La Ville de Besançon a délivré le permis de construire de la future école des Vaîtes. Cette décision concrétise le choix de la nouvelle majorité municipale de construire un établissement neuf plutôt que de réhabiliter l'actuelle école Tristan-Bernard. Annoncée par le maire Ludovic Fagaut, cette orientation met un terme aux études comparatives engagées entre les deux scénarios. Les analyses techniques, fonctionnelles et financières ont conduit la municipalité à privilégier une construction neuve. Son coût est estimé à environ 12 millions d'euros, un montant présenté comme comparable à celui qu'aurait nécessité la rénovation de l'école existante.
Un établissement adapté au futur quartier
La future école regroupera les élèves de maternelle et d'élémentaire dans un même bâtiment. Une restauration scolaire commune est également prévue afin de simplifier l'organisation des familles et de favoriser un fonctionnement cohérent pour la communauté éducative. Le projet prévoit des salles de classe modernes, lumineuses et accessibles à tous les élèves, notamment ceux en situation de handicap. Les espaces extérieurs bénéficieront d'un accès direct à un environnement naturel et à des potagers pédagogiques destinés à développer les activités de plein air et les apprentissages.
Les limites de la réhabilitation
Selon la Ville, la rénovation de l'école Tristan-Bernard présentait plusieurs difficultés. Les travaux de désamiantage auraient nécessité le relogement des élèves pendant une année scolaire. La municipalité évoque également les contraintes liées au regroupement des classes maternelles et élémentaires, l'intégration de la restauration scolaire, des espaces extérieurs jugés insuffisants en raison de la proximité de la voie ferrée ainsi qu'un potentiel d'évolution limité. La nouvelle école accueillera les élèves actuellement scolarisés à Tristan-Bernard mais aussi ceux du futur quartier des Vaîtes, appelé à se développer dans les prochaines années.
Un projet urbain revu
La municipalité rappelle que le projet d'aménagement des Vaîtes a été revu. Elle met en avant une urbanisation à taille humaine, avec des immeubles moins élevés, l'abandon du projet de parking silo et la volonté de préserver davantage la place de la nature dans le futur quartier. Dans ce contexte, Guillaume Bailly, adjoint au maire chargé de l'urbanisme, a rencontré mercredi 8 juillet les jardiniers des Vaîtes. Il leur a réaffirmé que les espaces naturels et les jardins conserveraient une place importante dans le projet.
La Ville poursuit par ailleurs le processus de régularisation des parcelles. Les jardiniers qui souhaitent poursuivre leur activité pourront se voir proposer un nouveau lopin dans le futur quartier. Une cinquantaine d'entre eux ont déjà fait connaître leur intérêt et leurs demandes seront examinées en priorité.
L'association Les Jardins des Vaîtes, aux côtés de plusieurs organisations, accuse le maire de Besançon Ludovic Fagaut d'avoir renoncé à ses engagements de campagne sur l'avenir des Vaîtes. Dans un communiqué, elle dénonce le refus de la Ville d'annuler la ZAC des Vaîtes et estime que la nouvelle municipalité poursuit le projet engagé sous le précédent mandat d'Anne Vignot. Les opposants critiquent également la délivrance du permis de construire de la future école du quartier et annoncent de nouveaux recours judiciaires, tout en lançant un appel aux dons pour financer ces procédures.
Un rassemblement est annoncé ce lundi 23 février devant l’Hôtel de Ville de Besançon, place du 8 Septembre, à l’occasion du conseil municipal. À l’ordre du jour : le vote d’une modification de la ZAC des Vaîtes. Selon les organisations mobilisées, cette révision valide un nouveau programme d’aménagement qu’elles qualifient de « bétonnage », s’appuyant sur une étude d’impact environnemental jugée sous-évaluée.
Le rassemblement débutera à 16h30 avec l’accueil des élus se rendant au conseil. Des prises de parole sont prévues à 17h30, pour une fin annoncée à 18h. L’appel est lancé par plusieurs organisations locales, dont Les Jardins des Vaîtes, Alternatiba, la Confédération Paysanne Doubs Territoire de Belfort, le Comité local des Soulèvements de la Terre Besançon….
Les organisateurs veulent réaffirmer leur opposition à l’urbanisation du secteur des Vaîtes et appellent à une large mobilisation.
