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Dans un communiqué de presse, le député Modem  Laurent Croizier annonce l’ouverture de discussions avec Ludovic Fagaut (LR) en vue d’un « grand rassemblement » en vue des municipales de Besançon. Il dénonce cinq années de gestion écologiste marquées, selon lui,  Â« par des débats accessoires, au détriment de la sécurité, de l’emploi et de la qualité de vie Â». L’alternance est jugée « vitale » pour redonner à la ville « sérénité et ambition ». Précisons qu’Éric Delabrousse, le candidat du parti Horizons d’Edouard Philippe, tiendra une conférence de presse mardi, à la mi-journée, avec Agnès Martin ( Renaissance).

Jean-Philippe Allenbach, président du Mouvement Franche-Comté et ancien candidat à la municipale de 2016, avait annoncé il y a quelques mois son intention de présenter une liste "anti-partis" en 2026 si le centre-droit ne parvenait pas à s’unir. Selon lui, l’éparpillement des voix favoriserait une nouvelle victoire de la gauche, alors que celle-ci ne représenterait que 40 % des électeurs bisontins au premier tour.

La déclaration de Ludovic Fagaut, ce mercredi, affirmant sa volonté de rassembler le centre-droit — et même le centre-gauche — pour les prochaines municipales, a donc été accueillie avec satisfaction par Allenbach. Le Mouvement Franche-Comté se dit prêt à apporter son soutien politique, logistique et médiatique à une telle liste d’union, à condition que celle-ci intègre certains éléments du programme défendu par le mouvement en 2016.

C’est depuis le Mémorial des Glacis, haut lieu de mémoire, que Ludovic Fagaut (Les Républicains) a officialisé ce mardi sa candidature à la mairie de Besançon pour les élections municipales des 15 et 22 mars prochains. Déjà chef de file de l’opposition municipale depuis 2020, l’élu entend incarner « une grande union républicaine » allant du centre-gauche à la droite républicaine.

Une candidature sous le signe du rassemblement

Dans un discours long et solennel, Ludovic Fagaut a martelé son appel à dépasser les clivages partisans : « Je ne serai pas le candidat d’un parti. Je serai le candidat des Bisontines et des Bisontins. » L’actuel  1er vice-président du conseil départemental du Doubs, battu de seulement 567 voix en 2020 face à l’écologiste Anne Vignot, entend cette fois fédérer un large arc républicain contre ce qu’il qualifie de « dogme sectaire » et « d’idéologie mortifère » portée selon lui par l’extrême gauche. Son collectif, « Besançon maintenant », se veut le laboratoire de ce rassemblement.

L'interview de la rédaction : Ludovic Fagaut 

Le poids de l’expérience et de la proximité

Fort de onze années d’expérience municipale, dont six passées comme leader de l’opposition, Ludovic Fagaut insiste sur sa connaissance des dossiers locaux et son ancrage de terrain : « Être maire ne s’improvise pas. Être maire se construit avec philosophie, stratégie et expertise. ». L’élu revendique avoir sillonné sans relâche les quartiers, les associations et les commerces de la ville pour construire un projet « concret, pragmatique et à l’écoute des habitants ».

Un projet municipal articulé autour de plusieurs priorités

Ludovic Fagaut a esquissé les grandes lignes de son programme municipal, qu’il promet de détailler dans les prochaines semaines :

  • Sécurité : « Je veux être le maire de l’ordre, celui qui dira aux délinquants : votre place n’est pas dans nos rues. »
  • Économie et commerce : soutien aux indépendants, redynamisation des commerces de centre-ville et attractivité renforcée par une animation continue.
  • Vie associative et culturelle : valoriser le tissu associatif et relancer la dynamique culturelle de la ville.
  • Mobilités : garantir « le libre choix » des usagers, qu’ils soient piétons, cyclistes, automobilistes ou usagers des transports, grâce aux nouvelles technologies et à une meilleure fluidité.
  • Environnement : défendre une écologie « pragmatique et non dogmatique », adaptée aux réalités locales et respectueuse des finances publiques.
  • Services publics : rétablir la confiance entre les agents municipaux et la mairie, avec une organisation « claire et efficace ».

L'interview de la rédaction : Ludovic Fagaut 

Une vision historique et symbolique de Besançon

Tout au long de son allocution, Ludovic Fagaut a puisé dans l’histoire et le patrimoine bisontins pour nourrir son récit politique. De la Besançon romaine à l’héritage de Vauban, en passant par Victor Hugo ou Stendhal, il a rappelé que « Besançon n’a jamais été l’œuvre d’un seul homme », mais bien « le fruit d’une construction collective ».

