De retour en Franche-Comté après sa participation aux championnats du monde d’Ironman à Hawaï, le 10 octobre dernier, Virgil Bofelli mesure désormais la portée de son exploit. Le jeune sportif franc-comtois, également traileur et footballeur, a découvert une épreuve bien plus éprouvante qu’il ne l’imaginait. Entre conditions météorologiques extrêmes, problème matériel et dépassement de soi, il revient sur une expérience qui l’a profondément marqué. Malgré la souffrance, l’envie de recommencer est déjà présente. Avec de nouveaux objectifs ambitieux : le marathon de Paris et l’Ironman des Sables-d’Olonne en 2027.
Une expérience unique au milieu du Pacifique
Quelques jours après son retour en France, Virgil garde des souvenirs particulièrement intenses de son séjour à Hawaï. Le jeune Franc-Comtois a participé aux championnats du monde d’Ironman, organisés à Kona, sur l'archipel américain. Une compétition prestigieuse, réunissant des triathlètes parmi les meilleurs de la planète, mais dont la difficulté l'a surpris. « L'aventure a été particulièrement incroyable. Aller courir au bout du monde, au milieu du Pacifique, c'est une expérience vraiment unique. Mais la course en elle-même était très dure. Je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi dur », confie-t-il. Le programme avait pourtant de quoi impressionner : 3,8 kilomètres de natation dans l'océan Pacifique, 180 kilomètres à vélo, puis un marathon de 42,195 kilomètres. Le tout dans un environnement réputé pour ses conditions climatiques particulièrement exigeantes.
L'interview de la rédaction : Virgil Bofelli
Des vagues, du vent et une chaleur étouffante
Au-delà des distances, ce sont surtout les conditions météorologiques qui ont rendu l'épreuve redoutable. Dès la natation, les concurrents ont dû affronter un océan particulièrement agité. « L'océan était vraiment déchaîné ce jour-là. Il y avait beaucoup de vagues », raconte le jeune homme. Sur le parcours cycliste, les 180 kilomètres ont été marqués par des vents puissants, une difficulté bien connue des participants à l'Ironman d'Hawaï. Mais le plus éprouvant restait encore à venir. Après avoir posé le vélo, le jeune Franc-Comtois a dû s'élancer sur un marathon disputé sous une chaleur intense, accompagnée d'une forte humidité. Une grande partie du parcours empruntait une route traversant des paysages désertiques, avec peu de répit pour les organismes déjà sollicités par plusieurs heures d'effort. « On s'y attendait, mais quand tu le vis vraiment, c'est particulièrement dur. Et c'est ce qui rend la course d'autant plus belle. »
« Plus jamais je fais un Ironman ! »
L'arrivée restera l'un des moments les plus marquants de son aventure. À bout de forces, Virgil Bofelli reconnaît avoir franchi la ligne dans un état d'épuisement extrême. « Quand j'ai franchi la ligne d'arrivée, je n'étais plus beaucoup lucide. Je ne me souviens même plus trop de l'avoir franchie », explique-t-il. Sa première réaction a été radicale. « Je me souviens avoir dit : plus jamais je fais un Ironman, plus jamais je me mets dans des états comme ça. C'était vraiment l'extrême de l'extrême. » Pourtant, quelques jours plus tard, le discours a déjà changé. Durant son voyage de retour vers la France, la souffrance a progressivement laissé place à la satisfaction d'avoir vécu une expérience hors du commun. « Au début, je disais plus jamais. Et là, j'ai déjà envie d'en refaire un. Le cerveau oublie un peu la douleur, mais j'ai l'impression qu'il en redemande aussi ». Une contradiction qui illustre la relation particulière que les sportifs d'endurance entretiennent avec l'effort et le dépassement de leurs limites.
L'interview de la rédaction : Virgil Bofelli
Un vélo endommagé avant même le départ
Cette aventure avait pourtant commencé par une mauvaise surprise. À son arrivée à Hawaï, le sportif a découvert que son vélo avait été endommagé pendant le transport aérien. Un incident particulièrement stressant à quelques jours d'une compétition préparée pendant de longs mois. « La mésaventure du vélo qui arrive cassé de l'avion m'a mis un gros coup de pression quelques jours avant la course. J'avais déjà le stress de l'épreuve, mais rajouter ça, ce n'était vraiment pas nécessaire". Le triathlète en tire une leçon : même avec une préparation minutieuse, il reste impossible de tout maîtriser. « Tu as beau te préparer des mois et des mois, au final, rien ne se passe comme prévu. C'est un peu comme dans la vie ». Une impression partagée, selon lui, par plusieurs concurrents rencontrés après l'arrivée.