Un recours gracieux pour freiner la bétonisation
Dix organisations ( association les Jardins des Vaîtes, Alternatiba, la Confédération Paysanne, la Confédération Nationale du Logement, FSU 25, Solidaires 25,…) ont déposé un recours gracieux collectif contre la modification n°13 du Plan local d’urbanisme (PLU) de Besançon. Ce texte ouvre la voie à l’urbanisation du secteur des Vaîtes, un espace maraîcher et naturel situé en cœur de ville.
L'interview de la rédaction : Claire Arnoux
Des enjeux sociaux et environnementaux majeurs
Pour Claire Arnoux, figure de l’opposition au projet, les Vaîtes représentent bien plus qu’une réserve foncière. Le projet d’urbanisation menace d’expulser des jardiniers installés parfois depuis plus de 50 ans, via un plan de remembrement. Le collectif défend ces terres comme des îlots de fraîcheur, des espaces de biodiversité et des lieux de sociabilité essentiels dans une ville confrontée au réchauffement climatique. S’il reconnaît la nécessité de logements, il plaide pour une réhabilitation du parc existant.
Alternatiba : des alternatives existent
Du côté d’Alternatiba Besançon, le projet ne répond toujours pas à une raison impérative d’intérêt public majeur. En 2023, le tribunal administratif avait déjà bloqué un premier projet de 1 150 logements pour cette raison. Le nouveau projet, réduit à 600 logements, reste selon l’association incompatible avec la préservation d’une vingtaine d’espèces protégées. Pour démontrer que d’autres solutions sont possibles, Alternatiba a lancé une carte participative recensant des friches industrielles (8 identifiées) et des bâtiments vacants (environ 19) pouvant être réhabilités ou densifiés. Les habitants sont invités à contribuer pour prouver que l’urbanisation des Vaîtes n’est pas indispensable.
L'interview de la rédaction : Une militante du collectif Alternatiba Besançon
Le regard des acteurs du logement
Pour Alain Jeunot, représentant de la Confédération Nationale du Logement, les grands projets de construction répondent souvent davantage aux besoins du secteur du BTP qu’à ceux des habitants. Il appelle à réorienter les efforts vers la réhabilitation thermique et structurelle du parc existant. Il rappelle que la densification excessive peut nuire à la qualité de vie, évoquant les difficultés rencontrées dans des quartiers, comme Planoise, lors du confinement. Enfin, il souligne l’importance climatique des Vaîtes : « lors des épisodes de canicule, ces zones maraîchères affichent des températures plus basses que le reste de la ville ».
L'interview de la rédaction : Alain Jeunot
Une opposition structurée et déterminée
Environnement, logement, justice sociale : l’opposition au projet des Vaîtes se révèle multisectorielle et cohérente. Les associations mobilisées défendent une stratégie fondée sur la préservation des terres agricoles, la réhabilitation du bâti existant et l’utilisation des friches urbaines. Le recours gracieux vise à maintenir la pression sur la future municipalité et à rappeler l’importance de préserver ces espaces naturels, considérés comme essentiels pour la biodiversité et la résilience climatique de Besançon.
À l’occasion du conseil communautaire de Grand Besançon Métropole, qui se déroulera ce jeudi soir, la modification du Plan Local d’Urbanisme, entérinant le projet des Vaîtes, sera soumise au vote. En réaction, une mobilisation est organisée ce soir à partir de 17h30 devant la Chambre de Commerce et d’Industrie, avenue de Villarceau. Ce même jour, à Marchaux, le projet de Zone d’Activité Commerciale sur des terres agricoles sera également présenté au vote. A Besançon, le collectif « les Jardins des Vaîtes » dénonce une « bétonisation destructrice du vivant ». Il est évoqué un « déni démocratique » et un « massacre écologique ».
Après l’enquête publique, la lutte pour les terres des Vaîtes se poursuit avec détermination. L’association Les Jardins des Vaîtes organise ce samedi une nouvelle journée d’actions et de rencontres à l’Agora, rue Max Jacob, dès 14h.
Au programme : village associatif, conférence gesticulée sur la précarité, visite guidée du quartier, théâtre, table-ronde des luttes et DJ set engagé.
