Procès Daval : Suivez la 3ème journée d'audience

Cette journée devrait voir la première confrontation entre les parties civiles : les parents d'Alexia, et l'accusé : Jonathann Daval

Procès Daval : Suivez la 3ème journée d'audience

L'audience en direct : 

 

19h33 : Jonthann Daval s'évanouit pendant son interrogatoire. Il est évacué du box des accusés. L'audience est suspendue. Elle reprendra demain.  Daval a quitté le tribunal de Vesoul en ambulance. Si son état de santé le permet,  le procès devrait reprendre demain matin.

 

19h10 : Jonathann Daval relate le soir du meurtre

« Nous sommes rentrés à la maison. Je me suis mis dans le canapé, et je me suis servi un digestif. Alexia est partie se changer. Elle est dans la chambre, je ne la vois pas. Elle revient, et demande un rapport que je refuse ».

« Ensuite il y a des réflexions. Ça part sur moi, mon comportement, comme quoi je n’étais jamais là, distant. Comme à chaque fois, je veux fuir, partir de la maison, fuir le conflit. Là, une dispute a commencé, qui s’est terminée dans les escaliers, où je l’ai frappé ». « Etranglée » lâche-t-il difficilement en marquant une pause. « Puis tuée. Avant de mettre le corps dans le véhicule, de l’emmener dans un bois le matin, de mettre le feu au corps, de me faire un alibi ».

 

19h00 : Les parents d'Alexia se serrent l'un contre l'autre. Jean-Pierre Fouillot passe son bras autour de son épouse. 

 

18h53 : Jonathann Daval prend enfin la parole. 

« Tout d'abord, ce n'est pas le mot juste, mais je présente mes excuses auprès de la famille et des parents d’Alexia. Même si je sais que c'est inexcusable. Je leur ai enlevé leur fille. Ensuite j’ai menti. Puis il y a eu l’histoire du complot qui a détruit votre vie. Les gendarmes aussi à qui j’ai menti, qui ont dû refaire des recherches supplémentaires. A la France. Ce n’est pas pardonnable ce que j’ai fait »

18h20 : L'audience est suspendue. A 18h50, Jonathann Daval témoignera bien à son tour.

 

18h00 : La question du maintien de l'audition de Jonathann Daval aujourd'hui se pose

 

17h09 : C’est au tour de Grégory Gay, le beau-frère d’Alexia, de prendre la parole à la barre.

A propos du matin du 28 octobre 2017 :

« Ce qui est choquant, c’est cette froideur dont il fait preuve dans la matinée, alors qu’il vient de massacrer Alexia ».

En parlant de Jonathann Daval

« Il était extrêmement serviable, il en faisait trop. Il agissait comme un serviteur ».

Il emet ensuite l'hypothèse qu'Alexia n'était pas capable d'ingérer la totalité des médicaments retoruvés dans son corps. C'est pour lui quelque chose d'essentiel dans ce dossier. Il sera suggéré par le procureur de la République d'abandonner la piste de l'empoisonnement, celle-ci ayant été écartée par le professeur Antoine Tracqui, le médecin légiste ayant témoigné la veille.

 

 16h00Pour finir, Stéphanie Gay remet en cause le déroulement de la soirée du meurtre. Selon cette dernière, trop d’incohérences font face à ce qui a été décrit par Jonathann Daval. Alexia aurait été incapable de demander un rapport sexuel ce soir-là, à cause du somnifère qu’elle aurait ingéré une heure avant. La sœur de la victime déclare qu’Alexia aurait dû être « allongée, très affaiblie, presque incapable de marcher. Ce sont les faits, c’est tout. Peu importe ce que pourra dire l’accusé ».

Elle rapporte ensuite des paroles de son fils : « Elle ne s’appelle pas Alexia Daval, dis-leur maman, elle s’appelle Alexia Fouillot »

15h40 : Stéphanie Gay, la sœur d’Alexia prend à son tour la parole à la barre

Elle revient notamment sur les désirs de maternité d’Alexia. De la solitude vécue par la victime alors qu’elle tentait de tomber enceinte. « Elle était seule dans sa solitude, pas du tout accompagnée par Jonathann »

Elle pointe ensuite du doigt la famille de l’accusé. Notamment en rapportant des écoutes téléphoniques de la mère de Jonathann Daval, qui se serait « réjouit du taux de divorces et de suicides au sein de la famille Fouillot » que cette affaire déclencherait.

14h27 : Les deux hypothèses d’Isabelle Fouillot

A la barre, implorant la vérité, la mère d’Alexia soumet deux hypothèses à la cour, et à Jonathann :

« Alexia en avait marre de cette situation, elle voulait te faire revenir vers elle, sans y arriver. Elle voyait que tu ne t’impliquais pas. La seule solution chez les gens raisonnables, est le divorce. Seulement je pense que tu ne voulais pas entendre parler de divorce. Tu aurais tout perdu. Alexia, nous. Tout ce qu’on t’a apporté, tout l’amour qu’on t’a donné »

Deuxième hypothèse :

« Vu que tu ne veux pas d’enfant, comme l’enfant c’est toi, tu ne peux pas t’occuper d’un autre enfant. Ça se voit dans ton comportement. On voit bien que tu n’assumes pas. Alors tu as décidé d’être un veuf éploré. Comme un coq en pâte dans notre maison. Tu devenais notre fils »

  14h10 : Isabelle Fouillot, la mère d’Alexia s’avance à la barre.

