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À l’approche du conseil municipal du jeudi 17 septembre, l’exécutif bisontin a présenté, ce lundi 14 septembre, devant la presse locale, ses ajustements budgétaires et ses projets en matière de sécurité, de gestion de l’eau et de services municipaux. La réouverture du pont de la République aux voitures, absente de l’ordre du jour, s’est également invitée dans les échanges. Face aux inquiétudes de l’opposition et de certains usagers, le maire, Ludovic Fagaut, maintient son orientation, sans annoncer de calendrier.

Un ajustement budgétaire pour réduire le recours à l’emprunt

L'interview de la rédaction : Fabrice Taillard 

Sur le plan financier, la municipalité présentera une deuxième décision modificative depuis le début de la mandature. Il s’agit d’ajuster le budget 2026, voté en avril, en intégrant notamment des recettes nouvelles perçues durant l’été. Selon l’exécutif, cette opération permettra de réorienter des crédits, d’adapter les dépenses à l’avancement des projets et de réduire de plus de 500 000 euros le recours prévisionnel à l’emprunt. En fonctionnement, plus de 500 000 euros de dépenses supplémentaires seront compensés par des recettes équivalentes. En investissement, plus de 600 000 euros de nouveaux crédits sont annoncés.Par ailleurs, certains projets, notamment ceux concernant les écoles Vieilles-Perrières et Paul Bert, sont décalés et reportés sur le budget suivant en raison de contraintes de réalisation.

L'interview de la rédaction : Fabrice Taillard 

 

Sécurité : trente nouvelles caméras prévues d’ici fin 2026

La sécurité demeure une priorité affichée de la majorité. Une enveloppe de plus de 95.000 euros est prévue, notamment pour adapter le centre de tir du Fort Chaudanne à la formation des policiers municipaux à l’armement létal. La Ville annonce également le recrutement de sept policiers municipaux et des effectifs désormais complets chez les agents de surveillance de la voie publique, les ASVP.

L'interview de la rédaction : Jean-Pascal Reyes 

En matière de vidéoprotection, trente nouvelles caméras doivent être implantées d’ici à la fin de 2026 5 (400.000 euros, dont 200.000 euros apportés par l’Etat). Leurs emplacements sont définis avec la police nationale, en fonction des faits constatés et des besoins de couverture. Plusieurs secteurs de Planoise, de Battant et du centre-ville sont concernés, avec une attention particulière portée aux axes de fuite. Jean-Pascal Reyes, adjoint chargé du dossier, défend un dispositif « ciblé, proportionné et évalué ». Il présente les caméras comme un complément à la présence policière et précise qu’elles pourront être déplacées si leur implantation ne répond pas aux besoins. Selon l’élu, Besançon comptait 183 caméras à l’arrivée de la nouvelle équipe municipale. Il affirme que la précédente majorité n’en avait déployé que cinq durant son mandat. Une révision de la convention de coordination avec la police nationale doit accompagner ces évolutions. Une première étape portera sur l’armement et la formation, avant une réécriture complète annoncée d’ici à la fin de l’année.

L'interview de la rédaction : Jean-Pascal Reyes 

Gestion de l’eau : un objectif d’autonomie à la fin du mandat

La municipalité souhaite également développer la récupération de l’eau pour faire face aux périodes de sécheresse. Une étude de 50.000 euros doit examiner les possibilités concernant les équipements sportifs, notamment à la Malcombe et aux Orchamps. La réflexion porte aussi sur la piscine Lafayette, le centre technique municipal, l’Orangerie et le stade Léo-Lagrange. L’exécutif vise une « autonomie hydrique » à la fin du mandat pour plusieurs usages municipaux : l’arrosage des terrains et des plantations, l’entretien et le nettoyage des espaces publics. Le maire évalue ces besoins à environ 1.700 mètres cubes par semaine (90 m3 pour le fleurissement). Cet objectif nécessitera encore des études et des investissements importants. Ludovic Fagaut reproche à la précédente équipe un manque d’anticipation, citant notamment le stade de rugby des Orchamps, qui, selon lui, ne dispose pas d’installations de récupération d’eau.

