Pontarlier / Droit d’option : « Nous ne volons pas l’argent que nous gagnons »

L'économie locale risque de se souffrir si la suppression du droit d'option se confirme.

Pontarlier / Droit d’option : « Nous ne volons pas l’argent que nous gagnons »

Oui au libre choix », « Non à la perte des emplois en zone frontalière », « Maintient du droit d’option après 2014 », « Hollande, on n’est pas des vaches à lait , « Fin du libre choix = chômage dans les mutuelles et assurances » ou encore « Frontaliers à la caisse, Hollande s’engraisse », … Voici quelques uns des slogans que l'on pouvait lire et entendre lors de la manifestation organisée ce matin à Pontarlier contre le projet de suppression du droit d’option.

4000 personnes ont donc manifesté leur mécontentement dans les rues de Pontarlier. Cette opération, organisée par le collectif « frontalier où bien », s’est déroulée dans une très bonne ambiance, malgré la colère et les mécontentements. Même si certains sont persuadés qu’il sera difficile de faire changer de cap le gouvernement, les participants veulent montrer leur exaspération et jouer leur dernier va tout. « Nous sommes là pour protéger nos intérêts. C’est certainement peine perdue. Mais peut être qu’en nous mobilisant, nous parviendrons à garder quelques centaines d’euros  sur l’année. Qui ne tente rien n’a rien. Cette reforme va porter un sacré coup à notre pouvoir d’achat. C’est presque un salaire que l’on perd ( entre 3000 et 5000 euros à l’année). C’est de l’argent que nous ne dépenserons pas dans nos passions et dans les magasins du coin. Au lieu de jouer localement, on ira acheter sur Internet pour payer moins cher. S’ils ne veulent pas faire d’effort, nous n’en ferons pas non plus » explique Sébastien, frontalier depuis cinq ans maintenant.

« Je comprends que l’on nous taxe, mais delà à nous faire payer trois fois ce que l’on paye actuellement ! ».

Gil, lui aussi, est en colère. « Nous ne pourrons plus investir » explique ce frontalier, qui chaque jour ne compte pas ses heures pour bénéficier de conditions de vie confortables. « On est dans les bouchons tous les jours. Nos journées commencent tôt et se terminent tard. Nous ne travaillons pas 35 heures. Il ne faut pas croire qu’en Suisse, les boulots sont confortables. Les français ne se rendent pas compte du travail de l’autre côté de la frontière » explique Gil. Et de préciser « On ne bénéficie pas des mêmes avantages sociaux qu’en France. On n’a pas le droit d’être malade car du jour au lendemain, en Suisse, on peut vous mettre dehors. Certes, on gagne bien notre vie. Mais en échange, on paie nos mutuelles et beaucoup d’impôts. Je comprends que l’on nous taxe, il faut bien relever la France, mais delà à nous faire payer trois fois ce que l’on paye actuellement. C’est un peu fort ».

L’inquiétude des assureurs et des mutuelles

Michel est courtier en assurance. « La fin du droit d’option aura un impact sur mon activité. Cela va représenter une perte de 50% de mon chiffre d’affaires. Je devrai également licencier une personne » explique ce responsable pontissalien. Michel le reconnait, « tous ses collègues assureurs se retrouvent dans la même situation que lui. Sur neuf agences de Pontarlier, quatorze licenciements et une fermeture d’agence sont évoqués ». Autant dire que la fin du droit d'option aurait un impact non négligeable dans le secteur marchand de ce territoire de vie. ‘Toute l’économie de la région dépend de l’activité frontalière » conclut ce professionnel, très inquiet.


Created : dimanche 20 octobre 2013 16:39 Categories : Economie | Actualités Favoris : Ajouter aux favoris Tags : droit d'option | Frontaliers | Pierre Moscovici
Réduire Augmenter Taille du texte

Pour postez un commentaire vous devez vous connecter


Merci de sélectionner votre zone éditoriale, ceci ne changera pas le contenu de la page que vous avez demandée.