (TEA) 2022‑2028 mobilisent près de 170 M€. Parmi les projets soutenus : 400.000 € pour la salle polyvalente de Montfaucon et 390.000 € pour la voie verte de Pontarlier.
Le volet métropolitain attribue 1,11 M€ à deux projets structurants, dont 468.280 € pour la requalification de la zone d’activités Thise‑Chalezeule. Le Plan Vélo régional finance près de 74 000 € pour des abris vélos sécurisés à Besançon‑Mouillère et Franois.
Ressource en eau et biodiversité
La Région accorde 77.736 € pour huit projets liés à la ressource en eau, dont la restauration du Mou de Pleure à Pleure (8 164 €). En faveur de la biodiversité, 20.300 € sont attribués au Syndicat apicole du Doubs pour préserver l’abeille noire, espèce menacée.
Culture et cinéma
Enfin, une enveloppe de 50.000 € soutient 24 exploitants représentant 26 cinémas indépendants Art & Essai. Parmi eux, la salle L’Atlante de Morteau (1.900 €) et le cinéma La Maison du Peuple à Saint‑Claude (4.000 €).
La Région Bourgogne-Franche-Comté lance les « Rendez-vous de Castan », un nouveau format de débat citoyen autour des grands sujets de société. Le premier rendez-vous se tiendra ce mercredi 12 novembre, à 18h, au Conseil Régional à Besançon. Il portera sur les conduites addictives. On notera la participation d’experts, d’élus et de professionnels de santé.
Un espace d’échanges ouvert à tous, pour réfléchir collectivement aux enjeux d’aujourd’hui.
Entrée gratuite sur inscription : https://app.novagouv.fr/form_dev/d1be8fcdbda77f9558196f42d94aba2c/#/formulaire/
Dans un courrier adressé aux parlementaires de la région, Jérôme Durain, président de Bourgogne-Franche-Comté, dénonce les effets du projet de loi de finances 2026 sur les ressources régionales. Il évoque un « tsunami destructeur » pour les collectivités, avec une ponction budgétaire estimée à 838 M€, aggravée par le non-versement de 215 M€ liés au Ségur de la Santé. Il appelle "les élus à soutenir les amendements de Régions de France pour préserver les investissements dans les lycées, les transports et les formations sanitaires".
Une nouvelle commission permanente s’est dernièrement tenue au conseil régional de Bourgogne Franche-Comté. 50,6 millions de financements régionaux ont été votés.
Sur le territoire du Grand Besançon, 3.000 euros ont été accordés à la fédération régionale des CIDFF de Bourgogne Franche-Comté à Besançon pour une action de sensibilisation du grand public et en particulier les jeunes aux violences sexistes et sexuelles. Par ailleurs, l’association BFC International bénéficie d’un soutien financier d’aide à l’emploi associatif.
Le Haut-Doubs n’est pas oublié. Dans le cadre des contrats « Territoires en action », la collectivité régionale attribue 250.000 euros au Pays du Haut-Doubs pour la construction de l’école Louis Pergaud à Levier. Dans le domaine de la transition énergétique, plus de 170.000 euros revient au syndicat mixte des Deux Lacs pour la piscine de Malbuisson. Enfin, le Club Athlétique Mortuacien peut compter sur le soutien financier de la Région dans le cadre de l’aide qu’elle apporte à l’emploi associatif.
Dans le Jura. Dans le cadre des aides individuelles aux entreprises, deux sociétés, basées respectivement à Alièze et Ranchot, ont obtenu, sous la forme d’avance remboursable, les sommes de 100.000 et 175.000 euros. Dans le domaine agricole, dans de la lutte contre la flavescence dorée dans le vignoble jurassien, 10.000 euros ont été attribués à la Société Viticole du Jura . Par ailleurs, la Région investit près de 170 millions d’euros à travers les contrats « Territoires en action », avec plus de 187.000 euros pour la 3è phase des travaux de l’Echappée Bienne à Morez, un projet d’aménagement urbain. Enfin, l’association Apasserelle, chargée de la promotion d’activité physique adaptée de la Petite Montagne à Val-Suran, bénéficie également d’un soutien financier pour l’aide à l’emploi associatif.
La commission permanente du Conseil Régional de Bourgogne Franche-Comté a voté 62,3 millions d’euros de financements régionaux. Ces financements soutiennent des projets dans les domaines de compétence de la collectivité territoriale : le développement économique, l’économie sociale et solidaire, l’agriculture, la forêt, le tourisme et l’apprentissage.
Dans le Grand Besançon, une somme de 150.000 euros a été consentie à la ville de Besançon pour la crèche des Orchamps. L’enseignement supérieur n’est pas oublié, avec 2,6 millions d’euros accordés à Supmicrotech-Ensmm pour l’opération d’extension et de réaménagement des locaux. On notera également le soutien apporté à deux autres projets bisontins : le réaménagement du site Saint Jacques pour plus de 800.000 euros et la Maison des Femmes pour près de 400.000 euros. Enfin, parmi les autres votes concernant le territoire, il est accordé 210.000 euros au projet de renaturation et végétalisation de la cour d’école et ses abords de la commune de Montfaucon.
La commission permanente du Conseil Régional de Bourgogne Franche-Comté a validé 62,3 millions d’euros de financements régionaux. Ces aides ciblent les domaines de compétence de la collectivité : développement économique, ESS, agriculture, forêt, tourisme et apprentissage.
Dans le Jura, plusieurs projets bénéficient de ce soutien. La commune de Poids-de-Fiole reçoit près de 11.000 euros pour la rénovation de sa mairie et de ses salles communales. À Mouchard, les Compagnons du Tour de France obtiennent 950.000 euros pour leurs équipements de formation, tandis que le lycée du Bois bénéficie de 3,8 millions d’euros pour des travaux d’isolation thermique. Arinthod percevra 500.000 euros pour la création d’un espace santé. Enfin, la Grande Saline de Salins-les-Bains voit sa restauration soutenue à hauteur de 330.000 euros.
À noter également : 29 entreprises régionales recevront plus de 2 millions d’euros d’aides économiques.
Vendredi dernier, Jérôme Durain (PS) a été élu président du Conseil régional de Bourgogne Franche-Comté, succédant à Marie-Guite Dufay. Cette élection, sans surprise, a immédiatement suscité une vive réaction du Rassemblement National.
Julien Odoul, chef de file du RN dans la région, critique un discours d’investiture marqué selon lui « par l’idéologie, l’autoritarisme et le sectarisme ». Il dénonce notamment « la priorité donnée à l’intégration des migrants, la montée en puissance des écologistes avec la nomination de Stéphanie Modde, et une approche jugée moralisatrice envers la jeunesse ».
Le RN fustige également les méthodes de gestion annoncées par M. Durain, notamment « la volonté de couper le micro aux interventions jugées hors sujet, qu’il considère comme une atteinte à la liberté d’expression dans l’hémicycle ».
Enfin, Julien Odoul accuse les autres groupes d’opposition « de passivité, pointant du doigt les élus macronistes et les Républicains pour leur collaboration avec la majorité socialiste ». Il conclut en appelant à un « vrai changement » en 2028 avec le Rassemblement National.