Une prise de parole après le conseil communautaire
À travers une longue prise de parole publiée sur ses réseaux sociaux après le dernier conseil communautaire de la Communauté de communes du Grand Pontarlier, l’élu d’opposition pontissalien Bertrand Guinchard est revenu sur plusieurs sujets sensibles : la représentation des minorités, l’augmentation des indemnités des élus ou encore la gouvernance des syndicats locaux.
L’élu estime d’abord que les débats autour de la représentation des groupes minoritaires ont été réduits à une polémique médiatique. Selon lui, une autre organisation aurait pu être mise en place avec une place attribuée aux minorités dans chaque commission communautaire. Finalement, Bertrand Guinchard indique avoir obtenu un siège au sein de la commission « aménagement du territoire et économie », ainsi qu’une représentation dans les organismes Préval Haut-Doubs et Pays du Haut-Doubs.
Une opposition à la hausse des indemnités
Mais c’est surtout sur la question des indemnités que l’élu d’opposition se montre particulièrement critique. Il affirme s’être opposé à une hausse qu’il juge « conséquente » des rémunérations des élus communautaires : près de 50 % pour les vice-présidents, 300 % pour le conseiller délégué et 30 % pour le président.
« À l’heure des économies, le signal envoyé n’est pas forcément le bon », écrit-il, tout en reconnaissant la nécessité de rémunérer l’investissement des élus. Bertrand Guinchard appelle également à réfléchir à un éventuel plafond territorial des indemnités, rappelant que plusieurs responsables cumulent déjà des fonctions de maires ou d’adjoints.
Le poids des syndicats et organismes extérieurs
L’élu insiste également sur l’importance stratégique des syndicats et organismes extérieurs dans lesquels siège la collectivité. Il cite notamment les syndicats des eaux, l’EPAGE, Préval Haut-Doubs, le Pays du Haut-Doubs ou encore le syndicat mixte touristique des lacs et montagnes. Selon lui, la CCGP doit disposer d’un poids important dans ces structures, au regard de sa participation financière à certains équipements et services publics du territoire.
Dans son message, Bertrand Guinchard indique également que le maire de Pontarlier prendra la présidence du Pays du Haut-Doubs, tandis que le maire de La Cluse-et-Mijoux sera candidat à la présidence du syndicat des eaux de Joux.
Un appel à davantage de transparence
Enfin, l’élu d’opposition plaide pour davantage de transparence dans le fonctionnement de ces différentes instances. Il propose notamment l’ouverture des conseils au public et à la presse, ainsi que la publication systématique des comptes rendus afin, selon lui, que « chacun puisse assumer ses décisions ».
Le Conseil communautaire de la Communauté de communes du Grand Pontarlier se réunira ce mardi 12 mai, à 20h, à la Maison de l’Intercommunalité, rue Pierre-Déchanet à Pontarlier. À l’ordre du jour notamment : la modification de la composition du bureau communautaire, plusieurs désignations de représentants au sein de syndicats et organismes partenaires, la création de commissions, ainsi que des questions liées aux effectifs et aux indemnités des élus. Une retransmission sonore publique en direct sur YouTube sera proposée.
Après l’élection de Nicolas Barbe, le maire de Chaffois, à la présidence de la Communauté de communes du Grand Pontarlier, les réactions se multiplient dans le paysage politique pontissalien. Mise en cause par Patrick Comte, suite à son échec le 22 avril dernier, l’élue d’opposition Bénédicte Hérard assume pleinement son choix et rejette toute responsabilité dans la défaite du maire de Pontarlier. Elle défend une position « fidèle à ses engagements » et estime que le candidat battu n’a pas réussi à rassembler les communes du territoire autour de sa candidature. Rappelons que Nicolas Barbe est arrivé en tête avec 19 voix, 16 voix pour le Maire de Pontarlier.
Vous êtes mise en cause par Patrick Comte, qui estime que c’est aussi à cause de vous qu’il n’est pas devenu président de la Communauté de communes du Grand Pontarlier. Que lui répondez-vous ?
Je lui réponds d’abord que s’il n’est pas président du Grand Pontarlier, c’est avant tout de sa responsabilité. Le travail de rassemblement des maires autour de sa candidature lui revenait, pas à moi. J’ai été son opposante pendant toute la campagne municipale. J’ai toujours défendu l’idée de dissocier les fonctions de maire de Pontarlier et de président de la Communauté de communes du Grand Pontarlier. Je reste fidèle aux engagements que j’ai pris. Je n’ai trahi ni mes électeurs, ni mes convictions.
Est-ce dommage, selon vous, que la présidence échappe à la ville de Pontarlier ?
