Alors qu’un meeting de soutien à Marine Le Pen, condamnée pour détournement de fonds européens, se tiendra ce dimanche 6 avril à Paris, place Vauban, le groupe Ecologistes et Solidaires au Conseil Régional de Bourgogne Franche-Comté pointe les excès de cette opération politique. Le collectif exprime « la contradiction totale » du parti de Marine Le Pen et de Julien Odoul, « avec son discours prônant l’intransigeance et la tolérance zéro en matière de justice ». Selon les Verts de Bourgogne Franche-Comté : « l’extrême droite témoigne son mépris vis à vis de l'égalité devant la loi ».
Emmanuel Macron poursuivra demain ses consultations en vue de la nomination d’un nouveau Premier ministre et de la composition d’un gouvernement. Le Chef de l’Etat s’entretiendra, ce lundi, avec Eric Ciotti, chef de file de son micro-parti « Les Républicains à droite », Marie Le Pen et Jordan Bardella, pour le Rassemblement National, et les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale Gérard Larchet et Yaël Braun-Pivet.
Marine Le Pen n’a pas remporté l’élection présidentielle. Néanmoins, le Rassemblement National gagne du terrain en France. Le monde rural semble partager davantage les idées défendues par la candidate. En 10 ans, Marine Le Pen est passée de 12 à 48% des suffrages dans ce scrutin présidentiel.
En 2022, 17 points seulement séparent les deux candidats. Le conseiller régional Julien Odoul nuance la déception. Il explique l’ancrage régulier du vote national en France. L’élu bourguignon pense déjà à la suite. Les élections législatives sont dans toutes les têtes. Selon lui, le parti sera en mesure de présenter des candidats capables de défendre les idées de Marine Le Pen à l’Assemblée Nationale en juin prochain.
L'interview de la rédaction / Julien Odoul
Emmanuel Macron a été réélu à la tête du pays. Un nouveau quinquennat débute ce lundi. Le président de la République arrive en tête dans le département du Jura avec 53% des voix. Dans ce département, le taux de participation s’élève à 76%/
Martine Chevillard, retraitée de l’union nationale interprofessionnelle des retraité-es solidaires, qui s’était opposée au programme d’Emmanuel Macron il y a quelques semaines, était déconfite le soir de l’annonce des résultats du premier tour. Pour elle comme pour la rue qui grondait ce week-end, cela revient à choisir « entre la peste ou le choléra », notamment concernant les retraités. Comme l’explique Martine Chevillard, les deux programmes négligent complètement cette population, représentant 17 millions de Français. Mais selon elle, celui de la candidate du Rassemblement National est encore plus alarmant. « Le danger que peut représenter le programme de l’extrême droite pour des retraités est profond. Leur projet, basé sur l’exclusion et la haine, concerne autant les vieux que les étrangers. On sera dans le collimateur de la même façon. Quand on voit la gestion des municipalités aux mains du Rassemblement National, la première chose que toutes les municipalités ont fait, ça a été de supprimer toutes les lignes correspondant à des engagements sociaux. Les étrangers qui arrivent ne viennent pas pour les cotisations sociales, ils viennent pour sauver leur peau. Alors ce sera non, non et non ».
« Nous, les retraités, sommes angoissés. Très angoissés » murmure Martine Chevillard. Car le prochain quinquennat laisse planer une situation menaçante pour les retraités. Ils sont 17 millions en France, dont 5 millions qui connaissent des difficultés financières, et 1 million à vivre sous le seuil de pauvreté. « On a fait le bilan de ce qu’on a subi pendant 5 ans, sous le gouvernement ultra libéral de Macron. Et ce bilan est tellement affligeant qu’on a dû revenir sur toutes les agressions que l’on a subies ». Hausse de 25% de la contribution sociale généralisée, gel de la revalorisation des pensions deux années de suite, augmentation des inégalités sociales en règle générale, la liste est longue. « Combien de retraités ont désormais recours au restaurant du cœur, au secours populaire. C’est affligeant et contradictoire avec ce que Macron disait lors de son élection : Avec moi, le pouvoir d’achat des retraités sera préservé. Encore un mensonge ». Pour Martine comme pour de très nombreux Français, il n’y aura pas d’issue heureuse ce dimanche, mais il faudra pourtant faire un choix. Un choix qui, on l'espère, considérera cette majeure partie de la population, parfois oubliée, négligée et délaissée, et qui aura besoin du soutien et de l’accompagnement d’une nation et d’un gouvernement sur lesquels elle pourra compter.
