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Les automobilistes font face à une nouvelle hausse des prix à la pompe. En moyenne, le gazole s'établit désormais à 2,16 € le litre, soit 10 centimes de plus en une semaine. De son côté, le SP95-E10 atteint 2,02 € le litre, en progression de 4 centimes. Cette augmentation est liée aux tensions internationales au Moyen-Orient et à la réduction des exportations de gazole décidée par la Russie, qui pèsent sur le marché pétrolier.

Besançon, les élus communistes interpellent le maire. Face à la hausse des prix du carburant, ils proposent de développer davantage le télétravail pour les agents municipaux. Objectif : soulager le budget des salariés contraints d’utiliser leur voiture pour venir travailler, parfois depuis plusieurs dizaines de kilomètres. Les élus estiment que cette mesure, applicable lorsque les missions le permettent, serait un soutien concret au pouvoir d’achat, sans nuire à la qualité du service public.

Face à la hausse des prix, la préfecture du Jura a lancé des contrôles dans les stations-service du département pour vérifier les tarifs pratiqués. Depuis vendredi soir, cinq contrôles ont déjà été réalisés et une verbalisation a été dressée contre la station Avia de Chaussin. Ces opérations visent à s’assurer du respect de la réglementation et à éviter toute hausse abusive à la pompe.

Face à la hausse des prix des carburants, le député du Doubs Laurent Croizier demande au gouvernement d’étendre les contrôles à l’ensemble de la filière, notamment aux raffineurs. Dans un courrier adressé au ministre de l’Économie, il s’interroge sur l’augmentation rapide des prix à la pompe ces derniers jours. Si des contrôles sont déjà prévus dans 500 stations-service par la répression des fraudes, l’élu souhaite davantage de transparence afin de prévenir toute spéculation et protéger le pouvoir d’achat des Français.

Face à la hausse régulière des prix à la pompe, de nombreux automobilistes cherchent des moyens simples pour trouver le carburant le moins cher près de chez eux. Un outil en ligne permet désormais de comparer facilement les tarifs pratiqués dans les stations-service de la région.

Accessible à l’adresse suivante :
https://mon-essence.fr/ville/15190-besancon?q=25000

Cette carte interactive recense les stations-service situées dans et autour d’une ville et affiche leurs prix pour les principaux carburants, notamment le diesel, le SP95, le SP98, le E10 ou encore le superéthanol E85.

Les données sont régulièrement mises à jour et permettent aux usagers de visualiser rapidement les écarts de prix entre différentes stations. En quelques clics, il est ainsi possible d’identifier les stations les plus avantageuses à proximité.

L’outil s’inscrit dans un contexte de guerre au Moyen Orient et où le budget carburant représente une part importante des dépenses des ménages. En facilitant la comparaison des prix, ces plateformes en ligne offrent aux automobilistes une solution pratique pour optimiser leurs trajets et limiter l’impact des fluctuations du marché de l’énergie.

Mercredi, Bruno Le Maire a annoncé sur RTL que Total Energies maintiendra le plafonnement du prix de ses carburants à 1,99 euro le litre durant l’année 2024. Le ministre s’est félicité de cette décision. Reconnaissant qu’elle représentait « une vraie protection Â» pour le portefeuille et le pouvoir d’achat des Français.

Après avoir connu une hausse significative tout l’été, les prix du gazole et du SP95-E10 ont légèrement baissé au cours de la semaine dernière. Il s’agit d’une baisse respective de 3 et de 3,4 centimes. Le litre s’établit désormais à 1,91€ en moyenne. Une telle diminution ne s’était pas vue depuis début juillet.

A l’issue d’une réunion à Matignon, ce mardi, avec les principaux distributeurs, le gouvernement a annoncé « près de 120.000 opérations Â» de vente de carburant à prix coûtant « dans 4.000 stations Â». Les enseignes Carrefour et Leclerc devraient réaliser de telles opérations tous les jours. Casino, Cora et Intermarché se mobiliseront deux week-ends par mois. Enfin, Système U et Auchan ont prévu des actions au moins un week-end par mois.

C’est une décision qui ne passe pas. A compter du 1er décembre, les professionnels pourront vendre leur carburant à perte. Une action commerciale qui est interdite depuis 1963. Le gouvernement entend modifier cette règle pendant six mois pour essayer de faire baisser le prix de l’essence à la pompe. Hier, les dirigeants des principales enseignes de la grande distribution ont clairement refusé de mener cette politique tarifaire. Ils sont suivis également par les distributeurs indépendants.

A Morteau, Guillaume Rognon, le chef des ventes de l’entreprise familiale, dénonce une décision gouvernementale qui manque de logique. Pour des raisons économiques et d’équilibre financier, la société ne peut se permettre de vendre à perte. L’entreprise doit pouvoir vivre économiquement et « pas question de faire de la gratuité Â». Pour le responsable haut-Doubiste, « seule une baisse des taxes permettrait de faire baisser durablement  les prix à la pompe Â». Selon lui, «  cette mesure est inapplicable Â». «  Elle ne pourra  d’ailleurs pas se mettre en place Â» avance-t-il.

