Alertée par la problématique de la dégradation du mobilier urbain et du territoire, Emilie Daclin, éducatrice spécialisée au Point d’Accueil Ecoute Jeunes de Pontarlier, s’est attachée les services du graffeur professionnel Benjamin Locatelli pour sensibiliser les collégiens et les lycéens de Pontarlier à ces faits, qui inquiètent et agacent.
Durant la pause méridienne, des temps d’échanges ont été organisés, dans les établissements scolaires de la ville, avec des jeunes volontaires ou ayant exercé cette discipline dans des endroits non adaptés, qu’ils s’agissent de leur collège et lycée ou ailleurs. Ces discussions ont ainsi permis d’aborder l’aspect illégal et légal du graff. Les deux intervenants ont trouvé ces discussions très riches et intéressantes. « J’ai commencé par le graff illégal. Alors, en racontant mon parcours, j’ai réussi à casser quelques barrières Ca a permis d’échanger tranquillement entre nous » explique Benjamin Locatelli.
« La culture du respect se perd »
Pas facile de comprendre les motivations qui poussent des personnes à utiliser le graff pour saccager ou occuper des espaces qui ne leur appartiennent pas. Aujourd’hui, dans notre société, deux mondes semblent se confronter. Celui qui consiste à vandaliser un espace pour des raisons diverses, que l’auteur juge parfois légitime. Et celui qui s’organise autour « d’un réel respect du support, du spectateur et du message » explique Benjamin Locatelli. Selon lui, aujourd’hui, les jeunes ont la possibilité de s’exprimer et de montrer leur talent en la matière, sans se cacher et en toute légalité. Certaines collectivités mettent à leur disposition des espaces réservés et vont jusqu’à subventionner des projets. C’est parfois le cas à Pontarlier. « Profitez de ce cadre là , au lieu de faire du graffiti n’importe où et d’en payer les conséquences plus tard» conseille Benjamin.