L'interview de la rédaction : Virgil Bofelli
Une 46e place mondiale dans sa catégorie d'âge
Sur le plan sportif, Virgil a d'abord éprouvé une certaine déception. Son chronomètre final ne correspondait pas à l'objectif qu'il s'était fixé. Il avait notamment réalisé un temps comparable à celui de son précédent Ironman des Sables-d'Olonne, disputé deux ans auparavant. Mais avec le recul, le jeune Franc-Comtois a relativisé cette comparaison. Les conditions d'Hawaï, nettement plus difficiles, ne permettaient pas d'évaluer les deux performances de la même manière. Surtout, son classement final lui a permis de mesurer la qualité de son résultat.
Virgil Bofelli termine à la 46e place de sa catégorie d'âge et se situe autour de la 380e place au classement général, sur quelque 2 500 participants.
« Je suis très content avec du recul, parce que j'arrive 46e de ma catégorie, sachant que ce sont les meilleurs du monde », souligne-t-il. Une performance qui vient récompenser les nombreux mois de préparation nécessaires pour décrocher sa place sur cette compétition internationale.
L'interview de la rédaction : Virgil Bofelli
Une coupure indispensable avant de repartir
Après une telle débauche d'énergie, place désormais au repos. Virgil Bofelli a choisi de s'accorder une véritable coupure, aussi bien physique que mentale. « Là, je suis en repos total. Je voulais vraiment couper. J'en avais besoin mentalement et physiquement, et ça fait du bien. » Le jeune sportif sait néanmoins que cette première expérience hawaïenne lui servira pour la suite.
Le marathon de Paris et les Sables-d'Olonne dans le viseur
Malgré la fatigue et la nécessité de récupérer, le Haut-Doubiste ne manque pas de projets. Après avoir découvert ce qu'il considère comme l'un des sommets du triathlon mondial, il souhaite désormais progresser sur le plan chronométrique. Deux échéances figurent déjà à son programme. La première sera le marathon de Paris, avec un objectif particulièrement ambitieux : passer sous la barre des 2 heures et 30 minutes. Le second rendez-vous est fixé à 2027, avec un retour sur l'Ironman des Sables-d'Olonne. Cette fois, le jeune Franc-Comtois aimerait franchir un nouveau cap en terminant l'épreuve en moins de neuf heures. « Une fois que tu as fait les championnats du monde d'Ironman, tu as un peu touché le Graal du triathlon. Tu peux toujours faire mieux, y retourner et réaliser un meilleur temps. » Pour y parvenir, il sait qu'une nouvelle préparation, particulièrement exigeante, sera nécessaire.
L'interview de la rédaction : Virgil Bofelli
L'envie de repousser encore ses limites
Cette première participation aux championnats du monde d'Ironman restera une étape importante dans son parcours sportif. Habitué à multiplier les disciplines, entre trail, football et triathlon, le jeune Franc-Comtois a découvert à Hawaï une autre dimension de l'endurance. Au-delà du classement et du chronomètre, il retient surtout l'intensité d'une expérience qui l'a poussé jusqu'à ses limites. Quelques jours après avoir juré de ne plus jamais recommencer, le voilà déjà tourné vers de nouveaux défis. La preuve que, chez Virgil Bofelli, la passion de l'effort et l'envie de progresser ont rapidement repris le dessus sur la souffrance.
À 25 ans, Virgil Boffelli, originaire du Haut-Doubs, participera aux Championnats du monde Ironman, le 10 octobre à Hawaï. Une opportunité obtenue par tirage au sort, qu’il prépare avec une discipline de fer. Derrière le rêve, une année d’entraînement et de sacrifices, tout en menant, en parallèle, ses études dans le domaine de la finance.