Une campagne qui s’annonce polarisée

En s’érigeant comme le candidat de l’ « union républicaine », Ludovic Fagaut cherche à élargir son socle électoral au-delà de la droite traditionnelle. L’élu mise « sur le rejet d’Anne Vignot Â», actuelle maire écologiste soutenue par La France insoumise, qu’il accuse de « divisions » et de « dogmatisme ». À moins de six mois du scrutin, sa déclaration lance officiellement une campagne qui s’annonce tendue, où les thèmes de la sécurité, du cadre de vie et de l’identité bisontine devraient occuper une place centrale.

Le candidat du Rassemblement national, Jacques Ricciardetti, a dernièrement lancé sa campagne pour les municipales de Besançon. Entouré de la députée Géraldine Grangier et du conseil régional Julien Odoul, il a présenté ses premiers colistiers, dont Thomas Lutz et Anaïs Vial, et revendiqué une "liste jeune et ouverte", soutenue notamment par le collectif Némésis.

Fidèle à la ligne sécuritaire de son parti, il propose de doubler les effectifs de la police municipale, de créer des brigades de nuit et cynophile, et d’armer tous les agents. Côté mobilité, il mise sur la gratuité des parkings le samedi après-midi, un passage souterrain place Leclerc, et la gratuité de l’autoroute entre Planoise et Marchaux.

Autre dossier sensible : le déplacement du parc des expositions Micropolis aux Auxons. Candidat pour la seconde fois, il veut faire de la sécurité et de l’économie les piliers de son programme.

Entretien avec Asmi Halem ( 30 ans), jeune chef de file désigné par le Parti communiste français bisontin pour les élections municipales. L’élu a pour mission de négocier avec les autres forces de gauche afin d’éviter une victoire de la droite dans la cité.  Sa mission : mener les discussions avec les autres formations de gauche à Besançon, avec l’objectif d’élaborer un programme commun et définir une stratégie partagée pour les municipales de 2026, avec l’idée de présenter une union dès le premier tour. Ce qui est loin d’être gagné.

L'interview de la rédaction : Hasni Alem 

Une union large… malgré les tensions

Le PCF souhaite rassembler autour d’une alliance incluant Europe Écologie Les Verts (EELV), La France insoumise (LFI) et le Parti socialiste (PS) et Place Publique. Les relations ne sont cependant pas au beau fixe : EELV et le PS envisagent de se présenter séparément, mais les négociations restent ouvertes. « On rencontre tout le monde », insiste Hasmi Alem, convaincu que seule une gauche unie peut conserver Besançon.

Éviter un basculement à droite

Pour le communiste, une désunion serait « un désastre » pour les classes populaires. Une droite rassemblée pourrait l’emporter, changeant durablement les priorités de la ville. La stratégie définitive sera tranchée après la Fête de l’Humanité (12-14 septembre). Trois options se dessinent : une liste commune avec EELV et LFI menée par Anne Vignaud, une alliance avec Place Publique de Jean-Sébastien Lebas, ou, en dernier recours, une liste communiste autonome.

Un positionnement revendiqué

Certains observateurs s’attendaient à voir le PCF repartir avec la majorité sortante sans débat. Mais le parti réclame le respect de son poids politique et de ses propositions. S’il soutient en principe les maires de gauche sortants, il rappelle que ce principe n’est pas toujours appliqué par les autres forces, qui n’hésitent pas à présenter des listes contre des édiles communistes ailleurs.

 

Des priorités programmatiques claires

Le parti n’entend pas déroger sur ces axes programmatique, qui, selon lui, représentent des attentes claires pour la population.

Tranquillité publique : création d’un second commissariat, ouverture d’une halte sur l’addiction, et mise en place d’un service de médiation dans tous les quartiers. « La police seule ne suffit pas », insiste Asmi Halem, qui veut un travail concerté entre associations, services publics et forces de l’ordre.

Mobilités : prolongement de la gratuité des transports pour les moins de 26 ans, les minimas sociaux et les plus de 60 ans, développement du réseau bus et tram, mise en place d’un plan cyclable ciblant en priorité les quartiers et communes périphériques peu équipés.

Action sociale : hausse substantielle de la subvention au CCAS « pour maintenir l’ensemble de ses missions Â», et renforcement de la coopération avec l’État et les associations.

