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Procès Daval : 4ème jour d'audience, les aveux de Jonathann Daval ?

Auteur thomas Murtin :: [jeudi 19 novembre 2020 09:10] Dernière mise à jour par thomas Murtin :: [jeudi 19 novembre 2020 23:56]

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accroche actu Ce quatrième jour d'audience devrait voir la suite de l'interrogatoire de Jonathann Daval

Le quatrième jour du procès de Jonathann Daval débute ce jeudi matin. Après 30 minutes d'interrogatoire hier soir, l'informaticien de 36 ans accusé d'avoir tué sa conjointe a fait un malaise. Les médecins ont donné leur feu vert ce matin pour continuer le procès. Tout le monde attend les « révélations » annoncées depuis plusieurs jours. Jonathann Daval devrait donc poursuivre son interrogatoire, puis être confronté aux parties civiles au cours de la journée.

 

L'audience en direct : 

 

20h15 : Le président de l'audience déclare "qu'il y a encore un certain programme demain. Qu'il est évident que nous ne sommes pas sûrs de finir vendredi".

 

20h10 : La contre-offensive d'Emmanuel Dupic

 

Le procureur de la République de Haute-Saône, compte tenu du retard pris, demande à ce que la vidéo de confrontation entre Jonathann Daval et Isabelle Fouillot ne soit pas diffusée.

 

19h50 : Randall Schwerdorffer s'avance à son tour à la barre

 

Il demande notamment à la cour de faire témoigner un expert gynécologue pour éclairer sur le sujet de l’ovule gynécologique qu’aurait pris Alexia le soir de son meurtre. Ce qui, selon les parties civiles, l'aurait empêché d'avoir un rapport sexuel ce soir-là. 

 

19h10 : Ornella Spatafora capte l'attention

Ornella Spatafora s’avance à la barre pour s’adresser à son client. Les questions seront longues et émotives. Les réponses seront une fois de plus très brèves, s’agissant la plupart du temps d’un oui ou d’un non.

Le ton sera néanmoins porté sur l’émotion et la symbolique.

« Pourquoi avez-vous placé un drap sur le corps de votre épouse ? » demande Ornella Spatafora.

« Pour la couvrir. Pour qu’elle n’ait pas froid » déclare l’accusé.

Le discours de l'avocate de la défense captant toute l'attention de la salle, elle poursuit en évoquant le soir du meurtre. 

"Vous avez senti qu'elle s'affaissait quand vous l'étrangliez ?"

"Oui" avoue Jonathann.

"Vous avez continué ?"

"Oui"

"Et après ?"

"La mort" 

 

19h00 : L'échec du procureur de la République

Emmanuel Dupic, le procureur de la République de Haute-Saône, tente à son tour d’obtenir des réponses de la part de Jonathann Daval. 

"Je ne crois pas qu'Alexia vous a sollicité pour une relation sexuelle ce soir-là. Vous mentez. Est-ce que ce n'est pas parce qu'Alexia a essayé de se séparer de vous ?"

"Non", répond Jonathann.

En vain. L'acccusé campe toujours sur ses positions. Le procureur de la République abdique à son tour, en affirmant ne pas adhérer aux propos de Jonathann Daval. 

"Je doute de votre sincérité" finira-t-il par dire.

 

18h40 : L'accusé se mure dans le silence

Les avocats se succèdent, et continuent de mettre Jonathann Daval face à ses contradictions et ses incohérences. Il y en a beaucoup. Mais rien ne ressortira de ces débats. L’accusé ne répond plus que par monosyllabe. 

Me Richard tente une dernière fois d’obtenir des réponses de la part de Jonathann Daval. « Alexia essayait de vous ramener à elle, est-ce que vous persistez à dire qu’elle le faisait violemment ? »

L’accusé, le souffle fort, répond simplement : « Oui »

Après quelques secondes de silence, l’avocate déclare ne plus avoir de question.

 

18h20 : Gilles-Jean Portejoie, avocat des parties civiles, s’adresse à Jonathann Daval.

« Essayer de vous libérer un peu, on sent que vous êtes bloqué. C’est le dernier moment. Que l’on sorte ce soir avec des certitudes absolues. Il n’y a que les certitudes qui comptent […] Quelle force vous anime le samedi matin quand vous faites le tour de la ville pour trouver un alibi ? La réaction normale d’une personne c’est de se dénoncer. Vous êtes glaçant de sang-froid. Vous allez voir votre mère comme si de rien n’était. Comment pouvez-vous allez voir votre belle-famille, vous faire un café, discuter, partir tranquillement ? Mais qu’est-ce que vous avez au fond de vous-même ? »

« Ce n’est pas moi cette personne » répond simplement l’accusé.

« Mais où trouvez-vous votre force, votre énergie pour faire tout ça ? » poursuit l’avocat.

« Je ne voulais pas tout perdre. Je ne voulais pas qu’on trouve que c’était moi »

L’avocat continue : « Et pendant ces trois mois ? Vous n’avez pas envie à un moment donné, de dire que ce n’est pas la vérité ? Vous n’avez jamais eu cette envie ? Qu’est-ce qui vous a freiné ? »

« C’est comme les problèmes de couple, je ne pouvais pas le dire »

« Vous aviez cru pouvoir vous en sortir ? Vous y croyiez ? »

« Oui » acquiesce-t-il.