« C’est porte ouverte à tout le monde Â»

Guillaume Rognon démontre l’absurdité d’une telle décision. « Quid des autres activités. On va alors  demander aux transporteurs de travailler à perte pour alimenter les supermarchés ? Â» s’interroge-t-il. Et de continuer : « avec un prix de vente inférieur de 2 centimes au prix d’achat, nous perdons jusqu’à 50.000 euros par mois Â». Le professionnel ne voit pas quels types de compensation pourraient être proposés par le gouvernement.

Et l’avenir ?

Difficile de savoir quand un retour à la normale pourrait être amorcé. Le contexte international est à l’origine de cette situation. « Depuis la fermeture des vannes par la Russie, les autres canaux d’approvisionnement sont plus couteux Â». La spéculation est bien réelle. « En une journée, les prix peuvent changer de 3 à 4 centimes en quelques heures Â» conclut M. Rognon.

L'interview de la rédaction / Guillaume Rognon

 

L'invasion russe en Ukraine a entraîné une explosion des cours du pétrole et du gaz, le premier évoluant actuellement largement au-dessus de 120 dollars, pas loin de ses records historiques, tandis que le second a franchi des niveaux inédits. Une situation qui se répercute sur tous les consommateurs. L'Insee prévoit une inflation à 5,4% en juin, tirée par les prix de l'énergie et des prix alimentaires.

 

Une forte dépendance aux énergies Russes

L'Europe est toujours extrêmement dépendante de l'énergie russe, mais ce dimanche, les pays du G7 se sont entendus pour durcir les sanctions vis-à-vis du Kremlin. Le Canada, le Royaume-Uni, l'Allemagne, les États-Unis, la France, le Japon et l'Italie se sont tous engagés à Ã©liminer progressivement leur dépendance vis-à-vis de l'énergie russe. Cela passe par la réduction progressive ou plus radicalement par l’interdiction de l'importation de pétrole russe. Une mission compliquée étant donné que l’année dernière encore, la Russie était le premier fournisseur des vingt-sept membres de l’UE.

« La bonne réponse que nous connaissons c'est l'indépendance totale » avait indiqué Bruno Le Maire il y a quelques mois. Le ministre annonçait que le gel des prix du gaz en France étendu à la totalité de l'année coûterait au moins 10 milliards d'euros, tandis que la facture totale du soutien à l'énergie cette année serait d'au moins 20 milliards. En précisant « qu'il y a fort à parier qu'elle sera plus élevée ». « L'Etat ne peut pas être l'assureur en dernier recours de l'augmentation des prix de l'énergie », a toutefois prévenu le ministre de l’économie et des finances. La crise énergétique actuelle marquée par une forte inflation est « comparable en intensité, en brutalité, au choc pétrolier de 1973 » affirmait Bruno Le Maire.

 

A Keolis Besançon Mobilités, un service assuré et inchangé

« Nous sommes également impactés par cette problématique du coût de l’énergie de manière générale Â» souligne Carol Ambrosini, directeur marketing client et mobilités chez Keolis, le délégataire de Ginko pour le Grand Besançon Métropole. Cette énergie représente environ 6 à 7% des charges de l’entreprise. « Mais on a la chance, en tant que gros consommateur, d’avoir des accords et un groupement de commandes avec les différents réseaux de Keolis qui permettent d’avoir des prix plus accessibles que les particuliers, et de limiter le coût de carburant et de l’énergie de manière plus générale. Lorsque l’on commande une quantité et de l’énergie au même distributeur, il y a forcément des économies d’échelle qui sont générées derrière » poursuit Carol Ambrosini. Que les bisontins et grands bisontins se rassurent, pour l’heure aucune pénurie de carburant n’est envisagée, selon Keolis Besançon. Dans ce cas de figure, les transports publics sont prioritaires, au même titre que les véhicules d’urgence et ceux des forces de l’ordre. Même constat concernant l’offre proposée, et les tarifs. « Aujourd’hui, on peut dire qu’il n’y aura pas d’impact sur l’offre des transports proposée par Grand Besançon Métropole. Les tarifs n’évoluent pas, et les transports publics peuvent rester cette alternative pour les déplacements des bisontins et grands bisontins Â» précise Carol Ambrosini.

 

Quelques chiffres :

Sur la partie urbaine, 115 véhicules circulent (bus & tram). Ils effectuent environ 5 millions de kilomètres par année.

30% de la flotte de bus fonctionne au gaz, et le tram à l’électrique. Le reste au gasoil. 1,5 million de litres de gasoil ont été consommés en 2019 et 950 000 nm3 (nanomètre cube) de gaz.