« Je suis là pour Alexia, pour défendre sa mémoire. Plus le temps passe, plus elle nous manque. Chaque jour. Rien ne peut enlever cette douleur que l’on ressent au fond de soi. Pendant 3 ans on a été des victimes malmenées ».

« L’idée que c’était la faute d’Alexia a perduré dans la tête de la Défense. C’était tout sauf une personnalité écrasante. C’est innommable ».

« Le premier mensonge c’est le meurtre de joggeuse, et c’est par ce mensonge que sont arrivés les médias. Si le soir il avait appelé les secours, on n’en serait pas là aujourd’hui »

« Le samedi de la disparition, nous étions dans la maison. Jonathann nous emmène dans la chambre, ouvre un tiroir, et nous informe de tous les médicaments qu’Alexia prend »

« Le drame, c’est de croire tout ce qu’il nous a dit 

Isabelle Fouillot revient ensuite sur tous les mensonges de Jonathann. Du complot familial aux éventuelles complicités.

« Je pense que tu ne dois pas être tout seul. Je pense que tu as demandé à ta maman d’aller voir où sont les caméras dans la ville de Gray »

« Un de ses neveux était au courant avant même que ça se sache »

« Je trouve que c’est malveillant. On a perdu notre fille, on a souffert, et on nous remet des coups de poignards sans arrêt »

12h40 : L’audience est suspendue. Reprise à 14h

 

12h : Ornella Spatafora, prend la parole

L’avocate de Jonathann Daval évoque les moments passés, notamment lorsque Jean-Pierre Fouillot s’est entretenu avec Jonathann Daval lors de sa garde à vue, mais aussi pendant la reconstitution des faits, dans la forêt d’Esmoulins. Le père déclare alors :

« Quand on a aimé quelqu’un, le sentir malheureux… […] J’ai une faiblesse. J’ai pris Jonathann dans mes bras. Ainsi qu’Isabelle. Faut-il le regretter ? C’était un moment dur. C’est encore un moment dur ».

Il lui aurait aussi dit quelques jours plus tôt :

« Dans l’état actuel des choses, par respect pour Alexia. Je ne peux pas te prendre dans mes bras ». Mais il avoue ensuite lui avoir dit qu’il l’aimait.

Aujourd’hui, il revient sur ses déclarations :

« Je culpabilise d’avoir eu ces mots pour Alexia, je lui ai dit dans la spontanéité »

Matthieu Husson, le président d’audience, fera intervenir un psychologue pour savoir si ces paroles ne sont pas dues à un stress post-traumatique.

 11h40 : Aucun soupçon sur Jonathann

« A aucun moment nous avons pensé que Jonathann puisse être capable d’une telle horreur. A aucun moment […] Nous l’apprenons quasiment par la presse. Nous apprenons les détails par la presse. Nous sommes abasourdis. Notre avocat à ce moment-là, ne nous en avait jamais fait état [...] Le matin de la garde à vue de Jonathann, j'ai été le premier à crier au scandale".

« Il avait une place de fils, non pas parce que nous n’avions pas eu de garçon. Mais par la proximité. Ils ont habité chez nous. Ils ont habité deux ans à côté de la maison dont nous sommes propriétaires. Nous avions le même amour pour Jonathann que pour Grégory. La différence était la distance. Nous ne pouvions avoir les mêmes relations […] Nous avons tout donné à Jonathann. Nous avons donné Alexia, mais il nous l’a prise ».

"Pour résumer, Jonathann était notre gamin. C'était notre gamin à ce moment-là". 

 11h35 : La mainmise des parents Fouillot sur Jonathann

Le père d'Alexia évoque notamment la présumée "mainmise" des parents Fouillot sur Jonathann.

"Tous les soirs, nous étions 10, 15, 20 personnes parfois après le drame. Nous parlions de l’affaire. Nous parlions des éventualités. On nous a reproché de faire la fête. Alors que nous faisions des réunions de famille pour parler du pourquoi et du comment".

« La famille de Jonathann était avec nous ces soirs de festoyages » déclare-t-il en se retournant vers le public. « C’était du bonheur à ce moment-là de partager des repas en famille, et de parler d’Alexia. Pour comprendre ce qu’il s’était passé. Ce n’était pas autre chose ».

« La mainmise sur Jonathann ? Ce n’était pas une mainmise. C’était un souci constant pour Jonathann. Une peur, que Jonathann mette fin à ses jours. Oui nous étions encore plus proche de lui, mais pourquoi ? Pour le sauver ».

« Un frère de Jonathann nous a traité de Daech car nous avions la mainmise sur Jonathann. Par le biais d’un reportage télévisé, nous sommes apparentés à Daech. Parce que nous avions la mainmise sur le meurtrier de notre fille. Mais nous ne le savions pas. Si nous l’avions su, oui nous aurions pu agir comme Daech ».

