La journée nationale de mobilisation de ce jeudi 5 novembre a rassemblé à Besançon des manifestants préoccupés par leur pouvoir d’achat et l’avenir des services publics. Ils étaient 9000 à battre le pavé dans la cité comtoise. Nathalie Faivre, du SNES-FSU dans le Doubs, souligne la persistance du mécontentement. Yves, un habitant de Besançon, explique avoir pris une journée pour manifester, notamment par solidarité avec ses enfants.
Les salaires, l’école et les services publics restent au centre des revendications. À l’issue du rassemblement bisontin, Nathalie Faivre retient une mobilisation qui témoigne, selon elle, d’une colère profondément installée. « Les raisons du mécontentement sont profondes et […] concernent énormément de personnes », estime la représentante du SNES-FSU dans le Doubs. Pour la syndicaliste, les mots d’ordre dépassent les préoccupations d’un seul secteur professionnel. L’amélioration du pouvoir d’achat rejoint la demande de moyens pour les services publics, notamment pour permettre « une meilleure école pour nos enfants ».
Un parcours contesté et des cortèges séparés
La manifestation a été marquée par des heurts avec les forces de l’ordre à hauteur du pont Battant. Des participants ont rejoint le centre-ville malgré les restrictions préfectorales sur l’itinéraire. Nathalie Faivre met en cause la gestion du parcours par la préfecture. Selon elle, les organisations syndicales avaient déposé leur itinéraire une dizaine de jours auparavant et n’ont reçu une réponse que la veille au soir. Elle considère que cette situation a contribué aux flottements observés pendant le rassemblement et à la séparation des manifestants en plusieurs cortèges. Rappelons que, lors de l’examen du recours, le tribunal administratif de Besançon a estimé que l’itinéraire alternatif préservait la liberté de manifester tout en limitant les risques de troubles à l’ordre public.
L'interview de la rédaction : Nathalie Faivre
Yves, mobilisé pour l’avenir de ses enfants
Parmi les manifestants, Yves, habitant de Besançon, est venu défendre les services publics et les perspectives offertes aux jeunes. Sa démarche est d’abord familiale : il manifeste par solidarité avec ses enfants, lycéens et étudiants, dont il juge l’avenir de plus en plus incertain. Sa préoccupation concerne aussi l’hôpital public et, plus largement, l’ensemble des services publics. « C’est vrai que tout se dégrade et donc c’est aussi pour ça que je manifeste aujourd’hui », explique-t-il. Prendre une journée pour participer à la mobilisation représente cependant un effort. Yves souligne que cette possibilité n’est pas accessible à tous, particulièrement lorsque les fins de mois sont difficiles. Il décrit cette démarche comme « un sacrifice nécessaire malheureusement ».
L'interview de la rédaction : papa manifestant
Une nouvelle date en discussion
Pour Nathalie Faivre, les revendications restent entières après cette journée. Elle estime que les réponses du gouvernement ne permettent pas de satisfaire les attentes sur les salaires et les services publics. Aucune prochaine échéance n’est annoncée. La représentante syndicale indiquait que les organisations devaient réfléchir, dès ce jeudi soir, à une nouvelle date de mobilisation.
L'interview de la rédaction : Nathalie Faivre