Écocentre et propreté : des investissements programmés

Un investissement de 606.000 euros est prévu pour l’écocentre de la rue Jacquard, sur le site du centre technique métropolitain. L’opération doit améliorer le tri et le stockage des déchets de chantier, ainsi que la gestion des eaux de ruissellement. La municipalité souhaite une réalisation avant la fin de 2026, sans garantir à ce stade le respect de cette échéance. La décision modificative comprend également plus de 248.000 euros pour l’acquisition d’une balayeuse, avec une subvention de Citeo annoncée à hauteur du même montant. Une enveloppe de 220.000 euros est par ailleurs prévue pour renouveler des véhicules et du matériel municipal.

Restauration scolaire et soutien associatif

Pour la restauration scolaire, 41.000 euros doivent accompagner l’accueil de cent élèves supplémentaires pendant la pause méridienne. Une aide de 7.350 euros à Solidarité Femmes sera également soumise au vote, tout comme l’adhésion de Besançon à la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture.

Pont de la République : une orientation confirmée, des modalités attendues

La réouverture du pont de la République aux voitures ne sera pas examinée lors du conseil municipal du 17 septembre. Interrogé sur ce dossier, Ludovic Fagaut a néanmoins réaffirmé sa volonté de permettre le retour des automobilistes, dans le cadre d’une réflexion plus large sur la circulation. Le maire assure vouloir préserver le passage des vélos. « Ne pas opposer cyclistes et automobilistes », insiste-t-il, estimant qu’« il y a de la place pour tout le monde ». Les modalités de cette cohabitation restent cependant à préciser : aucun aménagement détaillé ni calendrier n’a été présenté pour répondre aux préoccupations de l’opposition et de certains cyclistes et piétons. Pour défendre cette orientation, Ludovic Fagaut attribue à la fermeture du pont un effet d’entonnoir sur plusieurs axes voisins, notamment les avenues Édouard-Droz et de l’Helvétie, ainsi que le boulevard Diderot.

Une étude au cœur de la controverse

Les conséquences attendues de cette réouverture suscitent également des interrogations. Lors de la conférence de presse, une question a porté sur une étude réalisée au sein de Grand Besançon Métropole, sur laquelle s’appuieraient les opposants au projet. Le maire a reconnu son existence, sans en présenter les conclusions ni répondre en détail aux objections évoquées. Il a surtout contesté les conditions de sa diffusion, affirmant que ce document n’avait pas vocation à être rendu public. Il a également mis en cause des fuites internes et la loyauté de certains agents envers l’exécutif. Les résultats de cette étude n’ont donc pas été explicités lors de cet échange.

La Ville de Besançon veut reprendre la main sur les problèmes de tranquillité publique qui touchent le square Saint-Amour. Entouré d’élus et de représentants des riverains, Ludovic Fagaut a présenté une série de mesures destinées à lutter contre les rassemblements nocturnes, les nuisances sonores et les trafics observés sur place.

Un lieu devenu sensible avec les beaux jours

Selon le maire de Besançon, l’arrivée des beaux jours entraîne une intensification des regroupements dans ce secteur de la Boucle. Le square Saint-Amour est régulièrement utilisé comme lieu de rassemblement en soirée, parfois après la fermeture des bars, avec des conséquences directes sur la qualité de vie des habitants.  La municipalité évoque des nuisances sonores répétées, des consommations d’alcool et de protoxyde d’azote, mais aussi des trafics de stupéfiants. Depuis un an, une cinquantaine d’interventions de la police municipale et nationale ont été recensées sur le secteur.  « À partir de 22 h ou 23 h, cela devient très complexe pour les riverains », a résumé Ludovic Fagaut, qui affirme avoir voulu « anticiper » avant une aggravation de la situation.

L'interview de la rédaction : Ludovic Fagaut 

Vidéoprotection et fermeture nocturne

Pour tenter d’enrayer ces phénomènes, plusieurs dispositifs ont été mis en place. Une caméra de vidéoprotection a été installée afin de surveiller le square en continu. La Ville a également décidé de maintenir l’éclairage public toute la nuit afin d’éviter les zones d’ombre, jugées propices aux regroupements et aux trafics.  Mesure phare annoncée par la municipalité : la fermeture du square Saint-Amour entre 22 h et 6 h jusqu’au 31 octobre 2026. Des potelets et des chaînes ont été installés aux différentes entrées afin d’empêcher matériellement la traversée nocturne du site. Un arrêté municipal interdit désormais l’accès au square durant cette plage horaire.