« L’impression de ce couple ? Un couple modèle je ne sais pas. Mais rayonnant, sans histoire […] Les relations de couple étaient tout ce qu’il y a de plus naturel ».

« Jamais Alexia ne s’est confiée à nous […] La dignité dans notre famille c’est une éducation ».

11h18 : L’amour de Jonathann, et la mère de Jonathann, remis en question

Sanglotant, le père d’Alexia continue son discours.

« La mise à mort de ma fille. Imaginez-vous la difficulté à supporter un tel acte pour les parents. La chose la plus horrible outre l’étranglement qui a duré entre 4 et 5 minutes. Si je vous demandais une minute de silence vous la trouveriez longue. Si je vous en demandais 4 ou 5, vous trouveriez ça long. Long. Long. La deuxième chose, qui me marquera à jamais. Quand on dit qu’on a aimé une personne, qu’on l’aime encore. Foutaise. Quand je vois Jonathann prendre Alexia par les pieds, la trainer dans les escaliers, la trainer dans son véhicule, imaginez-vous. Quand on dit avoir aimé, c’est impossible. Un des moments les plus horribles pour moi. Qu’on ne me parle pas d’amour à ce moment-là, ni maintenant. »

Jean-Pierre Fouillot s’en prend ensuite à la mère de Jonathann Daval.

« Sa mère, qui est venue témoigner ici à la barre lundi, a dit que c’était dommage. Un vol de mobylette c’est dommage. De la taule froissée c’est dommage. Mais un meurtre comme l’a fait Jonathann, c’est horrible. C’est impensable. Pour sa mère, ce n’est rien de plus »

« Notre futur il est simple, nous avons pris perpétuité. Est-ce que ce sera le destin de Jonathann ? Seul vous en déciderez. L’avenir, on ne le voyait qu’avec Stéphanie, Alexia, et nos petits enfants. Chose qui ne sera pas rendue réalisable »

Le père d’Alexia s’adresse maintenant d’une voix vive à Jonathann, qui fixe le sol d'un regard vide.

« L’alliance que tu as enlevée, est-ce par amour ? Ou est-ce un trophée que tu voulais te garder ? »

« J’espère tout simplement que la peine maximum te soit octroyée ».

L'entièreté de la dignité des propos de Jean-Pierre Fouillot sont salués par le président d’audience, Matthieu Husson.

11h : La famille d’Alexia prend enfin la parole

C'est Jean-Pierre Fouillot, le père d'Alexia qui s'avance le premier à la barre.

« Imaginez la difficulté en tant que papa d’Alexia, d’être devant vous à la barre, pour parler de ma fille disparue »

« Jonathann, ce fameux jour, nous a éteint ce bonheur. Nous sommes désormais en mode veilleuse […] 3 mois se sont écoulés en présence de Jonathann à la maison constamment. Il pleurait avec nous tous les soirs. Il avait un chagrin immense comme nous, soi-disant. Durant ces trois mois, on l’a épaulé, on l’a chéri encore plus que d’habitude […] Il s’est moqué de nous, il a usé de notre bonté. Nous avons été obligés de fermer le bar pendant de nombreuses semaines, pour des mauvaises conditions de travail […] Qui a déclenché les médias ? c’est Jonathann par ses propos, par ses mensonges par ses revirements de situation. Quatre, cinq, six versions des faits"

10h27 : Le rappel à l’ordre du président de l’audience, Matthieu Husson

Les médias l’ont annoncé, et beaucoup de personnes attendent cela avec impatience : la confrontation directe entre la famille d’Alexia, et Jonathann Daval. Contre tout ce qui a pu être dit dans la presse, le président de l’audience, Matthieu Husson, rappelle que dans le cadre de la dignité des débats, et dans le cadre de la procédure pénale, des questions ne pourront être posées directement à Jonathann à ce stade. Cela aura lieu uniquement après son interrogatoire. La famille pourra néanmoins s’adresser à l’accusé par le biais du président, avec son autorisation préalable.

9h12 : L’interpellation de Jonathann Daval

C’est Xavier Blanchard, officier de police judiciaire qui s’avance à la barre. Il a été engagé le lundi 30 octobre, sur le secteur de Gray, à la suite de la découverte d’un corps qui s’apparente à celui d’Alexia Daval. Après 3 mois d’enquête, et d’innombrables analyses et exploitations de données, le policier explique qu’il avait « la conviction que le meurtre n’était l’objet de la seule participation de Jonathann Daval ». Le 29 janvier, Xavier Blanchard relate l’interpellation de Jonathann Daval à 9h10, au domicile de ce dernier. Il sera ensuite placé en garde à vue, et présenté au juge d’instruction peu après.

9h10 : Reprise de l’audience

Thomas Murtin
Created : mercredi 18 novembre 2020 09:15 Categories : Faits Divers | Evénements | Justice | Actualités Favoris : Ajouter aux favoris Tags : affaire daval | alexia daval | assises | assises de Haute Saône | jonathann daval | palais de justice | Vesoul
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