Pontarlier / Violences faites aux femmes : Mobilisation devant le palais de justice

Avec grand courage, sans aucune animosité et avec beaucoup de dignité, Mr Varlet a témoigné de la tristesse qui l’anime chaque jour depuis la mort de sa fille.



Patrick Varlet

Une trentaine de personnes ont participé ce samedi après-midi devant le palais de justice de Pontarlier à la mobilisation nationale, lancée par Muriel Robin, est reprise localement par Patrick Varlet, concernant les violences faites aux femmes. Rappelons que Mr Varlet a perdu sa fille Aurélia, tuée sous les coups de son ancien compagnon à la Rivière Drugeon en août 2015.

Avec grand courage, sans aucune animosité et avec beaucoup de dignité, Mr Varlet a témoigné de la tristesse qui l’anime chaque jour depuis la mort de sa fille. « J’ai beaucoup pleuré et je pleure encore » a -t-il déclaré. Il a invité les victimes et celles et ceux qui ont connaissance de violences envers quelqu’un, qu’il s’agisse d’une femme, d’un homme ou d’un enfant, à en parler, « pour que l’on puisse lui venir en aide ». « Ca suffit !  » a déclaré à plusieurs reprises Mr Varlet. D’autres anonymes ont également pris la parole. D’anciennes femmes battues ont témoigné de leur douleur et de leurs difficultés. Des paroles courageuses qui nous rappellent qu’une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son conjoint. 

Parmi la trentaine de participants, des élus avaient fait le déplacement. On notera notamment la présence de Patrick Genre, le Maire de Pontarlier, et Gérard Voinet, l’élu pontissalien du Front de Gauche. Maître Randall Schwerdorffer, l’avocat de la famille Varlet, a également pris la parole. Patrick Genre a invité tous ceux qui avaient connaissance d’actes de violence à les faire connaître auprès de travailleurs sociaux. « Il ne faut pas que le silence fasse loi. Il faut que l’on arrive à faire sauter cette chape de plomb qui pèse parfois sur ces exactions intraconjugales. On n’ose pas s’immiscer dans la vie personnelle des autres. On peut avoir peur d’aller trop loin, de faire de la délation, … . Mais les signalements sont importants. Ils permettent d’alerter sur un danger éventuel et de confier la situation à d’autres personnes qualifiées » ajoute l’édile du Haut-Doubs.

Un ami, un avocat

Maître Randall Schwerdorffer est l’avocat de la famille Varlet. L’homme en noir a pris la parole au cours de ce rassemblement. « Le combat de Patrick Varlet, que je défends et qui est devenu un ami, est celui de tout citoyen qui se respecte ». Et de poursuivre : « Nous devons tendre vers une société moins violente. On est parfois sidéré de la violence que l’on peut voir au sein des couples et de la violence qui retentit sur les enfants. C’est terrible ». Concernant la défense qu’il porte à Jonathann Daval, le meurtrier présumé d’Alexia Daval, sa compagne, Maître Schwerdorffer s’en explique. « Je suis citoyen. Je suis contre la violence. Jonathann Daval plaide non coupable. Il m’arrive de défendre des coupables. Je ne suis pas mes clients. Je ne cautionne pas ce que font mes clients. Je défends dans le cadre légal des personnes qui peuvent être coupables. Ce qui ne veut pas dire que je cautionne les faits qu’ils ont commis. Loin de là. Ce n’est pas parce que je vais défendre des meurtriers que je vais devenir un meurtrier. Il ne faut pas confondre l’avocat qui défend et l’homme que je suis ».

Concernant le dossier Aurélia Varlet. L’instruction suit son court. Rappelons que le ministère de la justice a reconnu un dysfonctionnement des services judiciaires de Besançon. Les manquements d’un policier de Pontarlier et d’un gendarme de Frasne sont notamment dénoncés et vérifiés.


Created : samedi 6 octobre 2018 17:33 Categories : Actualités locales | Société | Actualités Favoris : Ajouter aux favoris Tags : société
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