Mercredi, en fin d’après-midi, à 17h45, « le carrefour des démocrates » appelle à la mobilisation pour dire « non » à Marine Le Pen. Ce collectif a vu le jour, le 10 avril dernier, après les résultats du 1er tour de l’élection présidentielle. Jean-François Ligier, ancien maire d’Houtaud, présente un « mouvement citoyen, éloigné des partis politiques ». « Nous ne voulons pas que Marine Le Pen soit notre prochaine présidente » lance l’ancien élu du Haut-Doubs.
Il y a cinq, Jean-François Ligier avait déjà organisé une telle manifestation. « L’écart se réduit par rapport à 2017 » complète-t-il. Et de poursuivre : « à ce rythme-là, elle peut arriver à l’Elysée. Si on peut l’éviter, cela m’irait bien ». L’ancien élu centriste ne cache pas que la candidate du Rassemblement National « lui fait peur ». Il pointe notamment « son inexpérience » et « ses idées extrêmes », même ‘si cela s’entend moins aujourd’hui ». « Son image s’est adoucie. C’est volontaire. Néanmoins, quand on va au fond des choses, c’est tout autre. Ça ne me va pas ».
L'interview de la rédaction / Jean-François Ligier
Marine Le Pen et le Front National se sont qualifiés hier soir pour le second de l’élection présidentielle. En Bourgogne Franche-Comté, Mme Le Pen est arrivée en tête avec 27,35% des suffrages. Si dans le Doubs, Emmanuel Macron la devance, dans le Jura, elle s’est hissée en première position. Pour Julien Odoul, conseiller régional en Bourgogne Franche-Comté et porte-parole de la candidate, les résultats obtenus sont « porteurs d’espoir ».
Pour ceux qui tenteraient de diaboliser le Front National, il rappelle que Marine Le Pen est « la candidate du pouvoir d’achat » et « de l’amélioration du quotidien », avant de lister l’ensemble des mesures sociales et démocratiques qu’elle prendrait si elle arrive à l’Elysée. Julien Odoul demande à ses concitoyens de ne pas « écouter les caricatures et les exagérations » des opposants, mais de comparer le programme de chacun des deux candidats qui s’affronteront durant les quinze prochains jours.
Rassembler
C’est le mot d’ordre lancé par Julien Odoul, qui appelle « tous les patriotes français » à rejoindre Marine Le Pen. « Il faudra convaincre tous les Français qui refusent la retraite à 65 ans, qui aspirent à plus de sécurité, d’ordre républicain et qui veulent reprendre le contrôle. Ceux qui ne veulent pas que des directives soient ordonnés et commandités par un cabinet de conseils étranger, comme McKinsey, mais qui souhaitent retrouver la pleine maîtrise de leur destin ».
Il n’y a pas de doute, la campagne de l’élection présidentielle se poursuit. Les deux candidats vont se livrer pleinement dans la bataille, avec l’Elysée dans le viseur.
L'interview de la rédaction / Marine Le Pen
Ce dimanche s’est tenu le 1er Tour de l’élection présidentielle. Comme en 2017, Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont qualifiés pour le 2è tour de ce scrutin qui se déroulera le 24 avril prochain. En région Bourgogne Franche-Comté le taux de participation s’élève à 77%/ Marine Le Pen arrive en tête avec 27,3% des voix. Macron est deuxième avec 26,3% des suffrages. La troisième place revient à Jean-Luc Mélenchon (18,5%).
Les autres candidats
Éric Zemmour – Reconquête ! : 6,6 %
Valérie Pécresse – Les Républicains : 5,1%
Yannick Jadot – EELV : 4,4%
Jean Lassalle – Résistons ! : 4,2%
Nicolas Dupont-Aignan – Debout La France : 2,8%
Fabien Roussel - Parti Communiste Français : 2,1%
Anne Hidalgo- Parti Socialiste : 1,8%
Philippe Poutou – Nouveau Parti Anticapitaliste : 0,9%
Nathalie Arthaud – Lutte Ouvrière : 0,7%
Le bus de campagne présidentielle de Marine le Pen fait escale à Besançon ce vendredi 18 février sur le parking Chamars. Julien Odoul, les élus régionaux du rassemblement national et de la fédération du Doubs seront présents. A cette occasion, M. Odoul en profitera pour exposer le projet de Marine Le Pen et notamment « les 22 mesures phares pour défendre les Français ».