Logement : moratoire sur les démolitions de logements sociaux, construction de 400 à 500 logements par an, et exigence de 30 % de logements sociaux dans tous les nouveaux projets.

L'interview de la rédaction : Hasni Alem 

Conclusion : l’unité ou le risque

Pour le PCF, l’objectif reste de « permettre à la gauche de se rabibocher » avant septembre. Les discussions entamées depuis plusieurs mois pourraient déterminer si la gauche part rassemblée ou dispersée dans une campagne municipale qui s’annonce déterminante pour l’avenir politique de Besançon.

Les militants du Parti Socialiste et de Place Publique ont officialisé leur union en vue du premier tour des élections municipales de mars 2026 à Besançon. Réunis en assemblée générale, ils ont désigné Jean-Sébastien Leuba comme tête de liste commune.

Ce choix marque « une volonté de proposer une alternative social-écologique cohérente, fidèle aux engagements municipaux pris depuis 2020, et distincte des alliances élargies  à La France Insoumise qui suscitent des inquiétudes parmi certains électeurs Â».

La démarche portée par Jean-Sébastien Leuba et Gilles Vieille-Marchiset, co-référent régional de Place Publique, « vise à bâtir un projet inclusif, humaniste et connecté aux réalités locales Â». « Une campagne tournée vers le dialogue, la justice sociale et la lutte contre les inégalités sera lancée dès cet été, avec une conférence de presse prévue en septembre pour dévoiler les grandes lignes du programme Â».

Dans un communiqué adressé à la presse locale, Nicolas Bodin réagit, sur le fond et la forme,  Ã  la demande d’Ahmet Polat, secrétaire fédéral à la coordination du Parti Socialiste du Doubs, de rentrer dans le rang  face au risque d’une candidature dissidente aux municipales. S’estimant écarté des échanges, l’élu bisontin affirme ne pas avoir été destinataire du communiqué envoyé, en début de semaine,  Ã  la presse et regrette l’absence de dialogue direct avec la direction du PS local.

Il se félicite toutefois que le parti défende désormais, localement, une ligne autonome, proche de ses convictions, après avoir longtemps alerté sur des désaccords de fond avec la majorité sortante. Hostile à toute alliance avec La France Insoumise, il apprécie que « la ligne sociale-démocrate s’impose « tant sur le programme et les alliances Â»  et annonce qu’il ne participera plus aux réunions internes liées aux municipales, tout en restant en attente d’un projet « à la hauteur » pour Besançon et son agglomération. Quant à son projet politique et son avenir, M. Bodin reste flou. Affaire à suivre.

Le conseil fédéral du Parti Socialiste du Doubs réaffirme son soutien à Jean-Sébastien Leuba comme unique chef de file socialiste pour les élections municipales de 2026 à Besançon. Il rappelle « la légitimité de son élection, validée à l’unanimité Â», tout en appelant « Nicolas Bodin à respecter le choix des militants et à renoncer à toute candidature parallèle sous l’étiquette socialiste Â». Le PS du Doubs prône « une campagne sous le signe du rassemblement et de la transparence Â».

A Besançon, plus de 1 000 Bisontines et Bisontins lancent  un appel à l’unité des forces de gauche et écologistes autour d’Anne Vignot, en vue des municipales de 2026. Dans ce manifeste, les signataires défendent « des valeurs de solidarité, justice sociale et écologie Â», et appellent « Ã  dépasser les divisions face aux enjeux démocratiques actuels Â». L’appel est ouvert à toutes celles et ceux qui souhaitent bâtir un projet commun pour l’avenir de la ville. Pour de plus amples informations :  https://framaforms.org/appel-citoyen-pour-lunion-des-gauches-et-des-ecologistes-a-besancon-municipales-2026-1749466377

Dans le cadre des échanges politiques à Besançon pour les prochaines élections municipales, CAP21 a pris part à une rencontre entre les partis de gauche, organisée à l’initiative de la maire Anne Vignot. Le mouvement « salue cette démarche de dialogue et de collaboration, qui a permis d’aborder les enjeux clés du territoire Â».

CAP21 réaffirme son souhait « de voir les forces de la gauche et du centre se rassembler, sans associer La France Insoumise (LFI) Â». Le parti reste favorable « Ã  une co-construction avec Nicolas Bodin, déjà candidat déclaré, dans le but de bâtir une vision commune et un projet structurant pour la ville Â».