Il y avait du monde ce matin à Besançon pour dénoncer la réforme des retraites d’Emmanuel Macron. Selon une estimation de la CGT, 6000 personnes sont venues manifester leur mécontentement. Parti de la gare Viotte, le cortège s’est rendu au centre-ville, avant de terminer la manifestation sur le parking Chamars.
Dans le cortège des enseignants, des personnels de santé, des retraités, des cheminots, mais aussi des jeunes, venus crier leurs inquiétudes. Parmi eux, beaucoup de lycéens en section professionnelle au lycée Jules Haag ou à Pierre Adrien Pâris, qui forme aux métiers du bâtiment. Rappelons que ce matin, à l’heure de l’accueil des élèves, des enseignants et des jeunes se sont mobilisés à Jules Haag, où un barrage filtrant était organisé, et devant le lycée Pergaud, où des tracts ont été distribués par des enseignants grévistes.
Pour les lycéens, « la plaisanterie a assez duré ». Lucas, en terminale Bac Professionnel au lycée Pierre Adrien Pâris, ne cache pas son inquiétude. « Si je ne fais pas de BTS l’année prochaine, j’entre dans la vie active. Ca me fait peur. On ne va déjà pas gagner grand-chose en travaillant, alors, si en plus, on gagne trois fois moins en retraite, je ne vous raconte pas » explique-t-il. Clémence, elle aussi, a tenu à être présente. « Cela ne concerne pas que les adultes, nous aussi, nous devons nous mobiliser. C’est important. Il faut être là pour défendre nos droits » narre-t-elle. Meji est également venu manifester avec quelques amis lycéens. Il aurait aimé voir plus de jeunes se mobiliser. Selon lui, « sa génération n’aura pas droit à une retraite ». « Travailler pour rien, ca fait C… « déclare-t-il.
Enfin, cet enseignant du lycée Jules Haag explique que « « malgré leur jeune âge, les lycéens voient bien qu’ils vont en baver ». C’est sans doute encore plus criant lorsque l’on suit une scolarité en lycée professionnel. « La réalité du monde du travail, il la côtoie régulièrement » explique-t-il. L’enseignant pense également à la situation des apprentis pour lesquels la précarité est une vraie préoccupation , avec des salaires en dessous du SMIC durant leurs premières années au contact de l’entreprise. « Comment vivre lorsqu’à 20 ans, alors que l’on est en bac pro ou en BTS, on touche 70 à 80% du SMIC » s’interroge ce professeur.