Il lui reste trois heures de vélo. Une centaine de kilomètres à avaler, juste après l’interview. Virgil Boffelli a pourtant commencé à réduire la charge à l’approche de son rendez-vous hawaïen. Mais dans son quotidien, même une journée allégée garde des allures de longue sortie. Depuis un an, le Doubien de 25 ans organise sa vie personnelle autour d’une ambition : participer aux Championnats du monde Ironman. Le 10 octobre, cette ambition prendra la forme de 3,8 kilomètres de natation, 180 kilomètres à vélo et d’un marathon de plus de 42 kilomètres. Le tout dans la chaleur et l’humidité d’Hawaï. « C’est un peu le Graal absolu du triathlon longue distance », résume-t-il.
L'interview de la rédaction : Virgil Boffelli
Un billet chanceux, une préparation au long cours
Virgil ne cherche pas à embellir les circonstances de sa participation. Son billet pour Hawaï, il l’a obtenu par tirage au sort, après l’annulation de l’épreuve qu’il préparait à Nice. Une chance, reconnaît-il volontiers. Mais certainement pas une invitation à improviser. « Je ne vais pas laisser cette chance là me filer sous le nez. » L’objectif mondial était déjà installé dans sa tête. Pour lui donner une consistance, il s’est attaché les services d’un entraîneur de Montpellier, où il a commencé le triathlon. Chaque lundi, le programme apparaît sur son application. Endurance, vitesse, enchaînements : les séances structurent la semaine. « Moi, j’ai juste à appliquer, on va dire comme un petit robot. » La formule fait sourire. Elle raconte surtout la place prise par cette préparation.
Le réveil à 6 heures, les longueurs et la solitude
Pendant un an, les journées se sont remplies de séances matinales, de passages à la piscine et de sorties à pied entre midi et deux. L’entraînement revient sept jours sur sept, avec de très rares coupures. « Ça doit se compter sur les doigts d’une main, les jours de repos que j’ai pris depuis un an ». Le jeune homme raconte la longueur du chemin, les séances effectuées seul, la fatigue d’une répétition quotidienne. Les kilomètres s’accumulent, mais l’effort tient aussi dans cette capacité à recommencer. À sortir quand l’envie manque. À respecter un programme dont l’échéance paraît longtemps lointaine. Aujourd’hui, Hawaï se rapproche. « Là, on voit le bout et je suis très content d’arriver au bout. » Dans les mots, la fierté précède déjà la ligne d’arrivée.
L'interview de la rédaction : Virgil Boffelli
Les copains attendront
À 25 ans, cette discipline a un prix. Les amitiés nouées en école de commerce se sont construites dans une vie sociale que la préparation a bousculée. Les sorties se raréfient. Les soirées se décident en fonction du lendemain. Difficile de prolonger la nuit lorsque quatre heures de vélo et une heure et demie de course à pied figurent au programme. Ses amis le soutiennent, mais l’absence a parfois été difficile à gérer. Il décrit ce renoncement comme l’un des aspects les plus difficiles de son projet. Il en mesure également les bénéfices : une meilleure hygiène de vie, davantage de concentration et une discipline qui déborde du terrain sportif. Sa préparation s’est même invitée dans ses entretiens d’embauche. Le 19 octobre, neuf jours après la course, il commencera à travailler dans la finance à Paris.
L'interview de la rédaction : Virgil Boffelli
Après Hawaï, gagner sa place
Pour ce rendez-vous mondial, Virgil n’avance pas de promesse chronométrique. Il espère d’abord que tout se passera bien, jusqu’au bout du marathon. La suite reste ouverte. Il évoque le marathon de Paris, auquel il est inscrit, avec l’ambition de descendre sous les 2 h 30. Le trail l’attire aussi. Mais une autre idée insiste : retourner aux Championnats du monde en 2027, cette fois en décrochant sa qualification en course. Le tirage au sort lui a ouvert la porte d’Hawaï. Il aimerait désormais se donner les moyens d’y revenir.
L'interview de la rédaction : Virgil Boffelli
Virgile Boffelli recherche encore des sponsors et des partenaires. Celui qui vient de signer avec une grande marque de produits alimentaires dans le sport peut être contacté via les réseaux sociaux, notamment sur Instagram.