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Après les violences qui ont secoué plusieurs villes françaises, notamment Besançon, Sébastien Populaire, maire du Touillon-et-Loutelet et membre du comité directeur de l’Association des maires de France (AMF), appelle à une mobilisation citoyenne. L’élu du Haut-Doubs relaie l’appel national à des rassemblements devant les mairies, ce lundi 19 octobre. Une initiative destinée à condamner les violences, à exprimer la solidarité entre les communes et à rappeler le rôle essentiel des municipalités dans la vie quotidienne.

Une solidarité avec les communes touchées par les violences

Les violences urbaines survenues ces derniers jours en France suscitent une vive réaction parmi les élus locaux. Membre du comité directeur de l’Association des maires de France, Sébastien Populaire rappelle le caractère transpartisan de l’AMF, qui rassemble des représentants de différentes sensibilités politiques. Il souhaite notamment exprimer sa solidarité avec les maires et les habitants des communes touchées, mais également avec les forces de l’ordre et les services de secours mobilisés lors des événements. Pour Sébastien Populaire , les désaccords politiques, aussi profonds soient-ils, ne peuvent en aucun cas justifier les dégradations et les agressions. « On peut avoir des désaccords politiques, on peut ne pas être d'accord avec une politique gouvernementale », souligne-t-il, avant de rappeler la nécessité de fixer des limites. Le maire condamne particulièrement les attaques visant les bâtiments publics. « Les violences, c'est complètement inacceptable », insiste-t-il. L'incendie d'une mairie constitue, à ses yeux, un acte particulièrement grave, qu'il juge impardonnable.

L'interview de la rédaction : Sébastien Populaire 

Une mobilisation également dans les petites communes

Si les violences ont principalement touché des centres urbains, Sébastien Populaire estime que les communes rurales doivent elles aussi participer à cette mobilisation nationale. C'est dans cet esprit qu'il a décidé de relayer l'appel de l'Association des maires de France au Touillon-et-Loutelet, dans le Haut-Doubs. « Qu'on soit une grande ou une petite commune, je pense que c'est important de montrer de la solidarité avec les communes et avec les maires qui ont été touchés », explique-t-il. Au-delà de la condamnation des violences, cette initiative doit également permettre de réaffirmer l'attachement des habitants aux institutions de proximité.

L'interview de la rédaction : Sébastien Populaire 

La mairie, un symbole de proximité et de solidarité

Pour Sébastien Populaire, les rassemblements devant les hôtels de ville ne constituent pas seulement une réponse aux violences. Ils sont aussi l'occasion de rappeler la place particulière qu'occupe la mairie dans l'organisation de la vie locale. Dans les villages, elle demeure un lieu d'accueil, d'écoute et d'accompagnement pour les habitants, notamment dans leurs démarches administratives. « La mairie, c'est le point où les gens peuvent toujours frapper à la porte pour demander un renseignement, pour avoir une aide d'un point de vue administratif », rappelle l'élu. À travers cette mobilisation, le maire souhaite ainsi défendre une certaine conception du service public local, fondée sur la disponibilité des élus et la proximité avec la population.

« Le vivre-ensemble, ce n'est pas juste un slogan »

Sébastien Populaire entend enfin donner une dimension plus large à cette initiative. Pour lui, la réponse aux violences passe également par la préservation du lien social et la défense des valeurs collectives.  « Le vivre-ensemble, c'est pas juste un slogan, c'est vraiment quelque chose qu'on conjugue au quotidien », souligne-t-il.

En participant à l'appel national de l'Association des maires de France, Touillon-et-Loutelet entend ainsi rappeler que la défense des institutions républicaines ne concerne pas uniquement les grandes agglomérations. Un message de solidarité et de fermeté que Sébastien Populaire souhaite porter depuis le Haut-Doubs, avec une conviction : face aux violences, les petites communes ont, elles aussi, un rôle à jouer dans la défense du vivre-ensemble et des valeurs républicaines.

La réaction de l’Association des Maires de France (AMF) ne s’est pas fait attendre. Pointées sur leur gestion par les ministres démissionnaires de l’Economie et du budget, les collectivités locales sont montées au créneau. Bercy leur reproche de faire dévisser les comptes publics en raison de dépenses jugées excessives. L’AMF a contre-attaqué en expliquant que « la dette des collectivités est stable depuis 30 ans ». Tout en rappelant que « beaucoup de ces dépenses résultent d’obligations nouvelles que le Gouvernement et le Parlement ont mis à la charge des collectivités ces dernières années ». En conclusion il est rappelé à l’Etat ses obligations en matière « de maîtrise de ses propres comptes ».

Ce samedi 1er juin, la Ville de Pontarlier accueillera l’assemblée générale des Maires du Doubs. Dans un contexte difficile et conflictuel avec le pouvoir en place, l’évènement annuel, présidé par Patrick Genre, le Maire pontissalien, accueillera David Lisnard, le Maire LR de Cannes et président national de l’association des Maires de France.

Cette année, l’AG  de l’association des Maires du Doubs n’a pas prévu de thématique. Elle profite de la présence de M. Lisnard pour lancer un débat avec les édiles, pour que chacun puisse s’exprimer sur la situation actuelle, son vécu et son engagement. Dernièrement, Emmanuel Macron a encore jeté de l’huile sur le feu. Ses derniers propos, dans la presse écrite,  ne sont pas passés inaperçus. M. Genre évoque « une confiance cassée avec l’état central ». Il fait allusion à la remise en cause, par le Président de la République, « de la gestion des collectivités locales ». « Il les nomme responsables du déficit de la nation » explique-t-il. Et de poursuivre : « C’est une aberration. C’est un élément supplémentaire par rapport à ce sentiment de défiance qui s’est mis en place entre l’état central et les collectivités ».  Le patron des Maires du Doubs rappelle son soutien plein et entier aux élus locaux, qui « assurent, sur le terrain, la gestion des aléas de la vie ». « On ne peut pas s’intéresser aux collectivités locales quand on en a besoin et s’en méfier et les déconsidérer le reste du temps ».

L'interview de la rédaction : Patrick Genre

Inquiétude à moins de deux ans des municipales

Cette exaspération se conjugue également avec les incivilités, l’insécurité et les agressions du quotidien. Sans oublier, les contraintes budgétaires auxquelles les collectivités doivent faire face et qui sont un véritable frein à leur bon fonctionnement et le développement de leur territoire. L’autre inquiétude porte  sur les futures élections municipales. Dans un contexte, « où les démissions n’ont jamais été aussi importantes pendant ce mandat » explique M. Genre. « Les personnes qui se sont investies ne se retrouvent plus dans leur mandat ». « Trouvera-t-on encore des hommes et des femmes qui assurent la responsabilité d’être maire d’une collectivité à l’avenir ? » s’interroge Patrick Genre. « Je l’espère. Il en va de la démocratie locale. Je fais tout pour cela. Néanmoins, je pense que nous aurons beaucoup de communes où il manquera des candidats en 2026. Ce serait un échec pour la démocratie ».  

L'interview de la rédaction : Patrick Genre

 

Seul candidat à sa succession David Lisnard, le maire de Cannes, a été réélu hier à la tête de  l’AMF, l’association des maires de France. Il s’agit de son deuxième mandat. Il a été réélu avec près de 92% des suffrages exprimés, avec un taux de participation de près de 25%. Précisons qu’avec 8799 bulletins enregistrés, cette élection à moins mobilisé qu’en 2021.