Après une succession de questions, Gilles-Jean Portejoie abdique.

« Vous êtes difficile à gérer » déplore-t-il.

 

17h49 : Jonathann Daval demande une pause. Suspension d'audience avant l'interrogatoire de l'accusé par les parties civiles.

 

17h44 : Il s’agit maintenant de la reconstitution du transport du cadavre jusqu’au bois d’Esmoulins.

 

17h30 : La reconstitution

Le président de l’audience dévoile les photos de la reconstitution de la soirée du 27 octobre 2017. Elles ont été prises dans la maison du couple. Jonathan Daval est le représentant de son propre personnage. Celui d’Alexia est joué par une gendarmette. Le juge continue de questionner Jonathann Daval, en lui demandant des explications sur chaque cliché. Les scènes sont très détaillées.

 

17h06 : Le président d'audience lit le document que Jonathann Daval a rédigé sur son ordinateur, qui lui a servi d’alibi par la suite.

 

17h00 : Jonathann Daval se met à pleurer

Lorsque le président d’audience lui demande d’expliquer les détails du transport du corps, puis la crémation de celui-ci, l’accusé fond en larmes. 

« C’est dégueulasse » prononce-t-il difficilement.

 

16h35 : La mort d'Alexia

Jonathann Daval revient sur les paroles de son épouse alors qu'ils étaient en train de se "battre".

« Les mots… D’où l’étranglement. Il fallait qu’elle se taise. Je l’ai saisie par le cou. J’ai serré. On a estimé le temps à 4 minutes, mais sur le coup je ne peux pas l'estimer. A ce moment-là, je ne me rends pas compte des minutes. Quand j’ai senti qu’elle s’affaissait, j’ai lâché. Je lui ai donné la mort oui. Quand on étrangle quelqu’un comme ça, c’est pour lui donner la mort oui »

C’est donc la mort que vous vouliez ? lance froidement le président d’audience.

« Oui », répond l’accusé. « Ensuite j’ai paniqué. J’ai essayé de la réveiller. Mais c’était trop tard »

 

16h04 : L'audience reprend. Jonathann Daval enlève son masque, et le président de l'audience commence l'interrogatoire. 

 L'accusé raconte le drame du soir du 17 octobre 2017. Sa version n'a pas changé, elle est identique à celle présentée jusqu'ici. 

Alexia arrive spontanément, en me disant : « Je veux une relation sexuelle. Il faut qu’on ait une relation, il faut qu’on couche ensemble »

"Vous n’avez pas toujours eu ce type de relation ?", déclare le juge. 

« Non à une époque il y avait de l’envie. Mais ça s’est dégradé après le mariage. Ça s’est beaucoup dégradé après le mariage. Je savais que je n’allais pas pouvoir faire l’acte. C’était humiliant pour moi. Je n’allais pas pouvoir faire l’acte. Et avec des reproches en plus.... J’ai refusé. Elle m’en veut, et elle se fâche ».

"Pourquoi est-ce que vous étiez toujours aussi serviable" continue Matthieu Husson.

« Par politesse et pour faire plaisir aux gens. Même si ça ne me convient pas, je le fais pour faire plaisir aux gens. C’était dans ma nature. Elle me faisait des reproches, même avec nos amis. En me disant que je ne prenais pas la parole, que j'étais trop discret. J’acquiesce et je ne dis rien ».

Le président d'audience revient à la soirée du 27 octobre. Jonathann Daval continue. 

« Je décide de partir de la maison pour éviter une nouvelle dispute, une nouvelle humiliation. Je suis déjà parti de la maison plusieurs fois, à pied ou en voiture. Je me réfugiais chez ma sœur, Stéphanie, qui habite dans la rue. Et aussi chez mes parents. Sans leur dire le pourquoi du comment »

« Cette dispute débute comme d’habitude. Elle a voulu prendre mes clefs de voiture, elle voulait que je reste. Elle voulait me retenir, sous prétexte que j’avais bu. On se donne des coups, on se pousse contre les murs. Ça s’est terminé dans les escaliers, et à ce moment-là je l’ai plaquée contre le mur. Elle a repris les clefs. Il y a déjà eu des coups, mais la plupart du temps c’était de la violence verbale"

Concernant les reproches, les coups, puis la morsure lors de la dispute : « Ça m’a mis hors de moi, en rage. Je n’ai jamais ressenti cette douleur-là ».

Une douleur physique ou psychologique ?, demande le juge.

« Les deux. C’est l’accumulation de toutes ces choses. J’ai fait cocotte-minute, et j’ai débordé. Je lui ai cogné la tête plusieurs fois contre le mur"

 

15h35 : Suspension d'audience. Dans 20 minutes, Jonathann Daval poursuivera la suite de son interrogatoire.