Cela dépend du point de vue. Le mien n’est pas celui-là . Si l’on regarde les intercommunalités en France, elles ne sont pas toutes présidées par le maire de la ville-centre. Il existe de nombreux exemples autour de nous. À la Communauté de communes des Lacs et Montagnes du Haut-Doubs, par exemple, la présidence était longtemps à Mouthe et elle revient aujourd’hui à Métabief.
Je pense sincèrement qu’à Pontarlier, nous n’avons pas le monopole des compétences. D’autres maires du territoire sont expérimentés, connaissent les dossiers et sont parfaitement capables d’assumer cette responsabilité.
Pour bien comprendre : Patrick Comte a obtenu 16 voix contre 19 pour Nicolas Barbe. Cela signifie qu’il a obtenu les voix de sa majorité et seulement deux soutiens supplémentaires. Il n’a donc pas réussi à convaincre les maires des petites communes ?
Effectivement, il n’a pas réussi à fédérer les maires des autres communes. Il n’a obtenu le soutien que d’un seul maire extérieur à Pontarlier. Or, dans ce type d’élection, le travail de préparation se fait entre les exécutifs des communes et les élus des listes victorieuses. C’est à eux de construire une majorité et une dynamique collective. Si M. Comte n’a pas su convaincre davantage de maires, ce n’est pas de mon fait. C’est sa responsabilité politique.
Des personnes disent aujourd’hui à Pontarlier que vous êtes restée fidèle à votre ligne de conduite.
Exactement. J’ai respecté les engagements que j’avais pris pendant la campagne et les objectifs que je m’étais fixés. Je suis opposée au mensonge et à la trahison. Et je rappelle aussi que j’étais l’adversaire de M. Comte lors des élections municipales. À un moment, il faut rester cohérent : est-ce que lui-même aurait voté pour moi ? Est-ce qu’il l’a fait pendant les municipales ? Je ne le crois pas.
Vous avez donc choisi de voter pour un élu qui habite le territoire, dites- vous
Oui. J’ai voté pour un maire investi dans la communauté de communes depuis plusieurs années. Lors du précédent mandat, il avait choisi de venir observer et apprendre le fonctionnement de l’intercommunalité, sans même demander de vice-présidence. Aujourd’hui, c’est quelqu’un qui maîtrise les dossiers et qui a démontré sa capacité à fédérer les communes du territoire. La preuve : il a réussi à rassembler tout le monde autour de lui, à l’exception de Pontarlier, ce qui est assez logique dans le contexte actuel.
Dernière question : avec une mutualisation importante des services entre la Ville de Pontarlier et la Communauté de communes du Grand Pontarlier, la cohabitation entre un maire et un président différents risque-t-elle d’être compliquée ?
Je pense qu’il suffit de travailler intelligemment et dans l’intérêt du territoire. Les élus devront avancer ensemble sur les dossiers communs. Au conseil communautaire, nous sommes avant tout des conseillers communautaires, au-delà des fonctions de chacun. Il faudra donc trouver un mode de fonctionnement constructif. C’est une situation nouvelle, certes, mais je rappelle que M. Comte avait lui-même appelé au changement. Aujourd’hui, le changement est là . Il faut désormais s’y adapter.
Les élus de la Communauté de Communes du Grand Pontarlier ont voté ce mercredi soir. Ils ont porté majoritairement Nicolas Barbe, le maire de Chaffois, à la tête de la collectivité locale. L’édile vainqueur obtient 19 voix. Alors que le Maire de Pontarlier n’a reçu que 16 voix. Précisons que le Maire de Pontarlier a refusé la 1ère vice-présidence de la collectivité. Par ailleurs, neufs vice-présidents ont été élus, ainsi que cinq autres membres du bureau.
1er vice-Président : Yves Louvrier ( La-Cluse-et-Mijoux, patrimoine et bâtiment)
2è vice-président : Jean-Louis Gagelin ( Pontarlier, aménagement du territoire et développement économique).
3è vice-président : Laurent Favre ( Dommartin, gestion et finances).
4è vice-président : Philippe Klein ( Pontarlier, développement durable et environnement).
5è vice-président : Bruno Tempesta (Doubs, gestion des moyens techniques et opérationnels).
6è vice-président : Nathalie Bertin ( Pontarlier, développement touristique et château de joux).
7è vice-président : Damien Guyot ( Houtaud, ressource en eau et assainissement).
8è vice-président : Raphaël Charmier ( Granes Narboz, gestion et valorisation des déchets).
9è vice-président : Agathe Henriet ( action sociale et service à al population).
1er membre complémentaire du bureau : Patrick Comte maire de Pontarlier).
2ème membre complémentaire du bureau : Lionel Malfroy (maire de Sainte-Colombe).
3ème membre complémentaire du bureau : Marc Louvrier ( les Verrières de Joux)
4ème membre complémentaire du bureau : Laurence Invernizzi ( maire de Vuillecin)
5ème membre complémentaire du bureau : Christian Petit (Doubs)