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Il y a plus d’un mois, les forces de l’ordre alertaient sur la disparition inquiétante de Loan Bernede, un homme de 31 ans domicilié à Cuisia, dans le Jura. Désormais, les enquêteurs se dirigent vers une hypothèse plus tragique, celle de la piste criminelle, qui n’a cependant pas été confirmée par la découverte d’un corps. On a appris récemment qu’une personne originaire de Saône-et-Loire a été interpellée ce mercredi et placée en garde à vue. Une conférence de presse est prévue demain matin au parquet de Besançon. Elle pourrait porter sur cette disparition. Affaire à suivre.

Les enquêteurs bisontins reconstituent petit à petit le puzzle des derniers événements violents survenus à Besançon. Cela implique notamment le meurtre d’Abdelkader Mesref par balle à Besançon, le corps carbonisé dans la forêt de Thise, et plus récemment la découverte d’un cadavre déterré à Thoraise. Etienne Manteaux, le procureur de la République, tenait une conférence de presse cet après-midi. En deux mois d’enquête, il a souligné la progression et les avancées significatives réalisées. Cinq personnes ont été mises en examen et placées en détention dans le cadre de ces affaires.

 

Ce vendredi, Etienne Manteaux, le procureur de la République de Besançon, a rappelé les détails et la chronologie de ces affaires sordides. Un homme abattu par balles en février dans le quartier des Vaites à Besançon, un autre retrouvé en mars carbonisé et tué par balles dans la forêt de Thise, puis un cadavre déterré en bordure du Doubs à Thoraise au mois d’avril. En deux mois, la violence a frappé plusieurs fois, par « des faits d’une gravité exceptionnelle pour une ville comme Besançon », souligne Étienne Manteaux. Le principal suspect, un homme surnommé Tiks, soupçonné d’avoir pris part à trois homicides en moins de trois semaines. Des crimes que l’intéressé nie en bloc. Outre cet individu, quatre hommes issus de la communauté des gens du voyage ont été interpellés puis mis en examen pour séquestration en bande organisée suivie de mort. Un crime passible de la réclusion criminelle à perpétuité.

 

Trois victimes

Le premier assassinat commis par arme à feu dans une voiture remonte au 25 février, rue Anne-Frank à Besançon. Puis, quelques semaines plus tard, une nouvelle victime, Medhi Tiza, 22 ans, soupçonné de se livrer au trafic de produits stupéfiants. Le 8 mars, jour de sa disparition, le jeune homme était en compagnie d’un ami, Salim Touel. Leur dernière présence a été signalée à 20 h, avant qu’ils ne disparaissent pour être séquestrés dans un appartement situé rue des Roses. Salim Touel a été retrouvé brûlé dès le lendemain dans les bois de Thise, une balle dans la tête. Medhi Tiza a été découvert enterré dans un champ de Thoraise le 22 avril dernier. Son autopsie a révélé un important traumatisme crânien mais la cause de son décès reste incertaine et des analyses complémentaires sont en cours, sachant qu’aucune trace de coups de couteau ou de coups de feu n’a été constatée.

 

Téléphonie et voiture équipée de balise GPS

Selon les derniers éléments de l’enquête, les deux dernières victimes de Tiks ont bien été séquestrées dans un appartement rue des Roses. Des faits attestés par la téléphonie des suspects, qui a permis d’établir que le corps de Mohammed Tiza a été extrait de l’appartement le 9 mars aux alentours de 19h. Il aurait ensuite été enterré dans la nuit du 10 au 11 mars, grâce à une pelle jetée ensuite dans le Doubs, que des plongeurs ont retrouvée. Par ailleurs, les suspects avaient mis la main sur une Audi RS3 que sous-louait Mohammed Tiza. Ce véhicule disposait d’une balise GPS, révélant que ce véhicule a été utilisée pour transporter Selim Touel dans la forêt de Thise. Juste avant qu’il ne soit tué, un bidon d’essence a été acheté dans une station-service de Besançon. Cette Audi RS3 a été retrouvée incendiée quelques jours plus tard.

« L’enquête a progressé de façon majeure, avec des avancées significatives et deux mois et demi » a rappelé Etienne Manteaux. « Nous disposons d’un faisceau d’indices très large et d’éléments factuels » ajoute le procureur de la République.

 

Etienne Manteaux, le procureur de la République de Besançon :