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Elections régionales : Quelles sont les raisons de l’échec du Rassemblement National ?

Publié le 28 Jui. 2021 à 00:06
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Elections régionales : Quelles sont les raisons de l’échec du Rassemblement National ?

 

Que s’est-il passé au Rassemblement National ? Comment expliquer cette déconvenue dans les urnes, alors que quelques semaines avant le premier tour des élections régionales, la liste de Julien Odoul était annoncée victorieuse, dépassant les 30%. Propos chocs, démission et désolidarisation de conseillers régionaux, polémiques répétées, ou abstention historique ? En tout cas, ce dimanche soir les urnes ont tranché : Marie-Guite Dufay, la présidente sortante, est réélue à 42% des suffrages exprimés. Julien Odoul cumule 23% des voix.

 

Un échec dû aux nombreux "déboires" du candidat ?

Il était annoncé vainqueur par tous les sondages pendant des semaines. Il termine finalement sur la troisième marche du podium des élections régionales. Alors qu’il avait le vent en poupe, Julien Odoul ne remportera pas la région Bourgogne-Franche-Comté. Plusieurs facteurs peuvent démêler les raisons de cette déroute. Tout commence lorsque Le Canard enchaîné remet au goût du jour la vidéo érotique réalisée dans sa jeunesse. Certains de ses collègues du Rassemblement National ont d'ailleurs utilisé ces documents, datant de 2014, pour essayer de l'écarter de la tête de liste. Mais Julien Odoul assume totalement, et estime par la suite que ces clichés pourront l'aider à convaincre de nouveaux électeurs. Puis, jeudi 3 juin, deux semaines avant le premier tour des élections régionales, Libération divulgue un enregistrement clandestin de propos douteux sur le suicide d’un éleveur. En répondant à un autre conseiller régional RN sortant, Jacques Ricciardetti, qui se demandait si l’agriculteur retrouvé pendu avait « laissé une trace ? S’est-il pissé dessus ? », Julien Odoul avait répondu « Est-ce que la corde est française ? » lors d’une réunion du groupe de son parti au conseil régional en décembre 2019. Mais c’est aussi un signalement adressé le lendemain, vendredi 4 juin, par trois des conseillers régionaux sortants de son groupe au procureur de la République de Dijon. Ils l’accusent, implicitement, d’avoir employé de façon fictive une collaboratrice, une ancienne Miss Elégance Bourgogne, âgée de 25 ans. Le cumul de ces déboires, additionné au passé sulfureux du candidat RN aura sans doute laissé un goût amer dans la bouche de nombreux électeurs.

 

odoul ricciardetti

  

Une déroute causée par d'innombrables facteurs, selon Julien Odoul

Mais pour la tête de liste du Rassemblement National, tous ces désagréments ne sont pas la raison de son échec. Un sentiment partagé par l’ensemble des militants présents ce dimanche soir à l’hôtel Ibis de Besançon, rue de Trey, où ils étaient réunis aux côtés de Julien Odoul. Ce dernier avait dénoncé « les boules puantes d’un système pris de panique », depuis les sondages l’annonçant vainqueur. Et les raisons expliquant cette déroute sont nombreuses selon lui. Crise sanitaire, problème de communication, manque de lisibilité, distribution déficiente des professions de foi, manque d’information et de communication et du gouvernement, reports multiples de ces deux scrutins, qui pour bon nombre des concitoyens, apparaissaient « illisibles voire inutiles » d’après Julien Odoul. Il dénonce un manque de communication affligeant, en attendant que le gouvernement réponde de ses actes. « Je pense que de nombreux recours seront déposés, compte tenu de cette situation et des carences en matière de distribution du matériel, ainsi que d’innombrables autres déficiences ».

 

Quelles perspectives pour la Rassemblement National dans la région ?

D’un ton grave et empreint, Julien Odoul débutait son discours à 20h30, après l’annonce officielle des résultats du deuxième tour des élections régionales. « C’est une formidable défaite pour notre démocratie, pour nos institutions. C’est une formidable victoire pour les sortants, qui sont tous réélus et plébiscités. Ce second tour a montré une nouvelle fois que notre démocratie est malade, à bout de souffle, car elle a été émiettée depuis 30 à 40 ans par des politiques qui n’ont pas su entendre nos concitoyens […] Il y a aujourd’hui une réelle crise de la démocratie, une désaffection, un désenchantement qui est palpable que nous avons tous entendu au cours de cette campagne ». S’adressant ensuite à ses électeurs, mais aussi aux citoyens qui ne se sont pas rendus aux urnes, le candidat RN a assuré qu’il continuerait sa mission à la Région, en défendant leurs convictions et leurs valeurs. Mais surtout qu’il sera présent aux côtés de Marine Le Pen pour la campagne présidentielle qui s’ouvrira prochainement. Car s’il n’a pas été élu, Julien Odoul assure que ce qu’il a entendu « sur les marchés » tout au long de cette campagne, c’est que les citoyens se déplaceront bel et bien en 2022, mais pour déposer un bulletin de vote au nom de Marine Le Pen. Julien Odoul maintient qu’il n’y a pas de désaffection du RN, et que les études d’opinion le prouvent. Qu’il n’y a aucune remise en cause des idées, du programme, ou de la vision portée par Marine Le Pen. Mais que le problème provient avant tout d’un problème de calendrier, d’élections mal comprises, et jugées non essentielles. « Les citoyens se réservent pour l’échéance suprême. Et nous, on sera là en tant que militants et élus du Rassemblement National, pour porter Marine Le Pen à l’Elysée » conclut Julien Odoul. 

 

 

Dernière modification le lundi, 28 juin 2021 00:47