Programme complet sur https://www.lesjardinsdesvaites.fr/jardinages3
La démarche participative engagée autour du projet d’aménagement du quartier des Vaîtes à Besançon franchit une étape clé. Après cinq mois d’échanges et d’analyses, les concepteurs urbains du groupement Ville Ouverte, en collaboration avec la Ville de Besançon et l’aménageur Territoire 25, ont dévoilé de premières esquisses du futur quartier. Cette avancée marque un tournant dans la conception du projet en intégrant largement les contributions des habitants et acteurs locaux.
Un premier aperçu du quartier
Lors d’un atelier participatif en ligne le 13 avril, une esquisse préliminaire du projet a été présentée aux Bisontins. Cette première représentation graphique permet de visualiser les intentions d’aménagement sans pour autant figer une version définitive. Parmi les propositions phares :
Un équilibre entre espaces naturels et zones construites, avec 11 hectares dédiés aux espaces paysagers et seulement 5 hectares constructibles.
Un urbanisme aéré, où les îlots végétalisés et les cheminements doux garantissent une accessibilité fluide et un cadre de vie agréable.
Une diversité architecturale incluant des bâtiments de 1 à 10 étages, pensés en cohérence avec le tissu urbain environnant.
La vocation jardinière confirmée
L’une des préoccupations majeures des riverains concernait l’avenir des jardins potagers informels du site. Après plusieurs mois de concertation, la Ville et Territoire 25 ont mené une démarche de régularisation permettant à 82 % des jardiniers recensés de pérenniser leur activité. Le site historique des « Deux vallons » restera préservé, avec 3 hectares consacrés aux potagers. Si des ajustements ont été nécessaires, notamment pour certains jardiniers le long de la rue de Charigney, la volonté des porteurs du projet est de « garantir la continuité de cette activité essentielle tout en favorisant l'intégration des futurs habitants ». « Le projet des Vaîtes continue de se construire dans l’échange et la concertation », selon la Ville, avec un prochain atelier prévu le 13 mai.
Ce week-end, Besançon accueillera les Assises de la coalition des jardins populaires en lutte. L’événement réunira des représentants de jardins menacés à travers la France ainsi que des chercheurs travaillant sur l’impact urbain du béton.
L’événement débutera, ce vendredi 2 mai, à 19h30, avec une table-ronde réunissant des chercheurs en géographie et des représentants des jardins menacés. Samedi 3 mai à 10h, une visite guidée des jardins des Vaîtes est organisée, suivie à 19h30 d’un ciné-débat autour du documentaire La Terre des Vertus, en présence du réalisateur Vincent Lapize et des Jardins à Défendre d’Aubervilliers.
Le combat se poursuit aux Vaîtes. L’association « les Jardins des Vaîtes » refuse toujours le projet d’écoquartier, pensé par la Ville de Besançon. A sa demande, le collectif rencontrera la municipalité le 25 mars, « pour porter ses revendications ». Par ailleurs, le samedi 30 mars, à partir de 15h, les militants organiseront un temps de rencontre, sous l’Agora, pour « échanger autour de la préservation des terres et jardins des Vaîtes. Pour les opposants, « la terre des Vaîtes doit être préservée. Préserver les jardins, c’est aussi dire non au béton ».
Dans un communiqué de presse, le collectif « les Jardins des Vaîtes » dénonce l’attitude de la mairie, qui aurait « changé les conditions du dialogue », concernant les règles de la démarche participative, qu’elle avait instituées. Il est notamment dénoncé l’annulation de trois ateliers participatifs, pourtant programmés, par un webinaire, « pour ne pas être perturbée ». Rappelons que la réunion du 11 décembre dernier, portant sur la présentation de l’acte 2 » avait été houleuse. La colère se porte également sur « les boîtes privées, payées 111.000 euros et 77.000 euros, qui s’en mettent de nouveau plein les poches ».
Selon le collectif, les changements annoncés marquent « la fébrilité de la mairie face à une opposition déterminée à préserver les Vaîtes ». Le 15 mars prochain, alors que la Ville organisera ses balades urbaines, « les Jardins des Vaîtes » organisera deux visites guidées, à 9h30 et 14h30. Un pique-nique partagé est également prévu à 11h30. Le point de ralliement est l’arrêt de tram « Vaîtes ».