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Nouveau président de l’Association des maires du Doubs, Jean-Claude Grenier entend renforcer l’accompagnement des élus, notamment dans les petites communes. Le maire de L’Hôpital-du-Grosbois veut également défendre l’autonomie financière des collectivités afin de préserver les services publics et les investissements locaux.

Trente et une années d’expérience politique locale

Maire de L’Hôpital-du-Grosbois et élu communal et intercommunal depuis 31 ans, Jean-Claude Grenier prend la tête de l’Association des maires du Doubs. Âgé de 68 ans et récemment retraité après avoir exercé durant quarante ans comme garagiste, il connaît déjà bien la structure départementale. Il y a occupé pendant quinze ans les fonctions de trésorier puis de vice-président, chargé notamment des questions intercommunales. Sa candidature répond à une volonté de transmettre l’expérience acquise au cours de ses différents mandats. Selon lui, cet accompagnement est d’autant plus nécessaire que 35 % des maires du Doubs ont changé à l’issue du dernier scrutin municipal.

L'interview de la rédaction : Jean-Claude Grenier 

 

Une attention particulière aux communes rurales

S’il entend représenter l’ensemble des 563 communes du département, Jean-Claude Grenier estime que les collectivités rurales ont davantage besoin d’un appui extérieur. Elles sont confrontées aux mêmes normes et difficultés administratives que les grandes villes, sans disposer de services juridiques ou techniques comparables. « Dans une commune rurale, le maire est souvent seul avec une secrétaire de mairie à temps partiel », souligne-t-il. Le nouveau président souhaite donc faire de l’association un interlocuteur facilement accessible, capable d’écouter, de conseiller et d’orienter les élus lorsqu’ils rencontrent une difficulté.

L'interview de la rédaction : Jean-Claude Grenier 

« Terrain, terrain, terrain »

Jean-Claude Grenier revendique une présidence inscrite dans la continuité du travail mené par son prédécesseur, Patrick Genre, avec lequel il a collaboré pendant quinze ans. Il souhaite toutefois accentuer la présence de l’association dans les territoires. À partir de 2027, des réunions seront organisées dans les cantons et les différents secteurs du Doubs. Elles doivent permettre aux maires d’exposer directement leurs préoccupations. Chaque élu devra également pouvoir identifier un référent de proximité au sein du conseil d’administration de l’association. La prochaine assemblée générale de l’Association des maires du Doubs se tiendra le 7 novembre.

L'interview de la rédaction : Jean-Claude Grenier 

Défendre l’autonomie financière des collectivités

Au-delà de l’accompagnement quotidien des élus, Jean-Claude Grenier veut faire de l’autonomie financière des collectivités son principal combat politique. Il souhaite porter ce dossier au niveau national, notamment au sein du comité des finances de l’Association des maires de France. Le nouveau président s’inquiète de la diminution des marges budgétaires et des dotations versées aux collectivités. Il juge indispensable de maintenir les investissements consacrés aux routes, aux bâtiments et aux services publics locaux. Selon lui, renoncer aujourd’hui à certains travaux reviendrait à créer une « dette pour demain », les rénovations reportées risquant de coûter beaucoup plus cher aux collectivités dans les prochaines années.

L'interview de la rédaction : Jean-Claude Grenier 

Réuni ce vendredi 19 juin, le conseil d'administration de l'Association des maires du Doubs (AMD 25) a procédé à l'élection de son nouveau bureau. Maire de L'Hôpital-du-Grosbois et président de la communauté de communes Loue-Lison, Jean-Claude Grenier a été élu président. Il succède à Patrick Genre, qui occupait cette fonction depuis 2015.

Ce samedi 1er juin, la Ville de Pontarlier accueillera l’assemblée générale des Maires du Doubs. Dans un contexte difficile et conflictuel avec le pouvoir en place, l’évènement annuel, présidé par Patrick Genre, le Maire pontissalien, accueillera David Lisnard, le Maire LR de Cannes et président national de l’association des Maires de France.

Cette année, l’AG  de l’association des Maires du Doubs n’a pas prévu de thématique. Elle profite de la présence de M. Lisnard pour lancer un débat avec les édiles, pour que chacun puisse s’exprimer sur la situation actuelle, son vécu et son engagement. Dernièrement, Emmanuel Macron a encore jeté de l’huile sur le feu. Ses derniers propos, dans la presse écrite,  ne sont pas passés inaperçus. M. Genre évoque « une confiance cassée avec l’état central Â». Il fait allusion à la remise en cause, par le Président de la République, « de la gestion des collectivités locales Â». « Il les nomme responsables du déficit de la nation Â» explique-t-il. Et de poursuivre : « C’est une aberration. C’est un élément supplémentaire par rapport à ce sentiment de défiance qui s’est mis en place entre l’état central et les collectivités Â».  Le patron des Maires du Doubs rappelle son soutien plein et entier aux élus locaux, qui « assurent, sur le terrain, la gestion des aléas de la vie ». « On ne peut pas s’intéresser aux collectivités locales quand on en a besoin et s’en méfier et les déconsidérer le reste du temps Â».

L'interview de la rédaction : Patrick Genre

Inquiétude à moins de deux ans des municipales

Cette exaspération se conjugue également avec les incivilités, l’insécurité et les agressions du quotidien. Sans oublier, les contraintes budgétaires auxquelles les collectivités doivent faire face et qui sont un véritable frein à leur bon fonctionnement et le développement de leur territoire. L’autre inquiétude porte  sur les futures élections municipales. Dans un contexte, « où les démissions n’ont jamais été aussi importantes pendant ce mandat Â» explique M. Genre. « Les personnes qui se sont investies ne se retrouvent plus dans leur mandat Â». « Trouvera-t-on encore des hommes et des femmes qui assurent la responsabilité d’être maire d’une collectivité à l’avenir ? Â» s’interroge Patrick Genre. « Je l’espère. Il en va de la démocratie locale. Je fais tout pour cela. Néanmoins, je pense que nous aurons beaucoup de communes où il manquera des candidats en 2026. Ce serait un échec pour la démocratie Â».  

L'interview de la rédaction : Patrick Genre