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L’assurance chômage a révisé hier sa prévision d’excédent pour 2024. La conjoncture économique et la moindre compensation par l’Etat d’exonérations de cotisations ont ralenti son désendettement. Selon l’UNEDIC, l’excédent financier ne devrait atteindre qu’un peu plus de 1 milliard d’euros en 2024, contre encore 5 milliards prévus en septembre dernier, avant de repartir à la hausse en 2025.  

A l’appel de plusieurs associations de défense des droits des demandeurs d’emploi, un rassemblement s’est tenu, ce matin, devant le pôle emploi de Montrapon, à Besançon, dans le secteur de Témis. Cette nouvelle mobilisation s’est déroulée dans un contexte de « stigmatisation » des demandeurs d’emploi et de nouvelles annonces gouvernementales en la matière.

Le collectif dénonce « la précarisation des demandeurs d’emploi, dont les droits se réduisent constamment ». Alain Tambolini d’AC Besançon pointe des réformes de l’assurance chômage « qui ont un impact sur le calcul et la durée des indemnisations des chômeurs ». Le militant bisontin dénonce des nouvelles politiques qui « fragilisent et culpabilisent ». Telles que la réforme du RSA, qui imposera 15 heures d’activité obligatoire, à compter du 1er janvier prochain, aux personnes sans emploi et la modification de la durée d’indemnisation des chômeurs âgés.

Revoir les conditions de travail

Selon Alain Tambolini, il est urgent de revoir les conditions de travail. Il ajoute que l’explication des 400.000 emplois non-pourvus en France et les 500.000 démissions recensées cette année est à creuser du côté des conditions de travail. « Le monde du travail est devenue tellement difficile  et pénible » explique le militant. Pour Alain Tambolini et ses soutiens, il est important de continuer d’agir « pour une vie décente, débarrassée du chômage, de la précarité, des sales boulots et de la misère ». Selon lui, pour faire progresser et améliorer la vie de tous, le système doit être en capacité de « taxer les profits, de cesser de faire des dizaines de milliards de cadeaux aux entreprises et de lutter contre les exonérations de cotisations sociales et la fraude fiscale ». Parmi les revendications demandées : le refus de la mise en place de France travail, l’indemnisation de tous les salariés, avec un minimum de 41 euros par jour, des emplois correctement rémunérés, la retraite à 60 ans, le gel des loyers et l’annulation de toutes les dettes locatives, une « prime de Noël » pour tous les chômeurs et le maintien de 24 mois de droits pour les plus de 55 ans.

L'interview de la rédaction : Alain Tambolini, militant de l'association "AC Besançon"

 

Hier, Olivier Dussopt, le ministre du travail, a déclaré vouloir relever de deux ans, de 57 à 55 ans, l’âge d’accès à une indemnisation plus longue pour les chômeurs seniors. Pour ce dernier, « le gouvernement doit être cohérent avec ce qu’il a fait sur l’âge de départ à la retraite ». Interrogé hier dans l’émission « Questions politiques », le ministre a rappelé que la durée maximale d’indemnisation des chômeurs par l’assurance chômage est actuellement de 18 mois jusqu’à 52 ans, 22 mois et demi pour les 53-54 ans et 27 mois pour les 55 ans et plus.

La Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités indique qu’au 2è trimestre 2021, en Bourgogne Franche-Comté, le nombre de demandeurs d’emploi tenus de rechercher un emploi et sans activité (catégorie A) s'établit en moyenne sur le trimestre à 122.100. Ce nombre baisse de 1,1 % sur le trimestre (soit –1 400 personnes) et de 19,4 % sur un an. En France métropolitaine, ce nombre baisse de 1,4 % ce trimestre (–15,3 % sur un an).

Par rapport au trimestre précédent, dans les départements, la situation est la suivante : Doubs (-2,7%), Jura (-1,2%), Haute-Saône (+0,2%) et Territoire-de-Belfort (-1,7%). Sur la même période, la baisse la plus significative concerne les jeunes hommes de moins de 25 ans (-2,4%). Elle est de 0,7% chez les femmes de cette même classe d’âge.