 

15h14 : « Un couple ni capable de se séparer, ni de vivre ensemble, c’est dangereux », déclare le docteur Canterino.

Lorsque que Me Schwerdorffer demande une explication au psychiatre, sur le cheminement mensonger de Jonathann Daval.

« Mr Daval, ce n’est pas ce que j’appelle un manipulateur. Il y a eu de l’agressivité refoulée. Vient ensuite une tentative dérisoire, d’essayer à nouveau de refouler ce qu’il s’est passé. Une tentative complétement vouée à l’échec. Il est logique de l’interpréter comme de la manipulation, au sens psychiatrique du terme. Lui ce qu’il veut, c’est réencrypter ce qui est sorti. Avec évidemment un désir d’échapper à la sanction, à la justice. Mais il n’y a pas que ça »

« Il est toujours en train de tout nettoyer, au propre comme au figuré »

 

14h15 : L'audience reprend. Le docteur Jean Canterino, expert psychiatre, établit un nouveau rapport de l'accusé.

"Il est clair que Mr Daval présente une pathologie de personnalité. C'est complétement pathologique".

"Il m'a confié que c'était la première fois qu'il frappait quelqu'un (en parlant d'Alexia)"

"Selon le rapport du docteur Arpin, Jonathann Daval présenterait un QI de 91". Chiffre sans doute biaisé selon le président de l'audience, l'accusé ayant tendance à se sous-estimer très fréquemment, à abandonner très vite devant l'échec. 

« Il refoule tout et accumule. Et un jour ça déborde. Ça déborde d’autant plus qu’il a énormément accumulé ».

« Il y a un contraste tout à fait net entre sa vie et ses actes »

« Il n’arrive pas à négocier le conflit ».

 

13h00Après une succession d’expertises psychologiques de Jonathann Daval de la part de plusieurs experts, l’audience est suspendue.

 

11h20 : L’amour incestuel

Sur le fait que Jonathann Daval appelait Isabelle Fouillot "Maman" : 

"On est dans la confusion partout. Générationnelle déjà. Cet amour immodéré qu’il manifeste à sa mère, ce n’est pas de l’amour incestueux, c’est de l’amour incestuel. On va retrouver un peu la même chose dans sa belle-famille, avec sa belle-mère. La mère d’Alexia le dit elle-même, elle s’est prêtée au jeu pour qu’il ne soit pas malheureux »

Me Schwerdorffer poursuit en s’interrogeant sur le fait qu’un jeune homme de 33 ans, marathonien, en bonne santé, prenant un traitement à haute dose, puisse encore présenter des défaillances érectiles.

 

L’expert répond : « Le problème est psychologique, pas du tout mécanique »

 

9h35 : Tony Arpin, expert psychologue qui l’a examiné 6 mois après les faits, parle de Jonathann Daval

« J’ai l’impression qu’il finit par croire à ce qu’il dit jusqu’au moment où on le met devant l’évidence. Ce qui s’est passé hier c’est intéressant. Son malaise c’est son corps qui a parlé, qui a lâché au moment où ses deux personnalités se confrontaient »

« Jonathann Daval peut avoir des réactions agressives, il a besoin de protection permanente et ne supporte pas que l’être aimé puisse s’éloigner de lui »

« Il existe en fonction du miroir des autres, que si l’autre le fait exister, il va agir comme il pense qu’on aimerait qu’il agisse »

« Quelque chose a dû déclencher cette fureur ce soir-là, une dispute oui peut-être qui renverrait à un traumatisme dans la petite enfance. Il a arrêté de grandir très tôt. Il a dû avoir un traumatisme très jeune, à mon avis d’origine sexuelle, et qu’il a pu occulter »

 

9h29 : L'audience reprend

Sur le fait que Jonathann Daval appelait Isabelle Fouillot "Maman" : 

"On est dans la confusion partout. Générationnelle déjà. Cet amour immodéré qu’il manifeste à sa mère, ce n’est pas de l’amour incestueux, c’est de l’amour incestuel. On va retrouver un peu la même chose dans sa belle-famille, avec sa belle-mère. La mère d’Alexia le dit elle-même, elle s’est prêtée au jeu pour qu’il ne soit pas malheureux »

Me Schwerdorffer poursuit en s’interrogeant sur le fait qu’un jeune homme de 33 ans, marathonien, en bonne santé, prenant un traitement à haute dose, puisse encore présenter des défaillances érectiles.

L’expert répond : « Le problème est psychologique, du tout mécanique »

 

 

Matthieu Husson, le président de l’audience, annonce que la continuité de l’interrogatoire de Jonathann Daval se poursuivra cet après-midi. Ce matin, des experts psychiatres et psychologues témoigneront en visio-conférence. Les auditions de témoins qui étaient prévues au cours de la journée, sont reportées à demain, pour permettre le respect de ce planning. A cette heure, il y a plus d’une journée de retard sur le plan d’audience initial.

 

 

Created jeudi 19 novembre 2020 09:10 Categories Actualités | Faits Divers | Justice Favoris Ajouter aux favoris Tags affaire daval | alexia daval | jonathann daval | palais de justice | Vesoul
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