Sans réelle surprise, Ludovic Fagaut a été élu président de Grand Besançon Métropole (GBM), recueillant 97 voix sur les 122 conseillers communautaires. Une large majorité qui conforte l’ancrage politique du maire de Besançon à la tête de l’intercommunalité. Face à lui, l’élue bisontine insoumise Séverine Véziès n’a obtenu que huit suffrages, tandis que Jacques Adriasen en a récolté deux.
Une feuille de route axée sur le développement et l’attractivité
Dans son discours d’installation, le nouveau président a fixé les grandes orientations de sa mandature. Parmi ses priorités figurent : le développement économique du territoire, l’aménagement urbain, la sécurisation des entreprises, notamment celles du secteur du luxe, le renforcement des politiques culturelles, sportives et touristiques… . L’objectif affiché est clair : valoriser le territoire du Grand Besançon et renforcer son attractivité, y compris à l’international. Dans cette optique, Ludovic Fagaut a également insisté sur la nécessité de consolider les partenariats existants, en particulier avec la Suisse voisine.
Un exécutif installé conformément aux règles
Cette première assemblée a également permis de mettre en place l’exécutif de la nouvelle mandature. Au total, 15 vice-présidents et 17 conseillers délégués ont été élus. Catherine Barthelet accède au poste de première vice-présidente. Elle sera entourée notamment d’Anne Falga, Pascal Routier, Patrick Ayache, Patrick Jacques, Nathalie Bouvet, Jean-Paul Michad, Anthony Nappez, Laurence Mulot Césari, Pascal Dériot, Philippe Regenass, Pierre Charles Henry, Franck Monneur, Laurent Jeunet et Franck Bernard.

Catherine Barthelet
L’élection controversée de Franck Bernard
L’un des temps forts de cette installation reste l’élection de Franck Bernard, maire de Chevroz, au poste de quinzième vice-président. Soutenu par une partie de la majorité, cet élu, qui revendique son attachement aux valeurs du Rassemblement National, a remporté son duel face à Gérard Monnien avec 58 voix. Cette nomination a suscité de vives réactions. La gauche bisontine, appuyée par Patrick Ayache, maire de Pirey et pourtant membre de l’exécutif, a tenté en vain de faire barrage à sa candidature. Plusieurs élus ont exprimé leur inquiétude quant à l’entrée d’un représentant assumé de cette sensibilité politique au sein du bureau de GBM.

Franck Bernard

Gérard Monnien
Des tensions autour de la gouvernance
Malgré l’appel à une « présidence collégiale » lancé par Ludovic Fagaut, des voix discordantes se sont rapidement fait entendre. Séverine Véziès, Aline Chassagne, Anthony Poulin et Anne Vignot ont exprimé leurs réserves, dénonçant un manque d’ouverture. La contestation s’est cristallisée autour de la nomination de Franck Monneur comme 13 vice-président et dernier représentant du secteur bisontin. La gauche bisontine reproche notamment l’absence de représentants de l’opposition au sein du bureau, malgré des engagements initiaux du président. Ludovic Fagaut a justifié cette décision par la présence de La France Insoumise dans les rangs de l’opposition, provoquant une vive réaction des élus concernés. Séverine Véziès a fermement répondu, appelant le président à revoir son positionnement : « Il n’y a pas de sous-élus dans cette instance », a-t-elle déclaré, rappelant les 19 000 électeurs ayant soutenu la gauche à Besançon lors du scrutin municipal de mars.