FAGAUT ARRETE MUNICIPAL SQUATE SAINT AMOUR 2

L'interview de la rédaction : Ludovic Fagaut 

Une stratégie appelée à s’étendre

Ludovic Fagaut assure que ces décisions ont été prises en concertation avec les riverains, réunis récemment avec les élus municipaux. La Ville affirme vouloir agir rapidement sur les questions de tranquillité publique et n’exclut pas de déployer des dispositifs similaires dans d’autres secteurs de Besançon confrontés aux mêmes difficultés.  « Nous voulons une ville apaisée où la tranquillité publique et la sécurité des habitants soient respectées », a insisté le maire, qui voit dans cette opération un premier test avant une possible extension à d’autres quartiers bisontins.

La sécurité s’impose comme l’un des marqueurs forts du budget 2026 à Besançon. À l’approche du conseil municipal de jeudi soir, la nouvelle majorité détaille sa stratégie : renforcement des effectifs, armement, vidéoprotection et réorganisation en profondeur de la police municipale. Elle proposera ainsi un budget de 584.000 euros pour mener à bien ses premières propositions, en attendant le prochain exercice comptable pour affirmer plus fortement ses ambitions.

Une présence renforcée dès maintenant

Pour Jean-Pascal Reyes, l’élu bisontin en charge de la sécurité, l’urgence est d’agir immédiatement, sans attendre les futurs recrutements. « Dans un premier temps, on va travailler avec les effectifs disponibles », explique-t-il. Une première phase déjà engagée, avec un objectif clair : accroître la présence des policiers municipaux sur le terrain. Un constat s’impose selon l’élu : « La police municipale est très souvent en première ligne, mais toujours en deuxième division à Besançon ». La municipalité souhaite donc réaffirmer son rôle, notamment en renforçant la coopération avec la police nationale, dans un contexte où la convention de coordination n’est plus en vigueur.

L'interview de la rédaction : Jean-Pascal Reyes, élu en charge de la sécurité 

Vers une police de proximité assumée

La nouvelle équipe municipale revendique une doctrine claire : développer une véritable police de proximité, à la fois préventive et opérationnelle. « La police municipale n’est pas une variable d’ajustement, ni une police supplétive. Elle est complémentaire », insiste M.  Reyes. Prévention, dissuasion, mais aussi capacité d’intervention : la municipalité veut une police municipale pleinement engagée face à la délinquance.

22 recrutements et un doublement des effectifs

Le budget 2026 prévoit le recrutement de 22 policiers municipaux. Une première étape avant un objectif plus ambitieux : doubler les effectifs d’ici la fin du mandat. Cette montée en puissance s’accompagnera d’investissements structurels, notamment la création d’un nouvel hôtel de police municipale. Les locaux actuels sont jugés « obsolètes », tant pour les conditions de travail que pour l’efficacité opérationnelle.

L'interview de la rédaction : Jean-Pascal Reyes, élu en charge de la sécurité 

Armement et vidéoprotection : des moyens renforcés

Autre évolution majeure : l’armement de la police municipale. Après les équipements déjà existants (pistolets à impulsion électrique, matraques, tonfas), la municipalité prévoit un armement létal. En parallèle, le dispositif de vidéoprotection sera étendu avec l’installation d’une trentaine de nouvelles caméras dès 2026. Objectif : améliorer le maillage du territoire en s’appuyant sur les données et indicateurs de la police nationale.

Un budget de transition, mais des priorités affirmées

Ces mesures s’inscrivent dans un budget 2026 qualifié de « transition », encore largement hérité de la précédente mandature. La municipalité assume toutefois une réorientation progressive. « Le vrai budget de la mandature sera celui de 2027 », reconnaît Jean-Pascal Reyes. D’ici là, l’exécutif entend poser les bases de sa politique, avec une priorité affichée : répondre à une « forte attente » des habitants en matière de sécurité.

Le vote du budget, jeudi soir, constituera ainsi un premier test pour la nouvelle majorité — et un signal politique fort sur ses orientations.