Séverine Vézies

Aline Chassagne

Anthony Poulin
Une mandature qui débute sous tension
Si l’élection de Ludovic Fagaut ne faisait guère de doute, la mise en place de son exécutif révèle déjà des lignes de fracture politiques. Entre volonté affichée de rassemblement et critiques de l’opposition, la nouvelle gouvernance de Grand Besançon Métropole débute dans un climat contrasté.
Une installation marquée par un climat explosif
Comme on pouvait s’y attendre, le premier conseil municipal de Besançon sous l’ère du nouveau maire Ludovic Fagaut s’est déroulé dans un climat particulièrement tendu. Consacrée à l’installation de la nouvelle équipe municipale, la séance a rapidement viré à l’affrontement politique. Dans une ambiance électrique, les échanges se sont durcis au fil des prises de parole, laissant peu de place à l’apaisement.
L’opposition quitte la séance
La situation a dégénéré après l’intervention de la maire sortante, Anne Vignot. À la suite de cette prise de parole, plusieurs élus d’opposition ont demandé à s’exprimer. Face au refus du maire de leur accorder la parole, le ton est monté, entraînant une suspension de séance. À la reprise, les tensions ne sont pas retombées. Anthony Poulin, désormais dans l’opposition, a dénoncé publiquement des manquements au règlement intérieur du conseil municipal. Dans la foulée, l’ensemble de l’opposition — représentée notamment par Anne Vignot et Sévèrine Véziès — a décidé de quitter la salle, claquant la porte de l’assemblée.
Un scénario qui rappelle la précédente mandature
Cet épisode n’est pas sans rappeler les tensions de la précédente mandature. À l’époque, Ludovic Fagaut et Laurent Croizier, alors dans l’opposition, avaient eux-mêmes pratiqué ce genre d’initiatives pour protester contre la conduite des débats. Un renversement de situation qui illustre la continuité des rapports de force au sein de l’assemblée bisontine, malgré l’alternance politique.
Un maire inflexible face aux critiques
Malgré les protestations, Ludovic Fagaut est resté ferme. Refusant de revenir sur sa décision, il a poursuivi le déroulement de la séance, assumant une ligne de conduite jugée rigide par ses opposants. Cette posture a directement conduit au départ précipité de l’opposition, scellant une première fracture visible dans cette nouvelle mandature.
Une mandature qui s’annonce agitée
Ce premier conseil municipal donne le ton : les relations entre majorité et opposition s’annoncent particulièrement tendues dans les mois à venir. Entre contestations sur la méthode, accusations de non-respect des règles et affrontements politiques, les prochains conseils municipaux pourraient être tout aussi houleux.
Une chose est certaine : à Besançon, le changement de majorité n’a pas apaisé les débats. Bien au contraire.
Ce vendredi 20 juin, Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, sera à Besançon pour un débat inversé intitulé « L’écologie, trop importante pour être confiée aux Écologistes ? ». La rencontre, ouverte au public, se tiendra à 20h30 à la salle Jean Zay (77 rue des Cras), en présence notamment de Dominique Voynet, Anne Vignot et Anthony Poulin. Un moment d’échange citoyen autour des enjeux écologiques actuels.
Environ 300 citoyens, militants écologistes, apiculteurs et représentants d'associations environnementales se sont rassemblés ce lundi devant l'Agence régionale de santé (ARS) à Besançon. Objectif : protester contre la récente adoption parlementaire de la controversée "loi Duplomb", perçue comme un recul environnemental majeur.
L'interview de la rédaction : Anthony Poulin, adjoint à la Maire de Besançon, suppléant de la Députée écologiste Dominique Voynet
Une loi jugée « pro-pesticides » et « anti-vivant »
Adoptée sans débat suite à un rejet préalable à l’Assemblée nationale, la loi Duplomb prévoit la réintroduction de certains pesticides jugés nocifs, dont les néonicotinoïdes. Pour les opposants, cette décision « marque une dérégulation brutale au détriment de la santé publique, des écosystèmes et des agriculteurs eux-mêmes ». « L’Assemblée nationale est privée de débat sur ce sujet fondamental », s’indigne Anthony Poulin, adjoint à la Maire de Besançon et suppléant de la député écologiste Dominique Voynet, à l’initiative de ce rassemblement bisontin. « On nous vend cette loi comme un soutien aux agriculteurs, mais elle ne répond en rien à leurs revendications : ni revalorisation de leurs revenus, ni fin des traités de libre-échange. » ajoute M. Poulin.
L'interview de la rédaction : Anthony Poulin, adjoint à la Maire de Besançon, suppléant de la Députée écologiste Dominique Voynet
Un mouvement porté par la société civile
À l’initiative de ce rassemblement : la députée Dominique Voynet, qui, après le vote parlementaire, a lancé un appel à la mobilisation citoyenne. Une quinzaine d’associations naturalistes, apicoles et agricoles, ainsi que des représentants de la Confédération paysanne, ont donc répondu présent. « Nous voulons créer un véritable lobby citoyen pour dire stop aux pesticides. Il est possible de nourrir sans empoisonner », complète l’élu bisontin. Une délégation de cinq personnes a été reçue par la direction de l’ARS pour ouvrir un dialogue sur les risques sanitaires liés à cette législation.
L'interview de la rédaction : Marie Colette, apicultrice et militant écologiste
Des témoignages alarmants
Parmi les participants, des apiculteurs, reconnaissables à leurs tenues symboliques, alertent sur la disparition progressive des pollinisateurs. « Les néonicotinoïdes, ce sont des poisons. Quand les insectes disparaissent, c’est toute la chaîne du vivant qui s’effondre », témoigne Marie Colette, une apicultrice. « Cette année, je n’ai pas entendu un seul merle dans mon quartier ». Elle déplore aussi les conséquences sanitaires humaines : « Peut-on vraiment accepter une hausse des cancers, des maladies neurodégénératives comme Alzheimer ou Parkinson, au nom du profit ? »
Un climat politique tendu pour l’écologie
Cette loi s’inscrit dans une série de mesures récentes perçues comme anti-écologiques, notamment le projet de l’autoroute A69 ou l’affaiblissement des zones à faibles émissions (ZFE). « L’écolo-bashing, ça suffit ! » lance Anthnoy Poulin. « Réveillez-vous ! Le dérèglement climatique est là , il faut agir maintenant » lance-t-il en direction des parlementaires.
Un appel à la mobilisation générale
« C’est le début de quelque chose », espère-t-il. Le mouvement souhaite s’inscrire dans la durée, à la fois par la pression citoyenne et par des actions de terrain. « Tous ceux qui tiennent à la vie, à la nature, à leur santé doivent nous rejoindre. »
Alors que les débats politiques semblent évités, la rue entend bien faire entendre sa voix. Car, pour beaucoup, l’avenir — celui de la planète comme celui des générations futures — est tout simplement en jeu.
Demain soir, la Ville de Besançon se positionnera sur le budget 2025, le dernier de l’actuelle mandature. Le montant de ce dernier exercice comptable s’élève à près de 225 millions d’euros. Ce qui porte l’investissement à 50 millions d’euros. Soit une progression de 5 millions d’euros par rapport à l’année précédente et une progression de 32% par rapport à 2019, la première année du mandat d’Anne Vignot à la tête de la ville de Besançon. Compte tenu du contexte économique actuel, Anthony Poulain, l’élu en charge des finances, évoque un budget 2025 « ambitieux et prudent ». Parmi les difficultés rencontrées, les aides de l’état. Si ,certes, la baisse est moins importante que prévue (32,8 millions d’euros), la dotation globale de fonctionnement reste inférieure à ce qu’elle était ces dernières années ( 34 millions, il y a 10 ans). Les investissements seront encore nombreux cette année : projet de médiation à Battant, maison des femmes, plan école et crèche, projets autour des places Olaf Palme et des Clairs Soleils, augmentation du nombre de places dans les cantines scolaires, végétalisation de la ville,… . Le soutien aux associations, à hauteur de 8,6 millions d’euros, et au CCAS, pour 11 millions d’euros, font également partie des choix budgétaires.
L'interview de la rédaction : Anthnony Poulin
La colère d’Anne Vignot
Les désengagements répétés de l’Etat et de certaines collectivités locales, comme le Conseil Départemental du Doubs qui, selon la maire de Besançon, n’assure plus entièrement ses missions dans le domaine du social, font monter Anne Vignot au créneau. A l’image de maires d’autres territoires en France, elle demande à l’Etat « de reprendre ses obligations régaliennes, notamment en matière de sécurité ». « Les réductions de moyens entraînent un transfert des responsabilités, vers les niveaux inférieurs, notamment les communes. C’est insupportable » déclare-t-elle. Et de poursuivre : « les communes sont de plus en plus sollicitées pour prendre en charge les difficultés locales. C’est irresponsable ». Anne Vignot pointe les promesses gouvernementales qui n’aboutissent pas. « Il ne faudra pas s’étonner que plus personne ne veuille croire en notre gouvernement » s’insurge Mme Vignot. Dans sa ligne de mire : la création d’un deuxième commissariat de police, qui n’avance pas, et le dispositif FAR à Battant, la Force d’Action Républicaine, qui semble ne plus être d’actualité.
L'interview de la rédaction : Anne Vignot
Médiation sociale sur le secteur de Battant élargi
La Ville de Besançon s’est engagée dans une démarche de médiation sociale afin de compléter les dispositifs déjà existants sur le quartier de Battant. Deux personnes seront recrutées et pourraient entrer en service en juin prochain. Leur mission, tisser du lien avec les acteurs de terrain et aller à la rencontre des usagers de l’espace public. Un budget de fonctionnement à hauteur de 250.000 euros a été consenti par la Ville, qui souhaite redonner une nouvelle dynamique à ce secteur bisontin, qui multiplie les difficultés.
L'interview de la rédaction : Anne Vignot
C’est l’heure de faire les comptes à la Ville de Besançon. Jeudi, lors du dernier conseil municipal avant le mois de septembre, l’adjoint aux finances présentera à l’ensemble du conseil municipal l’impact de la crise sanitaire sur le budget de la collectivité. En chiffres, cet impact se mesure à hauteur de 1,14 million d’euros en plus de ce qui était prévu. La Ville avait lors de la présentation de son budget prévisionnel prévu 1 million d’euros pour pallier cela et devra donc trouver des moyens de financer le surplus. Pour entrer dans le détail, l’impact de la crise au sein de la collectivité se justifie notamment par l’absence de revenus issus des taxes sur les jeux du Casino JOA, par la gratuité des musées, l’exonération des terrasses, ainsi que la location du Kursaal.

Pour trouver des financements, la Ville de Besançon souhaite se doter d’un questionnaire qui sera soumis aux différentes banques. La collectivité recherche une éthique parfaite chez l’institut bancaire qui financera la Ville. Les questions porteront sur la transparence de la banque, sur leurs actions en termes d’environnement (financement d’énergie fossile par exemple), ainsi que sur les actions sociales mises en place au sein de l’entreprise (Lutte contre les discriminations, parité salariale, etc…). Besançon est la première collectivité en France à mettre en place ce type de démarche auprès de ses potentiels partenaires bancaires.
Anne Vignot et ses adjoints ont aussi dévoilé leur stratégie de développement touristique. La Ville, désormais doublement labellisée à l’UNESCO, veut retrouver son statut de « Commune Touristique ». Ce label français reconnu par le préfet, permettrait à Besançon de bénéficier de plus de possibilités et de plus de facilité à l’organisation d’évènements. Dernier point à l’ordre du jour, la RN57, qui défoule les passions politiques depuis maintenant plusieurs années. Sur ce sujet, il faudra attendre jeudi et le conseil lui-même pour en apprendre davantage, la maire Anne Vignot n’ayant pas souhaité parler de ce dossier.